https://www.connaissancedesenergies.org ... s-241121-0Gaz américain et européen au plus haut depuis un an, pour des raisons différentes
AFP le 21 novembre 2024
Le cours du gaz naturel a atteint jeudi son plus haut depuis un an tant aux Etats-Unis qu'en Europe, un mouvement dû à des facteurs différents, les conditions météorologiques dans le premier cas et la géopolitique dans le second.
Vers 21H00 GMT, le contrat à terme sur le gaz américain pour livraison en décembre prenait 5,10%, à 3,356 dollars, niveau inexploré depuis début novembre 2023.
Quant à son équivalent européen, le TTF néerlandais, considéré comme la référence du Vieux continent, il s'octroyait 3,22%, pour finir à 48,303 euros le mégawattheure (MWh), également un sommet depuis plus d'un an.
Sur le marché américain, le mouvement a été déclenché, selon Masanori Odaka de Rystad Energy, par une mise à jour des prévisions météorologiques, qui prévoient désormais des températures inférieures aux normales de saison dans l'Ouest des Etats-Unis durant la première semaine de décembre.
Préalablement, le thermomètre devrait chuter dans le Midwest la semaine prochaine.
Cette séquence va marquer une rupture avec un automne très doux, qui a déprimé la consommation de gaz naturel, utilisé notamment pour le chauffage.
"On a enfin un peu de soutien météo", a constaté Eli Rubin, d'EBW Analytics Group.
Stimulé par ce développement, le prix du gaz naturel est reparti à la hausse et a dépassé, ce faisant, plusieurs seuils techniques.
"Beaucoup de spéculateurs ont commencé à se couvrir" et à se remettre à l'achat après avoir longtemps parié sur une baisse des cours, explique Eli Rubin.
"Maintenant que les prix sont beaucoup plus élevés, le marché attend de voir comment va réagir la production", incitée par des tarifs plus attractifs, poursuit l'analyste. Des volumes plus importants feraient mécaniquement redescendre les cours.
Pour autant, les stocks se situant déjà à des niveaux historiquement élevés, l'embellie des cours pourrait n'être que de courte durée si le temps redevenait plus clément, prévient Eli Rubin.
A la différence du pétrole, le gaz naturel est un marché très régionalisé, où les cours et les variations différent souvent sensiblement d'un continent à l'autre.
Le sursaut du TTF européen tient à l'arrivée de l'hiver mais surtout à la géopolitique.
Le géant gazier russe Gazprom a notamment interrompu, le week-end dernier, ses livraisons à l'Autriche, encore très dépendant de ce fournisseur, sur fond de contentieux contractuel.
"Il y a aussi un regain de tension entre la Russie et l'Ouest sur le plan militaire", a ajouté Eli Rubin.
La Russie a lancé jeudi sur l'Ukraine un missile balistique conçu pour emporter des têtes nucléaires, en réponse à l'utilisation par l'Ukraine, mardi, pour la première fois sur le territoire russe, de missiles américains de longue portée.
Sur le marché du pétrole, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier a terminé en hausse de 1,95%, à 74,23 dollars.
Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain de même échéance a lui gagné 1,96%, à 70,10 dollars.
Le Gaz dans le monde
Modérateurs : Rod, Modérateurs
- energy_isere
- Modérateur

- Messages : 104836
- Inscription : 24 avr. 2005, 21:26
- Localisation : Les JO de 68, c'était la
- Contact :
Re: Le Gaz dans le monde
- energy_isere
- Modérateur

- Messages : 104836
- Inscription : 24 avr. 2005, 21:26
- Localisation : Les JO de 68, c'était la
- Contact :
Re: Le Gaz dans le monde
https://www.lefigaro.fr/conjoncture/gaz ... e-20250121Gaz : après une consommation mondiale record en 2024, vers un marché «tendu» en 2025 selon l'AIE
Le monde a consommé 115 milliards de m3 de gaz naturel (d’origine fossile) de plus qu’en 2023, une hausse de 2,8% bien au-dessus du taux de croissance moyen de 2% des années 2010 à 2020, a indiqué l’AIE.
