par Jeuf » 15 août 2026, 22:22
ah, y'a pire que nous
hélas pour eux
Il y aurait autre autre chose à faire que les bombarder.
Vu sur facebook, relayé par "Jancovici" (je sais pas dans quelle mesure il tient lui-même le compte)
Après Israël, suite de notre tour d'horizon de la situation hydrique dans la région, avec le cas très préoccupant de l'Iran.
L'Iran est particulièrement aride et semi-aride, et la crise des ressources hydriques ne cesse de s'y aggraver : disparition des lacs, désertification accélérée, tensions sociales et exode rural massif.
Selon Abdolkarim Hosseinzadeh, vice-président iranien chargé du développement rural et des régions défavorisées, seuls 38 000 des 69 000 villages du pays sont encore habités, tandis que 31 000 villages ont été abandonnés.
En novembre 2025, suite à une période de sécheresse particulièrement aigüe, le Président Pezechkian avait annoncé qu'en l'absence de pluies imminentes, Téhéran devrait être évacué. Malgré les pluies et fontes de neige depuis, la situation demeure critique. Seulement 39% de la capacité des barrages a été remplie (30% à Téhéran comme on le voit sur ce graphique réalisé par votre serviteur à partir de sources officielles).
Les pluies récentes n'offrent qu'un bref sursis et le déplacement de la capitale reste sérieusement à l'étude (ex. vers la côte Sud du pays). "Nous n'avons plus le choix" affirme le Président Pezechkian.
Selon le scientifique Kaveh Madani (Directeur du UN University Institute for Water, Environment and Health, et vice-ministre iranien de l'Environnement de 2017 à 2018), l'Iran fait partie des pays en état de "faillite hydrique".
Une crise hydrique est une pénurie temporaire, souvent réversible par la pluie ou de bonnes politiques. À l'inverse, une "faillite hydrique" désigne un déficit structurel profond : les réserves souterraines sont épuisées et les dommages sont quasi-irréversibles à l'échelle de millénaires.
Selon M. Madani, la faillite hydrique en Iran ne résulte pas tant du changement climatique, mais principalement d'une gouvernance inadéquate, avec des barrages excessifs et une agriculture inadaptée. Notamment, la quête d'autosuffisance alimentaire (liée aux sanctions internationales) maintient des subventions à des cultures gourmandes en eau, et inadaptées à un climat aride.
C'est dire à quel point la situation sera aggravée une fois que le réchauffement atteindra +2C puis éventuellement +3C.
L'une des conséquences directes de la faillite hydrique est le dessèchement des zones humides vitales du pays. Le lac d'Ourmia, qui fut jadis l'un des plus grands lacs salés du monde et l'habitat d'espèces endémiques comme l'artémia et les oiseaux migrateurs, a perdu 90% de son volume d'eau en trois décennies. Selon un article de National Geographic, "des experts en hydrologie et des ingénieurs estiment que le lac de cette région semi-aride pâtit des milliers de puits creusés illégalement et de la multiplication des barrages et projets d'irrigation. Ces derniers dévient l'eau de ses affluents pour irriguer et faire pousser des pommes, du blé et des tournesols".
Les zones humides de Hamoun, Gavkhouni, Hoor al-Azim et Bakhtegan sont soit entièrement asséchées, soit au bord de la disparition. Ces marais sont aujourd'hui transformés en foyers actifs de poussières fines ; les particules en suspension qui en résultent portent la pollution atmosphérique dans les provinces du Khouzestan, du Sistan-Baloutchistan et du Fars à des niveaux critiques, menaçant la santé de millions de personnes.
Parallèlement à la sécheresse, les prélèvements excessifs dans les nappes phréatiques ont transformé le phénomène d'affaissement du sol en crise nationale. Alors que la moyenne mondiale est d'environ un centimètre par an, dans certaines zones du sud-ouest de Téhéran ce chiffre atteint 15 à 16 cm, et dans les plaines du Fars un record de 54 cm par an avait été enregistré — le plus élevé au monde.
Aujourd'hui, 30 provinces iraniennes sont touchées par l'affaissement et plus de 410 des 609 bassins versants du pays ont été déclarés en état d'« interdiction d'exploitation ». Les experts avertissent que dans moins de dix ans, plus de 20% des aquifères iraniens seront entièrement à sec.
Pour contrer cette crise, le gouvernement iranien mise sur les grandes infrastructures : construction massive de barrages, et vastes projets de transfert d'eau interbassins vers le plateau central et des usines de dessalement dans le sud. Il multiplie aussi les forages profonds, malgré des critiques sur l'inefficacité de ces mesures.
La population iranienne a quadruplé en 50 ans, mais ne devrait plus beaucoup croitre. Le taux de fécondité est descendu à environ 1,5 et reste orienté à la baisse. Le nombre annuel de naissances en Iran a diminué de 43% en seulement 10 ans et 16% en 2 ans). Comme dans d'autres pays du monde, la population devrait atteindre un pic vers le milieu du siècle puis diminuer.
ah, y'a pire que nous
hélas pour eux
Il y aurait autre autre chose à faire que les bombarder.
