par energy_isere » Hier, 09:13
Pays hôte de la COP31, la Turquie défend l’électrification mais dépend encore trop du charbon
AFP avec Connaissance des Énergies le 5 novembre 2026
À Çatalca, au nord-ouest d'Istanbul, un parc éolien turc fonctionne à plein régime depuis 18 ans. Mais ce symbole ne reflète pas totalement le mix électrique national.
Le charbon à l'origine d'un tiers de la production d'électricité
Le parc éolien de Çatalca produit 287 millions de kWh par an, de quoi alimenter environ 115 000 foyers et « éviter 185 936 tonnes d'émissions de carbone chaque année », assure son exploitant Sanko Enerji à l'AFP. La COP31 s'ouvrira le 9 novembre à Antalya, où la Turquie veut pousser un sommet consacré au passage des engagements climatiques à des actions concrètes.
Selon le groupe de réflexion Ember, 43 % de l'électricité turque provenait en 2025 de sources propres, dont 22 % pour l'éolien et le solaire et 16 % pour l'hydroélectricité, portée à des niveaux record par de fortes pluies. Les centrales au charbon représentaient encore un tiers de la production nationale d'électricité en 2025, selon le ministère turc de l'Énergie.
Alparslan Bayraktar, ministre turc de l'Énergie, veut porter la capacité solaire et éolienne d'environ 40 GW aujourd'hui à 120 GW d'ici 2035. La Turquie continue toutefois de construire de nouvelles centrales au charbon et n'a pas adopté d'objectif formel de sortie des énergies fossiles.
Beyond Fossil Fuels demande une « une feuille de route claire »
« La dépendance persistante de la Turquie au charbon, combinée aux projets d'expansion supplémentaires, met en évidence la contradiction au coeur de sa trajectoire actuelle », explique à l'AFP Duygu Kutluay, de l'organisation Beyond Fossil Fuels. L'ONG estime que les extensions de centrales risquent « d'enfermer le pays dans une dépendance accrue ».
Selon Beyond Fossil Fuels, Ankara cherche d'abord « de simplement répondre à une demande supplémentaire ». L'organisation juge que le défi ne se limite pas au développement des renouvelables et réclame « une feuille de route claire pour la sortie du charbon ».
Interrogé par l'AFP en février, Bayraktar avait dit privilégier la sécurité d'approvisionnement, un coût abordable et la réduction de la dépendance aux importations d'énergies fossiles. « Le charbon peut d'abord être remplacé par le gaz, mais à moyen et long terme, il peut être substitué par le nucléaire », avait-il indiqué.
Ibrahim Erden, président de l'Association turque de l'énergie éolienne, défend une trajectoire nationale différenciée. « Il n'existe pas de voie unique qui convienne à tout le monde », assure-t-il. « Le rythme et le calendrier dépendent de facteurs tels que la structure du système énergétique, les conditions économiques, les impératifs de sécurité énergétique et les ressources disponibles pour accompagner ce changement. »
Un réacteur nucléaire doit entrer en service d'ici la fin de l'année
Emin Emrah Danis, directeur du cabinet de conseil énergétique MOBEN, estime que la politique turque reste dominée par la progression de la demande et par le besoin d'une capacité pilotable 24 heures sur 24. « C'est la raison pour laquelle la Turquie a massivement investi dans des centrales électriques au gaz et au charbon au cours des 30 dernières années », assure-t-il, en liant une baisse forte du charbon à des investissements considérables dans le stockage de l'électricité et le nucléaire.
L'unité 1 de la centrale nucléaire d'Akkuyu, dans le sud de la Turquie au bord de la Méditerranée, doit entrer en service d'ici la fin de l'année. Les deuxième et troisième réacteurs prévus ne pourront pas remplacer le charbon avant environ 2040, selon Danis, pour qui « la sortie complète du charbon s'étendra jusqu'au milieu des années 2050 ».
« Si les renouvelables ne couvrent pas la hausse de la demande d'électricité, l'électrification risque d'accroître la demande de charbon et de gaz importés », explique Danis. À l'inverse, ajoute-t-il, « si l'éolien et le solaire y parviennent, la Turquie réduira simultanément sa facture d'importations de pétrole et de gaz ainsi que ses émissions ».
Erden juge insuffisant un développement fondé uniquement sur l'éolien et le solaire. « Nous ne pouvons pas compter uniquement sur l'éolien et le solaire (...). Les infrastructures technologiques et physiques ne sont pas encore capables de soutenir un tel scénario », avertit-il. « Les renouvelables ne sont pas seulement l'un des outils les plus efficaces pour lutter contre le changement climatique, mais aussi un moyen de renforcer la sécurité énergétique et de réduire la dépendance aux approvisionnements étrangers », fait-il valoir.
https://www.connaissancedesenergies.org ... bon-261105
l'article est pas clair pour Akkuyu. Si l'unité 1 va entrer en service en fin d'année les unités 2, 3 et 4 le seront sur 2027 et 2028.
Le 2040 mentionné parle peut être d'une autre centrale à construire, peut étre Sinop.
