Relations Europe - Chine

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Re: Relations Europe - Chine

par energy_isere » 25 juil. 2026, 00:00

L’Europe veut éjecter Huawei des réseaux télécoms : votre forfait paiera-t-il les 40 milliards ?

Aymeric Geoffre-Rouland Publié le 24/07/26

40 milliards d'euros. C'est le coût réel du retrait des équipements Huawei et ZTE des réseaux télécoms européens selon un rapport commandé par sept opérateurs majeurs, dont Orange. Trois fois l'estimation de la Commission européenne. Et personne ne sait encore qui, des opérateurs ou de leurs abonnés, absorbera la facture.

La Commission européenne veut contraindre les opérateurs télécoms du continent à retirer les équipements de fournisseurs jugés “à haut risque”, Huawei et ZTE en tête, dans un délai de trois ans après l'entrée en vigueur du Cybersecurity Act révisé. Le texte est en cours d'examen législatif.La facture promise par Bruxelles ? Entre 3,4 et 4,3 milliards d'euros par an sur trois ans, soit 10 à 13 milliards au total. Un rapport publié le 22 juillet par GSMA Intelligence, le bras d'études du lobby mondial des opérateurs mobiles, conteste frontalement cette estimation.

Une facture multipliée par trois, détaillée poste par poste

Le rapport, commandé et financé par sept groupes télécoms européens (Deutsche Telekom, Vodafone, Orange, Telefónica, Fastweb, MEO et United Group), évalue le coût direct du remplacement entre 30 et 40 milliards d'euros.Le détail par segment : 16 à 22 milliards pour les réseaux mobiles (stations de base, équipements radio), neuf à 12 milliards pour les réseaux de transport qui acheminent le trafic entre les sites, et cinq milliards supplémentaires pour les infrastructures fixes et la fibre. L'écart s'explique en partie par le périmètre retenu : le GSMA intègre réseaux mobiles, transport et fixe.

Des surcoûts en cascade et un calendrier serré

Le rapport pointe un effet collatéral rarement chiffré : la contraction du marché des équipementiers. Écarter Huawei et ZTE réduit mécaniquement la concurrence entre fournisseurs et tire les prix vers le haut. GSMA Intelligence estime ce surcoût à 8,5 milliards d'euros entre 2027 et 2030.L'Allemagne a déjà fixé l'échéance : Deutsche Telekom, Vodafone Germany et Telefónica Deutschland ont accepté de commencer à exclure les équipements chinois de leurs réseaux 5G fin 2026. L'enjeu, pour les abonnés européens, est direct : si les opérateurs absorbent ces investissements sans compensation publique, la répercussion sur les offres commerciales devient un scénario plausible. Orange, cosignataire du rapport, n'a pas détaillé l'impact attendu sur le marché français.
https://www.lesnumeriques.com/mobilite- ... 59650.html

Re: Relations Europe - Chine

par energy_isere » 22 juil. 2026, 23:22

France: Pékin menace de contre-mesures après le vote de la loi "anti-fast fashion"

Reuters •22/07/2026

Le ministère chinois du ‌Commerce a exprimé mercredi sa vive préoccupation et brandi la menace de ​contre-mesures après que le Parlement français a voté en juin une loi "anti-fast fashion", arguant qu'elle imposait des restrictions discriminatoires sur les plateformes chinoises et ​faussait la concurrence.

La Chine avance que la loi crée des barrières commerciales sous le prétexte ​de standards environnementaux et enfreint les principes ⁠de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

"La Chine surveillera de près l'élaboration et ‌la mise en oeuvre des dispositions d'application de la loi, et prendra des contre-mesures nécessaires si les droits et ​intérêts légitimes des entreprises ‌chinoises sont menacés", a déclaré le ministère chinois du ⁠Commerce.

Plus d'un an après l'Assemblée nationale, le Sénat a voté le mois dernier une loi "visant à réduire l'impact environnemental de l'industrie textile".

Le texte s'attaque ⁠à l'industrie de ‌l'ultra fast fashion, qualifiée de "mode ultra express", en particulier les ⁠sites chinois Shein ou Temu, tout en épargnant des acteurs français ‌ou européens du prêt-à-porter bon marché comme Kiabi.