Vu sur facebook, relayé par "Jancovici" (je sais pas dans quelle mesure il tient lui-même le compte)
[quote]Après Israël, suite de notre tour d'horizon de la situation hydrique dans la région, avec le cas très préoccupant de l'Iran.
L'Iran est particulièrement aride et semi-aride, et la crise des ressources hydriques ne cesse de s'y aggraver : disparition des lacs, désertification accélérée, tensions sociales et exode rural massif.
Selon Abdolkarim Hosseinzadeh, vice-président iranien chargé du développement rural et des régions défavorisées, seuls 38 000 des 69 000 villages du pays sont encore habités, tandis que 31 000 villages ont été abandonnés.
En novembre 2025, suite à une période de sécheresse particulièrement aigüe, le Président Pezechkian avait annoncé qu'en l'absence de pluies imminentes, Téhéran devrait être évacué. Malgré les pluies et fontes de neige depuis, la situation demeure critique. Seulement 39% de la capacité des barrages a été remplie (30% à Téhéran comme on le voit sur ce graphique réalisé par votre serviteur à partir de sources officielles).
Les pluies récentes n'offrent qu'un bref sursis et le déplacement de la capitale reste sérieusement à l'étude (ex. vers la côte Sud du pays). "Nous n'avons plus le choix" affirme le Président Pezechkian.
Selon le scientifique Kaveh Madani (Directeur du UN University Institute for Water, Environment and Health, et vice-ministre iranien de l'Environnement de 2017 à 2018), l'Iran fait partie des pays en état de "faillite hydrique".
Une crise hydrique est une pénurie temporaire, souvent réversible par la pluie ou de bonnes politiques. À l'inverse, une "faillite hydrique" désigne un déficit structurel profond : les réserves souterraines sont épuisées et les dommages sont quasi-irréversibles à l'échelle de millénaires.
Selon M. Madani, la faillite hydrique en Iran ne résulte pas tant du changement climatique, mais principalement d'une gouvernance inadéquate, avec des barrages excessifs et une agriculture inadaptée. Notamment, la quête d'autosuffisance alimentaire (liée aux sanctions internationales) maintient des subventions à des cultures gourmandes en eau, et inadaptées à un climat aride.
C'est dire à quel point la situation sera aggravée une fois que le réchauffement atteindra +2C puis éventuellement +3C.
L'une des conséquences directes de la faillite hydrique est le dessèchement des zones humides vitales du pays. Le lac d'Ourmia, qui fut jadis l'un des plus grands lacs salés du monde et l'habitat d'espèces endémiques comme l'artémia et les oiseaux migrateurs, a perdu 90% de son volume d'eau en trois décennies. Selon un article de National Geographic, "des experts en hydrologie et des ingénieurs estiment que le lac de cette région semi-aride pâtit des milliers de puits creusés illégalement et de la multiplication des barrages et projets d'irrigation. Ces derniers dévient l'eau de ses affluents pour irriguer et faire pousser des pommes, du blé et des tournesols".
Les zones humides de Hamoun, Gavkhouni, Hoor al-Azim et Bakhtegan sont soit entièrement asséchées, soit au bord de la disparition. Ces marais sont aujourd'hui transformés en foyers actifs de poussières fines ; les particules en suspension qui en résultent portent la pollution atmosphérique dans les provinces du Khouzestan, du Sistan-Baloutchistan et du Fars à des niveaux critiques, menaçant la santé de millions de personnes.
Parallèlement à la sécheresse, les prélèvements excessifs dans les nappes phréatiques ont transformé le phénomène d'affaissement du sol en crise nationale. Alors que la moyenne mondiale est d'environ un centimètre par an, dans certaines zones du sud-ouest de Téhéran ce chiffre atteint 15 à 16 cm, et dans les plaines du Fars un record de 54 cm par an avait été enregistré — le plus élevé au monde.
Aujourd'hui, 30 provinces iraniennes sont touchées par l'affaissement et plus de 410 des 609 bassins versants du pays ont été déclarés en état d'« interdiction d'exploitation ». Les experts avertissent que dans moins de dix ans, plus de 20% des aquifères iraniens seront entièrement à sec.
Pour contrer cette crise, le gouvernement iranien mise sur les grandes infrastructures : construction massive de barrages, et vastes projets de transfert d'eau interbassins vers le plateau central et des usines de dessalement dans le sud. Il multiplie aussi les forages profonds, malgré des critiques sur l'inefficacité de ces mesures.
La population iranienne a quadruplé en 50 ans, mais ne devrait plus beaucoup croitre. Le taux de fécondité est descendu à environ 1,5 et reste orienté à la baisse. Le nombre annuel de naissances en Iran a diminué de 43% en seulement 10 ans et 16% en 2 ans). Comme dans d'autres pays du monde, la population devrait atteindre un pic vers le milieu du siècle puis diminuer.[/quote]