Crise du Gaz en Europe

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Re: Crise du Gaz en Europe

par energy_isere » Hier, 16:45

Stockages bas, guerre au Moyen-Orient, prix élevés : l'approvisionnement européen en gaz sous tension en vue de l'hiver

Boursorama avec Media Services •10/08/2026

Les stockages européens ne sont remplis qu'à 58%, contre 75-80% habituellement à cette période de l'année. Une situation délicate, d'autant plus que la Chine concurrence l'Europe pour les cargaisons disponibles.

L'approvisionnement en gaz de l'Europe est de nouveau sous tension, quatre ans après la crise énergétique provoquée par l'invasion de l'Ukraine, alors que la guerre au Moyen-Orient a perturbé pendant l'été le remplissage des stockages tombés à un niveau bas. De quoi raviver les craintes sur les prix cet hiver.

• Stockages au plus bas

Le gaz conserve un rôle central en Europe pour alimenter les usines, chauffer les bâtiments ou produire de l'électricité dans les centrales thermiques. L'été correspond habituellement à la période durant laquelle les acheteurs de gaz reconstituent les réserves souterraines en profitant de prix plus faibles qu'en hiver.

À cette période de l'année, le niveau de remplissage moyen en Europe devrait en moyenne "se situer vers 75-80%", indique à l' AFP Anne-Sophie Corbeau, chercheuse au Centre global de politique de l'énergie de l'Université Columbia. Or, selon l'association d'acteurs gaziers Gas Infrastructure Europe, les stockages européens ne sont remplis qu'à 58% . Un niveau inédit depuis 2021, année où la Russie avait commencé à réduire ses livraisons de gaz vers l'Europe.

• Combinaison de facteurs

Plusieurs facteurs expliquent cette situation. "L'Union européenne a terminé le dernier hiver avec des stocks souterrains de gaz à seulement 28%, un niveau nettement inférieur à celui des années précédentes", relève Ronald Pinto, analyste chez Kpler, interrogé par l' AFP .

S'y est ajouté "le déclenchement du conflit au Moyen-Orient fin février", qui a affecté les importations européennes en gaz naturel liquéfié (GNL), comme celles acheminées du Qatar par le détroit d'Ormuz, ce qui a fait gonfler les prix.

Dans ce contexte, les acheteurs européens ont parié sur une baisse ultérieure des cours, retardant leurs achats destinés au remplissage des réserves, selon Kpler. Résultat : les prix du gaz à livrer cet hiver sont restés artificiellement inférieurs par rapport aux prix estivaux, réduisant l'intérêt économique du stockage estival.

• Approvisionnements sous surveillance

Un porte-parole de la Commission européenne affirme qu'il n'existe "aucune inquiétude immédiate concernant la sécurité de l'approvisionnement en gaz dans l'UE" avant l'hiver. Et ce notamment, parce que la situation diffère de celle de la crise énergétique de 2022 liée à la guerre en Ukraine. L'Europe a développé ses capacités d'importation de gaz naturel liquéfié (GNL), transporté par bateau, pour remplacer le gaz russe et "la demande de gaz dans l'UE a diminué de 17%" par rapport à son niveau d'avant le début de l'invasion de l'Ukraine.

Bruxelles estime qu'un taux de remplissage des stockages de 80% est "techniquement atteignable" et "suffisant pour sécuriser l'approvisionnement pendant l'hiver", ajoute le porte-parole, interrogé par l' AFP .

Mais certains experts sont plus nuancés. "Les risques pesant sur l'approvisionnement de l'Europe restent élevés en raison de la diminution de la disponibilité de GNL en provenance du Moyen-Orient", souligne Antonia Syn, analyste chez Rystad Energy. Même si aujourd'hui, "le continent est mieux placé pour faire face à des perturbations durables de l'offre", Ronald Pinto estime aussi que "des risques subsistent". Il cite notamment d'éventuelles perturbations des approvisionnements en provenance de Norvège ou d'autres sources clés pour l'UE, ainsi que des interruptions de l'offre américaine liées à une vague de froid prolongée ou à des opérations de maintenance imprévues dans des installations de GNL.

• Des prix appelés à rester élevés

Dans ces conditions, "il y aura sans doute une augmentation des prix, surtout si le Qatar et les Émirats arabes unis ont des difficultés à exporter du GNL" par le détroit d'Ormuz, toujours bloqué, estime Anne-Sophie Corbeau. Selon Ronald Pinto, le prix de référence européen du gaz "restera élevé pour le reste de l'année" , avec des moyennes mensuelles comprises entre 55 et 62 euros le mégawattheure.

