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Re: EDF

par energy_isere » Hier, 13:39

Le nouveau défi d’EDF : produire plus d’électricité avec moins d’eau

LT (avec AFP) le 15 juillet 2026

Alors que la France mise sur l’électricité pour décarboner son économie, EDF doit accélérer l’adaptation de son parc nucléaire et hydraulique face à une ressource en eau de plus en plus sous tension.

L’eau devient un enjeu industriel majeur pour EDF. Dans une France engagée dans une vaste trajectoire d’électrification, l’électricien public doit composer avec une nouvelle contrainte : le dérèglement climatique fragilise la ressource indispensable au fonctionnement de son parc nucléaire et hydraulique. « Si nous ne sommes pas résilients, le reste de l’économie ne l’est pas. Et, plus on va s’électrifier, plus la pression sera forte sur nous », a souligné Carine de Boissezon, directrice Impact chez EDF, lors d’une présentation à la presse en juin sur le site de recherche et développement de Chatou (Yvelines), consacré à la gestion de l’eau.

Le sujet est stratégique pour l’entreprise, pilier de la souveraineté énergétique française. Le nucléaire représente 68 % de sa production électrique et l’hydroélectricité près de 8 %. Deux filières qui ont un point commun : leur dépendance à l’eau. Les barrages en ont besoin pour faire tourner leurs turbines, tandis que les centrales nucléaires l’utilisent pour refroidir leurs réacteurs. Dans un rapport publié en 2024, la Cour des comptes alertait déjà sur la nécessité pour les exploitants d’« intensifier leurs actions d’adaptation », face à une pression croissante sur la ressource.

Les centrales nucléaires sous tension

Le nouvel épisode de chaleur qui frappe la France illustre cette vulnérabilité. Dimanche, EDF a dû arrêter trois réacteurs à Golfech (Tarn-et-Garonne), au Bugey (Ain) et à Chooz (Ardennes). En cause : des conditions hydrologiques et thermiques qui limitent les capacités de refroidissement des installations.

Les 57 réacteurs nucléaires français sont implantés à proximité d’une « source froide », qu’il s’agisse de la mer ou d’un cours d’eau. Mais lorsque les débits diminuent et que la température des fleuves augmente, EDF doit réduire sa production, voire arrêter certains réacteurs, afin de respecter les contraintes environnementales. L’objectif est double : éviter de réchauffer davantage les rivières et empêcher le rejet d’effluents chimiques ou radioactifs dans des conditions défavorables.

Pour l’instant, l’impact reste limité. Les épisodes de chaleur entraînent une baisse moyenne de production nucléaire estimée à 0,3 % par an. Mais EDF anticipe une aggravation progressive : cette perte pourrait atteindre 1,4 % en moyenne à l’horizon 2035, puis 1,5 % en 2050. Le refroidissement des centrales électriques constitue déjà le troisième usage consommateur d’eau douce en France, avec 12 % des prélèvements, derrière l’agriculture et l’eau potable.

Réduire l’impact sur les fleuves

EDF cherche donc à adapter ses installations. Aujourd’hui, certaines centrales fonctionnent avec des circuits ouverts : l’eau prélevée est intégralement restituée au milieu naturel, mais elle peut provoquer un réchauffement localisé des cours d’eau. En période d’étiage, l’écart de température peut atteindre 4 à 6 degrés en aval des installations.

D’autres réacteurs disposent de tours de refroidissement, reconnaissables à leurs grands panaches de vapeur. Dans ces systèmes, 77 % de l’eau prélevée est restituée au milieu naturel, mais son échauffement est limité à quelques dixièmes de degrés. L’électricien prévoit d’aller plus loin avec l’installation d’aéroréfrigérants de « purge », capables de réduire quasiment à zéro le réchauffement des fleuves. Déjà utilisés à Civaux (Vienne), ces équipements pourraient être déployés sur d’autres sites, notamment au Bugey.

EDF développe également des capacités de stockage temporaire des eaux industrielles, composées d’effluents liquides faiblement radioactifs et chimiques. Ces bassins permettent de retenir ces rejets lorsque les conditions hydrologiques sont trop sensibles, avant de les restituer lorsque le débit des fleuves revient à un niveau plus favorable. Les équipements existants sont aujourd’hui jugés suffisants par EDF, mais l’entreprise prévoit d’en construire davantage dans les dix à vingt prochaines années, anticipant des périodes d’étiage plus longues et plus sévères.

Le défi des barrages

L’hydroélectricité est elle aussi confrontée à un climat plus imprévisible. Les effets du changement climatique provoquent déjà une baisse estimée à 0,2 % de la production annuelle. Mais le principal défi réside dans l’augmentation des épisodes extrêmes, entre sécheresses prolongées et pluies intenses. « Entre une année très sèche et une année très humide, on peut avoir plus ou moins 20 TWh d’écart », explique Laurent Bellet, responsable climat et adaptation à EDF Hydro. Un écart considérable rapporté aux quelque 40 TWh produits en moyenne chaque année par le parc hydraulique français.

Pour renforcer la résilience de ses barrages, EDF prévoit 4,5 milliards d’euros d’investissements d’ici 2035. L’objectif : moderniser les ouvrages existants, augmenter leur puissance et mieux gérer les variations hydrologiques. Les infrastructures doivent aussi être adaptées aux risques de crues plus violentes. Une dizaine de barrages sont déjà équipés d’évacuateurs en forme de « touches de piano », une technologie permettant d’évacuer trois à quatre fois plus d’eau qu’un dispositif classique.

