par energy_isere » 02 sept. 2026, 23:20
"De réels dommages": Vladimir Poutine estime que les frappes de drones ukrainiens contre des infrastructures russes ont coûté "environ 1% de PIB" à la Russie
BFM Business Paul Louis 02 sept 2026
Des raffineries et ports russes ont été visés par des frappes ukrainiennes ces derniers mois, avec des dégâts équivalents à 1 point de PIB, selon le chef du Kremlin. Il a toutefois assuré qu'il ne s'agissait pas d'"un préjudice critique" pour la Russie.
En frappant des zones stratégiques en Russie ces derniers mois, l'Ukraine semble avoir atteint son but: fragiliser l'économie de son voisin agresseur. Lors du sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai, Vladimir Poutine a reconnu que les attaques de drones initiées par Kiev contre des navires, ports, raffineries et dépôts pétroliers russes avaient causé des dégâts équivalents à environ 1% du PIB du pays, rapporte Bloomberg.
"Je pense qu'ils nous ont causé de réels dommages. Le préjudice global, selon nos estimations préliminaires, est assez important, environ 1% du PIB", a déclaré le chef du Kremlin, tout en assurant que "ce n'est pas un préjudice critique pour nous".
Des raffineries durement touchées
Depuis plusieurs mois, l'Ukraine multiplie les attaques de drones contre des cibles essentielles au bon fonctionnement de l'économie russe. Les offensives contre les raffineries et les ports situés proches de la Mer Noire ont ainsi fait chuter les exportations de pétrole brut russe par voie maritime. Celles-ci ont été 15% inférieures aux prévisions sur la première moitié du mois d'août, avec 2,3 millions de barils par jour.
Les analystes tablaient sur 2,7 millions de barils exportés quotidiennement depuis les ports de Primorsk, d'Oust-Louga et de Novorossiïsk. Dans ce port, situé sur les bords de la mer Noire, seuls 400.000 barils par jour ont été exportés, alors que ce chiffre grimpait jusqu'à un million au début de l'été.
Et pour cause, le port de Novorossiïsk a été frappé à plusieurs reprises par l'armée ukrainienne ces dernières semaines. Situé à l'extrémité de plusieurs oléoducs provenant des champs pétroliers du sud de la Russie et de la mer Caspienne, le terminal pétrolier de Novorossiïsk est l'un des principaux points d'exportation des hydrocarbures du pays.
Outre les exportations, la production de pétrole en Russie a chuté en juillet, s'établissant à 8,9 millions de barils par jour dans tout le pays, d'après l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole), un chiffre en baisse continue ces derniers mois. Selon le Financial Times, la campagne ukrainienne aurait fait perdre aux raffineries russes jusqu'à 45% de leur capacité de production.
Les citoyens russes ont senti eux-mêmes les effets des frappes ukrainiennes. En juin, 90% des régions ont connu des pénuries de carburant, obligeant les autorités locales à y imposer des restrictions sur les quantités vendues. Vladimir Poutine a toutefois indiqué qu'il ne restait désormais qu'environ 10% des raffineries à remettre totalement en marche.
Ces sites indispensables à la Russie pour financer sa guerre restent malgré tout des cibles de choix pour Kiev. Mardi, Volodymyr Zelensky a prévenu que l'Ukraine continuera ses offensives aériennes en Russie: "L'Ukraine ne veut pas que des vies innocentes soient perdues. C'est pourquoi nous avertissons nos partenaires: les jours sûrs dans le ciel russe sont révolus", a déclaré le président ukrainien. "Le ciel au-dessus de la Russie est actuellement pour les drones. Pas pour l'aviation civile. Tant que la guerre continue", a-t-il insisté, tout en précisant que si elle n'était pas visée "en soi", l'aviation civile n'avait "pas sa place dans un ciel infesté de drones".
L'économie russe s'essouffle
Plus largement, l'économie russe, après avoir été dopée par les dépenses militaires au début du conflit, a nettement ralenti ces dernières années. Le PIB du pays a ainsi crû de seulement 1% en 2025, après 4,9% en 2024. Début 2026, il a même reculé de 0,2%. Mi-août, l'agence nationale de statistiques Rosstat a néanmoins annoncé que la Russie affichait une croissance d'1,3% sur un an au deuxième trimestre en glissement annuel.
Mais derrière ces chiffres, les analystes pointent plusieurs problèmes structurels. Car l'inflation demeure élevée incontrôlée et l'économie non-militaire continue de ralentir. Cette soudaine croissance, la première depuis 2023, tiendrait surtout à la hausse des prix du gaz, dont le pays est un large exportateur. Victimes des frappes de drones ukrainiens et des sanctions européennes, les recettes énergétiques de Moscou plafonnent toutefois à 64% de leur niveau de 2024.
