par energy_isere » 17 juil. 2026, 10:33
Le blocage russe du diesel renchérit le gazole sur le marché européen
AFP avec Connaissance des Énergies le 17 juillet 2026
Janiv Shah, vice-président de Rystad Energy, estime jeudi que l’arrêt des ventes russes de diesel pèse fortement sur les prix, surtout en Europe.
Un choc d’offre indirect pour les automobilistes français
L’interdiction temporaire décidée par Moscou début juillet doit courir jusqu’au 31 juillet et vise les exportations de diesel, un carburant central pour le transport routier et l’activité industrielle. Janiv Shah, vice-président du cabinet Rystad Energy, juge que cette mesure exerce un « impact significatif » sur le marché mondial et sur les prix du gazole.
L’Union européenne ne peut plus importer de brut russe ni de produits raffinés russes, dont le gazole, dans le cadre des sanctions mises en place après l’invasion de l’Ukraine. L’effet sur les prix à la pompe en France passe donc surtout par le marché international : des acheteurs habituels de la Russie, notamment en Turquie, en Afrique du Nord ou en Asie du Sud-Est, doivent se reporter vers d’autres fournisseurs.
Selon Janiv Shah, ces pays conservent une demande importante et ne disposent pas de marges de raffinage suffisantes pour compenser rapidement les volumes perdus. La quantité de diesel disponible pour les échanges internationaux se réduit donc, ce qui renchérit les cargaisons accessibles aux importateurs européens.
L’Europe reste structurellement déficitaire en diesel
La Russie exporte habituellement autour de 800 000 barils par jour de diesel ou d’essence, soit « 10 et quelque pour cent » de l’offre disponible, selon les estimations citées par Rystad Energy. Des données de transport maritime rapportées par Reuters indiquaient déjà un net recul des exportations russes de diesel et de gasoil par voie maritime en juin, à environ 1,8 million de tonnes, soit 39 % de moins qu’en mai et 46 % de moins qu’un an plus tôt.
Janiv Shah estime que l’Europe est la région la plus exposée, car son déficit d’approvisionnement en diesel est plus marqué que dans les autres grandes zones de consommation. Elle peut augmenter ses importations ou accroître sa production, mais les capacités disponibles, la configuration des raffineries et la qualité des bruts accessibles limitent cette seconde option.
Cette dépendance aux importations amplifie la transmission des hausses internationales vers le consommateur final. Le ministère français chargé de l’Énergie suit chaque semaine les prix moyens nationaux des carburants, la base publique intégrant les prix à la consommation du vendredi en France métropolitaine hors Corse depuis 1985.
Les marges du diesel dépassent les niveaux de 2022
La tension se mesure dans l’écart entre le prix du diesel et celui du pétrole brut. Janiv Shah indique que la marge européenne de raffinage sur le diesel avait atteint un sommet juste sous 60 dollars par baril en 2022 et qu’elle est désormais plus élevée.
Cette hausse ne tient pas uniquement à la décision russe. Le regain de tensions au Moyen-Orient renchérit aussi les produits pétroliers, tandis que les stocks européens de diesel restent faibles, que la demande demeure élevée, voire en hausse, et que les disponibilités hors d’Europe se resserrent.
Le document hebdomadaire de la DGEC publié le 10 juillet 2026 situait le Brent daté à 72,20 dollars par baril et la cotation internationale du gazole à 98,72 centimes d’euro par litre, contre 90,29 centimes une semaine plus tôt. Cette progression de la cotation du produit raffiné intervient alors que le Brent restait proche de 73 dollars par baril début juillet, ce qui illustre le rôle spécifique de la contrainte sur le diesel.
Les prix pourraient rester élevés
Interrogé sur la possibilité de nouvelles hausses, Janiv Shah juge qu’elles peuvent se produire ou que les prix peuvent se maintenir aux niveaux actuels. Selon lui, peu d’indicateurs suggèrent une détente, sauf si les prix montent assez pour réduire une partie de la demande.
La question des stocks de brut dépend aussi de la situation dans le Golfe persique. Janiv Shah souligne que toute perspective sur les stocks disponibles suppose d’abord de connaître le calendrier de réouverture du détroit d’Ormuz et de reprise des flux pétroliers vers l’Asie.
