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par energy_isere » 03 oct. 2026, 11:51
Bioéthanol : le Nigeria accélère la structuration d’une filière basée sur le manioc Agence Ecofin 02 oct 2026 Premier producteur mondial de manioc, le Nigeria cherche depuis plusieurs années à diversifier les débouchés de cette culture au-delà de l’agroalimentaire. La filière des biocarburants apparaît comme une voie de valorisation émergente qui permet la production de bioéthanol destiné au secteur énergétique. Le 29 septembre dernier, NNPC New Energy Limited, filiale de la compagnie pétrolière publique nigériane NNPC et la société 3D HighTech Systems ont signé un protocole d’accord avec l’agence fédérale chargée du développement et de la gestion des ressources en eau dans le bassin des fleuves Ogun et Oshun (OORBDA), pour la mise en œuvre d’un projet de production de bioéthanol dans l’État de Lagos. D’un coût total annoncé de 256 millions d’euros (environ 290 millions $), le projet prévoit la construction d’une usine de production de bioéthanol à base de manioc sur un site de 200 hectares dans la zone d’Itokin. Pour assurer son approvisionnement en matière première, l’OORBDA prévoit également de mettre à disposition 15 000 hectares destinés à la culture à grande échelle du tubercule dans les États de Lagos, Ogun, Osun et Oyo. Selon les responsables du projet, la production de bioéthanol de la future usine sera destinée au mélange avec l’essence Premium Motor Spirit (PMS), utilisée comme carburant pour les véhicules à moteur à essence. Une nouvelle brique dans l’écosystème nigérian L’annonce de ce nouveau projet intervient alors qu’Abuja cherche déjà à structurer une véritable chaîne de valeur du bioéthanol à base de manioc. En janvier 2026, par exemple, le ministère fédéral du Budget et de la Planification économique annonçait vouloir intégrer environ 14 millions de petits exploitants à cette filière dans le cadre du Cassava Bioethanol Value Chain Development Project. Pour rallier les producteurs à cette nouvelle dynamique, les autorités nigérianes misent sur le modèle dit de la triple hélice, dans lequel universités, industrie et État sont appelés à coopérer afin de diffuser des variétés de manioc à haut rendement, d’attirer des capitaux privés, de faciliter l’accès aux technologies et d’améliorer l’environnement productif. Ce partenariat de transfert de connaissances vise à transformer la filière en un véritable moteur d’innovation et de création de valeur. Un cadre favorable à l’investissement Dans le cadre de la Politique nationale des biocarburants adoptée en 2007, Abuja prévoyait déjà un objectif d’incorporation de 10 % d’éthanol dans l’essence à l’horizon 2020, qui n’a pas été atteint. Près de deux décennies plus tard, cette ambition revient dans l’agenda énergétique nigérian. En mai 2026, l’Autorité nigériane de régulation du secteur pétrolier intermédiaire et aval (NMDPRA) a engagé, avec NNPC Retail et l’Organisation nigériane de normalisation (SON), les travaux préparatoires du programme pilote E10. Celui-ci doit permettre de tester, dans des stations-service sélectionnées, un mélange composé de 10 % de bioéthanol et de 90 % d’essence, tout en évaluant les conditions techniques, réglementaires et logistiques nécessaires à son déploiement à plus grande échelle. D’après la NMDPRA, la consommation domestique d’essence a atteint en moyenne 56,74 millions de litres par jour en octobre 2025, dont près de 49 % provenaient des importations. Dans ce contexte, le ministère du Budget et de la Planification économique estime que la mise en œuvre du Projet de développement de la chaîne de valeur du bioéthanol de manioc, pourrait permettre au Nigeria de réaliser plus de 3 000 milliards de nairas (environ 2,1 milliards USD) d’économies annuelles en devises, grâce à l’incorporation du bioéthanol au carburant (PMS). Ces différentes initiatives contribuent ainsi à créer progressivement les conditions de l’émergence d’un marché nigérian du bioéthanol. Reste désormais à transformer les ambitions publiques et les projets annoncés en capacités industrielles opérationnelles, avec un approvisionnement régulier en manioc et un cadre permettant effectivement l’incorporation du bioéthanol dans l’essence.