Très affectées par la crise du détroit d'Ormuz, l'Asie et en particulier la Chine concurrencent directement l'Europe pour attirer les cargaisons disponibles de GNL, alimentant la hausse des prix. "Pour le moment, on voit plutôt le GNL aller vers l'Asie que chez nous, car les prix y sont plus élevés" , relève Anne-Sophie Corbeau.

D'autres paramètres peuvent aussi peser sur le marché, notamment la rigueur de l'hiver et le niveau de production électrique éolienne. "Si les stocks sont moins pleins, que l'hiver est rigoureux et qu'un autre problème survient, il faudra envisager des mesures de sobriété", prévient l'experte, comme en 2022.
https://www.boursorama.com/actualite-ec ... 992871c27d

Re: Crise du Gaz en Europe

par energy_isere » 04 août 2026, 15:22

Les États-Unis devraient devenir dès cette année le premier fournisseur du continent devant la Norvège: comment Washington compte sur les Balkans pour exporter encore plus de gaz vers Europe

Publié le 02/08 / 2026

À l'heure où l'UE cherche à se débarasser du gaz russe, la Croatie investit pour devenir la nouvelle porte d'entrée du gaz américain en Europe. Ce qui réjouit Washington.

Dans une Europe qui tente de se détourner de l'Energie russe, Washington s'impose rapidement comme principal fournisseur de gaz, et espère faire du terminal gazier de Krk, en Croatie, une porte vers le sud du continent, estiment professionnels et experts. Depuis le début de la guerre en Ukraine il y a plus de 4 ans, l'Union européenne a massivement recours au gaz naturel liquéfié (GNL) pour tenter de remplacer le gaz russe, qui représente 12% de son gaz et dont elle devra totalement se passer d'ici fin 2027.

Utile à l'industrie, le gaz est aussi nécessaire au chauffage urbain; environ 30% des ménages sont chauffés au gaz au sein de l'UE. Du gaz de plus en plus venu des États-Unis : Washington devrait dépasser la Norvège pour devenir le principal fournisseur de gaz en Europe en 2026, selon l'Institute for Energy Economics and Financial Analysis (IEEFA). Au milieu de ces bouleversements stratégiques, la Croatie, moins de 4 millions d'habitants, entend faire de son terminal de GNL sur l'île de Krk la porte d'entrée des approvisionnements énergétiques vers l'Europe du Sud-Est et l'Europe centrale.

Porte Croate

Le terminal méthanier flottant d'Omisalj, qui vient de passer d'une capacité maximale de 3,9 milliards de mètres cubes par an à 6,1 milliards de mètres cubes, est entièrement réservé jusqu'en 2036, explique le directeur général de LNG Croatia, Ivan Fugas. La Croatie reçoit le gaz liquéfié directement par bateau, avant de le regazifier à Krk puis de pouvoir l'exporter.

Avant 2021, "nous achetions du gaz à Moscou et nous étions les derniers livrés", ajoute Ivan Fugas. Avec Krk, "l'UE s'est dotée d'un point d'entrée supplémentaire pour le gaz naturel".
Un point d'entrée qui intéresse Washington, qui ne fait pas mystère de ses ambitions énergétiques dans les Balkans et au-delà en voulant développer des corridors énergétiques nord-sud en Europe centrale et orientale, notamment à travers l'Initiative des Trois Mers.

"Trump Peace Pipelines Framework"

Dans un rapport sur les Balkans présenté au Congrès au printemps, la diplomatie américaine soulignait que la dépendance énergétique des Balkans vis-à-vis de la Russie demeurait "une vulnérabilité stratégique".

"La diversification des approvisionnements énergétiques, notamment grâce aux abondantes sources d'énergie américaines, renforce la stabilité et la prospérité régionales. Le gaz naturel liquéfié américain, les technologies nucléaires (y compris les petits réacteurs modulaires) et les énergies renouvelables offrent des solutions commercialement attractives et géopolitiquement solides", peut-on y lire.

Quelques mois plus tôt, les États-Unis avaient déjà signalé leur intention d'attaquer la dépendance de la Russie en signant un projet de gazoduc entre la Croatie et la Bosnie - qui dépend pour l'heure à 100% des livraisons russes, ainsi que plusieurs centrales électriques au gaz, pour un total d'1,5 milliard de dollars. Porté par une société, AAFS Infrastructure and Energy, dirigée par Jesse Binnall, ancien avocat de Trump, et Joseph Flynn, frère de l'ancien conseiller à la sécurité nationale du président américain Michael Flynn, le projet a immédiatement suscité des inquiétudes à Bruxelles et parmi les ONG de défense de l'environnement.

Ce qui n'a pas empêché la Croatie, membre de l'UE, de signer en avril, à l'occasion du sommet de l'Initiative des Trois Mers à Dubrovnik, un mémorandum d'accord sur ce gazoduc. Présent à Dubrovnik, le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright, a vanté le "Trump Peace Pipelines Framework" - un plan visant à développer les infrastructures énergétiques en Europe centrale et orientale.