Confrontées notamment à ⁠la concurrence de produits à très bas prix, plusieurs ⁠enseignes françaises historiques traversent ‌de grandes difficultés, comme Jennyfer placée en liquidation judiciaire fin avril ou ​Naf Naf en redressement judiciaire depuis ‌mai.

La version du Sénat prévoit l'interdiction de la publicité pour les acteurs de l'ultra fast ​fashion, ainsi que des pénalités pour les productions ayant un coût environnemental important. Le malus serait d'au moins 10 euros en 2030, ⁠dans la limite de la moitié du prix hors taxe.

L'Union européenne a également imposé début juillet un droit de douane de 3 euros sur les colis de faible valeur afin de freiner l'afflux de paquets, notamment en provenance de Chine.
https://www.boursorama.com/actualite-ec ... fdc2d329b3

Re: Relations Europe - Chine

par energy_isere » 21 juil. 2026, 23:15

Bertille Bayart : « Pourquoi nous serons certainement en guerre commerciale avec la Chine cet automne »

21 juilllet 2026
https://www.lefigaro.fr/vox/monde/berti ... e-20260721

Re: Relations Europe - Chine

par energy_isere » 30 juin 2026, 17:57

Le déficit commercial de l'UE avec la Chine dépasse désormais un milliard d'euros par jour: face à une situation jugée "insoutenable", Bruxelles prévient que "le statu quo n'est pas une option"

BFM Business P.L. avec AFP 29 juin 2026

Le commissaire européen Maros Sefcovic qui recevait le ministre chinois du Commerce a réclamé un rééquilibrage des relations commerciales entre l'UE et la Chine. Il espère "de premiers résultats concrets" en octobre.
L'Union européenne et la Chine ont dit ce lundi vouloir intensifier leurs discussions, pour tenter de résoudre à l'amiable les tensions commerciales de plus en plus vives entre les 27 et Pékin.

Le commissaire européen Maros Sefcovic a reçu lundi à Bruxelles le ministre chinois du Commerce Wang Wentao, pour lui faire part des préoccupations grandissantes de l'Europe et de son souhait de rééquilibrer des échanges économiques qui ont franchi la cote d'alerte.

Le déficit commercial de l'UE vis-à-vis de la Chine dépasse désormais un milliard d'euros par jour, un gouffre attribué en grande partie par l'Europe à des pratiques déloyales de Pékin.

"L'écart se creuse. Les exportations de la Chine vers l'UE continuent d'augmenter, tandis que notre part du marché chinois ne cesse de se réduire", a expliqué à la presse Maros Sefcovic, qui dirige la politique commerciale de l'UE, avant un dîner de travail avec son homologue chinois. Face à cette situation devenue "insoutenable", "le statu quo n'est pas une option", a-t-il martelé, assurant que l'Europe devait "défendre sa base industrielle et se battre pour des règles du jeu équitables au niveau mondial, pour que nos entreprises aient la possibilité de rivaliser à armes égales".

"Équilibrer davantage notre relation bilatérale"

Pour tenter de résoudre ces tensions, les deux responsables ont convenu de multiplier les discussions et échanges de données dans les mois qui viennent, "afin de stabiliser et d'équilibrer davantage notre relation bilatérale", ont-ils indiqué dans un communiqué conjoint. Selon Maros Sefcovic, l'idée est de parvenir à "de premiers résultats concrets" en octobre, lorsqu'il se rendra à son tour en Chine, à l'invitation de Wang Wentao.

Un calendrier relativement court, alors que les Européens commencent à perdre patience, et ont demandé à Bruxelles de renforcer l'arsenal de défense commercial de l'UE, pour mieux protéger leur marché contre les distorsions de concurrence étrangères.

Le déficit commercial européen vis-à-vis de la Chine a été multiplié par cinq en volume ces dix dernières années, et a plus que doublé en valeur. Bruxelles l'impute en grande partie à une concurrence déloyale, reprochant à Pékin de subventionner massivement ses entreprises, au risque de balayer des pans entiers de l'industrie européenne (automobile, chimie, acier...).


