par energy_isere » 31 août 2026, 20:50
Des pommes de terre plus chères et plus petites : vers une chute sans précédent de la production française pour cet hiver
Léa Wolber Publié le 31/08/2026
L’été caniculaire a été éprouvant pour tout le monde, y compris pour les fruits et les légumes. Les pommes de terre ne font pas exception : cette année les rendements atteignent des niveaux historiquement bas. L’UNPT (Union nationale des producteurs de pommes de terre) tire la sonnette d’alarme et appelle les pouvoirs publics à une réponse rapide.
L’année 2026 s’annonce terne pour les producteurs de pommes de terre. Les températures caniculaires des dernières semaines et la sécheresse qui en découle ont considérablement affecté la production.
Le plus faible rendement depuis 30 ans
Selon les projections de l’UNPT, le rendement moyen national s’établirait en 2026 à 37,4 tonnes/hectare contre 43,5 tonnes/hectare en 2025, ce qui représente environ 2 millions de tonnes de pommes de terre en moins qu’en 2025. "Sur nos 160 hectares d’exploitation, on observe une baisse de rendement d’environ 15%" confie Aliénor Chatin, productrice de pommes de terre à Ouarville, entre Chartres et Orléans. La région Centre-Val de Loire est particulièrement touchée "Nous devrions observer une baisse globale de rendement entre 15 et 20%" estime Grégoire Jaquemet, représentant de producteurs de pommes de terre de la Beauce.
Un chiffre historiquement bas, qui s’explique par les conditions météorologiques de l’été, mais aussi par une décision prise un an plus tôt. En 2025, pour faire face à une forte surproduction européenne, les producteurs français avaient choisi de réduire leur surface d’exploitation de 10% pour rééquilibrer le marché. "À cause de la première vague de canicule, les pommes de terre ont grillé avant leur maturité" explique Baptiste Menon, producteur à Ouzouer-sur-Loir.
Calibres plus petits, aspect non commercialisable
"Nous allons rencontrer un vrai problème de conservation des pommes de terre de cette dernière récolte, car la chaleur extrême a provoqué un dérèglement physiologique. Certains légumes ont germé avant même d'être récoltés" explique Grégoire Jaquemet. Si les pommes de terre récoltées cette année n’ont rien perdu de leur saveur, leur aspect en revanche, est donc moins lisse que les précédents étés. Les calibres sont souvent plus petits, des germes sont parfois observés…
Autant de perturbations visuelles qui rebutent les consommateurs. Les cahiers des charges et critères de réception des acheteurs devront donc s’adapter pour tenter de sauver ce qu’il reste des récoltes 2026, notamment en augmentant les prix de vente. "L'année dernière, on a fait des bons rendements et on a tout vendu à perte car le prix de vente était bien en deçà des coûts de production" explique Aliénor Chatin. "Malheureusement ce ne sont pas les producteurs qui fixent le prix, mais les industriels et autres acheteurs. Nous sommes mis devant le fait accompli, sans moyen d’action" constate la productrice.
"L'an dernier, on était sur une moyenne de 100 euros la tonne, quand un coût de revient, est minimum à 180 euros la tonne. Cette année, le prix est fixé autour de 170 euros la tonne" poursuit-elle "Nous vendrons toujours à perte, mais peut-être que le chiffre d’affaires sera moins catastrophique, malgré la canicule" espère la jeune femme.
Des aides de l’Etat attendues
L’UNPT demande donc aux pouvoirs publics une réponse adaptée à la situation. "Il faudrait déjà qu’ils viennent sur le terrain, qu'ils comprennent " s’emporte Aliénor Chatin "Ce n'est pas en venant et en serrant trois poignées de main avec 50 journalistes autour que ça va changer quelque chose !". La jeune femme pointe les restrictions d’eau pendant les périodes de sécheresse, précisément au moment où l’irrigation est la plus importante pour les agriculteurs. Elle s’agace également de la fin de période des subventions pour le GNR, qui s’étend uniquement de mai à août; enfin comme beaucoup d’exploitants, elle se dit débordée par le casse-tête administratif pour chaque demande de subvention. "Pour monter un dossier, pour l'engrais par exemple, ce n'est pas uniquement la facture, il faut que je fasse une extraction comptable, il faut que j'aille faire la facture, le bon livraison…il y a une liste longue comme le bras. Ça me prend une demi-journée, plus le comptable qu'on mobilise et qu’on paye… " énumère Aliénor Chatin, résignée.