Au total, EDF prévoit de consacrer 600 millions d’euros par an à l’adaptation climatique dans quinze ans, contre 150 millions aujourd’hui. Un effort encore limité au regard des 25 milliards d’euros d’investissements annuels prévus par le groupe, mais devenu incontournable pour préserver un modèle électrique appelé à jouer un rôle croissant dans la décarbonation de l’économie.
https://www.latribune.fr/article/entrep ... oins-d-eau

Re: EDF

par energy_isere » 17 juil. 2026, 22:04

"Un coût démeusuré" : le "tarif agent" de l'énergie ne peut pas "perdurer en l'état", épingle la Cour des comptes

Boursorama avec Media Services •17/07/2026

Les quatre fédérations syndicales (CGT, CFE-CGC, CFDT, FO) de l'électricité et du gaz menacent de se "mobiliser" contre une remise en cause par l'exécutif du "tarif agent", le gouvernement réfléchissant en effet à rogner cet élément de rémunération.

Un rapport qui ne va pas apaiser les inquiétudes des syndicats de l'énergie. D'après la Cour des comptes ce vendredi 17 juillet, le "tarif agent" ne peut pas "perdurer en l'état" : cette réduction sur les prix d'électricité et de gaz accordée aux employés d'EDF "représente un coût démesuré" pour EDF SA, maison mère du groupe.

"L'avantage en nature énergie représente un coût démesuré, soit plus de 700 millions d'euros en 2024 à l'échelle du groupe, obligeant également à la constitution de passifs sociaux au titre de son maintien après l'emploi (3,9 milliards d'euros à fin 2024). Il ne peut perdurer en l'état", jugent les Sages de la rue Cambon dans ce rapport consacré à la gestion des ressources humaines de l'entreprise publique. Cette composante historique du statut des électriciens et gaziers concerne les salariés mais aussi les retraités des entreprises issues des opérateurs historiques EDF et GDF (dont Engie, Enedis, GRDF, etc.) et d'autres entreprises, dont des distributeurs locaux d'énergie.

La publication de ce rapport intervient le jour où se réunissent les quatre fédérations syndicales (CGT, CFE-CGC, CFDT, FO) de l'électricité et du gaz, pour fixer les modalités d'une "mobilisation" contre une remise en cause par l'exécutif de cet élément de rémunération. Le gouvernement réfléchit en effet à rogner ce "tarif agent", indiquant avoir reçu "une mise en demeure de la Cour des comptes" de se "mettre en conformité sur la valorisation de cet écart (...) entre ce tarif et la valeur réelle de l'énergie", selon le ministère de l'Energie.

Un courrier adressé au Premier ministre

Une "remise en cause", à laquelle les fédérations de l'énergie ont demandé au Premier ministre "de renoncer", dans un courrier adressé cette semaine à Sébastien Lecornu. "À défaut, nous saurons nous mobiliser, avec l'ensemble des électriciens et gaziers, pour mettre fin à cette attaque de leur contrat social", ont prévenu les quatre fédérations. La question devrait être tranchée dans un arrêté ministériel.

La Cour recommande de "réduire par étapes l'avantage énergie, en priorité en plafonnant les consommations prises en compte" et de "revaloriser le barème fiscal et social" de cet avantage "sur la base des moyennes annuelles des tarifs réglementés de vente de l’électricité et des tarifs repères du gaz, toutes taxes comprises". Dans ce rapport sévère, l'institution recommande également à EDF de "limiter les revalorisations salariales annuelles" et de tenir compte "de la situation et des perspectives économiques et financières de l'entreprise", lourdement endettée et face à un mur d'investissements, sur fond de relance du nucléaire.

Le "tarif agent" consiste en une large remise sur la facture, modulée en fonction de la composition du foyer et du mode de chauffage, et soumise aux prélèvements sociaux (CSG et CRDS).
https://www.boursorama.com/actualite-ec ... 7765ac0235

Re: EDF

par energy_isere » 27 juin 2026, 10:43

EDF annonce la cession de ses activités EDF Power Solutions aux Etats-Unis et au Canada au fonds d’investissement KKR
L’entreprise n’a pas précisé le montant de la transaction. EDF Power Solutions développe, construit et exploite principalement des centrales électriques renouvelables et des installations de stockage.

Le Monde avec AFP 27 juin 2026

L’entreprise de production et de fourniture d’électricité EDF a annoncé, vendredi 26 juin, dans un communiqué la signature d’un accord en vue de la vente des activités d’EDF Power Solutions (énergie renouvelable) aux Etats-Unis et au Canada au fonds d’investissement américain KKR.

« A l’issue d’un processus concurrentiel, EDF annonce la signature d’un accord au terme duquel KKR s’engage irrévocablement à acquérir les activités d’EDF Power Solutions » en Amérique du Nord, annonce le groupe français dans son communiqué.

EDF Power Solutions développe, construit et exploite principalement des centrales électriques renouvelables et des installations de stockage. « Aux Etats-Unis et au Canada, la société gère un portefeuille d’actifs renouvelables d’une capacité nette totale de 5,6 GW », précise EDF.

« Prioriser » les investissements

Cette cession intervient dans un contexte où EDF revoit son portefeuille d’actifs. Son PDG, Bernard Fontana, avait souligné à son arrivée à la tête du groupe la nécessité de « prioriser » les investissements et disait étudier des « ouvertures de capital », afin de retrouver « des marges de manœuvre financières ».