Pékin s'en défend mais selon l'OCDE, de 2004 à 2025, les entreprises chinoises ont reçu en moyenne 3 à 8 fois plus de soutien public que leurs homologues basées dans ses pays membres. L'UE veut en outre réduire son énorme dépendance à la Chine pour ses approvisionnements en matières premières critiques et en semiconducteurs. Sur ces sujets, Bruxelles dispose d'un soutien quasi unanime des 27 pays de l'UE. Mais la Commission n'a pas encore dévoilé quelles mesures elle pourrait prendre.

L'UE a déjà pris une série de mesures inédites ces derniers mois pour protéger son marché intérieur, comme le doublement des droits de douane sur les importations d'acier ou la taxation des petits colis entrant dans l'UE, deux mesures qui entreront en vigueur mercredi.

La Chine prête à se "défendre"

Les autorités chinoises, pour leur part, prônent les vertus du dialogue, tout en brandissant à leur tour la menace de mesures de rétorsion. La Chine s'oppose à "toute mesure restrictive" qui serait prise contre ses entreprises, et "si l'UE persistait à vouloir imposer de telles dispositions, elle serait contrainte de prendre des contre-mesures, pour défendre ses intérêts légitimes", avait prévenu la semaine dernière le chef de la mission chinoise auprès de l'UE, Cai Run.

Mais "nous sommes tout à fait en mesure de résoudre les frictions et les désaccords économiques et commerciaux par le dialogue", avait-il insisté, en bon diplomate. Les deux partenaires n'ont pas intérêt à se lancer dans une guerre commerciale frontale, vu l'importance de leurs échanges économiques: la Chine est le 4e débouché pour les exportateurs européens et le premier pays fournisseur de l'UE.
https://www.bfmtv.com/economie/economie ... 90844.html

Re: Relations Europe - Chine

par energy_isere » 28 mai 2026, 11:02

Les investissements chinois en Europe au plus haut depuis 2018

En 2025, l'Union européenne et le Royaume-Uni ont attiré 16,8 milliards d'euros, un quart des investissements chinois à l'étranger. Un chiffre en progression de 67% qui doit beaucoup à la construction d'usines de voitures électriques sur le continent. Malgré les profits que peuvent en tirer les économies européennes, ces investissements confirment aussi la domination économique de Pékin.

RFI le : 21/05/2026 par : Nathanaël Vittrant

Si elle a fait les gros titres de la presse, l'association annoncée cette semaine entre le français Stellantis et le chinois Dongfeng pour produire des véhicules électriques à Rennes, à l'ouest de la France, est l'arbre qui cache la forêt des investissements chinois en Europe. D'après les estimations de l'institut d'études chinoises Mercator, un thinktank allemand, et du cabinet Rhodium Group, ils ont atteint 16,8 milliards d'euros en 2025, en augmentation de 67%. L'Europe, qui comprend l'Union européenne et le Royaume-Uni, représente désormais un quart de tous les investissements chinois à l'étranger, contre 10% à peine il y a encore deux ans.

La Hongrie principale destination des investissements chinois

Concrètement, les entreprises chinoises rachètent tout ou partie de leurs concurrents européens. Plusieurs exemples l'illustrent, comme la montée au capital du géant chinois Tencent dans le fleuron français du jeu vidéo Ubisoft, ou le rachat par ce même Tencent du spécialiste du jeu mobile Easybrain, basé à Chypre. Ces deux opérations sont évaluées à plus d'un milliard d'euros.

Plus simplement, les industriels chinois construisent des usines sur le Vieux continent. D'abord dans l'automobile : le secteur représente 45% des investissements chinois en Europe. Au-delà de l'usine de Rennes, d'autres sont en construction au Portugal, en Pologne et ailleurs. La Chine profite de l'avance technologique considérable qu'elle a acquise dans l'électrique et les véhicules hybrides, comme d'ailleurs dans les technologies vertes en général, secteur qui profite aussi toujours des investissements chinois en Europe.

Comme c'était déjà le cas les années précédentes, la Hongrie reste la première destination européenne de ces investissements. Pendant des années, l'ancien Premier ministre Viktor Orban, à rebours de bon nombre de ses voisins européens, a ouvert grand ses portes aux investissements chinois. En récompense, Pékin a fait de la Hongrie un de ses avant-postes européens pour construire des voitures électriques et des batteries. Ce qui explique que le pays représente à lui tout seul près du quart des investissements chinois en Europe. Cette part du lion a toutefois diminué en 2025, à mesure que la Chine renforçait sa présence dans les trois premières économies du continent : l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni, à l'image de ce vaste champ d'éoliennes au large de l'Écosse, un projet à plus de 750 millions d'euros.