Tous ces facteurs font glisser les finances publiques dans le rouge. Le déficit public pourrait ainsi doubler par rapport à celui de l'année dernière, qui était déjà le double de celui de 2024.
https://www.bfmtv.com/economie/de-reels ... 20402.html
[quote][b][size=110] "De réels dommages": Vladimir Poutine estime que les frappes de drones ukrainiens contre des infrastructures russes ont coûté "environ 1% de PIB" à la Russie[/size][/b]
BFM Business Paul Louis 02 sept 2026
[b]Des raffineries et ports russes ont été visés par des frappes ukrainiennes ces derniers mois, avec des dégâts équivalents à 1 point de PIB, selon le chef du Kremlin. Il a toutefois assuré qu'il ne s'agissait pas d'"un préjudice critique" pour la Russie.[/b]
En frappant des zones stratégiques en Russie ces derniers mois, l'Ukraine semble avoir atteint son but: fragiliser l'économie de son voisin agresseur. Lors du sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai, Vladimir Poutine a reconnu que les attaques de drones initiées par Kiev contre des navires, ports, raffineries et dépôts pétroliers russes avaient causé des dégâts équivalents à environ 1% du PIB du pays, rapporte Bloomberg.
"Je pense qu'ils nous ont causé de réels dommages. Le préjudice global, selon nos estimations préliminaires, est assez important, environ 1% du PIB", a déclaré le chef du Kremlin, tout en assurant que "ce n'est pas un préjudice critique pour nous".
[b]Des raffineries durement touchées[/b]
Depuis plusieurs mois, l'Ukraine multiplie les attaques de drones contre des cibles essentielles au bon fonctionnement de l'économie russe. Les offensives contre les raffineries et les ports situés proches de la Mer Noire ont ainsi fait chuter les exportations de pétrole brut russe par voie maritime. Celles-ci ont été 15% inférieures aux prévisions sur la première moitié du mois d'août, avec 2,3 millions de barils par jour.
Les analystes tablaient sur 2,7 millions de barils exportés quotidiennement depuis les ports de Primorsk, d'Oust-Louga et de Novorossiïsk. Dans ce port, situé sur les bords de la mer Noire, seuls 400.000 barils par jour ont été exportés, alors que ce chiffre grimpait jusqu'à un million au début de l'été.
Et pour cause, le port de Novorossiïsk a été frappé à plusieurs reprises par l'armée ukrainienne ces dernières semaines. Situé à l'extrémité de plusieurs oléoducs provenant des champs pétroliers du sud de la Russie et de la mer Caspienne, le terminal pétrolier de Novorossiïsk est l'un des principaux points d'exportation des hydrocarbures du pays.
Outre les exportations, la production de pétrole en Russie a chuté en juillet, s'établissant à 8,9 millions de barils par jour dans tout le pays, d'après l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole), un chiffre en baisse continue ces derniers mois. Selon le Financial Times, la campagne ukrainienne aurait fait perdre aux raffineries russes jusqu'à 45% de leur capacité de production.
Les citoyens russes ont senti eux-mêmes les effets des frappes ukrainiennes. En juin, 90% des régions ont connu des pénuries de carburant, obligeant les autorités locales à y imposer des restrictions sur les quantités vendues. Vladimir Poutine a toutefois indiqué qu'il ne restait désormais qu'environ 10% des raffineries à remettre totalement en marche.
Ces sites indispensables à la Russie pour financer sa guerre restent malgré tout des cibles de choix pour Kiev. Mardi, Volodymyr Zelensky a prévenu que l'Ukraine continuera ses offensives aériennes en Russie: "L'Ukraine ne veut pas que des vies innocentes soient perdues. C'est pourquoi nous avertissons nos partenaires: les jours sûrs dans le ciel russe sont révolus", a déclaré le président ukrainien. "Le ciel au-dessus de la Russie est actuellement pour les drones. Pas pour l'aviation civile. Tant que la guerre continue", a-t-il insisté, tout en précisant que si elle n'était pas visée "en soi", l'aviation civile n'avait "pas sa place dans un ciel infesté de drones".
[b]L'économie russe s'essouffle[/b]
Plus largement, l'économie russe, après avoir été dopée par les dépenses militaires au début du conflit, a nettement ralenti ces dernières années. Le PIB du pays a ainsi crû de seulement 1% en 2025, après 4,9% en 2024. Début 2026, il a même reculé de 0,2%. Mi-août, l'agence nationale de statistiques Rosstat a néanmoins annoncé que la Russie affichait une croissance d'1,3% sur un an au deuxième trimestre en glissement annuel.
Mais derrière ces chiffres, les analystes pointent plusieurs problèmes structurels. Car l'inflation demeure élevée incontrôlée et l'économie non-militaire continue de ralentir. Cette soudaine croissance, la première depuis 2023, tiendrait surtout à la hausse des prix du gaz, dont le pays est un large exportateur. Victimes des frappes de drones ukrainiens et des sanctions européennes, les recettes énergétiques de Moscou plafonnent toutefois à 64% de leur niveau de 2024.
Tous ces facteurs font glisser les finances publiques dans le rouge. Le déficit public pourrait ainsi doubler par rapport à celui de l'année dernière, qui était déjà le double de celui de 2024.
[/quote]
https://www.bfmtv.com/economie/de-reels-dommages-vladimir-poutine-estime-que-les-frappes-de-drones-ukrainiens-contre-des-infrastructures-russes-ont-coute-environ-1-de-pib-a-la-russie_AN-202609020402.html