Le fournisseur d’électricité a notamment besoin de fonds afin de financer la construction des six nouveaux réacteurs EPR2, dont le coût est estimé à 72,8 milliards d’euros.

Concernant la cession annoncée des activités d’EDF Power Solutions aux Etats-Unis et au Canada, aucun montant de la transaction n’est annoncé par EDF dans son communiqué. Le groupe français précise que « l’opération envisagée sera soumise à la procédure d’information et de consultation des instances représentatives du personnel et à l’autorisation donnée par les organes de gouvernance ».
https://www.lemonde.fr/economie/article ... _3234.html

Re: EDF

par energy_isere » 25 juin 2026, 16:10

En 2025, EDF a dégagé un bénéfice net de 8,4 milliards d'euros, pour un chiffre d'affaires de 113,3 milliards.

franceinfo avec AFP le 25/06/2026

Le géant électricien français EDF a annoncé, mercredi 24 juin, qu'il verserait bien un dividende d'un milliard d'euros à l'Etat, son unique actionnaire, après que cette proposition a été approuvée lors de son assemblée générale annuelle. "L'assemblée générale a approuvé la distribution en numéraire à l'Etat, actionnaire unique, d'un dividende d'un milliard d'euros au titre de l'exercice 2025", déclare l'entreprise, précisant que la somme sera versée le 30 juillet 2026.

Ce versement avait été proposé par le conseil d'administration du groupe en février, à l'aune de la publication de ses résultats annuels. En 2025, EDF a dégagé un bénéfice net de 8,4 milliards d'euros, pour un chiffre d'affaires de 113,3 milliards.
https://www.franceinfo.fr/economie/l-as ... 78408.html

Re: EDF

par energy_isere » 19 juin 2026, 10:18

EDF et Mistral signent un accord de partenariat pour une IA au service du nucléaire et de la souveraineté numérique

Communiqué de presse EDF le 28/05/2026

Paris, le 28 mai 2026. EDF et Mistral annoncent la signature d’un accord de partenariat en vue d’une collaboration dans le domaine de l’intelligence artificielle au service de l’efficacité et de la performance du Groupe dans ses activités d’ingénierie, de maintenance et de construction des futurs EPR2.

Conclu pour une durée de cinq ans, ce partenariat permettra aux deux entreprises de travailler au développement et au déploiement d’outils d’intelligence artificielle adaptés aux enjeux de sécurité, de performance industrielle et de réglementation du Groupe EDF. Les données resteront la propriété d’EDF et seront hébergées sur des infrastructures de confiance (cloud souverain ou data center EDF).

Les résultats de cette collaboration auront pour but d’apporter un soutien concret aux équipes sur le terrain, en leur permettant de gagner en réactivité, en efficacité et en performance opérationnelle.

Le partenariat prévoit notamment d’entrainer des agents conversationnels, capables d’interroger la « mémoire technique » accumulée sur l’ensemble des activités du parc nucléaire français et des chantiers d’EDF tout en respectant les exigences de sûreté, de sécurité et de souveraineté inhérentes à ces opérations.

Ce soutien aux équipes facilitera les opérations de maintenance industrielle ainsi que l'accès aux savoirs pour l’ingénierie nucléaire et optimisera les activités sur les chantiers de construction du programme EPR2.

Les outils d’IA envisagés dans le cadre de ce partenariat ne concernent pas les systèmes de conduite des installations nucléaires.

Arthur Mensch, PDG et cofondateur de Mistral, déclare :
« Ce partenariat avec EDF illustre l'importance d'une IA indépendante pour servir les enjeux critiques du nucléaire. Nous déployons nos solutions de pointe et notre expertise dans leur environnement et nous les adaptons à leur contexte industriel. Ceci, afin de permettre aux professionnels du nucléaire d'être plus performant dans leur quotidien grâce à l'IA et dans le respect des exigences les plus strictes de sûreté et de sécurité. ».

Bernard Fontana, Président-Directeur Général du groupe EDF, ajoute :
« Ce partenariat avec Mistral AI permet de renforcer notre souveraineté numérique en développant une IA conçue au plus près de nos métiers, s'appuyant sur notre patrimoine de données et hébergée sur des infrastructures de confiance. L’objectif est clair : utiliser l’IA pour gagner en efficacité opérationnelle tout en garantissant la sûreté, la sécurité et la qualité. »
https://www.edf.fr/groupe-edf/espaces-d ... -numerique

Re: EDF

par energy_isere » 11 juin 2026, 23:17

EDF combine batteries et barrages pour aider à équilibrer en temps réel le réseau électrique français

AFP •11/06/2026

EDF power solutions a mis en service un système à Baixas (Pyrénées-Orientales), combinant batteries et barrages hydrauliques, afin d'apporter un service de stabilisation et de flexibilité en temps réel au réseau électrique français, a annoncé le groupe jeudi.

Cette "centrale virtuelle" baptisée "Stockage Energie Catalan" (SEC) "participe à la performance du réseau électrique français" à haute tension géré par RTE, indique la filiale du géant du nucléaire.

Dans un système électrique, la production et la consommation d'électricité doivent toujours être équilibrées à l'instant T afin d'éviter les pannes.

Le système mis en place par EDF power solutions permet, en combinant batteries et barrages hydrauliques, de maintenir cet équilibre en réinjectant de la puissance électrique en cas de défaut de production sur une centrale.

"C'est un projet unique", explique Catherine Bourg, coordinatrice stockage chez EDF power solutions.

