Démographie, naissances...

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Re: Démographie, naissances...

par energy_isere » 01 sept. 2026, 12:42

4 millions d’habitants en moins d’ici 2050 : l’alerte démographique italienne

LT (avec Reuters) Publié le 01 septembre 2026

L’Italie pourrait perdre près de quatre millions d’habitants en vingt-cinq ans. Dans ses nouvelles projections à l’horizon 2080, l’Institut national italien de la statistique (Istat) alerte sur une trajectoire démographique susceptible de fragiliser durablement l’économie et le système de protection sociale du pays.

La population italienne, qui comptait 58,9 millions d’habitants début 2025, tomberait à 55 millions en 2050, puis à seulement 45,8 millions en 2080. En un peu plus d’un demi-siècle, le pays pourrait ainsi perdre plus de 13 millions d’habitants.
.......................
https://www.latribune.fr/article/econom ... -italienne

Re: Démographie, naissances...

par alain2908 » 30 août 2026, 08:02

une analyse interessante de Joan Larroumec
https://x.com/larroumecj/status/2093765107750740057

Depuis récemment on décompose le TFR, nombre d’enfants par femme, en TMR (part de femmes devenant mères) × CPM (enfants par mère). C’est une nouveauté méthodologique importante pour identifier d’où vient la baisse des naissances.

Ainsi il y a des pays qui ont vu leur fécondité chuter principalement parce que peu de femmes deviennent mères. Mais quand les femmes ont des enfants, elles en ont environ deux. C’est le cas du Japon (1,14 = 0,546 × 2,08), de l’Espagne (1,10 = 0,566 × 1,94), de l’Italie (1,18 = 0,583 × 2,02) ou de Singapour (0,97 = 0,465 × 2,09).
En général cela est dû à deux grandes familles de raisons :
1.Des sociétés peu adaptées à concilier travail et maternité. Dans ce cas un certain nombre de femmes préfèrent avoir une carrière plutôt que d’être mères, ou refusent un contrat conjugal qui les enferme dans le rôle domestique. Il s’agit de pays comme le Japon et Singapour.
2.Des sociétés où une partie importante des jeunes, notamment les hommes, sont en grande difficulté économique : chômage, emploi précaire, logement inaccessible, vie prolongée chez les parents. Dans ce cas ils ne peuvent pas fonder un foyer, ou trop tardivement. Il s’agit de pays comme l’Espagne et l’Italie.
Ces pays ont des fécondités faibles, mais pas les plus faibles.
Deux grands pays présentent une version extrême de ce profil : peu de mères, mais des familles constituées nettement plus grandes qu’ailleurs. Les États-Unis (1,57 = 0,625 × 2,51) ont le CPM le plus élevé de l’Occident : une Américaine sur trois ne devient pas mère, mais celles qui le deviennent font deux enfants et demi, écart qui recouvre la polarisation entre une Amérique religieuse et conservative à trois enfants et des métropoles au profil quasi sud-européen. La Russie (1,40 = 0,589 × 2,38) a un TMR presque japonais pour une raison différente : quinze ans de politique nataliste ciblée sur les deuxième et troisième enfants ont soutenu l’agrandissement des familles existantes, pendant que la guerre et la perte de tout horizon poussaient les jeunes à reporter indéfiniment l’entrée en parentalité, contre laquelle aucun transfert ne peut rien.

Il y a à l’inverse des pays où presque toutes les femmes deviennent mères, mais s’arrêtent à un ou deux enfants, par héritage du modèle post-communiste de l’enfant unique précoce ou à cause du coût de l’agrandissement de la famille. Ce sont des pays comme la Bulgarie (1,60 = 0,808 × 1,98) et le Portugal (1,30 = 0,717 × 1,81). Ces pays ont en général une fécondité plus élevée.

Enfin il y a les pays qui souffrent à la fois d’un faible nombre de mères et d’un faible nombre d’enfants par mère. Ils cumulent les raisons précédentes. Mais l’enfant y coûte aussi très cher, matériellement et parce que l’investissement parental attendu y est démesuré (éducation, concours, activités extra scolaires, etc) Ce sont les pays au bord de l’extinction démographique : la Corée du Sud (0,80 = 0,499 × 1,60), Taïwan (0,70 = 0,388 × 1,79), la Chine (1,13 = 0,612 × 1,85), Macao (0,47 = 0,288 × 1,62).

La France de 2024 est touchée sur les deux critères à la fois, mais de façon encore peu dramatique : 1,61 = 0,716 × 2,24, au-dessus de la moyenne européenne sur les deux facteurs, au max d’aucun. L’Allemagne (1,32 = 0,628 × 2,10) a le même profil que la France, mixte, en un peu plus mauvais sur chaque critère. Mais chaque critère se multiplient, le différentiel est de 0,3 enfant par femme, ce qui équivaut à des millions de naissances en moins par génération.

