par energy_isere » Aujourd’hui, 09:13
France: comment la canicule pèse sur les infrastructures énergétiques
Depuis le début de la semaine, la France connaît de nombreux cas de pannes et de coupures électriques en raison de la canicule. La vague de chaleur met le réseau sous tension, mais les gestionnaires du secteur se veulent rassurants.
Publié le : 24/06/2026
À la mi-journée ce mercredi, environ 68 000 foyers étaient encore privés d’électricité dans le Finistère. Au plus fort de la crise, près de 120 000 foyers ont été touchés dans ce département. « L'origine de l'incident est accidentelle et liée aux fortes chaleurs », a déclaré la préfecture dans un communiqué. Le problème est intervenu mardi soir sur un transformateur RTE dans la commune d’Ergué-Gabéric, près de Quimper, où on frôlait les 40°C.
Dans le Vaucluse, notamment dans les villes d'Orange et de Camaret-sur-Aygues, « 5 000 clients sont privés d'électricité en lien avec la canicule », a indiqué ce mercredi une porte-parole d'Enedis. Au pic, mardi vers 20h30, 9 000 clients ont été privés d'électricité dans ce département placé en vigilance orange canicule.
Depuis le début de la semaine, la presse locale rapporte ici et là sur le territoire français des épisodes similaires. À Dijon mardi, le réseau en surchauffe a privé un millier d’habitants d’électricité pendant quelques heures, tout comme à Cergy près de Paris où des boîtes de jonctions n’ont pas résisté, affectant 2 500 foyers. La veille, c’est 10 000 domiciles à Toulouse et Balma, en Haute-Garonne, qui n’ont pas eu de courant pendant plusieurs heures à cause des câbles électriques abîmés par la chaleur.
Câbles et jonctions en surchauffe
Selon Enedis, les épisodes de chaleur prolongée font monter fortement la température du sol, particulièrement sous les zones urbaines goudronnées. La chaleur s'accumule dans les galeries techniques où passent les câbles souterrains et empêche leur refroidissement normal. Des câbles, jonctions ou isolants peuvent alors se dégrader ou déclencher des systèmes de protections automatiques qui coupent l'alimentation pour éviter des dommages plus graves.
Selon les professionnels du secteur, la canicule fragilise surtout les câbles les plus anciens, jugés « très vulnérables ». Ce qui représente 15 000 kilomètres sur 350 000 kilomètres existants du réseau moyenne tension. Ces vieux câbles enterrés, entourés de papier à huile, passent principalement sous de grandes villes comme Marseille, Lyon, Paris ou encore Bordeaux. Or le bitume et le béton accumulent la chaleur, les nuits tropicales empêchent le refroidissement du sol et le phénomène d'îlot de chaleur urbain amplifie encore les températures.
Ainsi, même si l'air affiche 38 ou 40 °C, les équipements souterrains peuvent subir des contraintes thermiques encore plus importantes pendant plusieurs jours consécutifs. « Le sous-sol accumule beaucoup de chaleur », expliquait en début de semaine Hervé Champenois, directeur technique d’Enedis. Lorsque les températures atteignent 40°C à la surface, « on peut avoir jusqu'à 80°C » dans le sol. Les points les plus sensibles sont souvent les boîtes de jonction reliant les câbles souterrains, vulnérables aux variations thermiques et aux mouvements de terrain induits par la chaleur.
Réduction de puissance et demande plus forte
Les lignes électriques extérieures sont aussi concernées. Elles chauffent naturellement lorsqu'elles transportent du courant. Quand l'air est déjà très chaud, elles se refroidissent moins bien, se dilatent davantage et s'affaissent légèrement. Les gestionnaires de réseau doivent alors réduire la puissance transportée sur certaines lignes afin de respecter les marges de sécurité. Les infrastructures de transport exploitées par RTE sont conçues pour fonctionner dans ces conditions, mais leurs capacités peuvent être temporairement diminuées lors des épisodes extrêmes.
Dans le même temps, la demande explose. Avec les vagues de chaleur, la consommation d’électricité augmente : les ventilateurs et la climatisation tournent à plein régime, pesant naturellement sur le système, surtout dans les centres urbains. Cela accentue les contraintes sur le réseau, même si les entreprises du secteur estiment généralement que la France dispose d'une marge confortable d'approvisionnement pendant l'été. Le pays est traditionnellement plus sensible aux pics hivernaux.
À plus long terme, les gestionnaires de réseau considèrent d'ailleurs les canicules répétées comme un enjeu majeur d'adaptation des infrastructures au changement climatique. Pour y faire face, RTE a programmé 94 milliards d'euros d'investissements d'ici à 2040, avec 23 500 km de lignes à renouveler et 85 000 pylônes à remplacer ou moderniser. Enedis prévoit près de 96 milliards d'euros d'investissements entre 2022 et 2040. Dans certains territoires, Enedis poursuit l'enfouissement ciblé de réseaux pour réduire la vulnérabilité aux événements climatiques extrêmes.