La Chine reste dominante via ses exportations

Il ne faut pas croire pour autant que la Chine est en train de délocaliser massivement ces usines vers l'Europe. Même si les investissements chinois en Europe n'avaient pas atteint ce niveau depuis 2018, ils restent très loin des plus hauts historiques de 2016. Ils dépassaient alors 50 milliards d'euros, soit trois fois plus qu'aujourd'hui.

Il ne faut pas non plus imaginer que Pékin délaisse son industrie domestique. Si on prend pour exemple la production de batteries, à elle toute seule, avec ses capacités actuelles, la Chine est déjà capable de répondre à ce que sera la demande mondiale en 2030. Et d'ici-là, elle a déjà prévu d'y ajouter de nouvelles usines dont la production dépasse tout ce que produisent aujourd'hui et tout ce que prévoient de produire l'Europe et les États-Unis réunis d'ici la fin de la décennie.

Pékin n'est donc pas en train de se tirer une balle dans le pied. Si ces usines chinoises installées sur le sol européen lui permettent de contourner en partie les barrières douanières mises en place par l'Europe et d'apaiser ses dirigeants, le moteur de la croissance et de la domination chinoise passera encore par les exportations, et probablement pour longtemps.
https://www.rfi.fr/fr/%C3%A9conomie/202 ... epuis-2018

Re: Relations Europe - Chine

par energy_isere » 14 avr. 2026, 11:33

Contrôles des Terres rares par Pékin : les entreprises européennes ont pris conscience des risques posés par la politique chinoise, selon un rapport
Boursorama avec Media Services •14/04/2026

"Il y a désormais une prise de conscience que le nouveau dispositif chinois de contrôle des exportations représente un risque commercial durable, étant donné que la possibilité d'exporter tel ou tel produit peut être supprimée à tout moment", selon la Chambre de commerce de l'UE.


La politique de contrôle strict des exportations de terres rares par la Chine représente un risque commercial et un défi pour les activités des entreprises européennes installée dans le pays, a averti mardi 14 avril la Chambre de commerce de l'Union européenne (UE).

La Chine domine l'industrie mondiale des terres rares. Ces métaux sont essentiels à une large gamme de produits, des smartphones aux éoliennes, en passant par les équipements de défense . Le géant asiatique a exploité cette position de force l'an dernier. Ses restrictions à l'exportation ont d'abord envoyé une onde de choc dans les chaînes d'approvisionnement, ce qui a contribué à obtenir une trêve commerciale avec Washington.

Mais les procédures d'autorisation actuelles posent problème à de nombreuses entreprises étrangères cherchant à s'approvisionner en terres rares, selon un rapport publié mardi. "Dans bien des cas, le processus de délivrance des licences reste lent, imprévisible, non coordonné et manque de transparence ", a indiqué mardi la Chambre de commerce de l'UE en Chine dans un rapport.

"Il y a désormais une prise de conscience que le nouveau dispositif chinois de contrôle des exportations représente un risque commercial durable, étant donné que la possibilité d'exporter tel ou tel produit peut être supprimée à tout moment pour des raisons politiques, plutôt que sécuritaires", a-t-elle indiqué.

Révision en profondeur des stratégies

Au-delà des lourdeurs administratives, ces restrictions poussent de nombreuses entreprises européennes à revoir en profondeur leur stratégie, a affirmé Jens Eskelund, président de la Chambre, lors d'une conférence de presse préalable à la publication du rapport.

De nombreuses entreprises européennes ont été "prises au dépourvu" l'an passé lorsque leurs activités ont buté sur les difficultés entraînées par la guerre commerciale Chine-États-Unis, a-t-il ajouté.

On assiste désormais selon lui à un "profond changement d'état d'esprit" , où les compagnies de l'UE ne peuvent plus partir du principe que leurs fournisseurs chinois les approvisionneront quoi qu'il arrive. Entreprises et pays cherchent désormais à "se doter d'un plan B", a-t-il poursuivi. "Je pense qu'à un moment donné, cela se traduira par un impact économique réel et mesurable", a indiqué Jens Eskelund.

