Pic pétrolier

De Oleowiki.

Le pic pétrolier désigne le maximum historique de production pétrolière, aussi bien pour un gisement, une zone ou un pays, que pour le monde. Après ce maximum, les conditions d'exploitation font que, bien que les réserves soient abondantes, la production ne fera que décroître. Le terme désigne également la crise prévisible découlant de l'épuisement des ressources pétrolières mondiales. On entend fréquemment le terme anglophone Peak Oil (PO), mais il s'agit en fait d'une application particulière de la loi plus générale dite du Pic de Hubbert.

Les experts les plus optimistes (l'[OPEP], les gouvernements occidentaux, les compagnies pétrolières) évaluent publiquement qu'il surviendrait vers 2030. D'autres experts, dont l'ASPO, envisagent une date généralement comprise entre 2010 et 2015. Quelques uns, dont Kenneth Deffeyes, estiment que le pic pétrolier a déjà été atteint ou le sera avant 2010.

Pour nombreux experts du secteur pétrolier, le pic ne sera pas "pointu" comme on peut l'imaginer et aura plutôt l'aspect d'un plateau ondulé.

Aujourd'hui, la production de pétrole semble continuer à croître, ce qui infirme les thèses d'un pic déjà passé. Par contre, si on considère les découvertes de nouveaux gisements, on doit admettre que :

  • depuis 40 ans, les découvertes diminuent
  • depuis 20 ans, les découvertes ne comblent plus la production

Les solutions essentiellement pressenties sont le recours accru aux économies d'énergie, au charbon, à l'énergie nucléaire et aux énergies renouvelables. Ces dernières sont d'un ordre de grandeur en-dessous du niveau qui permettrait de pallier la pénurie prochaine de pétrole et de gaz : sauf à ce que le monde devienne brutalement sobre en énergie, le retour au charbon et au nucéaire est inéluctable et avec lui, les questions des déchets nucléaires et du réchauffement climatique s'amplifient.

Certains experts estiment que le pic pétrolier engendrerait une baisse de la production agricole en raison des engrais, dont la production est liée à l'exploitation des énergies fossiles, et provoquerait des famines de grande échelle. Cependant, les engrais sont aujourd'hui fabriqués à partir de gaz naturel, dont le pic est prévu 15 à 30 ans après celui du pétrole.

Sommaire

Définition d'un pic pétrolier

Pour un gisement pétrolifère

La production de pétrole au cours du temps peut être représentée par une courbe. Cette courbe commence à zéro quand l'exploitation du gisement commence, et finit également à zéro lorsque le gisement est totalement épuisé. Entre ces deux moments, la production passe nécessairement par un maximum qui coïncide à peu près au moment où la moitié du pétrole a été extrait. Une fois le pic passé, la production ne peut que décroître. En outre, le pétrole restant est considérablement plus difficile à extraire et est donc plus cher.

Il faut également noter que la production de pétrole n'est pas uniquement une question d'argent mais aussi d'énergie. En effet, le pompage et les diverses opérations mécaniques effectuées consomment de l'énergie. Quand le gisement s'épuise, il faut en dépenser de plus en plus pour extraire des quantités toujours décroissantes de pétrole. À la fin, on peut atteindre un point ou l'énergie nécessaire pour extraire un litre de pétrole dépasse celle contenue dans ce même litre. Le gisement n'est alors plus une source mais un puits d'énergie et son exploitation pour le pétrole-énergie n'est plus rentable. On peut cependant encore l'exploiter comme matière première (pour les plastiques par exemple). En d'autres termes, un gisement peut être considéré comme épuisé même s'il contient encore une quantité appréciable de brut.