par energy_isere » 26 sept. 2026, 11:57
Nigeria : après plus de 20 ans de contentieux, le projet hydroélectrique de Mambilla retrouve une voie de sortie Agence Ecofin 24sept 2026 Le Nigeria cherche à renforcer son offre électrique pour soutenir son développement industriel. Dans ce cadre, Mambilla doit apporter une capacité hydroélectrique majeure, mais son développement est resté suspendu à un différend juridique. Le 17 septembre, un tribunal arbitral de la Chambre de commerce internationale (CCI), à Paris, a rejeté la demande de Sunrise Power and Transmission visant à faire reconnaître comme contraignants deux accords conclus en 2020 avec le gouvernement nigérian. Ces accords prévoyaient le versement de 400 millions de dollars à l’entreprise en contrepartie de l’abandon de ses prétentions liées au projet hydroélectrique de Mambilla. Le tribunal a estimé que les responsables nigérians ayant signé ces accords n’avaient pas le pouvoir d’engager l’État sans approbation présidentielle. Il a également conclu que les accords étaient entachés de corruption et contraires à l’ordre public nigérian, les rendant inapplicables. Sunrise devra par ailleurs prendre en charge 75 % des frais et dépenses juridiques du Nigeria, assortis d’intérêts composés de 10 % par an. Pour Abuja, la sentence ouvre surtout la possibilité de reprendre les démarches autour d’un projet de 3 050 MW bloqué depuis près de deux décennies. « La décision de la CCI lève le plus important obstacle juridique qui a paralysé le projet hydroélectrique de Mambilla pendant des années », a déclaré le président Bola Tinubu. Les origines du litige remontent au contrat de 2003 Le dossier trouve son origine dans le contrat attribué en 2003 à Sunrise, associée à un consortium chinois, pour développer Mambilla selon un modèle de construction-exploitation-transfert (BOT). Le projet, situé dans l’État de Taraba, devait alors devenir l’un des principaux ouvrages hydroélectriques du Nigeria. En 2021, après une révision à la baisse de sa capacité, le coût du projet avait été estimé à environ 4 milliards de dollars. Les années suivantes n’ont pas permis de concrétiser le projet comme prévu, tandis que le différend entre Sunrise et les autorités nigérianes s’est prolongé. Une tentative de règlement intervient en 2020, lorsque le ministre de la Justice et procureur général de la Fédération, Abubakar Malami, conclut avec l’entreprise des accords visant à mettre fin à ses prétentions concernant le projet de Mambilla. Ces accords n’ont finalement pas été exécutés par l’administration de Muhammadu Buhari. Sunrise saisit alors la Chambre de commerce internationale (CCI) à Paris en 2021 afin d’obtenir leur exécution et le règlement des sommes prévues. La sentence du 17 septembre clôt ce volet du dossier en donnant raison à l’État nigérian. Elle ne met toutefois pas un terme à l’ensemble des revendications de Sunrise concernant Mambilla. Le financement chinois redevient un enjeu central L’intérêt de la décision pour le projet tient notamment à son financement. Exim Bank of China avait accepté de contribuer au montage financier de Mambilla, mais conditionnait ses décaissements au règlement de la procédure judiciaire. La décision de la CCI permet donc à Abuja de reprendre les discussions avec le prêteur chinois. L’enjeu est significatif pour le système électrique nigérian. Avec ses 3 050 MW initialement prévus, le projet de Mambilla constituerait un apport substantiel à la capacité électrique installée du Nigeria (13 000 MW en 2021), tout en renforçant l’approvisionnement en électricité des ménages et des activités industrielles. Cette avancée ne suffit cependant pas à relancer automatiquement le chantier. Une autre procédure arbitrale engagée par Sunrise reste pendante, avec une demande de compensation supérieure à 2,7 milliards de dollars, intérêts compris, en lien avec Mambilla. Le directeur général de l’entreprise, Leno Adesanya, a indiqué que ses conseils examinaient encore la sentence et les suites juridiques possibles.
par energy_isere » 23 sept. 2026, 10:10
Nigéria : TotalEnergies lance le développement du champ gazier d'Ima pour alimenter l'usine de liquéfaction Nigeria LNG 23/09/2026 TotalEnergies (40 %, opérateur) et son partenaire nigérian AMNI (60 %) ont pris la décision finale d'investissement pour le développement du champ gazier d'Ima, situé sur les licences offshore OML 112 et 117 au large du Nigéria. Situé en eaux peu profondes à proximité de l'île de Bonny, le champ gazier d'Ima sera développé à partir d'une plateforme unique, connectée à Nigeria LNG (TotalEnergies, 15%) par un gazoduc de 22 kilomètres. Le démarrage de la production est attendu en 2028, avec un plateau de 350 millions de pieds cubes par jour (soit plus de 60 000 bep/j). Une fois en production, le champ d'Ima fournira environ un tiers du gaz nécessaire au projet d'expansion « Train 7 » de Nigeria LNG, en cours de réalisation, qui portera la capacité de l'usine de liquéfaction de 22 à 30 millions de tonnes par an (Mt/an). Ima est un développement à bas coûts et faibles émissions, avec un design de plateforme simplifié, une alimentation électrique depuis la terre, zéro torchage ainsi qu'un système permanent de détection et de surveillance des émissions de méthane. Développé en partenariat avec la société nigériane AMNI, le projet Ima est caractérisé par une composante locale importante, l'ensemble des principaux contracteurs étant des entreprises nigérianes. Il contribuera également au développement des communautés locales, dont devraient être issus près de 60 % des effectifs mobilisés pendant la phase de développement. « Nous sommes très heureux d'annoncer la décision finale d'investissement du projet gazier Ima, qui marque une nouvelle étape dans le déploiement de notre stratégie gazière intégrée au Nigéria. Après le projet Ubeta, sanctionné en 2024 et dont le démarrage est attendu l'an prochain, Ima démontre une nouvelle fois notre capacité à développer de nouvelles ressources gazières à bas coûts et à faibles émissions, suite aux mesures incitatives mises en place par le gouvernement nigérian pour les développements de gaz non associé », a déclaré Nicolas Terraz, directeur général Exploration-Production de TotalEnergies. « Ce nouveau projet contribuera significativement à l'approvisionnement en gaz de Nigeria LNG et créera de la valeur durable pour ses partenaires ainsi que pour le Nigéria ». À propos de TotalEnergies au Nigéria Présente au Nigéria depuis plus de 60 ans, TotalEnergies y emploie actuellement plus de 1 800 collaborateurs dans ses différentes branches d'activité. Avec 188 000 barils équivalent pétrole produits par jour en 2025, le Nigéria est l'un des principaux pays contributeurs aux productions d'hydrocarbures de la Compagnie. TotalEnergies opère également un large réseau de distribution qui compte quelque 540 stations-service sur le territoire. Dans toutes ses opérations, TotalEnergies est particulièrement attentive au développement socio-économique du pays et s'engage à travailler avec les communautés locales.
