par energy_isere » 16 mai 2026, 15:23
Phosphate, minerais, produits agricoles : l’Algérie restructure son économie autour du rail
Agence Ecofin 12 mai 2026
En positionnant le rail comme infrastructure pivot, Alger modèle une nouvelle architecture économique où minerais et produits agricoles convergent vers des corridors logistiques intégrés, au cœur d’une stratégie de diversification hors hydrocarbures.
En Algérie, le rail n’est plus seulement un mode de transport. Il devient progressivement un instrument de politique économique, au service d’une ambition concrète : réduire la dépendance aux hydrocarbures en structurant de nouvelles chaînes de valeur autour des minerais, de l’agriculture et de la logistique d’exportation.
Dernier événement en date dans cette orientation, la signature par la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF) d'un contrat d’environ 14 milliards de dinars (environ 105,9 millions USD) avec le constructeur espagnol Ferrovial, pour l’acquisition de 800 wagons dédiés au transport de phosphate. Ce matériel roulant doit être déployé sur la ligne minière de l’Est, un corridor stratégique de 422 km reliant Djebel Onk au port d’Annaba, via Bled El Hadba et Tébessa.
Une fois entièrement livrée, ce parc permettra d’atteindre une capacité annuelle de transport estimée à 13,6 millions de tonnes. Le calendrier prévoit une première livraison de 200 wagons dès juillet, suivie de 300 unités en 2027, en phase avec la mise en service progressive de la ligne modernisée. Un chantier qui prévoit le renouvellement des infrastructures existantes, le doublement des voies, des terrassements, ainsi que la modernisation des ouvrages d’art, y compris les tunnels.
L'objectif annoncé est d’augmenter la capacité de fret de minerais, tout en sécurisant les délais d’acheminement des zones minières vers les ports.
Un programme ferroviaire à 18 milliards USD au cœur de la transformation économique
Cette dynamique dépasse toutefois le seul domaine phosphatier. Elle s’inscrit dans un programme d’investissement plus large évalué à près de 18 milliards USD, destiné à étendre et moderniser le réseau ferroviaire national. Ce plan intègre plusieurs volets structurants : le développement de corridors miniers, l’acheminement de produits agricoles, et l’amélioration de la mobilité des passagers. Le rail est ainsi positionné comme une infrastructure multifonctionnelle, au service à la fois de la compétitivité des exportations et de l’intégration territoriale.
À travers cette stratégie, Alger cherche à faire évoluer la logique traditionnelle des infrastructures. Avec la dynamique actuelle, le ferroviaire n’est plus uniquement un outil d’aménagement du territoire, mais devient un levier de transformation économique, capable de soutenir la croissance des exportations hors hydrocarbures. Le pays s’est d'ailleurs fixé un objectif ambitieux : doubler son réseau ferroviaire pour atteindre 10 000 km d’ici 2030, avant de viser les 15 000 km à plus long terme.
Une montée en puissance qui suppose une coordination étroite entre investissements miniers, infrastructures ferroviaires et capacités portuaires. Si l’ambition est claire, sa concrétisation dépendra aussi de la soutenabilité financière d’un programme d’une telle ampleur.
https://www.agenceecofin.com/actualites ... ur-du-rail
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Agence Ecofin 12 mai 2026
En positionnant le rail comme infrastructure pivot, Alger modèle une nouvelle architecture économique où minerais et produits agricoles convergent vers des corridors logistiques intégrés, au cœur d’une stratégie de diversification hors hydrocarbures.
En Algérie, le rail n’est plus seulement un mode de transport. Il devient progressivement un instrument de politique économique, au service d’une ambition concrète : réduire la dépendance aux hydrocarbures en structurant de nouvelles chaînes de valeur autour des minerais, de l’agriculture et de la logistique d’exportation.
Dernier événement en date dans cette orientation, la signature par la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF) d'un contrat d’environ 14 milliards de dinars (environ 105,9 millions USD) avec le constructeur espagnol Ferrovial, pour l’acquisition de 800 wagons dédiés au transport de phosphate. Ce matériel roulant doit être déployé sur la ligne minière de l’Est, un corridor stratégique de 422 km reliant Djebel Onk au port d’Annaba, via Bled El Hadba et Tébessa.
Une fois entièrement livrée, ce parc permettra d’atteindre une capacité annuelle de transport estimée à 13,6 millions de tonnes. Le calendrier prévoit une première livraison de 200 wagons dès juillet, suivie de 300 unités en 2027, en phase avec la mise en service progressive de la ligne modernisée. Un chantier qui prévoit le renouvellement des infrastructures existantes, le doublement des voies, des terrassements, ainsi que la modernisation des ouvrages d’art, y compris les tunnels.
L'objectif annoncé est d’augmenter la capacité de fret de minerais, tout en sécurisant les délais d’acheminement des zones minières vers les ports.
[b]Un programme ferroviaire à 18 milliards USD au cœur de la transformation économique
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Cette dynamique dépasse toutefois le seul domaine phosphatier. Elle s’inscrit dans un programme d’investissement plus large évalué à près de 18 milliards USD, destiné à étendre et moderniser le réseau ferroviaire national. Ce plan intègre plusieurs volets structurants : le développement de corridors miniers, l’acheminement de produits agricoles, et l’amélioration de la mobilité des passagers. Le rail est ainsi positionné comme une infrastructure multifonctionnelle, au service à la fois de la compétitivité des exportations et de l’intégration territoriale.
À travers cette stratégie, Alger cherche à faire évoluer la logique traditionnelle des infrastructures. Avec la dynamique actuelle, le ferroviaire n’est plus uniquement un outil d’aménagement du territoire, mais devient un levier de transformation économique, capable de soutenir la croissance des exportations hors hydrocarbures. Le pays s’est d'ailleurs fixé un objectif ambitieux : doubler son réseau ferroviaire pour atteindre 10 000 km d’ici 2030, avant de viser les 15 000 km à plus long terme.
Une montée en puissance qui suppose une coordination étroite entre investissements miniers, infrastructures ferroviaires et capacités portuaires. Si l’ambition est claire, sa concrétisation dépendra aussi de la soutenabilité financière d’un programme d’une telle ampleur.
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