Pour les principales régions de production

Ce phénomène est général et se vérifie pour toutes les zones de production. Ainsi en 1956, le géologue King Hubbert avait prédit la diminution de la production étatsunienne de brut à partir de 1970. Ce qui s'est produit. Le pic de production a déjà été dépassé dans de nombreux pays producteurs, tels que la Libye (1970), l'Iran (1976), l'URSS (1987), le Royaume-Uni (2000) et la Norvège (2000). Au total, une soixantaine de pays aurait dépassé le pic. Naturellement, si l'on considère la production mondiale de pétrole, il est évident que le même phénomène est à l'œuvre. La seule inconnue est la date à laquelle il surviendra. Selon Matthew Simmons, qui a exercé un rôle d'expert auprès de la Task Force, présidé par Dick Cheney, ayant pour but de définir la politique énergétique des USA, l'Arabie saoudite aurait également passé son pic en 2004.

Pour savoir quand aura lieu le pic pétrolier d'une région, il suffit en théorie de connaître le montant des réserves à un moment donné et les quantités extraites depuis le début de son exploitation : lorsque les quantités déjà extraites sont égales à celles restant à extraire, le pic est atteint.

Toutefois, il est souvent difficile de connaître la valeur précise des réserves, et le pic n'est généralement identifié comme tel que plusieurs années après qu'il se soit effectivement produit.

Calcul des réserves mondiales

Il existe différentes façons de calculer les réserves de pétrole mondiales.

Différents types de réserves

L'estimation des réserves disponibles dans un gisement est faite lors de sa découverte : il s'agit au départ de paris de géologues et d'ingénieurs, sauf quand le gisement est à moitié exploité : les estimations sont alors plus sûres. Ces réserves sont les réserves initiales, celles sur lesquelles on se base pour calculer le prix de vente du gisement, l'investissement fait pour son exploitation, la valeur d'une entreprise. Ce premier type d'estimation est assez peu fiable, non en raison de l'avancement de la science, mais en raison des enjeux financiers : ainsi, en 1988, lors de la découverte du champ pétrolifère de Cusiana, en Colombie, la compagnie étatsunienne Triton (aujourd'hui Amerada Hess) a estimé son potentiel à 3 milliards de barils, une quantité importante qui a fait remonter le cours de son action. Mais BP a fait une nouvelle estimation du gisement après avoir commencé d'extraire le brut à Cusiana : 1,5 milliards de barils. Des experts de l'ASPO pensent que ce gisement ne dépasse pas 800 millions de barils.

En partant des gisements découverts, on extrapole différentes valeurs sur les réserves restantes à découvrir :

  • la première, appelée réserves prouvées ou F95, est la quantité de pétrole qui sera exploitée avec les moyens actuels avec une probabilité de 95 % ;
  • la deuxième, appelée réserves probables ou F50, est la quantité de pétrole qui sera produite, mais avec une probabilité de 50 % ;
  • la troisième, appelée réserves possibles F5, est la quantité de pétrole très hypothétiquement produite, si le prix de vente augmente de façon à absorber les coûts d'extraction qui seront très élevés, avec une probabilité de 5 %.

Ainsi, pour l'Algérie, on a F95 égal à 1,7 milliard de barils, F50 égal à 6,9 milliards de barils et F5 égal à 16,3 milliards de barils (données publiées par l'United States Geology Survey, dont la mission est d'informer le ministère de l'Intérieur étatsunien). Ces probabilités de découverte servent à juger de l'assise financière d'un pays ; mais les gouvernements comme les banques utilisent en général une valeur médiane des trois, soit 7,7 milliards de barils, qui a moins d'une chance sur deux d'être finalement découverte.

Le sujet est extrêmement sensible pour les pays pétroliers : ainsi en 2002, la Douma a voté une loi d'après laquelle révéler les réserves de gaz et de pétrole russe est un crime passible de 7 ans de prison.

Pour justifier cela, les rapports s'appuient sur le fait qu'il existe plusieurs types de pétrole :

  • le pétrole conventionnel (95 % de ce qui a été exploité jusqu'ici) ;
  • et le pétrole non-conventionnel :
    • schistes bitumeux ;
    • sables pétrolifères ;
    • et le pétrole inexploitable avec la technologie actuelle.