par energy_isere » 14 sept. 2026, 22:34
Nigéria : la méga-raffinerie de Dangote entre en Bourse AFP avec Connaissance des Énergies le 14 septembre 2026 L'industriel nigérian Aliko Dangote, première fortune africaine, a lancé lundi en Bourse sa méga-raffinerie, appelée selon lui à devenir la plus grande mondiale. L'opération ouverte le 14 septembre porte sur 4,1 milliards d'actions de Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals, proposées à 525 nairas l'unité. La souscription minimale est fixée à 10 titres, soit 5 250 nairas, et l'offre doit se terminer le 13 octobre. Au prix annoncé, le montant maximal visé atteint 2 150 milliards de nairas, soit environ 1,4 milliard d'euros. Aliko Dangote estime que cette levée de capitaux pourrait constituer la plus importante introduction en Bourse jamais réalisée sur le continent africain. Depuis le siège de la Bourse nigériane à Lagos, capitale économique du pays, l'homme d'affaires a qualifié lundi l'opération de « jour historique ». Il a ajouté qu'il ne s'agissait pas seulement de la cotation d'une entreprise, mais de « l'introduction en bourse d'une nouvelle possibilité pour le Nigeria, pour l'Afrique et pour la race noire ». La raffinerie située au Nigeria dispose d'une capacité de 700 000 barils par jour, supérieure à la demande nationale de carburants d'un pays de plus de 240 millions d'habitants. Mise en service il y a deux ans, elle constitue déjà la plus grande unité de raffinage pétrolier du continent africain. Un doublement de capacité visé d'ici 2028 Selon l'Energy Information Administration américaine (EIA), des travaux achevés en février 2026 ont porté la capacité de distillation de brut de l'installation de 650 000 à 700 000 barils par jour. L'agence américaine indique également que la montée en régime du site a réduit les importations nigérianes de produits pétroliers et accru les expéditions de carburants depuis le pays en 2026. La raffinerie a commencé à exporter ses carburants à l'étranger il y a quelques mois. Cette bascule est stratégique pour le Nigeria, grand producteur de pétrole brut mais longtemps pénalisé par un déficit de capacités locales de transformation. Dangote prévoit de plus que doubler la capacité du complexe pour atteindre 1,4 million de barils par jour d'ici à 2028. À ce niveau, l'installation dépasserait la raffinerie indienne de Jamnagar et deviendrait, selon le groupe, la plus grande raffinerie au monde. Un deuxième projet à Lamu, au Kenya L'objectif affiché de l'opération boursière est aussi d'ouvrir le capital à des investisseurs nigérians et africains individuels. Selon Aliko Dangote, il s'agit de permettre à des particuliers de détenir une part de ce qu'il présente comme le plus grand projet industriel du continent. Le groupe Dangote prévoit par ailleurs de construire une raffinerie de 700 000 barils par jour à Lamu, sur la côte kényane, en Afrique de l'Est. À l'heure actuelle, l'Afrique importe encore plus de 70 % de ses carburants raffinés. Cette dépendance aux importations reste un facteur de vulnérabilité pour les marchés africains des produits pétroliers, exposés aux coûts logistiques, aux arbitrages de négoce et aux variations des prix internationaux.
par energy_isere » 12 sept. 2026, 22:54
Après une perte en 2025, la raffinerie Dangote dégage un bénéfice de 1,8 milliard $ en six mois Agence Ecofin 09 septembre 2026 Après une perte de 476 millions $ en 2025, le complexe pétrolier d’Aliko Dangote a dégagé 1,82 milliard $ de bénéfice net au premier semestre 2026. Un retournement spectaculaire, porté par la montée en puissance de la production et par des marges de raffinage exceptionnellement favorables, au moment où le groupe prépare son introduction en bourse. La bascule est spectaculaire. La raffinerie Dangote, entrée progressivement en production en 2024 près de Lagos, a dégagé 1,82 milliard de dollars de bénéfice net au premier semestre 2026, après avoir enregistré une perte de 476 millions de dollars sur l’ensemble de l’exercice précédent. En six mois, la raffinerie a réalisé 13,91 milliards de dollars de chiffre d’affaires et généré 2,6 milliards de dollars d’excédent brut d’exploitation (Ebitda). Sa marge d’Ebitda atteint ainsi 18,7 %. Le redressement tient d’abord à la montée en régime d’un complexe industriel dont le démarrage avait été marqué par plusieurs difficultés techniques et opérationnelles. Le taux moyen d’utilisation a atteint 83,6 % au premier semestre, contre environ 45 % en janvier, avant que l’unité principale de distillation n’atteigne sa pleine capacité au deuxième trimestre. Des améliorations apportées notamment à l’unité de craquage catalytique ont également permis à la raffinerie de produire davantage d’essence, de diesel et de kérosène, produits plus rémunérateurs. Des marges dopées par le marché mondial Mais la seule hausse des volumes ne suffit pas à expliquer la progression des bénéfices. Dangote a également profité d’un environnement particulièrement favorable aux raffineurs. Sa marge brute de raffinage, qui mesure schématiquement l’écart entre le coût du pétrole brut acheté et la valeur des produits pétroliers qui en sont tirés, a atteint 24,50 dollars par baril au premier semestre, contre 13,70 dollars en moyenne en 2025 et 10,70 dollars en 2024, selon Renaissance Capital. Au premier trimestre, elle avait même grimpé jusqu’à 33,70 dollars par baril. Les perturbations provoquées