par energy_isere » 05 juil. 2026, 16:21
Des appels d'offres ont été lancés pour des "nouveaux permis d'exploration sur 250.000 km2": secouée par la crise de l'énergie, l'Inde veut doper sa production de pétrole et de gaz
BFM Business CR avec AFP 05 juillet 2026
Sévèrement touchée par la crise de l'énergie causée par la récente guerre au Moyen-Orient, l'Inde a repris conscience de sa dépendance extrême aux importations d'hydrocarbures et déjà relancé ses projets d'exploration, selon son ministre du Pétrole.
Troisième importateur mondial de pétrole brut, deuxième de gaz naturel liquéfié, l'Inde, le pays le plus peuplé de la planète - un milliard et demi d'habitants - a vu ses livraisons sérieusement menacées.
Le cessez-le-feu signé le mois dernier par l'Iran et les États-Unis a fait taire le fracas des armes et rétabli la navigation dans le détroit stratégique d'Ormuz, permettant au gouvernement de lever les restrictions à la consommation et de rebaisser les prix.
Dans un entretien à l'AFP, le ministre indien du Pétrole et du Gaz naturel, Hardeep Singh Puri, assure que son pays a tiré les leçons de la crise.
"Nous avons lancé des appels d'offres pour l'attribution de nouveaux permis d'exploration sur 250.000 km2", annonce-t-il.
À ce jour, l'Inde reste un très modeste producteur d'or noir. Elle n'en a extrait qu'un peu moins de 26 millions de m3 pendant l'année fiscale 2025-2026, selon les statistiques fournies par le ministère. De quoi couvrir 10% à peine de ses besoins, soit 522.000 barils par jour, alors qu'elle en avait produit un maximum de 900.000 en 2011. Au pic de la crise, New Delhi s'est tournée en urgence vers de nouveaux fournisseurs pour pallier l'interruption de certaines de ses livraisons habituelles, dont l'Iran, le Venezuela et plusieurs pays africains.
Forages
L'an dernier, l'Inde avait été la cible de sanctions douanières des États-Unis pour acheter du brut à son alliée historique la Russie et ainsi, selon Washington, contribuer au financement de sa guerre en Ukraine.
Des critiques rejetées par le ministre Puri en rappelant "l'approche pragmatique" de son gouvernement, qui s'efforce de dissocier sa politique d'approvisionnement en énergie de "toute considération idéologique".
La modeste production pétrolière indienne est pour l'heure concentrée dans des gisements offshore au large de Bombay et dans le sous-sol des États du Rajasthan, du Gujarat (ouest) et d'Assam (nord-est).
Hardeep Singh Puri porte l'essentiel de ses espoirs sur l'exploration des abords de l'archipel des Andaman-et-Nicobar, dans l'océan Indien tout près de l'Indonésie et la Thaïlande, dont la géologie semble prometteuse. En juin, le ministre a posté sur les réseaux sociaux le images d'une torchère sur un forage dans la région par la compagnie publique Oil India.
"De nombreux puits en eaux profondes ou très profondes sont prévus dans ces bassins pour exploiter nos réserves", s'était-ils alors enthousiasmé.
Selon New Delhi, Petrobras, TotalEnergies, BP, Shell et ExxonMobil participent à cet effort.
L'Inde a lancé dans les Andaman-et-Nicobar, largement vierges et peuplées de tribus isolées, un vaste chantier de 9 milliards de dollars pour y agrandir ses infrastructures militaires et construire un port de commerce et un complexe touristique.
"Exceptionnellement optimiste"
Ce projet fait l'objet de vives critiques des ONG de défense de l'environnement. Dès 2025, le Premier ministre Narendra Modi avait anticipé l'effort d'exploration en cours. "Nous voulons lancer une mission destinée à trouver des réserves de pétrole et de gaz sous la mer", avait-il lancé.
Ces ambitions s'annoncent toutefois difficiles à réaliser. La demande d'énergie requise par les objectifs de développement de l'Inde ne cesse d'augmenter, et le pays s'est engagé à atteindre la neutralité carbone en 2070 en engageant des milliards de dollars dans les énergies vertes ou le nucléaire.
"Notre consommation d'énergie progresse trois fois plus vite que dans le reste du monde", rappelle Hardeep Singh Puri, "elle est passée de 5 millions de barils par jour en 2021 à 5,6 millions aujourd'hui".
Le ministre se dit toutefois "exceptionnellement optimiste" pour l'avenir. "Je me réjouis que notre effort d'exploration et de production augmente, croyez-moi, à un rythme très rapide". Même si, reconnaît-il, "il requiert un fort capital et beaucoup de temps".