Des experts estiment cependant que les quantités produites seront toujours secondaires, car l'exploitation, même possible, de ces gisements, restera toujours difficile, lente et coûteuse. Elle présente aussi le handicap fondamental d'avoir une production nette d'énergie limitée; l'extraction et la transformation de ces pétroles non conventionnels consomme une part significative de leur énergie (30% dans le cas des sables bitumeux de l'Alberta). Cela augmente significativement la pollution générée par unité d'énergie finale.

Remise en cause des estimations officielles

Les pays producteurs de l'OPEP ont décidé en 1985 d'indexer leur production sur leurs réserves. Ce qui était sage à l'époque, provoqua des relèvements des estimations à la hausse, afin d'obtenir des droits de production supérieurs. Ce relèvement permet également d'obtenir des prêts plus élevés et de meilleurs taux. C'est cette dernière raison qui explique le relèvement des réserves estimées de l'Irak en 1983, alors en guerre contre l'Iran.

Déclarations de réserves avec augmentations suspectes (en milliards de barils) d'après Colin Campbell, SunWorld, 1995
Année Abou Dhabi Doubaï Iran Irak Koweit Arabie saoudite Venezuela
1980 28,00 1,40 58,00 31,00 65,40 163,35 17,87
1981 29,00 1,40 57,50 30,00 65,90 165,00 17,95
1982 30,60 1,27 57,00 29,70 64,48 164,60 20,30
1983 30,51 1,44 55,31 41,00 64,23 162,40 21,50
1984 30,40 1,44 51,00 43,00 63,90 166,00 24,85
1985 30,50 1,44 48,50 44,50 90,00 169,00 25,85
1986 31,00 1,40 47,88 44,11 89,77 168,80 25,59
1987 31,00 1,35 48,80 47,10 91,92 166,57 25,00
1988 92,21 4,00 92,85 100,00 91,92 166,98 56,30
1989 92,20 4,00 92,85 100,00 91,92 169,97 58,08
1990 92,20 4,00 93,00 100,00 95,00 258,00 59,00
1991 92,20 4,00 93,00 100,00 94,00 258,00 59,00
1992 92,20 4,00 93,00 100,00 94,00 258,00 62.70
2004 92,20 4,00 132,00 115,00 99,00 259,00 78,00

Le total des réserves déclarées est de 701 milliards de barils, dont 317,54 douteuses.

Ce tableau suggère trois choses :

  1. tout d'abord, les pays producteurs affirment que les découvertes de nouveaux gisements, année après année, remplacent exactement ou presque exactement les quantités produites, puisque les réserves disponibles de ces pays ne varient quasiment pas d'une année sur l'autre. Par exemple, l'Arabie Saoudite extrait 3 Gb par an, on devrait logiquement voir les réserves diminuer d'autant. De même, Abu Dhabi déclare exactement 92.2 Gb depuis 1988, alors qu'en 16 ans, 14 Gb ont été sortis de terre. Une explication avancée est que les pays du Golfe incluent le pétrole déjà produit dans les "réserves".
  2. en l'absence de grandes découvertes les justifiant, les réserves annoncées par ces pays sont au moins à 45 % fausses, sauf à supposer que les chiffres étaient délibérément sous-évalués jusqu'aux années 1980 ; cette hypothèse d'une sous-évaluation antérieure des réserves ne semble cependant pas avoir de justification.
  3. on remarque clairement la surenchère entre pays : le Koweit s'étant attribué 90 Gb de réserves, Abu Dhabi et l'Iran on répondu avec des chiffres très légèrement supérieurs, afin de se garantir un quota de production similaire. Saddam Hussein, soucieux de ne pas être dépassé par des pays qu'il ne portait pas dans son cœur, a répliqué avec un chiffre arrondi à 100.