par les conflits au Moyen-Orient et par la guerre en Ukraine ont contribué à tendre l’offre mondiale de produits raffinés. Aliko Dangote lui-même reconnaît que sa raffinerie a bénéficié de cette situation. Le groupe estime cependant que les tensions sur les capacités mondiales de raffinage pourraient persister au-delà de ces crises géopolitiques. Cette dépendance à des marges actuellement élevées constitue aussi l’une des principales interrogations pour les futurs actionnaires. Une normalisation du marché pétrolier pourrait réduire une partie de la rentabilité observée au premier semestre. Une vitrine avant l’IPO La publication de ces performances intervient à un moment stratégique. Dangote Petroleum Refinery s’apprête à lancer une introduction à la Bourse de Lagos qui doit permettre de lever environ 2 150 milliards de nairas, soit 1,63 milliard de dollars. L’offre doit ouvrir le 14 septembre et pourrait devenir la plus importante jamais réalisée sur un marché boursier africain. L’entreprise prépare parallèlement un nouvel investissement de 14,3 milliards de dollars afin de doubler sa capacité de traitement, de 700 000 à 1,4 million de barils par jour d’ici à 2029. À cette échelle, le complexe rivaliserait avec les plus grandes raffineries mondiales. La raffinerie ambitionne clairement de peser sur les flux de produits raffinés en Afrique, voire au-delà. Alors que le groupe s’apprête à ouvrir le capital de sa raffinerie au public, les 1,82 milliard de dollars de bénéfice enregistré en six mois constituent une vitrine particulièrement favorable auprès des investisseurs sollicités dans le cadre de l’IPO. Cette performance spectaculaire ne dissipe toutefois pas toutes les interrogations sur la valorisation future de l’entreprise. Elle pose au contraire une question centrale : quelle part de ce retournement tient à la montée en puissance structurelle de la raffinerie, et quelle part relève d’une conjoncture exceptionnellement favorable aux marges de raffinage ? Fiacre E. Kakpo
par energy_isere » 05 sept. 2026, 11:37
Nigeria : Aliko Dangote annonce l'ouverture de l'IPO de sa raffinerie dans moins de deux semaines Agence Ecofin 04 sept 2026 Entre l'IPO de sa raffinerie nigériane, sa cotation à Londres et son projet kényan, Dangote accélère la construction d'un empire pétrolier panafricain, porté par une conjoncture mondiale exceptionnellement favorable au secteur du raffinage. L'introduction en bourse (IPO) de la raffinerie Dangote, la plus grande du continent africain, ouvrira dans les dix à douze prochains jours. C'est ce qu'a annoncé jeudi 3 septembre son propriétaire, l'homme d'affaires nigérian Aliko Dangote (photo), lors d'une intervention devant des investisseurs et des analystes au Botswana, pays qu'il visitait à cette occasion. L'homme le plus riche d'Afrique a dévoilé un projet plus ambitieux encore : porter à terme la capacité de sa raffinerie à 1,4 million de barils par jour, contre une capacité actuelle de 650 000 barils par jour. « Notre rêve est de doubler la capacité de la raffinerie », a-t-il déclaré, précisant dans la foulée le calendrier de l'opération boursière. Une opération qui pourrait devenir la plus grosse IPO du continent La raffinerie viserait une levée de fonds d'environ 5 milliards de dollars, ce qui en ferait potentiellement la plus importante introduction en bourse jamais réalisée en Afrique. Le groupe n'a pas communiqué le détail de cette structuration financière, mais l'ampleur du montant recherché illustre les attentes placées dans cet actif industriel, considéré comme la pièce maîtresse de l'empire Dangote. Le groupe ne dévoile pas les marges de raffinage de son site, mais le secteur profite depuis plusieurs mois d'une conjoncture favorable : les tensions au Moyen-Orient ont perturbé les circuits d'approvisionnement traditionnels et dopé la demande mondiale de carburants alternatifs, un contexte qui a directement bénéficié aux profits des raffineurs, y compris nigérians. Sur le plan opérationnel, l'installation a franchi une étape symbolique en février en atteignant sa capacité nominale de 650 000 barils par jour. Elle a même été testée au-delà, à 700 000 barils par jour, un signal de marge de manœuvre supplémentaire avant l'extension annoncée. Cotation à Londres et expansion au Kenya Le milliardaire nigérian a également évoqué un second chantier boursier : la cotation secondaire de Dangote Cement, autre fleuron industriel du groupe, à la Bourse de Londres. Cette opération interviendrait probablement en octobre, avec pour objectif d'élargir l'accès du cimentier aux capitaux et investisseurs internationaux, au-delà du seul marché nigérian. Au-delà des marchés financiers, Dangote Group poursuit son expansion industrielle sur le continent. Le groupe prévoit de construire une nouvelle raffinerie sur la côte kényane, en partenariat avec plusieurs gouvernements d'Afrique de l'Est. Ce projet, dont la réalisation devrait s'étaler sur trois ans, viserait à approvisionner le Kenya et les pays voisins en produits pétroliers raffinés, réduisant ainsi la dépendance régionale aux importations de carburants. Ce futur site constituerait le plus important investissement du groupe dans le raffinage en dehors du Nigeria, une première pour l'empire industriel d'Aliko Dangote. « Nous le lançons le 30 septembre », a-t-il confirmé, sans donner davantage de précisions sur le montant de l'investissement.