Sa spécificité est "d'associer une batterie hyper réactive (...) pour répondre à un besoin immédiat du gestionnaire de réseau et ensuite passer la main à des centrales au fil de l'eau qui démarrent un peu moins vite mais sont en capacité de tenir le service plus longtemps".

Le stockage par batteries permet d'aider les gestionnaires de réseaux "à faire en sorte qu'à tout moment, l'équilibre entre la production d'électricité et la consommation d'électricité soit atteint, et donc il n'y ait pas de décalage entre consommation et production", poursuit-elle.

SEC combine quatre batteries d'une capacité totale de 20 mégawatt (MW) et dix barrages hydrauliques (8 MW), soit 28 MW.

Elle est "capable de réagir en moins d’une seconde (500 millisecondes) et d'atteindre sa puissance maximale en 30 secondes pour s'adapter aux besoins du réseau", souligne EDF power solutions.

Le dispositif est piloté en temps réel grâce à un système intelligent de gestion de la puissance et de l'énergie développé par EDF.
https://www.boursorama.com/actualite-ec ... 317106f861

Re: EDF

par energy_isere » 30 mai 2026, 01:17

Nationalisation à 100% du groupe EDF : la Cour des comptes perplexe

Connaissance des Énergies avec AFP le 28 mai 2026

Une opération "coûteuse", à la nécessité "pas démontrée": la nationalisation à 100% d'EDF décidée en 2022 par le gouvernement dans un contexte de crise énergétique et de relance du nucléaire, laisse perplexe la Cour des comptes.

Près de 9,7 milliards d'euros

La montée de l'État de 84% à 100% du capital du géant de l'énergie a coûté près de 9,7 milliards d'euros, selon un rapport de l'institution publié jeudi, qui ajoute que la "nécessité" de l'opération "n'est pas démontrée à ce stade".

Si cette opération s'est faite "dans un contexte particulièrement tendu" pour le groupe EDF, confronté à l'époque à de grandes difficultés financières et opérationnelles et à la crise énergétique déclenchée par l'invasion de l'Ukraine par la Russie, "ni les impératifs de souveraineté et d'indépendance énergétiques, ni les besoins de financement du groupe ou la volonté de renforcer son pilotage opérationnel n'imposaient une détention à 100% de la société EDF par l'Etat", juge la Cour des comptes dans son rapport.

Bercy, de son côté, conteste l'analyse de la Cour des comptes. "Cette opération est un investissement réussi que l'Etat a réalisé dans une entreprise leader et essentielle à sa souveraineté énergétique", fait valoir le ministère de l'Economie à l'AFP.

"Depuis, EDF s'est brillamment redressée (...) et des décisions importantes ont été prises pour le nucléaire, la relance de l'hydroélectricité, et le soutien de l'Etat au programme de nouveau nucléaire, ce qui a été permis par le cadre clair et favorable qu'apporte le fait d'avoir l'Etat comme actionnaire unique", ajoute Bercy.

Mais, selon la Cour des comptes, avant la mise en oeuvre de cette prise de contrôle totale actée en 2023, "les pouvoirs publics exerçaient déjà un fort niveau de contrôle" sur EDF, grâce à une détention "largement majoritaire de son capital" (environ 84%), d'une part, ainsi que via les décisions de politique énergétique et la régulation du marché de l'énergie, d'autre part.

« Avantages difficilement identifiables »
A l'époque, EDF fait face à de nombreuses difficultés: une dette importante, des déboires dans la construction de l'EPR de Flamanville et un problème de corrosion affectant le parc des réacteurs nucléaires à un moment où l'assèchement des livraisons de gaz russe, lié à l'invasion de l'Ukraine par la Russie, menaçait l'Europe de pénuries d'énergie.

La prise de contrôle totale d'EDF par l'Etat devait donc non seulement permettre aux deux acteurs d'agir plus vite face à la crise énergétique, mais également de "mener dans les meilleurs délais" la relance du nucléaire engagée en 2022 par Emmanuel Macron, tout en donnant de meilleures "marges financières" à l'entreprise publique, selon les mots de la Première ministre de l'époque, Elisabeth Borne.

Or quatre ans plus tard, les "avantages réels retirés par l'Etat de la prise de contrôle à 100% sont difficilement identifiables, malgré l'ampleur des moyens mobilisés", écrivent les Sages de la rue Cambon. L'"effort" budgétaire requis pour l'opération a été "d'autant plus important" qu'il est intervenu dans un contexte de "dégradation des finances publiques", note l'institution.

Mais aurait-il pu être inférieur? La Cour des comptes s'interroge. Selon elle, le prix retenu pour l'offre de l'Etat, soit 12 euros par action, était significativement supérieur au coût moyen de l'action observé en Bourse sur le semestre précédent (8,27 euros, dit la Cour). La prime aurait pu être "plus faible", estime la Cour. "Par exemple un niveau de prime de l'ordre de 30% et non de 45% par rapport au cours moyen pondéré de l'action sur le semestre précédent aurait permis d'économiser environ 1 milliard d'euros", calcule le rapport.

Globalement, un "recul temporel plus important" est "nécessaire pour apprécier les conséquences de l'opération dans la durée", tempère la Cour. "La montée de l'Etat au capital de la société a permis de stabiliser puis d'améliorer légèrement la notation de sa dette par les principales agences de notation", considère la Cour dans son rapport, tout en soulignant que le groupe demeure "très endetté".