D'autres exemples incitent à une extrême vigilance sur les chiffres officiels des réserves :

  • en janvier 2006, la sérieuse revue Petroleum Intelligence Weekly a déclaré que les réserves du Koweït étaient en fait égales à seulement 48 millions de barils, dont seulement 24 prouvées, s'appuyant sur des "fuites" de documents confidentiels koweitiens. Il s'agit d'une division par deux du chiffre officiel.
  • la société Shell a annoncé le 9 janvier 2004 que 20 % de ses réserves devaient passer de prouvées à réserves possibles (c'est-à-dire incertaines). Cette annonce a fait chuter l'action et vaut à la société un procès, la valeur de la société ayant ainsi été frauduleusement augmentée. Depuis, elle a de nouveau révisé ses réserves trois fois, les faisant passer à 10 133 millions de barils (contre 14 500 millions). Son président, Phil Watts, a dû démissionner.
  • Comme on le remarquera dans le tableau ci-dessous, les réserves revendiquées par le Koweit avant et après la guerre du golfe sont les mêmes, 94 Gb, bien que les immenses incendies des puits déclenchés par les forces iraquiennes avant de se retirer aient détruit environ 6 Gb.
  • En 1970, l'Algérie, probablement sous l'influence russe, a augmenté ses « réserves prouvées », qui jusque-là se situaient aux alentours de 7-8 Gb, pour les porter à 30 Gb. Deux ans plus tard, ce sera 45 Gb. Puis les volontés politiques changent et, après 1974, le pays retournent à des chiffres inférieurs à 10 Gb (fait rapporté par Jean Laherrère).
  • La Pemex (compagnie d'État du Mexique, qui a le monopole du pétrole dans le pays) a, en septembre 2002, revu ses réserves à la baisse de 53%, passant de 26,8 à 12,6 Gb. Peu après, elle les a relevé sensiblement, à 15,7.
  • Bien sur, il y a aussi des exemples où les réserves sont sous-estimées. En 1993, les réserves de la Guinée Equatoriale se limitaient à quelques gisements insignifiants; le Oil And Gas Journal les estimait à 12 Mb. Deux gisements géants et plusieurs de taille moindre furent découverts par la suite, mais la valeur annoncée resta inchangée jusque 2003. En 2002, le pays avait toujours 12 Mb de réserves d'après le journal, alors qu'il produisit 85 Mb dans l'année! De même, les réserves de l'Angola sont restées à 5,421 Gb (quatre chiffres significatifs, ce qui donne l'impression d'une très grande précision) de 1994 à 2003, malgré la découverte de 38 nouveaux gisements de plus de 100 Mb.

Notons aussi que la définition des réserves prouvées change selon les pays. Ainsi, aux États-Unis, la règle est de ne classer comme prouvées que les réserves qui sont en communication avec un puit en production. C'est donc une définition prudente, mais elle a pour effet que l'on peut accroître les réserves en forant un nouveau puit dans un gisement connu depuis des décennies. À l'inverse, l'Arabie Saoudite classe en réserves prouvées les gisements encore inexploités. Quant au Venezuela, il semble qu'il inclut dans ses réserves une partie des pétroles non conventionnels (bitumes) de l'Orinoco.

Conséquences sur l'économie

Le pétrole connaît quatre débouchés principaux. Les deux premiers utilisent son potentiel énergétique, il s'agit des transports et de l'énergie domestique : chauffage en grande partie, et électricité. Il fournit au total 40 % de ressources énergétiques consommées annuellement sur la planète. Les deux autres utilisent une part significativement moins importante de la production pétrolière, mais l'un est essentiel dans nos sociétés, il s'agit de l'agriculture, et l'autre est devenu incontournable comme fournisseur de matières premières légères, il s'agit de la plasturgie.

Transports

Actuellement, la quasi-totalité des transports mondiaux utilisent des hydrocarbures comme énergie : que ce soit le transport maritime, le transport aérien, fluvial, routier, tous utilisent des [Les moteurs|moteurs] brûlant du pétrole, ou parfois du gaz. Le transport ferroviaire est en partie électrifié, surtout en Europe et au Japon, mais une part non négligeable de cette électricité est produite avec des hydrocarbures.