Les terres rares devraient être au cœur des discussions lors de la rencontre entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping, prévue mi-mai à Pékin. Mais même en cas d'accord sino-américain sur ces métaux critiques, Jens Eskelund estime que Pékin continuera à utiliser les restrictions à l'exportation pour régler ses différends internationaux. "Je ne les vois pas y renoncer", affirme-t-il.
https://www.boursorama.com/actualite-ec ... 0b96bd64ca

Re: Relations Europe - Chine

par kercoz » 22 déc. 2025, 09:03

Emission éclairante sur l'europe vue de la Chine ....
https://www.radiofrance.fr/francecultur ... ne-8756291

Ma compagne qui a tenté d'écouter les cours de la mere Cheng au college de france me disait qu'elle était nulle , peu claire et agressive ...ça se confirme .

Re: Relations Europe - Chine

par energy_isere » 03 déc. 2025, 13:38

Terres rares : l'UE veut « muscler son jeu » et réduire sa dépendance à la Chine

Connaissance des Énergies avec AFP le 03 décembre 2025

L'Union européenne doit dévoiler mercredi de nouvelles mesures pour réduire sa dépendance à l'égard de la Chine concernant les terres rares et autres matières premières critiques, au cœur de tensions géopolitiques grandissantes.

Plan « ReSourceEU »

Néodyme, terbium, yttrium... Les terres rares sont des éléments métalliques devenus essentiels pour des pans entiers de l'économie, en particulier l'industrie automobile, les énergies renouvelables, le numérique ou la défense. Ils servent à la fabrication d'aimants puissants, de catalyseurs ou de composants électroniques.

La Chine, qui concentre la majorité des réserves mondiales de terres rares, domine non seulement l'extraction des minerais, mais a développé en plus un quasi-monopole sur le raffinage. Elle exerce une mainmise similaire sur certains métaux stratégiques, comme le gallium utilisé dans les semi-conducteurs.

L'Europe s'était dotée il y a deux ans d'une loi qui visait à sécuriser ses approvisionnements en matières premières "critiques". Mais elle doit "muscler son jeu", a résumé ce mois-ci le vice-président de la Commission européenne, Stéphane Séjourné, qui présentera mercredi un plan baptisé "ReSourceEU" pour répondre à une situation internationale dégradée.

L'UE se retrouve en effet prise en étau entre la Chine, qui a multiplié cette année les mesures de restriction à ses exportations de terres rares, et les États-Unis de Donald Trump, qui négocient des accords bilatéraux tous azimuts pour sécuriser leurs propres approvisionnements.

Selon une étude publiée lundi par la Chambre de commerce de l'UE en Chine, 60% de ses membres disent s'attendre à des perturbations de leurs chaînes d'approvisionnement à cause des restrictions décidées par le gouvernement, et 13% redoutent de devoir interrompre ou ralentir leur production.

« Une arme économique »

Malgré la suspension en novembre d'une partie de ses restrictions, Pékin continue d'exiger des entreprises européennes "des renseignements relevant souvent, et c'est inquiétant, de secrets industriels", des "exigences qui s'apparentent aussi à du racket", a pointé également M. Séjourné.

"Nous ne devons plus attendre pour agir", estime Florian Anderhuber, directeur général adjoint de l'organisation professionnelle Euromines, qui défend les intérêts de l'industrie minière européenne. Ces dernières années, "ce sujet est devenu une arme économique, avec des restrictions de plus en plus rapprochées dans le temps", dit-il dans un entretien à l'AFP.

L'une des mesures phares de ReSourceEU sera la création d'un "centre européen des matières premières critiques", qui pourra faire des achats groupés et stocker des minerais, en s'inspirant notamment du JOGMEC, organisme créé il y a deux décennies au Japon.

Le plan devrait aussi inclure des mesures supplémentaires pour favoriser la production sur le sol européen et encourager le recyclage des matières premières.

Changement de doctrine

De son côté, Euromines appelle à accélérer les autorisations de nouvelles mines et fonderies, et limiter les recours contre ces mêmes projets. L'organisation demande aussi des garanties de financement, et des mécanismes pour aider à compenser les écarts de prix entre la Chine et l'Europe, qui constituent un énorme frein pour les producteurs du Vieux Continent.