Réserves ukrainiennes

Son potentiel n'a pas non plus échappé à Kiev. L'opérateur ukrainien de stockage souterrain, Ukrtransgaz, a présenté plus tôt cette année une analyse montrant qu'un acheminement depuis le terminal GNL de Croatie serait la route la moins chère pour approvisionner le pays. Dotée de l'un des plus grands réseaux de stockage souterrain de gaz d'Europe, en grande partie hérité de l'ère soviétique, l'Ukraine pourrait aussi contribuer à résoudre un problème clé de stockage pour la Croatie.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le Premier ministre croate Andrej Plenkovic se sont déjà rencontrés cette année pour discuter d'approvisionnement et de stockage d'énergie. Avec un trajet plus court, et moins de frontières - donc des coûts de transit plus faibles pour l'Ukraine - que les options actuelles via la Grèce ou la Pologne, Krk pourrait devenir une véritable porte d'entrée concurrente à travers les Balkans.

"Mais cela ne veut rien dire si la Croatie n'a pas la capacité nécessaire" de gazoducs, avertit Ivan Fugas, en soulignant la nécessité de moderniser le terminal existant pour répondre à la demande.
En attendant, l'offensive américaine en Europe se révèle lucrative pour Washington : le GNL américain reste l'option d'approvisionnement la plus coûteuse pour l'Europe, selon l'IEEFA.
https://www.bfmtv.com/economie/entrepri ... 20129.html

Re: Crise du Gaz en Europe

par energy_isere » 04 août 2026, 15:05

Les réserves de gaz européennes au plus bas
La guerre au Proche-Orient et le blocage du détroit d'Ormuz continuent à peser lourdement sur l'économie mondiale : le pétrole fait le yoyo depuis fin février, les cours du Brent montent à chaque regain de tension, redescendent au moindre signe d'apaisement… Si le cours du gaz s'est montré, lui aussi, très volatil, il est en revanche resté bien plus haut qu'avant-guerre. À tel point que les Européens ne sont pas sûrs de pouvoir reconstituer leurs réserves avant l'hiver.

RFI le : 03/08/2026

Début juillet, le pétrole avait retrouvé ses niveaux d'avant-guerre, et malgré un pic à 100 dollars trois semaines plus tard, le baril se négocie aujourd'hui environ 20% au-dessus du prix de février dernier.

Le gaz, lui, n'est jamais redescendu : au plus bas, le kilowattheure se négociait encore 50% plus cher qu'avant-guerre, aujourd'hui les prix ont même quasiment doublé par rapport à février.

Une situation embarrassante pour les Européens alors que l'été est traditionnellement la période où sont reconstituées les réserves avant l'hiver.

Fin mars, la Commission avait pourtant pris les devants, conseillant aux gouvernements de temporiser et de ne reconstituer les stocks qu'à hauteur de 80%. Le Qatar reste largement empêché d'exporter son gaz alors que le pays représente à lui seul un cinquième de l'offre mondiale.

Résultat : les Européens se sont assis sur leurs principes et se sont tournés vers le gaz russe, la France et la Belgique en ont acheté pour 6 milliards d'euros. Malgré cela, il paraît de plus en plus probable que les réserves ne seront pas reconstituées avant la fin de l'automne.
https://www.rfi.fr/fr/%C3%A9conomie/202 ... u-plus-bas

Re: Crise du Gaz en Europe

par energy_isere » 22 juil. 2026, 10:45

L'Allemagne veut « poursuivre la diversification de son approvisionnement énergétique » avec l'Azerbaïdjan

AFP avec Connaissance des Énergies Mis à jour le 22 juillet 2026

L’Allemagne et l’Azerbaïdjan ont officialisé mardi un rapprochement énergétique, tandis que le le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a appelé la BEI à revenir vers les gazoducs.

3,9% des importations européennes de gaz en 2025

Le chancelier allemand Friedrich Merz a reçu ce 21 juillet à Berlin le président azerbaïdjanais Ilham Aliev, dans le cadre d’un accord politique présenté comme un « agenda stratégique » entre les deux pays. Le texte signé par les deux gouvernements vise une coopération accrue dans les échanges économiques, les infrastructures, les flux énergétiques, y compris le gaz, ainsi que l’hydrogène bas-carbone et l’efficacité énergétique.

« Nous voulons poursuivre la diversification de notre approvisionnement énergétique avec l’Azerbaïdjan », a déclaré Friedrich Merz lors d’une conférence de presse commune. L’Allemagne cherche depuis 2022 à réduire son exposition aux hydrocarbures russes, tandis que l’Azerbaïdjan a accru son rôle dans les marchés gaziers européens via le corridor gazier sud.

