par energy_isere » 18 juil. 2026, 10:45
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Manono : la première mine de lithium de la RDC amorce sa phase de mise en production
Agence Ecofin 17 juillet 2026
Malgré le litige de longue date entre son ancien opérateur AVZ Minerals et la société publique Cominière, le développement du gisement de Manono se poursuit depuis 2024. Zijin Mining, son actuel opérateur, indique désormais avoir franchi les premières étapes de sa mise en production en RDC.
Près de trois ans après son arrivée sur le projet, Zijin Mining a engagé le processus de mise en production de Manono, appelée à devenir la première mine de lithium de l’histoire de la République démocratique du Congo. Dans une note du mercredi 15 juillet, le groupe chinois a annoncé le démarrage de l’usine de traitement du site, tandis que les prochaines étapes de ce chantier d’un coût d’environ 1 milliard USD se poursuivent.
Le projet Manono est conçu pour traiter jusqu’à 5 millions de tonnes de minerai par an. Cette capacité doit permettre de produire environ 1 million de tonnes de concentré de spodumène par an, avant sa transformation dans une fonderie en 100 800 tonnes de sulfate de lithium, un produit à plus forte valeur ajoutée utilisé comme intermédiaire à la fabrication de composés destinés aux batteries, notamment le carbonate de lithium.
Pour y parvenir, Zijin a retenu un développement par étapes. La première consiste à mettre en service une unité de séparation par milieu dense (Dense Media Separation, DMS). Concrètement, cette installation élimine une partie des roches pauvres afin de ne conserver que les fractions les plus riches en spodumène, principal minerai de lithium exploité à Manono. C’est cette étape que la société indique avoir franchie en mai dernier.
Le matériau ainsi obtenu doit ensuite passer par des installations de broyage et de flottation, où le spodumène sera davantage concentré afin d’obtenir un concentré commercialisable. Selon le calendrier présenté par Zijin sur son site web, cette phase devrait démarrer d’ici fin septembre, avant l’entrée en exploitation de l’usine de production de sulfate de lithium, attendue d’ici la fin de l’année.
Après le Zimbabwe et le Mali, un nouveau producteur africain
Pour Zijin, l’enjeu est désormais de réussir cette montée en puissance de Manono conformément au calendrier. Une étape qui ouvrirait la voie à une progression graduelle des opérations dans les prochains mois pour un gisement qui, avant l’arrivée du groupe chinois en 2023, était encore à l’arrêt sur fond de différend entre la société publique Cominière et AVZ Minerals, l’ancien détenteur du permis. Ce contentieux demeure d’ailleurs en cours, le projet actuellement développé par Zijin ne couvrant qu’une partie d’un périmètre plus vaste, où intervient également l’américain KoBold Metals.
Pour la RDC, les premières avancées enregistrées sur le site constituent un signal important, en rapprochant progressivement le pays du cercle des producteurs africains de lithium, un métal stratégique pour les batteries de véhicules électriques et les systèmes de stockage d’énergie. Après le Zimbabwe, premier producteur continental, la filière s’est également développée ces dernières années avec l’entrée en production de deux mines au Mali. Cette dynamique intervient par ailleurs dans un contexte plus favorable pour les prix du lithium, qui se redressent depuis le second semestre 2025 après une forte correction provoquée par l’excès d’offre mondiale à partir de 2023.
À ce stade, aucune date officielle n’a encore été communiquée concernant le début des exportations de lithium depuis Manono. Reuters, citant toutefois des sources proches du dossier sous couvert d’anonymat, rapportait jeudi 16 juillet que de premiers essais d’expédition auraient été observés depuis le site en juin. Une confirmation éventuelle de cette étape constituerait un signal supplémentaire sur l’accélération du projet vers sa phase commerciale et ses futurs premiers revenus.