Des recherches sont en cours pour mettre au point des véhicules dits propres. Voir aussi : Biomasse

Énergie domestique

Pour ce qui est du chauffage, pour remplacer le fioul et l'électricité d'origine pétrolière, diverses solutions existent :

  • bois sous diverses formes : granulés, sciure ou copeau, bûche. Cette ressource n'est renouvelable et neutre en CO2 que si son exploitation est modérée et bien organisée, la quantité de bois utilisée étant compensée par les arbres qui poussent. Si le bois vient de déforestation, la ressource s'épuise et son utilisation dégage du CO2 dans l'atmosphère, il y a donc peu de différence avec un combustible fossile. Le manque de bois a été la cause de la première crise de l'énergie en Europe au XVII ème siècle, conduisant à l'exploitation de plus en plus poussée du charbon de terre, et la cause probable de la disparition de civilisations primitives isolées (Pascuans, Anasazi) ; aujourd'hui, ce sont des pays comme l'Indonésie qui sont dans la même situation, ayant détruit en quasi-totalité leurs forêts primaires. Le problème de son transport et de son stockage est important dans les centres urbains ; en outre, la combustion du bois produit :
    • des cendres qui peuvent servir d'amendements pour l'agriculture ou mieux pour la sylviculture pour limiter l'appauvrissement des sols ;
    • des polluants : SO2, NOx responsables des pluies acides, poussières inhalables ;
    • dans le cas de bois traités (utilisation interdite en France hors installation spécialisée équipée de filtres pour les traiter), des HAP et même des dioxines ou de métaux lourds.
  • charbon] : les réserves sont plus importantes que celles en pétrole et en gaz, mais la solution est limitée (en Europe, elle est peu exploitable, mais le reste du monde possède des ressources disponibles importantes) ; ses inconvénients sont les suies et les gaz à effet de serre ; il s'y ajoute des coûts importants en vies humaines chez les mineurs (accidents et silicose dûe à la poussière de charbon), même avec les dispositifs de sécurité existants.
  • gaz naturel, qui connaîtra un pic similaire à celui du pétrole, bien que plus tard ;
  • biogaz, qui peut être produit par fermentation de matière organique et notamment de déchets organiques (boues de stations d'épuration, déchets d'ordures ménagères, effluents d'élevage...). L'intérêt de cette source d'énergie contre l'effet de serre est énorme : non seulement on économise des ressources fossiles, mais surtout on brûle du méthane qui sinon serait émis dans l'atmosphère, et on émet du CO2, dont l'impact sur le réchauffement climatique est bien moindre ;
  • la combustion des déchets ménagers. Ceux-ci étant le plus souvent humides, leur combustion n'est possible qu'en les mélangeant à des carburants pétroliers. Par ailleurs les émissions de polluants sont de mieux en mieux contrôlées grâce à des dispositifs de filtrage.
  • géothermie, très écologique cette solution nécessitait des sources chaudes ou des surfaces importantes mais de nombreuses avancées technologiques ont permis de pallier ces problèmes;
  • électricité, mais encore faut-il à la fois isoler les maisons et produire l'électricité.

Les économies d'énergie possibles sont à envisager (Negawatt). Il est possible de réduire de 50 à 80 % les dépenses d'énergie domestique, par exemple avec des habitations ne nécessitant pas de chauffage, seule une ventilation mécanique étant nécessaire (cette méthode est basée principalement sur l'isolation et l'effet de serre des vitres).

Une approche de cette « bonne conception » architecturale est la démarche Haute qualité environnementale qui se développe principalement dans les chantiers publics à l'heure actuelle ou le concept de maison passive qui se développe dans les pays germaniques.

Agriculture

Bien que ce secteur ne semble que peu concerné par un renchérissement fort et durable du pétrole, il sera peut-être le plus durement touché. En effet, l'agriculture intensive repose sur l'utilisation d'intrants (engrais chimiques, pesticides) élaborés à partir de l'énergie pétrolière ou issus de l'industrie pétrochimique. Par ailleurs, l'agriculture consomme de grandes quantités de plastique (serres, mulch, emballages, outils...) et de carburant pour les engins agricoles (et ce même dans des schémas dits non productivistes).

Par la combinaison de l'augmentation du prix des engrais et de celui des carburants, deux clefs de la révolution verte sont sérieusement remises en question.