L'endettement financier de l'entreprise publique est passé d'environ 65 milliards d'euros en 2022 à 51,5 milliards d'euros en 2025.
https://www.connaissancedesenergies.org ... exe-260528

Re: EDF

par energy_isere » 20 avr. 2026, 23:38

Sébastien Martin
Ministre délégué chargé de l’Industrie | Conseiller communautaire du Grand Chalon

16avril 2026

Depuis 80 ans, les femmes et les hommes de EDF développent nos centrales, nos barrages, nos réseaux et nos grands chantiers. Leur action répond à un objectif constant : permettre à la France d’être une grande puissance industrielle. Dans un contexte international incertain, disposer d'une électricité abondante, pilotable et bas carbone constitue un levier stratégique pour soutenir nos usines et garantir la réussite de notre réindustrialisation.

Les orientations fixées par le Premier ministre Sébastien Lecornu confirment cette trajectoire : l’électrification de notre économie est la clé de notre souveraineté. En accélérant la production et en sécurisant nos approvisionnements, nous apportons la visibilité nécessaire à nos acteurs économiques. Nous savons que nous pouvons compter sur les femmes et les hommes d’EDF pour répondre présents !

Cette dynamique se manifeste déjà par des recrutements d'envergure et le lancement des chantiers #EPR2. Derrière cet élan, il y a toute une filière industrielle qui se structure, innove et se projette. C’est cette force collective qui nous permet de produire en France, de décider en France et de préparer l’avenir avec confiance.

Depuis 80 ans, EDF c’est une certaine idée de la France. Joyeux anniversaire !

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Re: EDF

par energy_isere » 08 avr. 2026, 11:55

EDF déploie 240 millions d'euros pour aider les Français à passer à l'électrique

Par Estelle Nguyen Publié le 08/04/2026

Un cadeau d'anniversaire adressé aux Français... A l'occasion de ses 80 ans, ce mercredi, EDF annonce la création d'un fonds d'aides de 240 millions d'euros destiné à accompagner la transition vers l'électricité en France. Cette initiative vise à soutenir différents types d'usages, des équipements domestiques aux véhicules professionnels, ainsi que l'implantation de nouveaux industriels consommateurs d'électricité.

Interrogé sur 'franceinfo', le PDG du groupe, Bernard Fontana, a présenté les objectifs du fonds : "Comme nous avons 80 ans aujourd'hui, nous avons choisi de mettre sur la table 240 millions d'euros, trois fois 80 millions d'euros pour aider les Français à passer à l'électrique et bénéficier de ses prix d'électricité". Il a précisé que l'enveloppe se décompose en trois axes principaux.


Le premier volet du dispositif concerne les particuliers. "En plus des dispositifs mis en place par le gouvernement, nous proposons une prime de 1.000 euros pour 80.000 foyers modestes ou très modestes, ce qui fait que ça leur coûtera moins cher que d'acheter une chaudière électrique ou au fioul", a détaillé Bernard Fontana. Les conditions d'éligibilité s'alignent sur celles du dispositif MaPrimeRénov' et ciblent prioritairement les revenus les plus contraints.

50 millions d'euros pour 180 bornes de recharge poids lourds

Le deuxième axe cible les transporteurs routiers. Le fonds consacre 30 millions d'euros pour aider les TPE et PME à acquérir des poids lourds électriques, avec un maximum de deux véhicules par entreprise et un montant moyen d'aide de 15.000 euros par camion. En parallèle, 50 millions d'euros sont prévus pour installer 180 bornes de recharge pour poids lourds en itinérance sur le territoire métropolitain d'ici trois ans. "Ils ont besoin de pouvoir recharger avec des bornes spécifiques", a expliqué le dirigeant.

Le troisième volet du fonds est tourné vers l'accompagnement des projets industriels nécessitant une connexion au réseau électrique. EDF prévoit 80 millions d'euros pour proposer des terrains prêts à l'emploi, équipés d'une connexion au réseau, afin de réduire les délais d'implantation. Cette mesure peut concerner des industries variées, y compris des data centers.

"Il y a tout un ensemble de mesures qui existent, mais effectivement, c'est 240 millions. Si on les propose aujourd'hui... pour montrer que nous nous prenons notre part et on aide concrètement les Français à passer à l'électrique", a insisté Bernard Fontana. "Depuis 80 ans, le groupe EDF fournit aux Français une électricité compétitive, souveraine et bas carbone. Aujourd'hui, plus que jamais, nous souhaitons accélérer l'électrification des usages afin de permettre au pays de réduire sa dépendance aux énergies fossiles, notamment le gaz et le pétrole", a précisé EDF dans un communiqué.
https://www.boursier.com/actualites/eco ... 54462.html

Re: EDF

par energy_isere » 27 mars 2026, 19:27

EDF signe avec TotalEnergies un contrat de fourniture d'électricité nucléaire à long terme

Connaissance des Énergies avec AFP le 27 mars 2026

L'énergéticien EDF a signé avec TotalEnergies un contrat de fourniture d'électricité nucléaire (CAPN) d'une durée de douze ans à partir de 2028, destiné à sécuriser l'approvisionnement des sites français de raffinage et de chimie du géant des hydrocarbures, ont annoncé les deux groupes vendredi.

"EDF allouera à TotalEnergies une quote-part de la puissance de son parc nucléaire en exploitation" et le contrat, qui démarre au 1er janvier 2028, couvrira 60% des besoins en électricité de ses sites de raffinage et chimie en France, estimés à 400 MW selon leurs communiqués.

Cela équivaut à la puissance d'un peu moins de la moitié d'un réacteur nucléaire.

L'accord "va permettre à nos sites industriels en France gros consommateurs en électricité de sécuriser, sur le long terme, une grande partie de leurs approvisionnements avec une électricité compétitive et bas-carbone", a déclaré Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies.