Selon le Conseil de l’Union européenne, l’Azerbaïdjan a fourni 11,3 milliards de m3 de gaz à l’UE en 2025, soit 3,9% des importations européennes de gaz par gazoduc et GNL. La Commission européenne indiquait encore en juillet 2022 que l’objectif politique était de porter les livraisons azerbaïdjanaises vers l’UE à au moins 20 milliards de m3 par an d’ici 2027, sous réserve d'une capacité commerciale et d'infrastructures disponibles.

Bakou réclame de nouveaux financements pour les gazoducs

Ilham Aliev a estimé à Berlin que l’augmentation des volumes livrés à l’Europe nécessitait « de nouvelles liaisons et de nouveaux gazoducs », ainsi que des moyens financiers pour les investissements correspondants. Les livraisons à l’Allemagne ont commencé début 2026, selon les indications données par Bakou.

Le président azerbaïdjanais a affirmé que les gazoducs trans-adriatique TAP et trans-anatolien TANAP, qui relient la Caspienne aux marchés européens via la Géorgie et la Turquie, « fonctionnent à pleine capacité ». Le TAP transporte le gaz jusqu’en Italie après la traversée de la Grèce, de l’Albanie et de l’Adriatique, tandis que le TANAP assure le transit à travers la Turquie.

Le TAP dispose d’une capacité initiale d’environ 10 milliards de m3 par an et peut, selon l’opérateur du gazoduc, être porté à 20 milliards de m3 par an. En mars 2026, TAP AG a indiqué que 1,2 milliard de m3 par an de capacités additionnelles de long terme avaient été réservés dans le cadre d’un premier palier d’expansion.

Le TANAP affiche une capacité initiale de 16,2 milliards de m3 par an, extensible à 31 milliards de m3 par an, selon la société Southern Gas Corridor. Ces extensions impliquent notamment des investissements dans la compression, les raccordements et les capacités aval, ce qui explique l’appel de Bakou à des financements européens.

La politique de prêt de la BEI exclut les projets gaziers

La Banque européenne d’investissement a adopté en 2019 une politique de prêt excluant, à partir de fin 2021, les nouveaux financements destinés aux projets d’énergies fossiles non dotés de dispositifs d’abattement, y compris les projets gaziers. Ilham Aliev a demandé que les banques européennes « reconsidèrent leurs décisions à cet égard », en invoquant l’aggravation de la crise au Moyen-Orient et les difficultés touchant les infrastructures pétrolières russes.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait annoncé à Bakou, le 1er juillet, jusqu’à 200 millions d’euros de subventions européennes pour des liaisons de transport, d’énergie et de connectivité numérique à travers le Caucase du Sud. Cette annonce s’inscrit dans le programme Global Gateway, sans mention explicite d’un financement de nouveaux gazoducs.

La guerre au Moyen-Orient a perturbé les exportations de producteurs majeurs, dont le Qatar, et contribué à une hausse marquée des prix du gaz. Selon une prévision de l’institut allemand Ifo publiée à la mi-juin, avant la reprise des frappes entre les États-Unis et l’Iran début juillet, la flambée des prix du carburant liée à la fermeture du détroit d’Ormuz retrancherait 0,4 point de pourcentage au PIB allemand en 2026 comme en 2027.
https://www.connaissancedesenergies.org ... ope-260721

Re: Crise du Gaz en Europe

par energy_isere » 17 mai 2026, 22:58

GNL : la nouvelle dépendance européenne s'accroît

parue le 13 mai 2026

Les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) de l'UE proviennent de plus en plus des États-Unis D'ici 2028, les États membres pourraient dépendre à 80 % de leur fournisseur américain, selon les dernières données de l'IEEFA (Institute for Energy Economics and Financial Analysis) présentées ce 13 mai.

« Le GNL est devenu le talon d'Achille »

En 2026, les deux tiers des importations de GNL de l'UE pourraient provenir des États-Unis, selon les dernières prévisions de l'IEEFA. Entre 2021 et 2025, les importations européennes de GNL américain ont triplé (+ 59 % en 2025), alors que l'UE s'efforçait de réduire sa dépendance au gaz russe. Quitte à se créer une nouvelle dépendance, soulignent de nombreux observateurs.

« Le passage du gazoduc au GNL en Europe était censé garantir la sécurité d'approvisionnement et diversifier les sources d'énergie. Or, les perturbations causées par la guerre au Moyen-Orient et une dépendance excessive au GNL américain démontrent que le plan européen a échoué sur les deux plans », estime ainsi Ana Maria Jaller-Makarewicz, analyste à l'IEEFA.