À ce stade, l’UNPT évalue l’ampleur des pertes économiques à au moins 400 millions d’euros.
https://france3-regions.franceinfo.fr/c ... 09121.html
[quote] [b][size=120]Des pommes de terre plus chères et plus petites : vers une chute sans précédent de la production française pour cet hiver[/size][/b]
Léa Wolber Publié le 31/08/2026
L’été caniculaire a été éprouvant pour tout le monde, y compris pour les fruits et les légumes. Les pommes de terre ne font pas exception : cette année les rendements atteignent des niveaux historiquement bas. L’UNPT (Union nationale des producteurs de pommes de terre) tire la sonnette d’alarme et appelle les pouvoirs publics à une réponse rapide.
L’année 2026 s’annonce terne pour les producteurs de pommes de terre. Les températures caniculaires des dernières semaines et la sécheresse qui en découle ont considérablement affecté la production.
Le plus faible rendement depuis 30 ans
Selon les projections de l’UNPT, le rendement moyen national s’établirait en 2026 à 37,4 tonnes/hectare contre 43,5 tonnes/hectare en 2025, ce qui représente environ 2 millions de tonnes de pommes de terre en moins qu’en 2025. "Sur nos 160 hectares d’exploitation, on observe une baisse de rendement d’environ 15%" confie Aliénor Chatin, productrice de pommes de terre à Ouarville, entre Chartres et Orléans. La région Centre-Val de Loire est particulièrement touchée "Nous devrions observer une baisse globale de rendement entre 15 et 20%" estime Grégoire Jaquemet, représentant de producteurs de pommes de terre de la Beauce.
Un chiffre historiquement bas, qui s’explique par les conditions météorologiques de l’été, mais aussi par une décision prise un an plus tôt. En 2025, pour faire face à une forte surproduction européenne, les producteurs français avaient choisi de réduire leur surface d’exploitation de 10% pour rééquilibrer le marché. "À cause de la première vague de canicule, les pommes de terre ont grillé avant leur maturité" explique Baptiste Menon, producteur à Ouzouer-sur-Loir.
Calibres plus petits, aspect non commercialisable
"Nous allons rencontrer un vrai problème de conservation des pommes de terre de cette dernière récolte, car la chaleur extrême a provoqué un dérèglement physiologique. Certains légumes ont germé avant même d'être récoltés" explique Grégoire Jaquemet. Si les pommes de terre récoltées cette année n’ont rien perdu de leur saveur, leur aspect en revanche, est donc moins lisse que les précédents étés. Les calibres sont souvent plus petits, des germes sont parfois observés…
Autant de perturbations visuelles qui rebutent les consommateurs. Les cahiers des charges et critères de réception des acheteurs devront donc s’adapter pour tenter de sauver ce qu’il reste des récoltes 2026, notamment en augmentant les prix de vente. "L'année dernière, on a fait des bons rendements et on a tout vendu à perte car le prix de vente était bien en deçà des coûts de production" explique Aliénor Chatin. "Malheureusement ce ne sont pas les producteurs qui fixent le prix, mais les industriels et autres acheteurs. Nous sommes mis devant le fait accompli, sans moyen d’action" constate la productrice.
"L'an dernier, on était sur une moyenne de 100 euros la tonne, quand un coût de revient, est minimum à 180 euros la tonne. Cette année, le prix est fixé autour de 170 euros la tonne" poursuit-elle "Nous vendrons toujours à perte, mais peut-être que le chiffre d’affaires sera moins catastrophique, malgré la canicule" espère la jeune femme.
Des aides de l’Etat attendues
L’UNPT demande donc aux pouvoirs publics une réponse adaptée à la situation. "Il faudrait déjà qu’ils viennent sur le terrain, qu'ils comprennent " s’emporte Aliénor Chatin "Ce n'est pas en venant et en serrant trois poignées de main avec 50 journalistes autour que ça va changer quelque chose !". La jeune femme pointe les restrictions d’eau pendant les périodes de sécheresse, précisément au moment où l’irrigation est la plus importante pour les agriculteurs. Elle s’agace également de la fin de période des subventions pour le GNR, qui s’étend uniquement de mai à août; enfin comme beaucoup d’exploitants, elle se dit débordée par le casse-tête administratif pour chaque demande de subvention. "Pour monter un dossier, pour l'engrais par exemple, ce n'est pas uniquement la facture, il faut que je fasse une extraction comptable, il faut que j'aille faire la facture, le bon livraison…il y a une liste longue comme le bras. Ça me prend une demi-journée, plus le comptable qu'on mobilise et qu’on paye… " énumère Aliénor Chatin, résignée.
À ce stade, l’UNPT évalue l’ampleur des pertes économiques à au moins 400 millions d’euros.
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