EDF apporte aux sites concernés "la visibilité à long terme nécessaire à leur pérennité", a pour sa part déclaré Bernard Fontana, le PDG d'EDF.

TotalEnergies gère trois raffineries en France, celle de Normandie, la raffinerie de Donges (Loire-Atlantique) et celle de Feyzin (Rhône). Le groupe est également producteur de biocarburants routiers et aériens grâce à sa bioraffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône).

Dans la pétrochimie, TotalEnergies exploite le site de Carling Saint-Avold (Moselle), son centre européen des résines d'hydrocarbures.

Les CAPN, parmi l'offre de contrats de long terme d'EDF pour les entreprises, permettent à l'électricien de sécuriser ses recettes commerciales dans la perspective de ses lourds investissements à venir pour la relance du nucléaire tout en répondant aux objectifs de l'État de maintenir la compétitivité industrielle et d'attirer les centres de données en France.

Ces contrats CAPN proposent des prix de vente de l'électricité convenus à l'avance, sur des durées d'au moins 10 ans, en contrepartie de supporter une partie des risques associés à la production des réacteurs, qui peut varier.

Réservés au départ aux industries très énergivores, ces contrats sont depuis novembre étendus à d'autres entreprises ayant des besoins en électricité importants. A ce jour, EDF a conclu 19 contrats de long terme dont 14 CAPN, incluant celui de TotalEnergies.

Il a également signé avec Orano et de grands groupes industriels tels qu'Aluminium Dunkerque, Arkema, Kem One, ArcelorMittal ou encore l'opérateur de centres de données Data4.
https://www.connaissancedesenergies.org ... rme-260327

Re: EDF

par energy_isere » 16 mars 2026, 19:17

EDF cède sa centrale électrique brésilienne de Norte Fluminense pour 230 millions d'euros

Connaissance des Énergies avec AFP le 16 mars 2026

EDF a bouclé la cession au groupe brésilien Âmbar Energia de la centrale électrique à cycle combiné gaz de Norte Fluminense, située au nord-est de Rio de Janeiro, une transaction évaluée à environ 230 millions d'euros, a annoncé le géant français du nucléaire lundi.

Le montant de l'opération s'élève à 1,4 milliard de réals brésiliens, précise-t-il.

Le groupe français indique avoir "maintenu un haut niveau de disponibilité pour cette centrale de 827 MW tout au long des 20 années de son exploitation".

Âmbar Energia est un important producteur d'électricité à partir de gaz naturel au Brésil, précise-t-il.

EDF, qui est chargé par l'Etat français de développer le programme EPR2 pour la construction de 6 nouveaux réacteurs de forte puissance, a annoncé envisager des cessions totales ou partielles en parallèle d'un plan d'économies de 5 milliard d'euros sur cinq ans.
https://www.connaissancedesenergies.org ... ros-260316

Re: EDF

par energy_isere » 20 févr. 2026, 18:49

Consommation en panne, baisse des prix de l'électricité: EDF entame une année 2026 de défis

Connaissance des Énergies avec AFP le 20 février 2026

Le géant électricien EDF aborde une année 2026 chargée en défis financiers et industriels, mais dans un contexte de baisse des prix de l'électricité qui pèse sur sa rentabilité, à l'heure où l'entreprise publique est appelée à mener le chantier de la relance du nucléaire en France.

A quelques semaines du 80e anniversaire de sa naissance, EDF a annoncé un bénéfice net 2025 en recul de 26,3% à 8,4 milliards d'euros, notamment affecté par la baisse continue des prix sur les marchés de l'électricité, loin des sommets de la crise énergétique de 2022.

Une tendance qui devrait se poursuivre: en 2026, il prévoit un Ebitda (indicateur de rentabilité) "attendu en léger retrait dans un contexte de baisse des prix de marché", selon son communiqué.

Ses comptes ont également pâti d'un "ajustement" du planning et du coût de son projet au Royaume-Uni de deux réacteurs à Hinkley Point C, désormais estimé à 35 milliards de livres, au-dessus de la fourchette prévue de 31-34 mds de livres. Le démarrage du premier est désormais attendu pour 2030, en raison de contraintes logistiques, encore dans la fourchette envisagée qui s'étalait entre 2029 et 2031.

Le PDG Bernard Fontana s'est félicité de résultats "solides", qui traduisent "les actions engagées pour augmenter durablement notre performance opérationnelle", notamment avec la poursuite de la "remontada" de la production nucléaire (373 TWh), tirée notamment par l'optimisation des arrêts pour maintenance.

En conséquence, EDF versera un dividende d'1 milliard d'euros à son unique actionnaire, l'Etat

Fort aussi de l'amélioration de ses flux de trésorerie, le groupe continue de réduire son endettement, ramené à 51,5 milliards d'euros (-2,9 milliards d'euros).

En 2024, le groupe avait engrangé un bénéfice record de 11,4 milliards d'euros, peu avant l'éviction de son PDG Luc Rémont, en désaccord avec l'Etat, et la nomination en mai 2025 par l'Elysée du discret patron de l'équipementier Framatome, filiale d'EDF.

Face à une pile de dossiers brûlants, Bernard Fontana s'est fixé comme priorités de pacifier les relations avec les industriels sur le prix de l'électricité, enjeu majeur de compétitivité, et d'accélérer le programme de relance du nucléaire.