Entre 2022 et 2025, l'UE a dépensé 281 milliards d'euros pour ses importations de GNL, dont 131,5 milliards d'euros pour celles en provenance des États-Unis. En prenant en compte l'ensemble des importations gazières (gaz liquéfié transporté par des navires méthaniers ou gaz acheminé par gazoduc), les États-Unis devraient devenir en 2026 le premier fournisseur de gaz de l'UE, dépassant la Norvège.

« Le GNL est devenu le talon d'Achille de la stratégie européenne de sécurité énergétique, exposant le continent à des prix du gaz élevés et à de nouvelles formes de rupture d'approvisionnement », selon Ana Maria Jaller-Makarewicz.

Un record d'importation de GNL russe

Malgré ces alertes d'une dépendance accrue au GNL américain, les pays européens continuent de construire des terminaux méthaniers qui risquent d'être sous-utilisés dans le futur (le taux d'utilisation moyen des terminaux installés était de 51% en 2025), souligne l'IEEFA. En effet, la consommation gazière de l'Europe devrait baisser encore cette année et pourrait au total chuter de 14 % d'ici à 2030 (par rapport à 2025), voire de 23 % sur la même période en ce qui concerne le GNL, selon l'institut.

In fine, la capacité d'importation de GNL de l'UE pourrait, en 2030, être « trois fois plus importante que sa demande » réelle de gaz naturel liquéfié, avertit l'IEEFA.

Autre alerte et non des moindres de l'IEEFA : derrière les États-Unis, le second fournisseur européen de GNL n'est autre que la Russie. Alors même que l'UE souhaite se détourner du gaz russe, les importations européennes de GNL russe - arrivant via les terminaux en France, en Belgique et en Espagne - ont atteint un niveau record au cours du 1er trimestre 2026 : elles ont coûté 6,7 milliards d'euros aux États membres au cours des trois premiers mois de l'année (5,9 milliards d'euros ont par ailleurs été dépensés par l'UE pour importer du gaz russe via gazoduc).

En définitive, « la crise énergétique de 2026 montre que tant que les pays européens choisiront de dépendre du gaz, ils devront accepter les risques géopolitiques qui en découlent », constate Jaller-Makarewicz.
https://www.connaissancedesenergies.org ... e-saccroit

Re: Crise du Gaz en Europe

par energy_isere » 23 mars 2026, 10:10

EU Natural Gas TTF price

Ca s'est encore détérioré aprés ce weekend.

Image

source : https://tradingeconomics.com/commodity/eu-natural-gas

Re: Crise du Gaz en Europe

par energy_isere » 19 mars 2026, 20:25

Les prix du gaz européen s'envolent après de nouvelles attaques iraniennes au Qatar

Par Jean-Baptiste André Publié le 19/03/2026 à 09h10
Boursier.com

Les prix du gaz naturel en Europe s'envolent à nouveau à la suite de l'intensification des attaques iraniennes contre les infrastructures énergétiques du Golfe. Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, bondit de plus de 25% à 67,9 euros le mégawattheure après avoir pris jusqu'à 35% un peu plus tôt.

QatarEnergy a déclaré que plusieurs installations de GNL situées dans sa zone industrielle de Ras Laffan avaient été la cible de tirs de missiles, " provoquant d'importants incendies et des dégâts considérables ". Ce complexe abrite la plus grande usine d'exportation de gaz naturel liquéfié au monde. Bien que les livraisons aient déjà été interrompues au début du mois en raison du conflit, une première en trente ans d'exploitation, ces dernières frappes risquent de maintenir les prix du gaz à un niveau élevé en Europe et en Asie pendant une période prolongée.

Les installations gazières d'Habshan, à Abou Dhabi, ont également été mises à l'arrêt après avoir été touchées par des débris provenant d'une frappe interceptée. Le président Donald Trump a déclaré sur les réseaux sociaux que les États-Unis riposteraient si les installations de GNL du Qatar étaient de nouveau attaquées.

Pour l'Europe, cette escalade survient à un moment délicat, car la région sort de l'hiver avec des réservoirs de stockage vides. Cela signifie qu'elle devra acheter davantage de cargaisons de GNL cet été pour les remplir, en concurrence avec les acheteurs asiatiques pour des approvisionnements disponibles de plus en plus rares, souligne 'Bloomberg'. "L'approvisionnement en GNL du Qatar pourrait en principe être interrompu pendant des mois, voire des années dans le pire des cas", affirme à l'agence Arne Lohmann Rasmussen, analyste en chef chez Global Risk Management. "Pour le marché du gaz, la crise ne prendra pas fin simplement avec la fin de la guerre et la réouverture du détroit d'Ormuz".
https://www.boursier.com/actualites/mac ... 81223.html