Par Le Figaro avec AFP Publié le 21 janvie
La consommation mondiale de gaz naturel a atteint un record historique en 2024, et l'appétit pour le gaz devrait encore grandir en 2025, selon un rapport mardi de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) qui s'attend à des marchés «tendus» cette année. Le monde a consommé 115 milliards de m3 de gaz naturel (d'origine fossile) de plus qu'en 2023, une hausse de 2,8% bien au-dessus du taux de croissance moyen de 2% des années 2010 à 2020, a indiqué l'AIE sur la base de données préliminaires dans son rapport trimestriel sur le marché du gaz.
En octobre, l'AIE avait évalué la consommation mondiale de gaz à 4.200 milliards de m3 pour 2024. Selon les premières estimations, le gaz a couvert «environ 40% de l'augmentation de la demande énergétique mondiale», une part supérieure à tout autre combustible, indique l'AIE, l'agence de l'énergie de l'OCDE basée à Paris. Le gaz «continue de remplacer le pétrole et les produits pétroliers dans divers secteurs», tels que le transport routier longue distance et le secteur de la production électrique. La combustion du gaz entraîne moins de rejets de CO2 que celles du charbon et du pétrole.
«La croissance rapide des marchés asiatiques»
La demande de gaz devrait encore «augmenter en 2025, principalement grâce à la croissance rapide des marchés asiatiques», explique l'AIE qui souligne que «dans le même temps, l'équilibre gazier mondial reste fragile, l'offre demeurant serrée et les tensions géopolitiques continuant d'alimenter la volatilité des prix». L'AIE relève également que si l'arrêt du transit du gaz russe par l'Ukraine le 1er janvier 2025 «ne devrait pas constituer un risque imminent pour la sécurité de l'approvisionnement de l'Union européenne, il pourrait accroître les besoins d'importation de gaz naturel liquéfié (GNL) de l'UE et resserrer les fondamentaux du marché cette année».
Ce gaz sous forme liquide acheminé via des navires méthaniers est très convoité en Asie ainsi qu'en Europe, qui a dû compenser depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022, le manque de gaz russe, historiquement acheminé vers l'Ouest dans des gazoducs terrestres. Les importations européennes de GNL ont toutefois reculé de 18% en 2024. Les États-Unis conservent leur place de premier fournisseur pour l'Europe, malgré une baisse de la demande de 18%, suivis de la Russie dont les apports de ce gaz liquide vers l'Europe, principalement acheminés depuis le méga-champ sibérien de Yamal LNG, ont au contraire augmenté de 17%. La Belgique, la France et l'Espagne représentaient pour 85% des importations totales de GNL de l'Europe en provenance de Russie en 2024.
- energy_isere
- Modérateur

- Messages : 104836
- Inscription : 24 avr. 2005, 21:26
- Localisation : Les JO de 68, c'était la
- Contact :
Re: Le Gaz dans le monde
https://www.bfmtv.com/economie/entrepri ... 60168.htmlLa Russie va vendre du gaz à prix discount à la Chine: pourquoi c’est un danger pour l’Europe (et un camouflet pour les États-Unis)
Pierre Lann 06sept 2025 BFM Business
Le géant russe Gazprom a annoncé la construction d'un gigantesque gazoduc reliant la Sibérie à la Chine. Il devrait approvisionner l'industrie chinoise avec du gaz à prix cassé et renforcer la pression sur les entreprises européennes.
La Chine a fait l'étalage de sa puissance en organisant un défilé militaire colossal célébrant les 80 ans de la fin de la Seconde guerre mondiale, ce mercredi 3 septembre à Pékin. Accompagné par une vingtaine de dirigeants étrangers, dont Vladimir Poutine, Xi Jinping a tenté de durcir le rapport de force avec "l'Occident" et les États-Unis de Donald Trump.