En effet, théoriquement, le pétrole peut être remplacé par des biocarburants (carburants issus de l'agriculture) ou par des huiles végétales. Cependant le bilan énergétique de ces carburants « verts » est pour le moment trop faible. De plus, les techniques de synthèse en chimie organique pour l'élaboration par exemple de molécules pesticides devraient être revues en l'absence de pétrole.

La mutation du modèle agricole actuel vers un système « sans pétrole » sera laborieux. Les pertes de productivité qui pourraient en découler pourrait engendrer des situations de crise alimentaire dans le pire des cas, ou, du moins un questionnement sur la consommation alimentaire et ses modes. Il est peu probable que l'agriculture puisse se maintenir ou se développer dans le modèle productiviste, même sans pic pétrolier (problèmes écologiques, économiques, de santé publique et sociétaux avec par exemple la dégradation de la qualité des eaux et des sols).

Voir aussi : permaculture | biologique | productivisme | agriculture

Industrie

Société de consommation

Plasturgie

Aujourd'hui, une grande part des matériaux d'emballage et de fabrication des produits industriels utilisent du plastique, c'est-à-dire du pétrole transformé. Un choc pétrolier propulsant le prix du baril à plus de 50 dollars de façon durable et irréversible pourrait remettre en cause cet usage du pétrole, qu'il sera difficile de remplacer. La plupart des aliments (vin, moutarde, pâtes, bonbons...) se vendaient en vrac avant les années 1950. Les fibres synthétiques et les emballages unitaires (flacons, pots, tubes...) sont apparues tardivement. De même, l'avènement du tout jetable est un phénomène relativement récent.

Il est possible de produire certaines matières plastiques en utilisant des végétaux ou des bactéries ; mais pas dans la gamme de diversité des plastiques issus de la pétrochimie. Ces produits ne sont pas encore non plus finalisés pour une utilisation industrielle :

  • les surfaces de production agricole ne peuvent pas être immédiatement concédées à ces cultures industrielles (si elles le sont, ce sera sans doute au détriment d'autres cultures, les jachères ne suffisant pas),
  • la filière industrielle reste à créer.

Enfin, compte-tenu de l'impossibilité de consacrer une trop grande partie des terres agricoles a des productions non nutritives, la voie du recyclage des materiaux doit etre privilegiee.

Conséquences géopolitiques

Le pétrole étant une ressource importante pour les économies des différents pays du monde, sa raréfaction entraînera une crise économique pour les pays n'en disposant pas en quantité suffisante, ou ne pouvant pas remplacer le pétrole par une autre source d'énergie. Voir aussi Historique des guerres du pétrole


Importateurs principaux

Actuellement, les trois principaux importateurs mondiaux de pétrole sont les États-Unis d'Amérique, la Chine (importateur net depuis 1996 et deuxième importateur mondial depuis le deuxième trimestre 2003) et le Japon (deuxième importateur jusqu'en 2003). La Chine notamment voit ses importations croître de 9 % par an, et consomme déjà 20 % de l'énergie des pays de l'OCDE.

Pour ces pays, il est vital de savoir à quel prix et en quelles quantités ils peuvent recevoir du pétrole. Il peut être également très intéressant de pouvoir distribuer certaines quantités à des alliés dans le besoin

Politique de prépositionnement : Etats-Unis, Chine

Deux des principaux consommateurs de pétrole au monde mènent une politique de prépositionnement dans les zones pétrolifères. Depuis quelques années, les États-Unis mènent des opérations militaires de manière à occuper une position favorable dans ces zones. Ces opérations remplacent la « diplomatie active » qu'ils menaient auparavant.

L'Asie centrale comme le Moyen-Orient sont les principales régions concernées : le Moyen-Orient car il possède les plus importantes réserves prouvées, l'Asie centrale car elle était considérée il y a quelques années comme la région la plus prometteuse. Ainsi, l'Afghanistan est occupé depuis 2001. Plusieurs pays d'Asie centrale et du Caucase accueillent des troupes US ou ont signé des accords de coopération. Mais les espoirs sont déçus, puisqu'en 2002, BP annonça que les gisements inexploités de la Caspienne ne recelaient pas 200 milliards de barils comme espéré, mais 39 milliards d'un pétrole de mauvaise qualité.