Parallèlement, le Commissaire européen en charge du Commerce, Maros Sefcovic, doit dévoiler mercredi la nouvelle doctrine de l'UE en matière de "sécurité économique", avec là aussi des mesures pour galvaniser l'autonomie de l'Europe.

La doctrine existante, qui était la première du genre, est pourtant toute récente: elle date là aussi de 2023 et visait à l'époque à tirer les leçons de la pandémie de Covid-19 puis de la guerre en Ukraine, deux crises qui ont illustré l'extrême fragilité des chaînes d'approvisionnement européennes.

Or, les tensions géopolitiques et commerciales, comme le bras de fer sur les droits de douane avec les États-Unis de Donald Trump, ont poussé Bruxelles à remettre l'ouvrage sur le métier.

La nouvelle doctrine ne vise pas à développer l'arsenal commercial européen, mais à réévaluer les risques et à mettre à jour le manuel d'utilisation des principaux outils déjà à la disposition de Bruxelles: contrôle des investissements directs étrangers, restrictions à l'exportation de certains biens, diversification des pays fournisseurs…
https://www.connaissancedesenergies.org ... ine-251203

Re: Relations Europe - Chine

par energy_isere » 03 déc. 2025, 11:35

"Les pays émergents, c'est nous!" : en retard industriel, la France convoite les transferts de technologie venus de Chine

Boursorama avec Media Services •03/12/2025

Largué face aux capacités d'innovation chinoises, le Vieux continent compte désormais sur les investissements de Pékin pour relancer son industrie. La tendance soulève notamment de nombreuses questions en matière de souveraineté.

La visite d'Emmanuel Macron en Chine, qui débute mercredi 3 décembre, a notamment pour objectif de convaincre Pékin d'investir davantage en France, dans l'espoir de s'inspirer des technologies chinoises et permettre à l'industrie de rattraper son retard. "Après 30 ans de mondialisation qui ont largement permis à la Chine de croître et d'innover (...) les Chinois ont aujourd'hui des technologies particulièrement avancées qui peuvent être partagées avec leurs partenaires de confiance, notamment européens", soulignait l'Élysée la semaine dernière.

"Tout s'est inversé"

Une perspective qui marque un retournement de l'histoire alors que ces quarante dernières années, c'est de l'Europe vers la Chine que les transferts de technologies avaient lieu, grâce à l'arrivée de nombreuses entreprises du Vieux Continent dans différentes provinces chinoises à partir des années 1980. Les investissements français en Chine (40 milliards d'euros en 2023, selon le Trésor) sont toujours trois fois supérieurs aux investissements chinois en France (13,5 milliards d'euros), mais Pékin se démarque dans des domaines comme les batteries, le photovoltaïque ou encore la voiture électrique.

"Tout s'est inversé. Les pays émergents, c'est nous. Le pays développé, c'est eux. Donc tout ce qu'ils nous ont fait, il faut le leur faire. Il faut imposer des 'joint venture' (co-entreprise, forme de partenariat dans lequel deux entreprises collaborent sur un projet, NDLR) et du transfert de technologie", prône le directeur général de la banque publique d'investissement Bpifrance, Nicolas Dufourcq, interrogé par l'AFP. L'Elysée met en avant le cas d'Orano, qui s'est associé fin 2024 avec le chinois XTC New Energy pour produire des matériaux critiques à Dunkerque. La co-entreprise fait "partie des modes possibles de l'investissement en France", mais l’Élysée ne souhaite pas "imposer des règles en la matière". "C'est une bonne politique!", affirme à l'AFP le prix Nobel d'économie 2025 Philippe Aghion. "Simplement, il faut faire en sorte qu'on ne se fasse pas avoir, et qu'on ait bien des transferts de technologie des deux côtés".

Concurrence européenne

L’Élysée insiste aussi sur "le respect absolu de notre souveraineté", pour ne pas répéter le cas de Huawei, géant des télécoms, dont la première usine hors de Chine devait commencer à produire fin 2025 en Alsace et demeure vide. En 2023, la Commission européenne a appelé les 27 pays membres et les opérateurs télécoms à exclure Huawei et son compatriote ZTE de leurs réseaux mobiles.