Et en coulisses, Moscou et Pékin ont convenu de construire un nouveau gigantesque gazoduc. Loin d'être un détail, ce projet "est un tournant géopolitique aux répercussions mondiales", estime Tatiana Mitrova, chercheuse spécialiste de l'énergie, dans le Financial Times.
En effet, Gazprom, le géant russe de l'énergie, a annoncé le 2 septembre qu'un "accord contraignant" avait été trouvé pour concrétiser le projet "Power of Siberia 2", devant permettre d'acheminer 50 milliards de mètres cube de gaz par an vers la Chine, à partir des gisements sibériens qui alimentaient autrefois l'Europe.
Ce gazoduc aurait sensiblement la même capacité que "Nord Stream 1", construit entre la Russie et l'Allemagne, à l'arrêt depuis 2022 et l'invasion de l'Ukraine par Moscou.
À première vue, ce nouveau gazoduc fait les affaires de Vladimir Poutine, alors que l'économie de son pays se trouve actuellement en grande souffrance. Ce nouveau gazoduc pourrait compenser en partie le manque à gagner né des sanctions européennes et redonner un peu d'air à la Russie.
La Chine grande gagnante
Mais à bien y regarder, il s'agit d'une "victoire à la Pyrrhus pour la Russie", estiment Joseph Dellatte et Rosalie Klein, dans une note publiée par l'institut Montaigne. Selon ces chercheurs, la Chine, première importatrice mondiale de gaz, est la grande gagnante de l'opération.
D'abord, parce que Moscou devrait vendre son gaz à prix cassé. Le patron de Gazprom, Alexeï Miller, a annoncé à la presse russe un prix inférieur à celui pratiqué avec les pays européens.
"La Russie cherche désespérément des acheteurs pour son gaz, tandis que la Chine bénéficie de multiples options d'approvisionnement alternatives par gazoducs, notamment en provenance d'Asie centrale, et a donc pu négocier des prix à la baisse", analysent Joseph Dellatte et Rosalie Klein.
Surtout, ce gazoduc devrait renforcer la dépendance de la Russie envers la Chine, "à peine déguisée sous la rhétorique de 'l’amitié' sino-russe" selon les termes des chercheurs de l'Institut Montaigne. "Une fois Power of Siberia 2 opérationnel, la Chine absorberait les deux tiers des exportations actuelles de gaz de la Russie", notent Joseph Dellatte et Rosalie Klein.
Les termes de l'accord donnent d'ailleurs "à la Chine le droit –mais non l'obligation– de s'approvisionner en gaz russe à prix réduit à l'avenir", observe Tatiana Mitrova, spécialiste des questions énergétiques, dans le Financial Times.
La Chine répond également aux États-Unis de Donald Trump, premier producteur mondial de pétrole et de gaz naturel. Donald Trump compte notamment sur ses exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) pour booster son économie.
"Le message adressé aux exportateurs de GNL, notamment aux États-Unis qui voient la Chine comme un marché porteur dans les années 2030, est clair : la Chine aura besoin de moins de gaz, et à de meilleures conditions", estime la chercheuse Tatiana Mitrova dans le Financial Times.
Les prix du GNL pourrait donc baisser et contrarier certains projets d'investissements américains.
L'Europe grande perdante
.............................
- energy_isere
- Modérateur

- Messages : 104836
- Inscription : 24 avr. 2005, 21:26
- Localisation : Les JO de 68, c'était la
- Contact :
Re: Le Gaz dans le monde
https://www.agenceecofin.com/actualites ... -de-4-gecfGaz naturel : la consommation africaine a atteint 185 milliards m³ en 2025, en hausse de 4 % (GECF)
Agence Ecofin 29 avril 2026
Alors que près de 600 millions d’Africains n’ont pas encore accès à l’électricité et plus de 1 milliard utilisent des systèmes de cuisson rudimentaires, la progression de la consommation de gaz naturel sur le continent a été entre autres tirée par la demande résidentielle.