Le principal enjeu, selon lui, porte sur le retour de l’approvisionnement du Golfe persique à ses niveaux antérieurs et sur la capacité des pétroliers à rejoindre l’Asie, où se situe le potentiel de reconstitution des stocks. Cette trajectoire dépend du nombre de millions de barils encore immobilisés dans la région.
https://www.connaissancedesenergies.org ... ert-260717
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AFP avec Connaissance des Énergies le 17 juillet 2026
Janiv Shah, vice-président de Rystad Energy, estime jeudi que l’arrêt des ventes russes de diesel pèse fortement sur les prix, surtout en Europe.
Un choc d’offre indirect pour les automobilistes français
L’interdiction temporaire décidée par Moscou début juillet doit courir jusqu’au 31 juillet et vise les exportations de diesel, un carburant central pour le transport routier et l’activité industrielle. Janiv Shah, vice-président du cabinet Rystad Energy, juge que cette mesure exerce un « impact significatif » sur le marché mondial et sur les prix du gazole.
L’Union européenne ne peut plus importer de brut russe ni de produits raffinés russes, dont le gazole, dans le cadre des sanctions mises en place après l’invasion de l’Ukraine. L’effet sur les prix à la pompe en France passe donc surtout par le marché international : des acheteurs habituels de la Russie, notamment en Turquie, en Afrique du Nord ou en Asie du Sud-Est, doivent se reporter vers d’autres fournisseurs.
Selon Janiv Shah, ces pays conservent une demande importante et ne disposent pas de marges de raffinage suffisantes pour compenser rapidement les volumes perdus. La quantité de diesel disponible pour les échanges internationaux se réduit donc, ce qui renchérit les cargaisons accessibles aux importateurs européens.
L’Europe reste structurellement déficitaire en diesel
La Russie exporte habituellement autour de 800 000 barils par jour de diesel ou d’essence, soit « 10 et quelque pour cent » de l’offre disponible, selon les estimations citées par Rystad Energy. Des données de transport maritime rapportées par Reuters indiquaient déjà un net recul des exportations russes de diesel et de gasoil par voie maritime en juin, à environ 1,8 million de tonnes, soit 39 % de moins qu’en mai et 46 % de moins qu’un an plus tôt.
Janiv Shah estime que l’Europe est la région la plus exposée, car son déficit d’approvisionnement en diesel est plus marqué que dans les autres grandes zones de consommation. Elle peut augmenter ses importations ou accroître sa production, mais les capacités disponibles, la configuration des raffineries et la qualité des bruts accessibles limitent cette seconde option.
Cette dépendance aux importations amplifie la transmission des hausses internationales vers le consommateur final. Le ministère français chargé de l’Énergie suit chaque semaine les prix moyens nationaux des carburants, la base publique intégrant les prix à la consommation du vendredi en France métropolitaine hors Corse depuis 1985.
Les marges du diesel dépassent les niveaux de 2022
La tension se mesure dans l’écart entre le prix du diesel et celui du pétrole brut. Janiv Shah indique que la marge européenne de raffinage sur le diesel avait atteint un sommet juste sous 60 dollars par baril en 2022 et qu’elle est désormais plus élevée.
Cette hausse ne tient pas uniquement à la décision russe. Le regain de tensions au Moyen-Orient renchérit aussi les produits pétroliers, tandis que les stocks européens de diesel restent faibles, que la demande demeure élevée, voire en hausse, et que les disponibilités hors d’Europe se resserrent.
Le document hebdomadaire de la DGEC publié le 10 juillet 2026 situait le Brent daté à 72,20 dollars par baril et la cotation internationale du gazole à 98,72 centimes d’euro par litre, contre 90,29 centimes une semaine plus tôt. Cette progression de la cotation du produit raffiné intervient alors que le Brent restait proche de 73 dollars par baril début juillet, ce qui illustre le rôle spécifique de la contrainte sur le diesel.
Les prix pourraient rester élevés
Interrogé sur la possibilité de nouvelles hausses, Janiv Shah juge qu’elles peuvent se produire ou que les prix peuvent se maintenir aux niveaux actuels. Selon lui, peu d’indicateurs suggèrent une détente, sauf si les prix montent assez pour réduire une partie de la demande.
La question des stocks de brut dépend aussi de la situation dans le Golfe persique. Janiv Shah souligne que toute perspective sur les stocks disponibles suppose d’abord de connaître le calendrier de réouverture du détroit d’Ormuz et de reprise des flux pétroliers vers l’Asie.
Le principal enjeu, selon lui, porte sur le retour de l’approvisionnement du Golfe persique à ses niveaux antérieurs et sur la capacité des pétroliers à rejoindre l’Asie, où se situe le potentiel de reconstitution des stocks. Cette trajectoire dépend du nombre de millions de barils encore immobilisés dans la région.
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