En 2003, les États-Unis ont envahi l'Irak, qui possède les 3e réserves du monde. De plus, il leur donne un droit de regard sur tous les pays environnants :

  • le Caucase (pétrole de Bakou et oléoducs d'Asie centrale vers l'Europe) :
  • sur l'Iran (pris en tenaille avec l'Afghanistan) ;
  • et sur les autres émirats du Golfe persique, au premier chef desquels l'Arabie saoudite.

La Chine s'était opposé à l'ONU à cette guerre. Alors qu'elle exportait du pétrole, elle est devenue depuis 1992 importatrice nette, et sa consommation augmente de 15 % l'an depuis 2001. Elle est le deuxième consommateur mondial, et a donc des intérêts vitaux dans les régions productrices : elle a ainsi construit un oléoduc traversant son territoire jusqu'aux portes de l'Asie centrale, et investi de fortes sommes dans les nouveaux gisements d'Asie centrale, d'Iran et d'Afrique. Elle investit également en Amérique Latine et surtout au Venezuela.

En 2003 également, les îles de Sao Tomé et Principe ont signé un accord autorisant les États-Unis à implanter des bases militaires sur leur territoire. Ces îles offrent des implantations de choix dans le Golfe de Guinée, à proximité des gisements du Nigéria, de l'Angola et du Brésil, qui totalisent près de 85 milliards de barils de réserves, soit de quoi satisfaire 3 à 4 années de la demande mondiale. De plus, le golfe de Guinée est traversé par les pétroliers allant du golfe Persique aux États-Unis.

Ces politiques de prépositionnements durs (États-Unis) ou doux (Chine) n'empêchent pas la diplomatie active de continuer à s'exercer : ainsi, à l'automne 2003, les États-Unis ont soutenu une tentative de coup d'État contre le président vénézuélien Hugo Chavez, qui ne leur est guère favorable mais soutenu fermement par une majorité de sa population.

La Chine mène une campagne d'intimidation vis-à-vis de ses voisins en mer de Chine méridionale à propos de la souveraineté sur les Spratley ; ce conflit territorial dissimule des enjeux pétroliers, mais sert également à satisfaire la fierté nationale.

Conclusion

Contrairement à leur promesse faite en mai 2004, les pays de l'OPEP ne sont pas parvenus à augmenter leur production, et l'ensemble des infrastructures pétrolières (de la production au raffinage) ont atteint un seuil maximal d'activité. Cela signifie qu'il est impossible de produire et de transformer plus de pétrole en 2005 qu'en 2004, d'autant plus que les investissements prévus en 2005 sont nettement inférieurs à ceux faits en 2004, essentiellement pour maintenir la production du brut. Cela semble confirmer que l'on a bien atteint un plafond de la production de pétrole et confirmerait l'imminence du pic pétrolier ;

Le 11 octobre 2004, le baril de brut a de nouveau franchi un plus haut historique au New York Mercantile Exchange (NYMEX), en s'établissant à 53,42 $. Depuis le début de l'année, la hausse se chiffre à 64 %. Quant au baril de Brent, il a pour la première fois franchi la barre symbolique des 50 $ le même jour.

L'annonce par les États-Unis d'une volonté de repasser à une économie basée sur le nucléaire a fait « chuter » les cours à 52$, reste à savoir si le mouvement est durable.

Mise à jour : depuis la mi-janvier 2005, le baril de brut se situe au dessus de 45$ de même, depuis fin février 2005, celui ci n'est jamais retombé en dessous de 50$, avec des pointes à 57$. En Mars, lors d'une séance d'échange, une transaction a atteint les 100$ le baril.

Le prix du baril atteint un chiffre record de 70,47$ le baril le 30 Août. Voir graphique.

Voir aussi

Source

Liens externes