Re: Crise du Gaz en Europe

par energy_isere » 18 mars 2026, 22:27

18 mars 2026
Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne pour le gaz, a avancé mercredi de 6,02% à 54,66 euros le mégawattheure.
extrait de https://www.connaissancedesenergies.org ... ent-260318

Re: Crise du Gaz en Europe

par energy_isere » 14 mars 2026, 16:50

Re: Crise du Gaz en Europe

par energy_isere » 04 mars 2026, 01:05

Guerre en Iran : les prix du gaz naturel dépassent les 60 euros le MWh en Europe, au plus haut depuis trois ans
La guerre en Iran et la suspension de production de gaz naturel liquéfié au Qatar bouleversent le marché européen du gaz. Le prix du contrat à terme de référence au hub néerlandais s'envole, alors que les stocks sont au plus bas. Les analystes revoient à la hausse leurs prévisions de prix.

Par Laetitia Volga Publié le 3 mars 2026

Le gaz européen a replongé dans une nervosité qu'on ne lui avait pas connue depuis la crise énergétique de 2022 et l'invasion russe de l'Ukraine. A Amsterdam, le contrat de référence TTF (Title Transfer Facility) a bondi de plus de 40 % à près de 62 euros le mégawattheure, au plus depuis février 2023. Depuis vendredi soir, la hausse avoisine les 90 %. La volatilité implicite sur les options s'est hissée à son niveau le plus élevé depuis l'été 2023.

L'origine de cette secousse est évidemment la guerre en Iran et, plus particulièrement, l'arrêt soudain des exportations de la plus grande usine de liquéfaction de gaz naturel, celle de Ras Laffan. Son propriétaire, la compagnie publique qatarie QatarEnergy, n'a eu d'autre choix que de suspendre les opérations après des attaques de drones attribuées à l'Iran. Le complexe expédie habituellement 77 millions de tonnes de GNL par an. Avec les Emirats arabes unis, le Qatar représentait un cinquième de l'approvisionnement mondial l'an dernier.

Faibles stocks

Le choc est d'autant plus important que toutes les exportations transitent par le détroit d'Ormuz. Un détroit reliant les pays du Golfe à l'océan Indien, actuellement paralysé. Or le marché du gaz, utilisé pour le chauffage ou encore dans les centrales électriques, est plus tendu que celui du pétrole : les niveaux de stockage en Europe sont relativement faibles pour cette période de l'année. Même si l'hiver touche à sa fin, de nouvelles vagues de froid ne sont pas à exclure. Début février, les réservoirs n'étaient remplis qu'à 39 % de leur capacité, bien en dessous des niveaux observés ces deux dernières années.

Et bien que la plupart des cargaisons de GNL de la région soient destinées à l'Asie, « une flambée des prix sur les marchés asiatiques intensifierait la concurrence pour des sources d'approvisionnement alternatives, entraînant une hausse des prix en Europe », peut-on lire dans une note de WisdowTree. La campagne de remplissage doit commencer au printemps, au moment même où la concurrence pour les cargaisons pourrait s'intensifier.

Les analystes de Goldman Sachs ont relevé leur perspective de prix du gaz européen pour avril 2026 à 55 euros/MWh, contre 36 euros auparavant, tout en anticipant un rebond plus marqué des prix spot asiatiques. Chez Capital Economics, on parle d'une fourchette de 80 à 100 euros en cas de blocage durable des exportations de GNL du Qatar. Les cours, et cette prévision, restent très loin des sommets d'il y a quelques années, quand ils avaient dépassé les 300 euros.

.........................
https://investir.lesechos.fr/marches-in ... ns-2218896

Re: Crise du Gaz en Europe

par energy_isere » 14 févr. 2026, 23:18

Les réserves de gaz chutent en Europe et annoncent un record d'importation

RFI le : 10/02/2026

Les niveaux des stocks européens de gaz sont tombés à environ 37%, soit en-dessous de la moyenne de ces cinq dernières années, et ont provoqué une forte hausse des prix au mois de janvier 2026. Une hausse qui s'est depuis atténuée.


Les stocks sont tombés si bas car les Européens sont entrés dans l'hiver avec des réserves inférieures à celles des années précédentes, explique Greg Molnar, analyste gaz de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), c'est-à-dire avec des infrastructures remplies à peine au-dessus de 80% de leur capacité. À ce « mauvais départ » est venue s'ajouter une vague de froid début janvier qui a fait augmenter la demande et fait baisser les stocks.

Si la consommation continue au rythme habituel, l'Union européenne pourrait terminer l'hiver avec seulement 25% de ses capacités remplies, soit le niveau le plus bas depuis la saison hivernale 2017-2018.