"Nous affectons de plus en plus de ressources fiscales à l'exploration pétrolière et gazière, pour 10 milliards de dollars", insiste Hardeep Singh Puri, "cela va nous permettre de fouiller un million de km2 inexplorés".
https://www.bfmtv.com/economie/internat ... 50228.html
[quote] [b]Des appels d'offres ont été lancés pour des "nouveaux permis d'exploration sur 250.000 km2": secouée par la crise de l'énergie, l'Inde veut doper sa production de pétrole et de gaz[/b]
BFM Business CR avec AFP 05 juillet 2026
Sévèrement touchée par la crise de l'énergie causée par la récente guerre au Moyen-Orient, l'Inde a repris conscience de sa dépendance extrême aux importations d'hydrocarbures et déjà relancé ses projets d'exploration, selon son ministre du Pétrole.
Troisième importateur mondial de pétrole brut, deuxième de gaz naturel liquéfié, l'Inde, le pays le plus peuplé de la planète - un milliard et demi d'habitants - a vu ses livraisons sérieusement menacées.
Le cessez-le-feu signé le mois dernier par l'Iran et les États-Unis a fait taire le fracas des armes et rétabli la navigation dans le détroit stratégique d'Ormuz, permettant au gouvernement de lever les restrictions à la consommation et de rebaisser les prix.
Dans un entretien à l'AFP, le ministre indien du Pétrole et du Gaz naturel, Hardeep Singh Puri, assure que son pays a tiré les leçons de la crise.
"Nous avons lancé des appels d'offres pour l'attribution de nouveaux permis d'exploration sur 250.000 km2", annonce-t-il.
À ce jour, l'Inde reste un très modeste producteur d'or noir. Elle n'en a extrait qu'un peu moins de 26 millions de m3 pendant l'année fiscale 2025-2026, selon les statistiques fournies par le ministère. De quoi couvrir 10% à peine de ses besoins, soit 522.000 barils par jour, alors qu'elle en avait produit un maximum de 900.000 en 2011. Au pic de la crise, New Delhi s'est tournée en urgence vers de nouveaux fournisseurs pour pallier l'interruption de certaines de ses livraisons habituelles, dont l'Iran, le Venezuela et plusieurs pays africains.
Forages
L'an dernier, l'Inde avait été la cible de sanctions douanières des États-Unis pour acheter du brut à son alliée historique la Russie et ainsi, selon Washington, contribuer au financement de sa guerre en Ukraine.
Des critiques rejetées par le ministre Puri en rappelant "l'approche pragmatique" de son gouvernement, qui s'efforce de dissocier sa politique d'approvisionnement en énergie de "toute considération idéologique".
La modeste production pétrolière indienne est pour l'heure concentrée dans des gisements offshore au large de Bombay et dans le sous-sol des États du Rajasthan, du Gujarat (ouest) et d'Assam (nord-est).
Hardeep Singh Puri porte l'essentiel de ses espoirs sur l'exploration des abords de l'archipel des Andaman-et-Nicobar, dans l'océan Indien tout près de l'Indonésie et la Thaïlande, dont la géologie semble prometteuse. En juin, le ministre a posté sur les réseaux sociaux le images d'une torchère sur un forage dans la région par la compagnie publique Oil India.
"De nombreux puits en eaux profondes ou très profondes sont prévus dans ces bassins pour exploiter nos réserves", s'était-ils alors enthousiasmé.
Selon New Delhi, Petrobras, TotalEnergies, BP, Shell et ExxonMobil participent à cet effort.
L'Inde a lancé dans les Andaman-et-Nicobar, largement vierges et peuplées de tribus isolées, un vaste chantier de 9 milliards de dollars pour y agrandir ses infrastructures militaires et construire un port de commerce et un complexe touristique.
[b]"Exceptionnellement optimiste"[/b]
Ce projet fait l'objet de vives critiques des ONG de défense de l'environnement. Dès 2025, le Premier ministre Narendra Modi avait anticipé l'effort d'exploration en cours. "Nous voulons lancer une mission destinée à trouver des réserves de pétrole et de gaz sous la mer", avait-il lancé.
Ces ambitions s'annoncent toutefois difficiles à réaliser. La demande d'énergie requise par les objectifs de développement de l'Inde ne cesse d'augmenter, et le pays s'est engagé à atteindre la neutralité carbone en 2070 en engageant des milliards de dollars dans les énergies vertes ou le nucléaire.
"Notre consommation d'énergie progresse trois fois plus vite que dans le reste du monde", rappelle Hardeep Singh Puri, "elle est passée de 5 millions de barils par jour en 2021 à 5,6 millions aujourd'hui".
Le ministre se dit toutefois "exceptionnellement optimiste" pour l'avenir. "Je me réjouis que notre effort d'exploration et de production augmente, croyez-moi, à un rythme très rapide". Même si, reconnaît-il, "il requiert un fort capital et beaucoup de temps".
"Nous affectons de plus en plus de ressources fiscales à l'exploration pétrolière et gazière, pour 10 milliards de dollars", insiste Hardeep Singh Puri, "cela va nous permettre de fouiller un million de km2 inexplorés".
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