Sous réserve du feu vert de Bruxelles, sur le mécanisme de financement partagé entre EDF et Etat, l'entreprise, pourrait annoncer fin 2026 sa décision officielle d'investir pour six nouveaux réacteurs, conformément à la nouvelle feuille de route énergétique de la France.

- Mur d'investissements -

Sa publication, la semaine dernière par le gouvernement, a mis fin au moins temporairement aux atermoiements politiques sur la place du nucléaire et des renouvelables: à rebours de la précédente qui prévoyait de fermer 14 réacteurs, la nouvelle confirme la priorité à l'atome, avec la possibilité d'en construire 8 autres, tout en ménageant l'éolien et solaire.

Mais de nombreux défis financiers, industriels et humains demeurent, à l'heure où le groupe, toujours lesté d'une dette abyssale, doit engager jusqu'à 460 milliards d'investissements d'ici 2040, selon la Cour des comptes.

Si bien que Bernard Fontana a fait des économies et de l'efficacité ses lignes directrices. Le dirigeant vise un milliard d'euros par an d'économies sur les frais généraux d'ici 2030, en simplifiant l'organisation et les processus. Il faudra en outre être "sélectif sur certains investissements, notamment à l'international", a confirmé en conférence de presse le PDG, avec la possibilité de cessions dans les renouvelables aux Etats-Unis.

Alors que le coût du projet des six premiers EPR2 a été réévalué à 72,8 milliards d'euros, EDF aura en outre fort à faire pour oublier les déboires de son chantier fleuve de l'EPR de Flamanville, comme ceux de son chantier britannique à Hinkley Point.

Le tout dans un contexte compliqué pour EDF qui doit composer, non seulement avec des prix en baisse sur les marchés, mais avec une consommation d'électricité qui patine, en attendant un grand plan d'électrification du gouvernement pour accélérer le transfert des consommations d'énergies fossiles importées et coûteuses vers l'électricité.

Fort de sa production décarbonée à 95%, EDF doit conquérir de nouveaux clients, parmi les particuliers (voitures électriques, pompes à chaleur), les entreprises et les grands industriels et bientôt avec les centres de données, très gourmands en électricité.

"Produire plus pour vendre plus, c'est aujourd'hui la priorité du groupe", a souligné Claude Laruelle, directeur exécutif Groupe.
https://www.connaissancedesenergies.org ... fis-260220

Re: EDF

par energy_isere » 20 févr. 2026, 17:26

EDF annonces ses résultats de 2025... et « un ajustement » concernant Hinkley Point C

Connaissance des Énergies avec AFP le 20 février 2026

Le géant électricien français EDF a annoncé vendredi un bénéfice net en recul de 26,3% en 2025, affecté par la baisse des prix de l'électricité sur les marchés, partiellement compensée par la hausse de la production nucléaire.

Une production nucléaire de 373 TWh en 2025

Le bénéfice net s'est inscrit à 8,4 milliards d'euros, après 11,4 milliards d'euros en 2024, qui était une année record, tandis que son chiffre d'affaires a reculé de 4,5% à 113,3 milliards, selon un communiqué.

Fort de l'amélioration de ses flux de trésorerie, le groupe, à l'aube de lourds investissements dans la relance du nucléaire en France, continue de réduire son endettement désormais ramené à 51,5 milliards d'euros, en baisse de 2,9 milliards d'euros par rapport à fin 2024.

Ces résultats le conduisent à proposer le versement d'un dividende d'1 milliard d'euros à son unique actionnaire, l'État.

"L'année 2025 a été marquée par des résultats opérationnels et financiers solides", qui traduisent "les actions engagées pour augmenter durablement notre performance opérationnelle, avec une production nucléaire en hausse" à 373 TWh, notamment, a commenté le PDG Bernard Fontana, cité dans le communiqué.

Les dernières annonces sur Hinkley Point C

Par ailleurs, le groupe a annoncé un "ajustement" du calendrier et du coût de son projet au Royaume-Uni de deux réacteurs sur le site d'Hinkley Point C, désormais estimé à 35 milliards de livres. EDF prévoit un démarrage du premier réacteur en 2030, dans la fourchette annoncée précédemment qui tablait sur une mise en service au mieux en 2029, voire 2031, après de précédents retards.

Le PDG du groupe a évoqué lors d'un appel aux journalistes un planning "plus réaliste" à propos de ce décalage maintenu toutefois "à l'intérieur d'une fourchette qui elle n'a pas changé". Ce coût du projet désormais estimé à 35 milliards de livres est en hausse par rapport à la réévaluation annoncée en 2024, qui le chiffrait entre 31 et 34 milliards de livres, contre 18 milliards estimés au début du projet en 2016.

À l'occasion de la présentation de ces résultats, EDF a indiqué avoir inscrit une dépréciation de la valeur du projet Hinkley Point C pour 2,5 milliards d'euros, liée à une révision tarifaire du prix garanti de vente de l'électricité.
https://www.connaissancedesenergies.org ... t-c-260220

une livre c'est 1.15 euro au cours du jour, donc les 35 milliards de livre ca fait 40.25 milliard d'euro !

Re: EDF

par energy_isere » 16 févr. 2026, 22:07

EDF craint d'importants manques à gagner dans un contexte de surproduction électrique

Connaissance des Énergies avec AFP le 16 février 2026

EDF craint d'importants manques à gagner dans les années à venir si la France tarde à sortir des énergies fossiles pour passer à l'électricité, alors qu'elle est aujourd'hui confrontée à une surproduction électrique du fait de l'essor des renouvelables et d'une consommation atone.