Quelles sont les marges de progression pour la France ? Probablement environ 0,1 en TMR, guère plus (vers la Bulgarie à 0,808, Israël à 0,837). Plus de marge sur le CPM, où l’on pourrait chercher 0,2-0,3 (vers les États-Unis à 2,51, la Moldavie à 2,64).

Pour passer à 2 enfants par femme et donc au seuil de renouvellement, il faut donc viser à ce que 80% des Françaises deviennent mères et qu elles aient en moyenne 2,5 enfants.

Il faut donc deux salves de mesures pour sauver la démographie française :
Augmenter le nombre de mères, ce qui signifie faire advenir les couples et le premier enfant plus tôt :
•Un choc logement pour les moins de 30 ans. (Construction massive et accès privilégié).
•Sécuriser économiquement les 22-30 ans : c’est le prédicteur le plus robuste de la mise en couple dans toute la littérature (Japon, Espagne, pays nordiques). Cela passe par l’entrée plus précoce dans la vie active et la fin du sas de précarité entre diplôme et CDI.
•Droit opposable à la crèche dès le premier enfant, avec son universalité et sa gratuité.
Augmenter le nombre d’enfants par mère :
•Un transfert financier massif et ciblé par rang. De plus en plus élevé selon le rang, avec le paquet sur le troisième enfant. Ça doit se compter en dizaines de milliers d’euros au minimum.
•Un statut de la famille nombreuse qui ouvre de nombreux droits : exonération d’impôt sur le revenu à vie dès le troisième enfant et baisse des cotisations retraite substantielle par enfant, par exemple.
•Une société redéfinie pour les familles de 3 enfants : pour atteindre 2,5 enfants par femme, il faut que tout soit pensé pour des familles de 3 enfants et non pas deux comme aujourd’hui. Besoin en masse de logements avec 4 chambres en particulier.

Et une condition transversale, sans laquelle tout le reste est perdu : la stabilité. Les effets mesurés les plus forts apparaissent quand la politique est affichée comme nataliste et crue durable. Un dispositif garanti sur trente ans, hors des alternances.

La France est remarquablement bien positionnée pour échapper à l’effondrement démographique.
À condition de mettre le paquet tout de suite, avant que les conditions se dégradent trop.

Re: Démographie, naissances...

par energy_isere » 09 août 2026, 18:50

Pour l'Europe le peak population est pour 2029.

voir : https://www.boursorama.com/actualite-ec ... c20ece5768
AFP •14/07/2026
Selon un rapport mardi du Centre commun de recherche (CCR), un institut rattaché à la Commission européenne, le nombre d'Européens devrait encore légèrement augmenter jusqu'en 2029 pour atteindre quelque 453 millions d'habitants, avant d'entamer un déclin lent mais durable.

Re: Démographie, naissances...

par Jeuf » 09 août 2026, 16:07

Au niveau européen, avec baisse de natalité+ baisse de l'âge moyen de décès, la décroissance de la population pourrait aller plus vite que ça.
En Chine, il y avait hausse de l'âge moyen de décès en même temps que cette politique, pas appliquée sur tout le pays par ailleurs.

Re: Démographie, naissances...

par mobar » 09 août 2026, 09:02

la baisse de la natalité, c'est juste le premier indice de la baisse de la population qui ne se produira que si la baisse de la natalité globale se confirme

Il faudra quelques décennies avant que les baisses de la natalité locales ne se traduisent par une baisse de la population mondiale

La politique de l'enfant unique en Chine a été mise en place en 1979 et la population a diminuée a partir de 2022 soit plus de 40 ans après!

Re: Démographie, naissances...

par Jeuf » 06 août 2026, 22:56

kercoz a écrit : 05 août 2026, 21:43
Jeuf a écrit : 05 août 2026, 21:29 C'est une adaptation appropriée aux conditions économiques nouvelles , c'est à dire dégradées par rapport au passé, notamment par la baisse d'accès aux ressources naturelles ....
C'est plutôt une adaptation aux contrainte d'un 2e , ..pire, un 3e enfant ....un F4 est inaccessible pour la plupart des familles ....
ça c'est un des traductions, au niveau micro, des problèmes macroscopiques.

Re: Démographie, naissances...

par alain2908 » 06 août 2026, 15:39

je pense que ça joue mais de manière plus complexe car, de mauvaises conditions économiques n'empéchaient pas la natalité jusqu'il y a peu.
Mais il y a une bascule.

Quelques chiffres dans le monde. (il manque toute l'Afrique)
Image
https://x.com/PlusLibQ/status/2085301967824228613

Re: Démographie, naissances...

par kercoz » 05 août 2026, 21:43

Jeuf a écrit : 05 août 2026, 21:29 C'est une adaptation appropriée aux conditions économiques nouvelles , c'est à dire dégradées par rapport au passé, notamment par la baisse d'accès aux ressources naturelles ....
C'est plutôt une adaptation aux contrainte d'un 2e , ..pire, un 3e enfant ....un F4 est inaccessible pour la plupart des familles ....