par energy_isere » 29 août 2026, 16:30
Pétrole : pourquoi les réserves du Nigeria ne suffisent plus à convaincre les investisseurs Agence Ecofin 24 aout 2026 Malgré ses importantes réserves d’hydrocarbures, le Nigeria doit désormais convaincre les investisseurs. Après trois années de réformes, Abuja doit démontrer que les conditions offertes sont durables et assez compétitives pour rivaliser avec les autres pays producteurs. Avec 37 milliards de barils de réserves prouvées de pétrole et de condensats et 215,19 Tcf de gaz, le Nigeria dispose d’un potentiel considérable. Pourtant, son secteur des hydrocarbures sort de plusieurs années de sous-investissement, marquées par les vols de brut, l’insécurité, les incertitudes réglementaires, les retards administratifs et la hausse des coûts d’exploitation. C’est dans ce contexte que le plus grand syndicat de travailleurs du secteur (PENGASSAN) a lancé sa mise en garde. Dans un communiqué publié vendredi 21 août, à l’issue de son 5e Energy and Labour Summit, tenu du 19 au 21 août à Abuja, le syndicat a estimé que le Nigeria ne peut plus compter sur l’ampleur de ses réserves pour attirer les capitaux. Le pays doit rester compétitif face aux autres juridictions productrices en proposant une fiscalité et des conditions commerciales attractives, davantage de sécurité, une réglementation prévisible et une exécution efficace des projets. Depuis 2023, l’administration de Bola Tinubu s’emploie précisément à corriger ces handicaps. Elle a accéléré l’application du Code pétrolier de 2021, simplifié certaines procédures, réduit les délais administratifs et introduit de nouvelles incitations pour l’offshore. La lutte contre les vols de brut a également été renforcée. Les premiers résultats sont visibles. La production de brut et de condensats a atteint 1,56 million de barils récemment, son plus haut niveau depuis avril 2020. Le régulateur de l’amont (NUPRC) affirme aussi avoir approuvé plus de 57 milliards de dollars de plans de développement de champs depuis 2024. Le retour du forage d’ExxonMobil après près de dix ans illustre cette amélioration. Le groupe et ses partenaires ont annoncé en juillet un investissement d’un milliard de dollars dans Usan Infill, qui doit ajouter jusqu’à 40 000 barils par jour. Le programme s’appuie sur un champ producteur et des infrastructures existantes, limitant ainsi les délais de développement. Un Nigeria désormais en concurrence pour les capitaux Ces progrès ne règlent toutefois pas le problème de fond. Le Nigeria ne cherche pas des capitaux dans un marché qui lui serait acquis. Il doit les disputer à d’autres pays producteurs qui cherchent eux aussi à attirer les investissements internationaux. Ses réserves restent donc un atout, mais ne constituent plus à elles seules un argument suffisant. Les compagnies arbitrent entre différentes juridictions selon la fiscalité, la sécurité, la stabilité des règles, les délais d’autorisation, les coûts et la capacité à mener les projets jusqu’à la production. Cette compétition est particulièrement forte dans l’offshore profond, où les développements nécessitent plusieurs milliards de dollars et des cycles longs. Bonga South West Aparo l’illustre : le projet de Shell et de ses partenaires, évalué à environ 20 milliards de dollars, est resté en suspens pendant plus d’une décennie. Une décision finale d’investissement est désormais visée pour 2027. Abuja veut limiter ces incertitudes avec le nouveau cadre fiscal et réglementaire approuvé le 11 août pour les projets pétroliers et gaziers en eaux profondes. Il doit remplacer les négociations propres à chaque projet par des règles établies à l’avance et pourrait contribuer à attirer jusqu’à 50 milliards de dollars d’investissements offshore d’ici 2030. Le NUPRC estime que 22 projets pourraient mobiliser entre 30 et 50 milliards de dollars sur cette période. La stabilité devient aussi importante que les incitations Pour PENGASSAN, l’enjeu est maintenant de rendre les réformes durables. Le syndicat demande que les récents décrets présidentiels destinés à améliorer les conditions d’investissement soient transmis à l’Assemblée nationale afin d’amender le Code pétrolier. Une incitation peut améliorer la rentabilité d’un projet, mais un investissement de plusieurs milliards de dollars exige une visibilité sur plusieurs années. PENGASSAN réclame donc une plus grande stabilité fiscale et réglementaire, une consultation des acteurs avant les changements majeurs, des procédures plus rapides et de meilleures infrastructures, tout en réduisant les risques liés à la sécurité. Le même défi concerne le gaz. Le Nigeria peine encore à transformer ses immenses réserves en valeur industrielle, notamment faute d’infrastructures, de débouchés bancables et de clients solvables. PENGASSAN appelle à développer le traitement, les pipelines, le stockage et les infrastructures du GNL, du GPL et du GNC, ainsi que les usages du gaz dans l’électricité, l’industrie, les transports, les engrais et la pétrochimie. Le syndicat défend aussi le développement du raffinage local et la protection des investissements dans les raffineries comme celle de Dangote, ainsi qu’une plus grande transformation dans la pétrochimie et le traitement du gaz.
par energy_isere » 29 août 2026, 12:16
Dangote Group envisage de se doter de navires pour contourner les contraintes du transport en Afrique Agence Ecofin 28aout2026 Alors que les échanges intra-africains progressent, les insuffisances de l’offre logistique continuent de peser sur la compétitivité des industriels. Le cas de Dangote illustre les arbitrages croissants des grands groupes face aux limites des infrastructures régionales. ....................
par energy_isere » 22 août 2026, 10:26
Comment la guerre en Iran a fait exploser la fortune de l'homme le plus riche d'Afrique Le blocage du détroit d'Ormuz, qui a des répercussions douloureuses sur le prix des biens de consommation de base et du carburant, a fait fructifier la fortune du milliardaire nigérian Aliko Dangote. Par Léa Polverini 22 août 2026 slate.fr Cinq milliards de dollars: c'est le pactole qui s'est ajouté à la fortune d'Aliko Dangote, l'homme le plus riche d'Afrique, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Aujourd'hui âgé de 69 ans, l'homme d'affaires nigérian, dont la richesse est actuellement estimée à 35,1 milliards de dollars (près de 30 milliards d'euros), a bâti l'essentiel de sa fortune sur son héritage familial, la fabrication et l'exportation de sel, de sucre et de ciment, mais aussi et surtout sur le pétrole. Sa nouvelle raffinerie, installée à Lagos, a engrangé des bénéfices colossaux depuis la crise du détroit d'Ormuz, en février 2026. Le continent africain, bien que riche en ressources de pétrole brut, est toujours fortement dépendant des importations de carburant. Or entre les frappes ukrainiennes contre les raffineries et les pétroliers russes, qui comptent parmi ses premiers fournisseurs, et le blocage iranien, les flux d'or noir ont été largement perturbés. Les prix du carburant comme des denrées alimentaires ont connu une forte hausse. Un monopole africain La raffinerie de Dangote est devenue pleinement opérationnelle quelques semaines avant que les États-Unis bombardent l'Iran. Elle a depuis touché le marché américain, jusqu'à devenir en avril et mai la plus grande exportatrice mondiale de kérosène. En juillet, elle s'est hissée au rang de premier fournisseur européen de kérosène et de diesel. Mardi 18 août, la société a annoncé avoir obtenu un soutien financier d'un milliard de dollars (856 millions d'euros) auprès d'un groupe d'investissement basé à Dubaï, pour son introduction en bourse au Nigeria. Ce qui pourrait en faire la plus importante introduction en bourse jamais réalisée en Afrique. Ces dernières années, le Nigeria a investi plusieurs milliards de dollars dans la réhabilitation de ses trois raffineries publiques, mais aucune n'est actuellement en service. Le constat est le même sur le reste du continent: la majorité des raffineries sont à l'arrêt. La société du milliardaire fait ainsi partie des rares exceptions qui tirent leur épingle du jeu. «Lorsque la guerre en Iran a éclaté, la raffinerie de Dangote était une bouée de sauvetage pour les acheteurs qui dépendaient auparavant du golfe Persique pour leurs produits pétroliers», explique au New York Times Matthew Tracey-Cook, analyste chez Platts, une société spécialisée dans l'information sur l'énergie et les cours du pétrole. Depuis Lagos, les pétroliers chargés du carburant de la raffinerie Dangote naviguent le long de la côte ouest-africaine jusqu'à Lomé, au Togo, où ils déchargent leur cargaison sur des navires plus petits. Ces bateaux livrent ensuite les différents marchés sur le continent. Les Nigérians espéraient que cette raffinerie mettrait fin à leur dépendance au carburant importé et ferait baisser les coûts. Leurs espoirs sont douchés: les prix n'ont fait qu'augmenter. De son côté, Dangote, qui a fait l'objet de multiples accusations de corruption, accuse le gouvernement nigérian d'étouffer le flux de pétrole brut, permettant aux régulateurs de maintenir leur emprise sur le secteur pétrolier.