Le géant public français du nucléaire a publié lundi un rapport très attendu sur les conséquences de la modulation, terme technique désignant sa capacité à varier la production de ses réacteurs nucléaires selon les besoins de consommation.

Ce phénomène, qui est aussi vieux que le parc nucléaire français, s'est accéléré depuis deux ans, en raison "du développement des moyens de production renouvelables, solaires et éoliens, en France et en Europe, dans un contexte de consommation atone", souligne EDF.

"Historiquement, le parc nucléaire a toujours contribué à l'équilibre du système électrique français", a rappelé Bernard Fontana, le PDG d'EDF dans le Figaro.

"Il est capable d'ajuster à la hausse comme à la baisse jusqu'à 80% de sa puissance en 30 minutes et cela deux fois par jour", a expliqué Catherine Bauby, directrice de la stratégie d'EDF, à des journalistes.

Depuis les années 2000, elle se maintenait à un niveau stable, mais l'année 2024 aura marqué un "tournant".

Entre 2019 et 2025, les volumes de modulation nucléaire ont "doublé", passant d'environ 15 TWh à 33 TWh en 2025, soit près de 9% de la production nucléaire d'EDF.

Un paradoxe: la feuille de route énergétique de la France (PPE) dévoilée jeudi par le gouvernement prévoit un accroissement sur le long terme de ses capacités de production électrique, notamment dans le nucléaire, pour renforcer sa souveraineté énergétique et réduire sa dépendance aux énergies fossiles (gaz, pétrole).

Celles-ci coûtent de l'ordre de 60 milliards d'euros d'importations chaque année.

Mais à court terme, elle fait face à une surcapacité de production en raison d'une stagnation de la consommation électrique qui s'explique notamment par le retard pris dans le pays dans l'électrification des usages. Autrement dit, la conversion de secteurs dépendants des énergies fossiles à l'électricité (transports avec les voitures électriques, bâtiment avec les pompes à chaleur, industrie avec des fours électriques...).

Cette situation conduit de plus en plus EDF à réduire sa production nucléaire, voire à arrêter des réacteurs quand les énergies renouvelables (éolien et solaire), intermittentes, font le plein, notamment en milieu de journée.

- Manque à gagner -

Dans ce rapport, EDF a donc voulu évaluer les conséquences industrielles, organisationnelles et économiques de la modulation, mais aussi son manque à gagner faute de "débouchés économiques".

En premier lieu, la modulation n'affecte pas la sûreté des centrales, insiste EDF.

En revanche, "la flexibilité accrue demandée" aux réacteurs, mais aussi aux centrales à gaz et aux barrages "d'EDF conduit notamment à un renchérissement des coûts de maintenance de tous ces équipements", souligne l'électricien.

EDF cite en exemple les turbines des réacteurs, dont les contrôles seront plus fréquents - tous les 6 ans au lieu de 10 actuellement - générant ainsi un surcoût de l'ordre de 30 millions d'euros par an pour le parc nucléaire.

"Nous sommes face à un enjeu économique lié à l'usure prématurée de certains équipements, comme les turbines, les pompes ou les alternateurs, et à une réduction de notre production", privant ainsi l'électricien de revenus, a expliqué Bernard Fontana, sans donner de coût global.

Le chiffrage global fait encore l'objet de "travaux" qui sont "en cours de finalisation", explique-t-on.

La modulation s'est invitée dans les débats politiques parfois houleux sur la feuille de route énergétique ces derniers mois, le RN et une partie de la droite estimant qu'elle justifiait de freiner le développement de l'éolien et le solaire, voire un moratoire.

De son côté, le gouvernement a exclu tout moratoire, mais a appelé à accélérer l'électrification des usages - l'encouragement à consommer de l'électricité décarbonée en remplacement des énergies fossiles (pétrole, fioul et gaz ) - en prenant acte des nouvelles prévisions de consommation revues à la baisse par RTE, le gestionnaire du réseau d'électricité à haute tension.

"Pour sortir de cette situation de surcapacités, la priorité absolue, c'est l'électrification des usages", a aussi déclaré lundi Catherine Bauby, chez EDF.

Dans l'intervalle, elle juge nécessaire "d'ajuster le rythme de déploiement des énergies renouvelables", comme le prévoit d'ailleurs la PPE.
https://www.connaissancedesenergies.org ... que-260216

Re: EDF

par energy_isere » 22 janv. 2026, 19:35

Après la Seine-et-Marne et la Moselle, EDF va accueillir un quatrième datacenter sur le site d’une ancienne centrale près de Lyon

Alors qu’EDF doit déjà accueillir des datacenters sur trois sites d’anciennes centrales, l’énergéticien a révélé à L’Usine Nouvelle avoir lancé un nouvel appel à manifestation d’intérêt pour un quatrième site. Il s’agit du terrain de 60 hectares qui accueillait sa centrale thermique de Loire-sur-Rhône, près de Lyon (Rhône).

Marion Garreau et Aurélie Barbaux Publié le 20 janvier 2026

EDF continue de recycler son foncier en datacenters. Après avoir signé des contrats avec OpCore et Eclairion pour qu’ils construisent des datacenters sur trois de ses sites en Seine-et-Marne et en Moselle, l’énergéticien français a révélé en exclusivité à L’Usine Nouvelle avoir discrètement lancé, le 22 décembre, un nouvel appel à manifestation d’intérêt (AMI). Celui-ci vise à accueillir un centre de données sur le site de son ancienne centrale thermique de Loire-sur-Rhône, située à moins de... (abonnés)
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