Des importations record en 2026 ?

La diminution des stocks annonce des importations plus importantes cette année. L'AIE s'attend même à une hausse record des achats en 2026. Il n'y a pas d'inquiétude à avoir du côté de l'offre, car la production de gaz naturel liquéfié (GNL) devrait être en augmentation cette année – estimée à 472 millions de tonnes sur l'ensemble de l'année par le cabinet d'étude ICIS. Plusieurs pays vont voir en effet croître leurs capacités d'exportation grâce à l'agrandissement de leurs infrastructures ou la mise en service de nouveaux projets. On peut citer le Canada, les États-Unis, le Mexique, le Congo-Brazzaville – le fournisseur italien ENI a chargé, le 7 février, la première cargaison de son unité flottante Nguya – ou encore l'Australie.

D'autres projets sont annoncés d'ici 2027, au Qatar notamment, et devraient continuer à faire grimper les quantités de GNL disponibles dans le monde. Cette montée en puissance de la production évitera peut-être la hausse des prix que certains craignent, au vu de la forte demande européenne qui se profile cet été.

L'Europe, partenaire privilégié des États-Unis

L'Europe a un partenaire privilégié : les États-Unis. En janvier, le pays a fourni 60% des importations européennes, contre 53% en janvier 2025, et 24% début 2021 selon l'agence Reuters. Ce chiffre augmente depuis plusieurs années et a été consolidé par un accord commercial entre l'Europe et Donald Trump. Mais le poids grandissant pris par les États-Unis fait courir un risque à l'Europe, a fait récemment remarquer le commissaire européen à l'Énergie, Dan Jorgensen, après les menaces du président états-unien sur le Groenland : celui de remplacer la dépendance au gaz russe par une dépendance au gaz américain.

Des discussions sont donc en cours, selon le commissaire européen, avec le Canada, le Qatar et l'Afrique du Nord pour sécuriser d'autres canaux d'approvisionnement. C'est dans cet objectif de diversification que l'énergéticien allemand RWE a signé, le 6 février, un accord commercial avec les Émirats arabes unis.
https://www.rfi.fr/fr/podcasts/chroniqu ... mportation

Re: Crise du Gaz en Europe

par energy_isere » 12 févr. 2026, 23:57

L'UE en Algérie pour accélérer son approvisionnement en gaz

AFP •12/02/2026

Le commissaire européen à l'énergie, Dan Jorgensen, s'est rendu à Alger jeudi pour accélérer l'approvisionnement en gaz algérien de l'Union européenne, qui s'efforce de diversifier ses partenariats pour pallier l'interdiction progressive du gaz russe.

"Cette réunion arrive à point nommé, à l'heure où nous nous affranchissons de notre dépendance au gaz russe", a souligné le responsable européen lors d'un point presse aux côtés des autorités algériennes.

"L'Algérie est déjà un partenaire très important en matière de gaz, mais elle va le devenir encore plus", a-t-il assuré.

Pour priver Moscou d'une manne financière qui finance sa guerre en Ukraine, l'Union européenne a acté une interdiction des importations de gaz russe à l'automne 2027, au plus tard.

L'Europe entend donc trouver de nouvelles sources d'approvisionnements et redoute de devenir désormais trop dépendante du gaz naturel liquéfié (GNL) importé des Etats-Unis, vers lequel elle s'est largement tournée pour compenser l'arrêt des achats à la Russie.

"Il y a une inquiétude grandissante, que je partage, liée au risque de remplacer une dépendance par une autre", avait récemment mis en garde Dan Jorgensen.

Le commissaire européen avait mentionné la crise avec les Etats-Unis sur le Groenland, qui pousse l'UE à se tourner vers d'autres partenaires, y compris pour l'énergie.

En matière de GNL, transporté par navire, déchargé dans des ports, regazéifié puis injecté dans le réseau européen, Bruxelles discute avec le Canada, le Qatar et l'Afrique du Nord, expliquait-il.

Au troisième trimestre 2025, les Etats-Unis représentaient 60% des importations européennes de GNL, contre 24% début 2021.

Après la Russie (12,7%), l'Algérie arrivait en troisième position (7,7%), suivie du Qatar (6%).

L'Algérie est déjà le deuxième pays fournisseur de gaz acheminé par gazoduc dans l'UE, représentant 14,6% des importations européennes, derrière la Norvège (51,8%), au troisième trimestre.
https://www.boursorama.com/actualite-ec ... 0aa20446c4

Re: Crise du Gaz en Europe

par energy_isere » 28 janv. 2026, 19:04

GNL américain : l'UE s'inquiète du « risque de remplacer une dépendance par une autre »

Connaissance des Énergies avec AFP le 28 janvier 2026

L'UE, qui a remplacé en grande partie ses achats de gaz russe par du gaz naturel liquéfié (GNL) américain, commence à s'inquiéter de cette nouvelle dépendance aux États-Unis et doit songer à diversifier ses approvisionnements, a affirmé mercredi un responsable européen.