Réacteurs à l’arrêt ou en baisse de régime ...................
https://www.rfi.fr/fr/france/20260624-f ... 3%A9tiques
[quote] [b]France: comment la canicule pèse sur les infrastructures énergétiques[/b]
Depuis le début de la semaine, la France connaît de nombreux cas de pannes et de coupures électriques en raison de la canicule. La vague de chaleur met le réseau sous tension, mais les gestionnaires du secteur se veulent rassurants.
Publié le : 24/06/2026
À la mi-journée ce mercredi, environ 68 000 foyers étaient encore privés d’électricité dans le Finistère. Au plus fort de la crise, près de 120 000 foyers ont été touchés dans ce département. « L'origine de l'incident est accidentelle et liée aux fortes chaleurs », a déclaré la préfecture dans un communiqué. Le problème est intervenu mardi soir sur un transformateur RTE dans la commune d’Ergué-Gabéric, près de Quimper, où on frôlait les 40°C.
Dans le Vaucluse, notamment dans les villes d'Orange et de Camaret-sur-Aygues, « 5 000 clients sont privés d'électricité en lien avec la canicule », a indiqué ce mercredi une porte-parole d'Enedis. Au pic, mardi vers 20h30, 9 000 clients ont été privés d'électricité dans ce département placé en vigilance orange canicule.
Depuis le début de la semaine, la presse locale rapporte ici et là sur le territoire français des épisodes similaires. À Dijon mardi, le réseau en surchauffe a privé un millier d’habitants d’électricité pendant quelques heures, tout comme à Cergy près de Paris où des boîtes de jonctions n’ont pas résisté, affectant 2 500 foyers. La veille, c’est 10 000 domiciles à Toulouse et Balma, en Haute-Garonne, qui n’ont pas eu de courant pendant plusieurs heures à cause des câbles électriques abîmés par la chaleur.
Câbles et jonctions en surchauffe
Selon Enedis, les épisodes de chaleur prolongée font monter fortement la température du sol, particulièrement sous les zones urbaines goudronnées. La chaleur s'accumule dans les galeries techniques où passent les câbles souterrains et empêche leur refroidissement normal. Des câbles, jonctions ou isolants peuvent alors se dégrader ou déclencher des systèmes de protections automatiques qui coupent l'alimentation pour éviter des dommages plus graves.
Selon les professionnels du secteur, la canicule fragilise surtout les câbles les plus anciens, jugés « très vulnérables ». Ce qui représente 15 000 kilomètres sur 350 000 kilomètres existants du réseau moyenne tension. Ces vieux câbles enterrés, entourés de papier à huile, passent principalement sous de grandes villes comme Marseille, Lyon, Paris ou encore Bordeaux. Or le bitume et le béton accumulent la chaleur, les nuits tropicales empêchent le refroidissement du sol et le phénomène d'îlot de chaleur urbain amplifie encore les températures.
Ainsi, même si l'air affiche 38 ou 40 °C, les équipements souterrains peuvent subir des contraintes thermiques encore plus importantes pendant plusieurs jours consécutifs. « Le sous-sol accumule beaucoup de chaleur », expliquait en début de semaine Hervé Champenois, directeur technique d’Enedis. Lorsque les températures atteignent 40°C à la surface, « on peut avoir jusqu'à 80°C » dans le sol. Les points les plus sensibles sont souvent les boîtes de jonction reliant les câbles souterrains, vulnérables aux variations thermiques et aux mouvements de terrain induits par la chaleur.
Réduction de puissance et demande plus forte
Les lignes électriques extérieures sont aussi concernées. Elles chauffent naturellement lorsqu'elles transportent du courant. Quand l'air est déjà très chaud, elles se refroidissent moins bien, se dilatent davantage et s'affaissent légèrement. Les gestionnaires de réseau doivent alors réduire la puissance transportée sur certaines lignes afin de respecter les marges de sécurité. Les infrastructures de transport exploitées par RTE sont conçues pour fonctionner dans ces conditions, mais leurs capacités peuvent être temporairement diminuées lors des épisodes extrêmes.
Dans le même temps, la demande explose. Avec les vagues de chaleur, la consommation d’électricité augmente : les ventilateurs et la climatisation tournent à plein régime, pesant naturellement sur le système, surtout dans les centres urbains. Cela accentue les contraintes sur le réseau, même si les entreprises du secteur estiment généralement que la France dispose d'une marge confortable d'approvisionnement pendant l'été. Le pays est traditionnellement plus sensible aux pics hivernaux.
À plus long terme, les gestionnaires de réseau considèrent d'ailleurs les canicules répétées comme un enjeu majeur d'adaptation des infrastructures au changement climatique. Pour y faire face, RTE a programmé 94 milliards d'euros d'investissements d'ici à 2040, avec 23 500 km de lignes à renouveler et 85 000 pylônes à remplacer ou moderniser. Enedis prévoit près de 96 milliards d'euros d'investissements entre 2022 et 2040. Dans certains territoires, Enedis poursuit l'enfouissement ciblé de réseaux pour réduire la vulnérabilité aux événements climatiques extrêmes.
Réacteurs à l’arrêt ou en baisse de régime ...................
[/quote]
https://www.rfi.fr/fr/france/20260624-france-comment-la-canicule-p%C3%A8se-sur-les-infrastructures-%C3%A9nerg%C3%A9tiques