Re: Démographie, naissances...

par Jeuf » 05 août 2026, 21:29

C'est une adaptation appropriée aux conditions économiques nouvelles , c'est à dire dégradées par rapport au passé, notamment par la baisse d'accès aux ressources naturelles (plus que par les effets de la pollution, pour le moment ; cette problématique a été bien ressentie à l'été 2026 et va s'ajouter, j'imagine).

Re: Démographie, naissances...

par mobar » 05 août 2026, 07:31

La baisse de la natalite est une chance, pas d’inquietude! :lol: :lol:

Re: Démographie, naissances...

par alain2908 » 04 août 2026, 18:18

En fait, on a tord de s’inquiéter des impacts de la baisse de la natalité.

Le marché s'adapte parfaitement : https://www.tf1info.fr/international/re ... 54534.html

Re: Démographie, naissances...

par energy_isere » 15 juil. 2026, 01:07

Pic démographique et cheveux blancs, l'Europe au défi du vieillissement

AFP •14/07/2026

Avec près de 451 millions d'habitants, la population de l'Union européenne s'apprête à atteindre son pic historique avant de diminuer inexorablement, dans un continent confronté au défi majeur du vieillissement.

Selon un rapport mardi du Centre commun de recherche (CCR), un institut rattaché à la Commission européenne, le nombre d'Européens devrait encore légèrement augmenter jusqu'en 2029 pour atteindre quelque 453 millions d'habitants, avant d'entamer un déclin lent mais durable.

D'ici à 2050, l'Europe devrait compter 445 millions d'habitants, puis un peu moins de 400 millions à l'horizon 2100, ce qui correspondrait à un niveau comparable à celui de la seconde moitié des années 1970.

Dans le même temps, les Européens vivent plus longtemps que jamais.

L'espérance de vie a atteint 81,5 ans en 2024 - 84,1 ans pour les femmes et 78,9 ans pour les hommes - grâce aux progrès de la médecine et à de meilleures conditions de vie.
..........................
https://www.boursorama.com/actualite-ec ... c20ece5768

Re: Démographie, naissances...

par energy_isere » 04 juil. 2026, 22:14

Démographie. En Belgique, un quart des femmes pourrait n’avoir jamais d’enfant
Pour mesurer la baisse de la natalité, une équipe de chercheurs propose un indicateur plus parlant que l’habituel taux de fécondité. Plutôt que de calculer le nombre d’enfants moyen par femme, ils formulent une projection du taux de non-passage à la parentalité en fonction des conditions économiques et sociétales. Ce taux est de 25 % en Belgique actuellement, de 45 % en Corée du Sud.

Courrier international le 3 juillet 2026

Un peu partout dans le monde, à l’exception de l’Afrique subsaharienne, on est confronté à une inquiétante baisse de la natalité. Un sujet qui “devient de plus en plus un enjeu politique”, explique le journal belge Le Soir, car ses conséquences “sont multiples : insuffisance du nombre d’actifs par rapport aux inactifs, baisse des inscriptions dans les écoles, besoins de santé plus élevés en raison d’une population vieillissante, etc.”

Pour qu’une population se renouvelle, il faut que le nombre d’enfants moyen par femme, ce qu’on appelle le taux de fécondité, atteigne 2,1. Or, tous les pays européens sont en dessous de ce niveau. En 2024, le taux de fécondité allait de 1,75 au Montenegro à moins de 1,2 en Italie, Espagne ou à Malte. En France, il était de 1,61. La question est aussi brûlante au Japon, et surtout en Corée du Sud, qui affichait le record de 0,72 en 2023.

Le taux d’infécondité de période
Pour prendre la mesure du phénomène, rapporte le journal belge, des chercheurs ont imaginé un nouvel indicateur, qui tienne davantage compte de la tendance actuelle : les femmes n’ont pas simplement moins d’enfants en moyenne ; certaines – de plus en plus nombreuses – n’en auront pas du tout. Comme ils l’analysent dans un article paru dans la revue Regards économiques de l’université ......... abonnés
https://www.courrierinternational.com/a ... ant_246500

Re: Démographie, naissances...

par mobar » 11 juin 2026, 06:54

energy_isere a écrit : 08 juin 2026, 17:50
la chute des naissances depuis 2011 est bien marquée.
Si ça continue sur le même rythme que depuis 2011, en 2050 on aura pratiquement réglé la question de la surpopulation en France :smt023

Re: Démographie, naissances...

par energy_isere » 09 juin 2026, 10:55

en relation avec ce post du 27 mai 2026 : viewtopic.php?p=2424389#p2424389
« Manque de relations sociales, hausse de la consommation de pornographie » : la baisse de la fécondité liée au smartphone ?
Deux études américaines publiées récemment accusent le smartphone d’être responsable de la baisse du taux de fécondité. Les détenteurs de smartphones ont moins d’interactions sociales et donc de relations sexuelles dans la vraie vie, suggèrent les chercheurs.

Par Le Parisien avec AFP Le 9 juin 2026
lire https://www.leparisien.fr/societe/sante ... JFU5FU.php

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