par energy_isere » 25 juil. 2026, 10:50
Raffinage de pétrole : Dangote annonce avoir levé 2,5 milliards de dollars pour son expansion en Afrique de l'Est AFP avec Connaissance des Énergies Mis à jour le 23 juillet 2026 Dangote Refinery a indiqué jeudi avoir levé 2,5 milliards de dollars auprès d'investisseurs privés pour soutenir son expansion vers l'Afrique de l'Est. Un placement privé avant une possible cotation L'opération ouvre le capital de la raffinerie nigériane de 650 000 barils par jour, entrée en service il y a deux ans et présentée comme la plus grande installation de raffinage du continent. Jusqu'ici, la seule participation extérieure mentionnée était celle de NNPCL, la société pétrolière contrôlée par l'État nigérian, à hauteur d'environ 7,2%. Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals a qualifié cette levée de fonds de placement privé « considéré comme le plus important investissement privé rendu public en Afrique ». Selon des experts cités dans l'annonce, cette étape prépare une introduction en Bourse qui permettrait au public d'investir dans l'entreprise au cours de l'année. Une capacité visée de 1,4 million de barils par jour Le fondateur du groupe, Aliko Dangote, homme le plus riche d'Afrique, a indiqué que les fonds doivent apporter « des capitaux destinés à compléter […] les flux de trésorerie internes et les financements externes ». L'entreprise inscrit ce financement dans la poursuite de son programme d'expansion. Dangote prévoit de porter la capacité de son site nigérian à 1,4 million de barils par jour d'ici à 2028, soit plus du double de son niveau actuel. À cette échelle, la raffinerie dépasserait celle de Jamnagar, en Inde, et deviendrait la plus grande au monde par capacité annoncée. L'Afrique de l'Est entre dans le périmètre industriel Le groupe prévoit aussi une raffinerie de pétrole de 700 000 barils par jour à Lamu, sur la côte kényane. Ce projet étendrait l'empreinte industrielle de Dangote au-delà du Nigeria, avec une implantation destinée au marché est-africain. L'Africa Finance Corporation indiquait en avril 2026 que l'Afrique importe plus de 70% de ses carburants raffinés. Le même rapport évaluait à environ 230 milliards de dollars par an la facture d'importation africaine de biens essentiels, dont les carburants, les denrées alimentaires, les plastiques, l'acier et les engrais. Dangote affirme que cette levée de fonds doit contribuer à réduire « la dépendance de l'Afrique vis-à-vis des produits raffinés importés » et à renforcer la « sécurité énergétique du continent ». L'objectif reste conditionné à la réalisation des projets d'extension annoncés au Nigeria et au Kenya, avec une échéance de capacité fixée à 2028 pour le site nigérian.
par energy_isere » 20 juin 2026, 12:14
Nigeria : NNPC et TotalEnergies renforcent leur lutte contre les émissions de méthane Agence Ecofin 19 juin 2026 Le Nigeria brûle chaque année des milliards de pieds cubes de gaz naturel dans ses champs pétroliers. Ces émissions font du pays l’un des principaux contributeurs africains aux gaz à effet de serre dans le secteur des hydrocarbures. Au Nigeria, la société publique du pétrole NNPC Ltd et la multinationale française TotalEnergies ont renouvelé mercredi 17 juin leur accord de détection du méthane. Le texte a été signé par Udy Ntia, directeur exécutif chargé de l’exploration et de la production chez NNPC Ltd, et Matthieu Bouyer, directeur général de la filiale locale de TotalEnergies. Selon les détails rapportés par Vanguard, cet accord prolonge et élargit pour 24 mois supplémentaires une initiative lancée en décembre 2023. Il porte sur le déploiement de l’Airborne Ultralight Spectrometer for Environmental Applications (l’AUSEA), un système monté sur drone capable de détecter et mesurer les émissions de méthane et de carbone sur les installations pétrolières et gazières. La technologie a été développée par TotalEnergies en partenariat avec le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) française et l’Université de Reims. Concrètement, cet outil identifie des sources d’émissions non comptabilisées, améliore la précision des rapports environnementaux, soutient les actions correctives sur le terrain et évalue l’efficacité de la combustion des torchères. Le renouvellement prévoit son déploiement sur des actifs supplémentaires de NNPC Ltd, au-delà de ceux couverts par le premier accord. « La signature d’aujourd’hui représente une étape pratique dans le parcours de NNPC Limited pour construire un programme de décarbonisation crédible, transparent et axé sur l’action », a déclaré Ntia lors de la cérémonie de signature. Un contexte où le Nigeria reste l’un des plus grands émetteurs africains Cet accord s’inscrit dans les engagements internationaux de NNPC en matière de réduction des émissions. La compagnie a en effet adhéré à plusieurs cadres volontaires du secteur pétrolier mondial, dont un engagement à atteindre des émissions de méthane quasi nulles d’ici 2030. De son côté, la major pétrolière française se présente comme la première compagnie productrice de pétrole au Nigeria à avoir éliminé le torchage de routine sur l’ensemble de ses actifs, selon Mike Sangster, vice-président senior Afrique du groupe. En 2025, le pays a brûlé 323 milliards de pieds cubes standard de gaz, soit une perte estimée à 1,1 milliard de dollars, selon le National Oil Spill Detection and Remediation Agency (NOSDRA). Le méthane issu de ces opérations figure parmi les principaux contributeurs aux émissions de gaz à effet de serre du secteur pétrolier africain.
