Turbulences

De Oleowiki.

Cet article est une chronologie des événements aéronautiques qui paraissent être des précurseurs du pic pétrolier et du déclin probable du transport aérien civil.

Ces événements sont classés du plus récent au plus ancien. Le prix moyen du baril de Brent à la période considérée est indiqué entre parenthèses.

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Sommaire

5 avril 2008 ($110) : disparition brutale de SkyBus

Skybus Airlines, une nouvelle compagnie à bas coût qui comptait parmi les plus gros clients d'Airbus aux Etats-Unis, a annoncé samedi la fin immédiate de ses opérations, incapable de faire face à l'augmentation des coûts du carburant et au ralentissement économique (Les Echos).

20 novembre 2007 ($92) : Louis Gallois va présenter sa « vision stratégique » pour EADs en 2020

Dans un document baptisé « Vision 2020 » qui sera rendu public mi-décembre, le groupe aéronautique se fixe pour objectif de réduire sa dépendance à Airbus et au dollar en développant ses activités de défense et de services (Les Echos).


15 novembre 2007 ($93) : programme de recherche qatari sur le Gas to liquid

Qatar Airways, Qatar Petroleum, Qatar Fuel Company, Airbus (EADS), Rolls-Royce, Shell et Qatar Science and Technology Park sont signé ce jour un accord de recherche portant sur le jet fuel synthétique. L'objectif est d'étudier la possibilité d'utilisé du GTL (Gas to Liquid, une technologie qui permet de transformer le gaz naturel en kérosène) pour alimenter les avions.

8 juillet 2007 ($72) : présentation du premier exemplaire du Boeing 787

Après un Salon du Bourget exceptionnelle où Airbus a fait médiatiquement "péter le carnet de commandes", Boeing présente en grande pompe son nouveau long-courrier consommant "20% de moins que ses concurrents".

27 octobre 2006 ($61) : Emirates annule une commande 10 Airbus A340-600

Emirates a pris cette décision d'annulation "parce que la technologie a évolué et que l'avion n'avait pas les caractéristiques qu'on pouvait espérer", a précisé le porte-parole de la compagnie. Notamment, "il est bien plus lourd" que ce qui était initialement prévu "et d'autres appareils sont arrivés sur le marché, beaucoup plus économes (en kérosène) et donc plus avantageux". L'A340-600, le plus long avion du monde, a été conçu dans les années 1990, quand le pétrole était au plus bas.

15 octobre 2006 ($60) : révision du planning de livraison de l'A380

Le prix du baril connaît une chute notable en quelques semaines, tandis qu'EADS détient maintenant 100% d'Airbus. Airbus qui traverse une mauvaise passe. L'avionneur européen vient de revoir le calendrier de livraison de l'A380 :

  • 2007 : livraison du premier A380 (au mois d'octobre)
  • 2008 : 13 livraisons
  • 2009 : 25 livraisons
  • 2010 : 45 livraisons
  • 2011 : 45 livraisons
  • 2012 : 45 livraisons

Les compagnies aériennes, mécontentes de ces retards, réclament des indemnisations. Le président d'Airbus, Christian Streiff, est remplacé par Louis Gallois, qui conserve la co-présidence d'EADS. Il mettra en place un plan de réduction des coûts, incluant des suppressions d'emplois et peut-être une réorganisation des sites de production. La construction du biréacteur A350 (250-375 passagers) devrait être maintenue.

30 août 2006 ($77) : la Russie s'invite au capital d'EADS

La banque publique Vnechtorgbank (VTB), bras financier d'un Etat russe renfloué par les pétrodollars , acquiert près de 5 % des actions du groupe aéronautique et de défense européen.

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17 juillet 2006 ($77) : Airbus annonce l'A350 XWB

Alors que le cours du pétrole a frôlé, trois jours avant, la barre des $80, Airbus présente la révision de son programme A350, renommé XWB (eXtra-Wide Body : fuselage extra-large). Faisant plus appel à des matériaux composites pour peser moins et donc consommer moins, ce nouvel avion est également destiné à partiellement remplacer, dans la gamme Airbus, l'A340 quadri-réacteur qui se vend mal... car consommant trop face au Boeing 777 bi-réacteur.

juillet 2006 ($74) : Peak Oil - the Collapse of Commercial Aviation (Airways)

Le numéro de juillet d'Airways, le journal du transport aérien international, comporte un dossier majeur intitulé Le Peak Oil ou l'effondrement de l'aviation commerciale. C'est un article long, pertinent et bien informé d'Alex Kuhlman, qui suggère que le secteur doit se préparer à un déclin rentable. Les compagnies aériennes nationales du Moyen-Orient y sont identifiés comme les probables survivants, l'auteur notant qu'Emirates Airlines a récemment acheté 43 Airbus A380, un très gros avion avec une faible consommation par passager. Pendant ce temps, les aéroports continuent leur expansion dans de nombreux pays, en se fondant sur la fausse hypothèse que la croissance passée du trafic va se poursuivre (traduction de la newsletter ASPO de juillet 2006)

14 juin 2006 ($69) : l'action EADS perd un quart de sa valeur en une journée

Cet effondrement est dû à un train de mauvaises nouvelles : retards de livraison de l'A380, nouvelles ventes du Boeing 787 face à un A350 dont on attend toujours la décision du redesign, ventes massives en mars dernier de stock-options par le coprésident N. Forgeard. Les marchés doutent fortement de la capacité de la Direction, toujours en proie à une guerre des chefs franco-allemande et plus ou moins engluée dans l'affaire "Cleartream 2", à piloter l'entreprise dans une période qui s'annonce difficile. En un trimestre, la valeur de l'action a été divisée par deux.