[quote] Pays hôte de la COP31, la Turquie défend l’électrification mais dépend encore trop du charbon
AFP avec Connaissance des Énergies le 5 novembre 2026
À Çatalca, au nord-ouest d'Istanbul, un parc éolien turc fonctionne à plein régime depuis 18 ans. Mais ce symbole ne reflète pas totalement le mix électrique national.
[b]Le charbon à l'origine d'un tiers de la production d'électricité[/b]
Le parc éolien de Çatalca produit 287 millions de kWh par an, de quoi alimenter environ 115 000 foyers et « éviter 185 936 tonnes d'émissions de carbone chaque année », assure son exploitant Sanko Enerji à l'AFP. La COP31 s'ouvrira le 9 novembre à Antalya, où la Turquie veut pousser un sommet consacré au passage des engagements climatiques à des actions concrètes.
Selon le groupe de réflexion Ember, 43 % de l'électricité turque provenait en 2025 de sources propres, dont 22 % pour l'éolien et le solaire et 16 % pour l'hydroélectricité, portée à des niveaux record par de fortes pluies. Les centrales au charbon représentaient encore un tiers de la production nationale d'électricité en 2025, selon le ministère turc de l'Énergie.
Alparslan Bayraktar, ministre turc de l'Énergie, veut porter la capacité solaire et éolienne d'environ 40 GW aujourd'hui à 120 GW d'ici 2035. La Turquie continue toutefois de construire de nouvelles centrales au charbon et n'a pas adopté d'objectif formel de sortie des énergies fossiles.
[b]Beyond Fossil Fuels demande une « une feuille de route claire »[/b]
« La dépendance persistante de la Turquie au charbon, combinée aux projets d'expansion supplémentaires, met en évidence la contradiction au coeur de sa trajectoire actuelle », explique à l'AFP Duygu Kutluay, de l'organisation Beyond Fossil Fuels. L'ONG estime que les extensions de centrales risquent « d'enfermer le pays dans une dépendance accrue ».
Selon Beyond Fossil Fuels, Ankara cherche d'abord « de simplement répondre à une demande supplémentaire ». L'organisation juge que le défi ne se limite pas au développement des renouvelables et réclame « une feuille de route claire pour la sortie du charbon ».
Interrogé par l'AFP en février, Bayraktar avait dit privilégier la sécurité d'approvisionnement, un coût abordable et la réduction de la dépendance aux importations d'énergies fossiles. « Le charbon peut d'abord être remplacé par le gaz, mais à moyen et long terme, il peut être substitué par le nucléaire », avait-il indiqué.
Ibrahim Erden, président de l'Association turque de l'énergie éolienne, défend une trajectoire nationale différenciée. « Il n'existe pas de voie unique qui convienne à tout le monde », assure-t-il. « Le rythme et le calendrier dépendent de facteurs tels que la structure du système énergétique, les conditions économiques, les impératifs de sécurité énergétique et les ressources disponibles pour accompagner ce changement. »
[b]Un réacteur nucléaire doit entrer en service d'ici la fin de l'année[/b]
Emin Emrah Danis, directeur du cabinet de conseil énergétique MOBEN, estime que la politique turque reste dominée par la progression de la demande et par le besoin d'une capacité pilotable 24 heures sur 24. « C'est la raison pour laquelle la Turquie a massivement investi dans des centrales électriques au gaz et au charbon au cours des 30 dernières années », assure-t-il, en liant une baisse forte du charbon à des investissements considérables dans le stockage de l'électricité et le nucléaire.
L'unité 1 de la centrale nucléaire d'Akkuyu, dans le sud de la Turquie au bord de la Méditerranée, doit entrer en service d'ici la fin de l'année. Les deuxième et troisième réacteurs prévus ne pourront pas remplacer le charbon avant environ 2040, selon Danis, pour qui « la sortie complète du charbon s'étendra jusqu'au milieu des années 2050 ».
« Si les renouvelables ne couvrent pas la hausse de la demande d'électricité, l'électrification risque d'accroître la demande de charbon et de gaz importés », explique Danis. À l'inverse, ajoute-t-il, « si l'éolien et le solaire y parviennent, la Turquie réduira simultanément sa facture d'importations de pétrole et de gaz ainsi que ses émissions ».
Erden juge insuffisant un développement fondé uniquement sur l'éolien et le solaire. « Nous ne pouvons pas compter uniquement sur l'éolien et le solaire (...). Les infrastructures technologiques et physiques ne sont pas encore capables de soutenir un tel scénario », avertit-il. « Les renouvelables ne sont pas seulement l'un des outils les plus efficaces pour lutter contre le changement climatique, mais aussi un moyen de renforcer la sécurité énergétique et de réduire la dépendance aux approvisionnements étrangers », fait-il valoir.
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https://www.connaissancedesenergies.org/afp/la-turquie-un-pied-dans-les-energies-renouvelables-lautre-dans-le-charbon-261105
l'article est pas clair pour Akkuyu. Si l'unité 1 va entrer en service en fin d'année les unités 2, 3 et 4 le seront sur 2027 et 2028.
Le 2040 mentionné parle peut être d'une autre centrale à construire, peut étre Sinop.