Des discussions avec d'autres fournisseurs

"Il y a une inquiétude grandissante, que je partage, liée au risque de remplacer une dépendance par une autre", a déclaré à des journalistes le commissaire à l'Énergie Dan Jorgensen. "Les bouleversements géopolitiques consécutifs à la crise au Groenland ont (...) servi de signal d'alarme", a-t-il ajouté.

Selon lui, les répercussions de cette crise poussent l'UE à trouver d'autres pays dans le monde capables de lui fournir du GNL, pour qu'elle puisse diversifier ses approvisionnements. Elle discute notamment avec le Canada, le Qatar et l'Afrique du Nord, a-t-il détaillé.

60% des importations européennes de GNL au 3e trimestre 2025

Ces déclarations pourraient susciter l'ire de Washington, alors que l'Union européenne s'est explicitement engagée à muscler ses achats de gaz et de pétrole américain, dans le cadre de l'accord sur les droits de douane conclu l'an dernier avec Donald Trump. Cet accord inclut un engagement de l'UE à importer 750 milliards de dollars de gaz, pétrole et combustibles nucléaires d'ici 2028.

Au 3e trimestre, les Etats-Unis représentaient 60% des importations européennes de GNL, contre 24% début 2021. L'UE s'est en effet tournée fortement ces dernières années vers les fournisseurs américains pour combler ses besoins en gaz naturel, alors qu'elle a décidé de se sevrer progressivement du gaz russe pour ne plus contribuer à financer la guerre en Ukraine.
https://www.connaissancedesenergies.org ... tre-260128

Re: Crise du Gaz en Europe

par energy_isere » 26 janv. 2026, 21:27

suite de 2 posts au dessus.
L'UE approuve définitivement le projet d'interdiction des importations de gaz russe

Publié le 26/01/2026

Les Etats membres de l'Union européenne ont majoritairement donné lundi leur accord définitif pour interdire les importations de gaz russe d'ici fin 2027, rendant juridiquement contraignante leur promesse de rompre les liens avec Moscou près de quatre ans après l'invasion par la Russie de l'Ukraine.

Cet accord, désapprouvé par Slovaquie et la Hongrie, tandis que la Bulgarie a choisi de s'abstenir, va permettre au projet de devenir un texte de loi, même si Budapest a fait savoir qu'il porterait le dossier devant la Cour européenne de justice.

La Hongrie et la Slovaquie sont fortement tributaires des importations d'énergie russe et souhaitent maintenir des liens étroits avec Moscou.

En vertu du nouvel accord, l'UE cessera d'importer du gaz naturel liquéfié russe d'ici la fin de 2026 et du gaz par gazoduc d'ici le 30 septembre 2027.

Le texte autorise un report au 1er novembre 2027 au plus tard si un pays rencontre des difficultés pour constituer ses stocks avec du gaz non russe avant la saison hivernale.

Plus de 40% des importations de gaz de l'UE étaient en provenance de la Russie avant le déclenchement de la guerre en Ukraine en février 2022. Cette proportion est tombée à environ 13% en 2025, selon les dernières données disponibles pour l'Union.

Certains pays de l'UE continuent cependant d'acheter du pétrole auprès de Moscou, du gaz acheminé par gazoduc et du gaz naturel liquéfié, ce qui sape les initiatives du bloc pour tarir les sources de financement de l'économie russe.

Le mois dernier, les cinq principaux importateurs de l'UE ont dépensé 1,4 milliard d'euros en énergie russe, principalement en gaz et en GNL, selon les données de l'ONG Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA). La Hongrie était le premier acheteur des hydrocarbures, devant la France et la Belgique.

L'UE a imposé des sanctions sur le pétrole russe transporté par voie maritime en 2022, mais n'a jamais proposé de sanctions sur les importations de gaz.

Le nouveau texte interdit aux entreprises de signer de nouveaux contrats d'approvisionnement en gaz russe et obligera les groupes disposant déjà de contrats de les résilier.

Les entreprises qui ne respectent pas ces règles pourraient se voir infliger des sanctions financières pouvant atteindre 3,5% de leur chiffre d'affaires annuel global.

La Commission européenne prévoit également de proposer dans les prochains mois un texte visant à supprimer progressivement le pétrole russe acheminé par oléoduc.
https://www.boursier.com/actualites/reu ... 10327.html

Re: Crise du Gaz en Europe

par kercoz » 03 déc. 2025, 12:00

automne 2030 serait plus judicieux ...je trouve.

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