« Plus économique et écologique » : dans cette station balnéaire, les plages et les rues sont nettoyées par des chevaux
Par Guillaume Robelet 26 juin 2026
Entre avril et septembre, les plages et certaines rues de Saint-Gilles-Croix-de-Vie (Vendée) sont nettoyées à l’aide de chevaux. Un dispositif économique, écologique et créateur de lien social, qui a entamé sa douzième saison.
Son attelage ne passe pas inaperçu sur la grande plage de Saint-Gilles-Croix-de-Vie et les plagistes sont nombreux à sortir leur smartphone pour immortaliser la scène. Vincent Pipaud, responsable de l’Attelage de la Vie, guide deux imposants chevaux qui tractent une herse. « On va venir niveler le sable et cela va faire remonter les déchets, comme le plastique, les emballages. On trouve beaucoup de plastiques de gâteaux pour le goûter », raconte-t-il. Les déchets sont ensuite ramassés manuellement à l’aide d’une pince.
Mégots et microplastiques
Ce mode de ratissage permet ainsi de préserver la biodiversité, contrairement au tracteur qui était utilisé auparavant. « Là où un tracteur retournait le sable jusqu’à 15 centimètres de profondeur, le sabot du cheval ne fait que se poser. L’attelage permet aussi d’accéder plus facilement à certains endroits sans impacter le vivant. » La plage de Boisvinet est également concernée. 80 % des déchets ramassés sur le sable sont des mégots ou des microplastiques, selon la Ville.
Vous avez sans doute déjà croisé l’un de ces attelages, car ce dispositif est actuellement dans sa douzième saison. Pour Saint-Gilles-Croix-de-Vie, les chevaux sont une belle opportunité d’embellir la ville, entre avril et septembre. « C’est plus économique, plus écologique et générateur de lien social. Cette approche permet de diminuer les nuisances sonores liées à la collecte et d’améliorer l’efficacité du nettoyage », explique le maire de la commune, François Blanchet.
Car les chevaux nettoient les plages, mais pas seulement. Un attelage ramasse également les poubelles à certains endroits de la Ville : centre, route des Sables, quai Garcie-Ferrande, boulevard Georges Pompidou, secteur Marie de Beaucaire, quartier de la Cour Rouge et de la Soudinière. « En pleine saison, deux attelages et jusqu’à sept équipiers sillonnent la ville, précise Vincent Pipaud. 150 corbeilles sont collectées, ainsi que les déchets au sol. Jusqu’à 500 mégots peuvent être ramassés en une journée. »
« Un repère pour certains »
Les cochers sont formés pendant plusieurs mois avant le démarrage de la saison. Didier sillonne les rues de Saint-Gilles, avec son cheval nommé César. « J’ai de la chance, il est calme et froid dans sa tête. Il fonctionne à la voix, je n’ai quasiment rien dans les mains. Pour affronter la circulation, avec les voitures, les piétons ou les vélos, c’est indispensable. » Cette année, une brouette électrique est utilisée en complément des attelages.
Au fil des années, le cheval s’est imposé dans le paysage local. « Le passage de l’attelage est devenu un repère pour certains, se félicite Vincent Pipaud. Aussi, plus la ville est propre à notre passage et plus les comportements s’améliorent. » La Ville a renouvelé son contrat avec l’Attelage de la Vie pour quatre années supplémentaires.