"Sur les sujets de télécommunications et de communication stratégique, nous estimons qu'ils ressortent de la souveraineté nationale", explique l’Élysée. De son côté, la Chine a intérêt à investir en Europe car cela lui permettrait, dans un contexte international de tensions commerciales, de "contourner les barrières douanières" européennes, estime Nicolas Dufourcq. L'Europe "est un grand marché, et la Chine a intérêt à vendre", complète Philippe Aghion. "Et puis elle a un intérêt également dans la science. L'Europe est encore devant la Chine dans les publications de papiers de recherche. On a de très bons chercheurs, mais on n'a pas toujours les moyens de traduire la recherche en innovation de rupture. Or la Chine sait innover. Donc les Chinois peuvent être intéressés par des collaborations", insiste le prix Nobel d'économie.

Mais la France pourrait ne pas être une priorité aux yeux de la Chine, met en garde Nicolas Dufourcq, qui dit avoir constaté, lors d'un récent voyage que les Chinois reprochaient à la France "son coût du travail, le temps de travail, et la conflictualité (sociale)". Selon le Trésor, plus de 250 filiales d'entreprises chinoises étaient toutefois présentes en France en 2023, employant près de 24.000 personnes. Mais d'autres pays européens sont sur les rangs. La Hongrie ou l'Espagne sont parvenues à signer plusieurs accords avec des géants chinois des batteries et des véhicules électriques, comme CATL ou BYD, quitte à faire des concessions en termes de réciprocité et de transferts technologiques. Dans ces deux pays, les voitures sont assemblées "avec des composants chinois et des ouvriers chinois", déplorait début novembre Stéphane Séjourné, commissaire européen à l'industrie. Mais ça paye: selon un rapport de Merics et Rhodium Group publié en mai, la Hongrie s'est accaparé un tiers des 10 milliards d'investissements chinois l'année dernière en Europe.
https://www.boursorama.com/actualite-ec ... f9677ca586

Re: Relations Europe - Chine

par supert » 18 sept. 2025, 15:26

Par la voie maritime, ça va être plus long
Certes, mais quand est-il du coût et de la rapidité ? (pasque c'est important que le dernier crop top que je me suis payé arrive le plus vite possible. Attendre un peu, c'est long)


Supertomate qui est revenu bredouille des champignons aujourd'hui

Re: Relations Europe - Chine

par kercoz » 18 sept. 2025, 11:27

Je verrais bien la Roumanie se porter candidat ...et même l' Ukraine ...contre des prix sur les voitures elecs....ou des usines par ex.

Re: Relations Europe - Chine

par energy_isere » 18 sept. 2025, 10:53

Par la voie maritime ca va étre plus long :

Image

Re: Relations Europe - Chine

par kercoz » 18 sept. 2025, 08:56

La Pologne va probablement perdre une source de revenue qd pekin aura choisi un autre trajet ...les candidats ne doivent pas manquer.

Re: Relations Europe - Chine

par phyvette » 17 sept. 2025, 22:37

Si vous attendez un colis de chez Temu, Shein ou AliExpress, va falloir patienter.
La Pologne a fermée sa frontière avec la Biélorussie, coupant la Chine d'une artère énorme.
90 % du fret ferroviaire Chine-UE passe par la Pologne, maintenant fermée suite aux exercices Zapad-2025 et à l’incursion des drones Russes.
Pékin a demandé à Varsovie de rétablir l'itinéraire, le ministre Polonais Sikorski a dit non.
Faute de faire pression sur la Pologne, les Chinois vont ils faire pression sur la Russie.
https://www.lavoixdunord.fr/1625859/art ... chinois-la

Re: Relations Europe - Chine

par energy_isere » 22 juil. 2024, 12:32

L'UE va imposer des droits de douane provisoires au biodiesel chinois
L'Union européenne va imposer des droits de douane provisoires de 12,8% à 36,4% sur les importations de biodiesel chinois dans le cadre d'une enquête anticoncurrentielle, selon un document publié vendredi par la Commission européenne.

REUTERS 19 juillet 2024

L'enquête doit se poursuivre jusqu'en février. Des droits de douane pourraient à son terme être imposés pour cinq ans.
https://www.usinenouvelle.com/article/l ... s.N2216438

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