par energy_isere » 30 mai 2026, 17:26
Nigeria : derrière l’offensive gazière, le retour stratégique de l’hydroélectricité Agence Ecofin 29 mai 2026 Longtemps marqué par une dépendance au gaz et des contraintes de réseau, le système énergétique nigérian évolue vers une recomposition progressive de ses sources de production afin de soutenir ses ambitions d’industrialisation et de stabilisation du réseau électrique. Le 27 mai, le Nigeria a signé un accord de concession de 1,5 milliard de dollars avec le développeur de projets hydroélectriques Maverick Energy pour le développement du projet de Grand Katsina-Ala, une centrale de 460 MW située dans l’État de Benue. Structuré sous un modèle de partenariat public-privé sur 35 ans, le projet prévoit la construction, le financement, l’exploitation puis le transfert de l’infrastructure (DFBOT) à l’État nigérian. Avec une production annuelle estimée à environ 2 401 GWh, il figure parmi les plus importants projets hydroélectriques récents du pays et marque une nouvelle étape dans la mobilisation du potentiel hydraulique nigérian. Au-delà de ses caractéristiques techniques, le projet s’inscrit dans une logique de développement territorial. L’État de Benue, considéré comme l’un des principaux bassins agricoles du Nigeria, devrait bénéficier directement de cette nouvelle capacité électrique, notamment à travers le renforcement de l’irrigation, le développement de l’agro-industrie et l’amélioration des infrastructures de transformation. Ce projet intervient dans un contexte où le système électrique nigérian reste fortement contraint. La production effective du pays tourne autour de 4 300 MW, loin des capacités installées, en raison notamment de problèmes d’approvisionnement en combustible, de fragilités du réseau et de pertes techniques importantes. Le gaz, pilier central de la stratégie énergétique nigériane Cette dynamique hydroélectrique s’insère toutefois dans une stratégie énergétique beaucoup plus large, dominée par le gaz naturel. Le Nigeria vise, à travers le Gas Master Plan 2026, environ 60 milliards de dollars d’investissements d’ici 2030 sur l’ensemble de la chaîne de valeur gazière. Le programme ambitionne de faire du gaz le moteur central de l’industrialisation, de la sécurité énergétique et de la croissance économique, avec un objectif de production porté à 10 milliards de pieds cubes par jour d’ici 2027, puis 12 milliards d’ici 2030. Cette ambition s’appuie sur une série de projets structurants destinés à lever les contraintes historiques du secteur. Le gazoduc Ajaokuta-Kaduna-Kano (AKK), long de 614 km, doit relier les bassins gaziers du sud aux centres industriels du centre et du nord du pays. Le pipeline OB3, de son côté, doit contribuer à renforcer l’interconnexion du réseau national et à sécuriser les flux vers les zones de consommation. Ensemble, ces infrastructures visent à réduire le déficit de transport de gaz qui limite aujourd’hui la production électrique du pays. Car malgré l’abondance des ressources, plus de 200 trillions de pieds cubes de réserves prouvées, le Nigeria fait face à un paradoxe structurel : une partie importante de son potentiel gazier reste sous-exploitée, tandis que l’approvisionnement des centrales électriques demeure insuffisant. Vers un modèle énergétique hybride Dans ce contexte, la complémentarité entre gaz et hydroélectricité apparaît de plus en plus comme une réponse pragmatique. Le gaz constitue le pilier de la stratégie industrielle et exportatrice, tandis que l’hydroélectricité apporte une capacité de stabilisation du système électrique et de sécurisation de la production de base. Reste toutefois la question de l’exécution. Malgré l’ampleur des investissements annoncés, le Nigeria devra encore surmonter des contraintes d’infrastructures, de financement et de gouvernance qui freinent depuis longtemps le développement du secteur énergétique.