Pour rappel, Manono est détenu à 54,9 % par Zijin Mining, contre 35,1 % pour la Cominière et 10 % pour l’État congolais. Ce dernier devrait aussi bénéficier d’autres recettes issues de taxes et de redevances, laquelle pourrait représenter 10 % (contre 3,5 %) des revenus de la mine en raison d’une récente réforme visant à intégrer le lithium parmi les substances minérales stratégiques. À terme, la mine est appelée à contribuer à l’économie locale à travers la création annoncée de 1 500 emplois directs et de plus de 8 000 emplois indirects.
https://www.agenceecofin.com/actualites ... production
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[quote] [b][size=110]Manono : la première mine de lithium de la RDC amorce sa phase de mise en production[/size][/b]
Agence Ecofin 17 juillet 2026
[b] Malgré le litige de longue date entre son ancien opérateur AVZ Minerals et la société publique Cominière, le développement du gisement de Manono se poursuit depuis 2024. Zijin Mining, son actuel opérateur, indique désormais avoir franchi les premières étapes de sa mise en production en RDC.[/b]
Près de trois ans après son arrivée sur le projet, Zijin Mining a engagé le processus de mise en production de Manono, appelée à devenir la première mine de lithium de l’histoire de la République démocratique du Congo. Dans une note du mercredi 15 juillet, le groupe chinois a annoncé le démarrage de l’usine de traitement du site, tandis que les prochaines étapes de ce chantier d’un coût d’environ 1 milliard USD se poursuivent.
Le projet Manono est conçu pour traiter jusqu’à 5 millions de tonnes de minerai par an. Cette capacité doit permettre de produire environ 1 million de tonnes de concentré de spodumène par an, avant sa transformation dans une fonderie en 100 800 tonnes de sulfate de lithium, un produit à plus forte valeur ajoutée utilisé comme intermédiaire à la fabrication de composés destinés aux batteries, notamment le carbonate de lithium.
Pour y parvenir, Zijin a retenu un développement par étapes. La première consiste à mettre en service une unité de séparation par milieu dense (Dense Media Separation, DMS). Concrètement, cette installation élimine une partie des roches pauvres afin de ne conserver que les fractions les plus riches en spodumène, principal minerai de lithium exploité à Manono. C’est cette étape que la société indique avoir franchie en mai dernier.
Le matériau ainsi obtenu doit ensuite passer par des installations de broyage et de flottation, où le spodumène sera davantage concentré afin d’obtenir un concentré commercialisable. Selon le calendrier présenté par Zijin sur son site web, cette phase devrait démarrer d’ici fin septembre, avant l’entrée en exploitation de l’usine de production de sulfate de lithium, attendue d’ici la fin de l’année.
[b]Après le Zimbabwe et le Mali, un nouveau producteur africain[/b]
Pour Zijin, l’enjeu est désormais de réussir cette montée en puissance de Manono conformément au calendrier. Une étape qui ouvrirait la voie à une progression graduelle des opérations dans les prochains mois pour un gisement qui, avant l’arrivée du groupe chinois en 2023, était encore à l’arrêt sur fond de différend entre la société publique Cominière et AVZ Minerals, l’ancien détenteur du permis. Ce contentieux demeure d’ailleurs en cours, le projet actuellement développé par Zijin ne couvrant qu’une partie d’un périmètre plus vaste, où intervient également l’américain KoBold Metals.
Pour la RDC, les premières avancées enregistrées sur le site constituent un signal important, en rapprochant progressivement le pays du cercle des producteurs africains de lithium, un métal stratégique pour les batteries de véhicules électriques et les systèmes de stockage d’énergie. Après le Zimbabwe, premier producteur continental, la filière s’est également développée ces dernières années avec l’entrée en production de deux mines au Mali. Cette dynamique intervient par ailleurs dans un contexte plus favorable pour les prix du lithium, qui se redressent depuis le second semestre 2025 après une forte correction provoquée par l’excès d’offre mondiale à partir de 2023.
À ce stade, aucune date officielle n’a encore été communiquée concernant le début des exportations de lithium depuis Manono. Reuters, citant toutefois des sources proches du dossier sous couvert d’anonymat, rapportait jeudi 16 juillet que de premiers essais d’expédition auraient été observés depuis le site en juin. Une confirmation éventuelle de cette étape constituerait un signal supplémentaire sur l’accélération du projet vers sa phase commerciale et ses futurs premiers revenus.
Pour rappel, Manono est détenu à 54,9 % par Zijin Mining, contre 35,1 % pour la Cominière et 10 % pour l’État congolais. Ce dernier devrait aussi bénéficier d’autres recettes issues de taxes et de redevances, laquelle pourrait représenter 10 % (contre 3,5 %) des revenus de la mine en raison d’une récente réforme visant à intégrer le lithium parmi les substances minérales stratégiques. À terme, la mine est appelée à contribuer à l’économie locale à travers la création annoncée de 1 500 emplois directs et de plus de 8 000 emplois indirects.
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