Juin 2006 ($70) : l'IATA pessimiste pour 2006 à cause du pétrole

L'Association internationale du transport aérien (IATA), qui représente 261 compagnies comptant pour 94% du trafic aérien mondial, estime que les compagnies aériennes devraient enregistrer 3 milliards de dollars de pertes en 2006 en raison notamment de la hausse du prix du carburant, contre 3,2 milliards de dollars en 2005.

L'IATA attendait auparavant 2,2 milliards de dollars de pertes en 2006 mais la hausse du prix du pétrole s'est poursuivie et le recul du dollar pèse sur de nombreuses compagnies. Le carburant devrait représenter 26% des coûts moyens des compagnies en 2006 contre 22% l'an dernier. Pour être rentables, les compagnies devraient atteindre un taux d'occupation de 63,3% mais elles ne devraient parvenir qu'à enregistrer 62,4% cette année.

Avril 2006 ($70) : Airbus touché de plein fouet par la hausse du prix du pétrole

L'avion quadri-réacteur long-courrier Airbus A340 est en train de perdre la bataille des commandes face à son éternel rival, le Boeing 777. Le dernier problème en date vient des Emirats Arabes Unis et de l'Emirat de Dubaï qui viennent d'annoncer à Airbus qu'il retardait à une date ultérieure indéfinie la réception des 20 Airbus A340-600 qu'ils avaient commandés. Boeing déclare que son tout récent Boeing 777-200LR bi-réacteur est l'appareil actuel avec le plus long rayon d'action et peut transporter plus de 300 passagers pour 24% de consommation en moins que son rival Airbus sur la gamme des 300-400 sièges.

Le loueur ILFC, un des plus grands acheteurs d'avions neufs, et Singapore Airlines reproche également à l'A350, en développement, de n'être pas assez économique du point de vue énergétique face à son concurrent le Boeing 787. Il est fort probable que l'A350 va retourner à la case départ pour une sérieuse reconception, notamment pour le rendre plus économe en carburant.

Enfin, BAE Systems a annoncé le 6 avril vouloir vendre les 20% du capital d'Airbus qu'il détient.

Février 2006 ($60) : la reprise en volume... mais le pétrole reste cher

  • Le transport de voyageurs reprend une tendance à la croissance après 5 ans de surplace. L'Asie est le principal ressort de cette reprise ; les liaisons intérieures françaises stagnent en deçà de leur maximum historique (fin des années 1990).
  • Le fret aérien continue sa croissance ininterrompue depuis 20 ans, à peine secoué par le 11 septembre 2001
  • l' Office National d'Etudes et de Recherches Aérospatiales (ONERA) annonce dans son bulletin mensuel explorer toutes les pistes de réduction de la dépendance au pétrole, depuis les économies d'énergies jusqu'à l'avion électrique alimenté par pile à combustible, en passant par le kérozène de synthèse et les biocarburants.
  • ATR, fabricant d'avions à turbopropulseurs - plus économiques - publie des ventes record sur l'année 2005.

Décembre 2005 ($57) : les compagnies US souffrent le martyre

Deux compagnies américaines, Delta Airlines et Northwest Airlines, se placent sous le chapitre 11 (protection contre les créanciers en situation de faillite).

"Transformer la croissance en rentabilité n'a jamais été aussi critique. Les compagnies aériennes devraient terminer 2005 avec des pertes cumulées de 6 milliards de dollars, qui s'ajoutent aux 36 MdUSD accumulés entre 2001 et 2004" a déclaré Giovanni Bisignani, PDG de l'IATA le 30 décembre.

Mai/Novembre 2003 ($26/29) : arrêt des vols commerciaux du Concorde

Pour la première fois dans l'histoire de l'aviation civile, un type d'appareil est retiré du service sans qu'il soit remplacé par un autre au moins aussi performant.

Décembre 2002 ($28) : abandon du programme Sonic Cruiser

Après de nombreuses consultations auprès de compagnies aériennes, Boeing abandonne son projet de Sonic Cruiser. Cet avion devait aller un tout petit peu plus vite (Mach 0,95 contre Mach 0,80-0,85 pour un avion de ligne classique), mais il consommait aussi un petit peu plus (10-15% qu'un avion classique).

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Ce projet fut remplacé par le Boeing 787, initialement appelé 7E7 (E pour Efficacité... énergétique).

Septembre 2001 ($26)

Les attentats du 11 Septembre sont probablement liés à un ou plusieurs conflits latents relatif(s) au pétrole entre les Etats-Unis et le Moyen-Orient

1999 ($18)

Des avions de ligne sud-africains commencent à voler avec un mélange de kérozène conventionnel et de kérozène produit par filière CTL