par energy_isere » 30 mai 2026, 16:02
Pétrole : ExxonMobil pousse son expansion en eaux profondes au Nigeria Agence Ecofin 26 mai 2026 ExxonMobil cherche à renforcer sa production d’or noir au Nigeria. Engagée depuis 2023 dans cette dynamique, la multinationale a annoncé le mois dernier un plan d’investissement pouvant atteindre 24 milliards de dollars dans plusieurs projets pétroliers situés au large du pays. ExxonMobil poursuit son expansion en eaux profondes au Nigeria. La multinationale américaine a confié, à travers sa filiale Esso Exploration & Production Nigeria (EEPNL), un contrat de complétion de puits offshore au groupe parapétrolier Weatherford. L’information a été annoncée par ce dernier dans un communiqué publié jeudi 21 mai. Cette opération désigne l’ensemble des travaux qui suivent le forage et équipent un puits pour le rendre prêt à produire. Dans ce cadre, Weatherford fournira des solutions intégrées, axées sur la sécurité, la fiabilité et l’intégrité des puits tout au long de leur exploitation, précise le communiqué de l’entreprise. Les termes financiers de l’accord n’ont pas été dévoilés. Les équipements seront configurés via la chaîne d’approvisionnement mondiale de Weatherford, mais avec un soutien local au Nigeria, conformément aux exigences de contenu local prévues par le contrat. « Ce contrat reflète notre capacité à fournir des solutions de complétion intégrées pour les opérations en eaux profondes », a déclaré Girish Saligram, directeur général de Weatherford. Cet accord intervient alors qu’ExxonMobil intensifie ses activités en eaux profondes au Nigeria. La major y exploite cinq blocs offshores, rappelle Upstream. Depuis la cession de sa filiale terrestre Mobil Producing Nigeria en décembre 2024, l’ensemble de sa production nigériane provient désormais de gisements pétroliers en mer, principalement Erha et Usan. Les ambitions d’ExxonMobil vont bien au-delà de ce seul contrat. La compagnie a annoncé envisager jusqu’à 24 milliards de dollars d’investissements dans des projets pétroliers en mer au Nigeria, a rapporté Agence Ecofin en avril dernier. Deux projets concentrent l’essentiel de ces montants, à savoir le champ de Bosi, qui pourrait nécessiter entre 15 et 16 milliards de dollars, et le projet Owowo, estimé entre 7 et 8 milliards de dollars. ExxonMobil prévoit de nouveaux forages sur le champ d’Usan et fait progresser le projet Owowo, qui renferme environ un milliard de barils de ressources. Une décision finale d’investissement sur ce dernier est attendue d’ici le début de l’année prochaine. En avril 2026, lors d’une rencontre avec le régulateur nigérian, le vice-président chargé des activités en eaux profondes d’ExxonMobil, Hunter Farris, avait estimé que la major était « de retour aux affaires ». Il évoquait alors un climat d’investissement amélioré dans le pays.
par energy_isere » 09 mai 2026, 14:15
Nigeria : après Shell et TotalEnergies, Eni finalise son retrait de l’onshore pétrolier Agence Ecofin 07 mai 2026 En janvier 2026, le groupe TotalEnergies a annoncé sa décision de céder ses 10 % de participation non opérée détenue dans Renaissance Joint Venture. Le processus de vente est toujours en cours. Le groupe énergétique italien Eni est en cours de cession de sa participation résiduelle de 5 % dans Renaissance Africa Energy Joint Venture, au Nigeria. La confirmation est venue de la compagnie elle-même, en réponse écrite à des questions soumises par des actionnaires en amont de son assemblée générale annuelle tenue le 6 mai à Milan. Eni a précisé que le nom de l’acheteur pressenti et la valeur de la transaction demeurent confidentiels. La compagnie a néanmoins indiqué que le candidat retenu sera soumis à un processus de vérification approfondie (due diligence), incluant une évaluation des risques réputationnels potentiels. Plusieurs acteurs nigérians et étrangers ont déposé des offres pour cette participation. Selon des informations rapportées plus tôt cette année par plusieurs médias spécialisés, la société nigériane Sterling Oil Exploration and Energy Production Company (SEEPCO) serait en position de favori dans ce processus. La participation d’Eni dans cette coentreprise est détenue via sa filiale historique Agip Energy and Natural Resources (Nigeria) Limited, présente dans le pays depuis plusieurs décennies. Elle représente l’un des derniers actifs onshores que le groupe italien conservait dans le Delta du Niger. Vague d’abandon de l’onshore par les multinationales La cession envisagée par Eni s’inscrit dans une dynamique de désengagement massif des majors occidentales de l’onshore nigérian, amorcée depuis plusieurs années. En mars 2025, Shell avait ouvert la voie en finalisant la vente de sa filiale SPDC au consortium Renaissance Africa Energy Company. La transaction évaluée par la multinationale à 2,4 milliards de dollars, avait été temporairement bloquée par la Nigerian Upstream Petroleum Regulatory Commission (NUPRC), avant d’obtenir finalement le feu vert des autorités fédérales. En janvier 2026, la multinationale française TotalEnergies a emboîté le pas, en signant un accord de cession de sa participation de 10 % dans la même coentreprise à la société Vaaris Resources JV Co Ltd, selon des informations rapportées par Agence Ecofin. Avec la sortie annoncée d’Eni, ce sont désormais les trois principaux partenaires étrangers historiques de la jointe-venture qui ont engagé leur retrait. Dans une analyse publiée par Reuters en janvier 2024, l’économiste senior de Goldman Sachs Andrew Matheny pointait les dysfonctionnements de la politique sectorielle nigériane et les contraintes de change comme facteurs déterminants du désengagement des majors. À cela s’ajoutent les vols de brut et le vandalisme des pipelines, que le régulateur nigérian NUPRC chiffrait à plus de 3,3 milliards de dollars de pertes entre janvier 2021 et février 2022. La coentreprise Renaissance couvre 18 licences d’exploitation dans le Delta du Niger, pour des réserves estimées à 6,73 milliards de barils de pétrole et condensats ainsi que 56,3 trillions de pieds cubes de gaz, d’après des données relayées par Africa Oil Gas Report publiées en mars 2025.
par energy_isere » 26 avr. 2026, 11:47
By March, the refinery was running at 94% capacity, producing around 303,000 b/d of gasoline against domestic demand of roughly 300,000 b/d. For the first time, a single facility was sufficient to cover national gasoline consumption. That alone would mark a structural break from the past. However, roughly one-sixth of gasoline output is now exported, with 45,000 b/d shipped in March primarily to neighbouring African markets such as Ivory Coast, the DRC, and Mozambique (for the first time ever). What used to be a regional redistribution model is increasingly turning into a platform for arbitrage.
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