La consommation de gaz naturel en Afrique a augmenté de 4 % en 2025, selon un rapport publié le 31 mars par le Forum des pays exportateurs de gaz (Gas Exporting Countries Forum/GECF). Intitulé « Annual Gas Market Report 2026 », le document détaille que la consommation de ce combustible fossile sur le continent a atteint 185 milliards m3 durant l’année écoulée, contre 178 milliards m3 l’année précédente.
La croissance de la consommation est restée fortement concentrée en Afrique du Nord, l'Algérie et l'Égypte continuant de dominer la demande continentale. En Afrique subsaharienne, des progrès ont été enregistrés au Nigeria et sur d’autres marchés émergents importateurs de GNL, où de nouvelles capacités de regazéification et des projets de production d'électricité à partir de gaz ont amélioré l'accès à l'énergie, malgré des goulots d'étranglement persistants au niveau des infrastructures.
Partout sur le continent, le secteur de l'électricité a été le principal moteur de la demande de gaz naturel, alimenté par des besoins en forte hausse, une population urbaine en pleine expansion, et des efforts régionaux concertés pour améliorer la fiabilité des réseaux électriques. Alors que les pays africains s'efforcent de combler le déficit persistant en matière d'accès à l'énergie, la production d'électricité à partir du gaz naturel a consolidé la position de ce dernier dans le mix énergétique continental.
La demande industrielle a également soutenu la croissance, tirée par l'essor de secteurs à forte intensité énergétique tels que la pétrochimie et les engrais. En Afrique du Nord, la disponibilité du gaz naturel au niveau national a soutenu les pôles industriels en Algérie et en Égypte, essentiels pour stimuler les recettes d'exportation. De même, le Nigeria tire parti de ses réserves importantes pour accélérer l'industrialisation et la productivité agricole grâce à la production d'engrais.
En 2026, la consommation de gaz naturel en Afrique devrait se modérer pour atteindre 188 milliards de mètres cubes, soit une progression estimée à 1,62 % par rapport à 2025. Alors que le déploiement des énergies renouvelables s'accélère, le gaz naturel devrait conserver son double rôle de combustible de base fiable et de source d'équilibrage essentielle pour les réseaux électriques intermittents.
A l’échelle mondiale, la consommation de gaz a augmenté de 1,2 % (55 milliards m3) en 2025 pour atteindre 4217 milliards m3.
La production africaine a augmenté de 2,5 % en 2025
L'Amérique du Nord a conservé sa place de premier consommateur mondial avec 1169 milliards m3, tandis que la région Asie-Pacifique, qui a été le principal moteur de la hausse de la consommation mondiale ces dernières années, suivait avec 977 milliards m3, ce qui témoigne d'un ralentissement de sa dynamique. Viennent ensuite l'Eurasie avec 678 milliards de m3, le Moyen-Orient avec 591 milliards m3, l'Europe avec 461 milliards m3, l'Afrique avec 185 milliards m3, et l'Amérique latine & Caraïbes avec 155 milliards m3.
En 2026, la consommation mondiale de gaz naturel devrait augmenter de 1 %, pour avoisiner les 4260 milliards m3. Cette hausse devrait être portée par une reprise dans la région Asie-Pacifique et une croissance soutenue en Amérique du Nord. Toutefois, l'escalade du conflit au Moyen-Orient peut affecter ces prévisions.
Le rapport révèle d’autre part que la production de gaz naturel en Afrique durant l’année écoulée a progressé de 2,5 % par rapport à 2024 pour atteindre 262 milliards de m3, une évolution qui a inversé la tendance à la baisse observée en 2024 et permis au continent de représenter 6,2 % de la production mondiale de gaz.
Cette progression a été principalement portée par la croissance de l'offre dans les pays d'Afrique subsaharienne, notamment au Nigeria et en Angola, ainsi que par l'augmentation stratégique de la production en Afrique de l'Ouest, grâce au projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), situé sur la frontière maritime sénégalo-mauritanienne.
Il convient de noter que ces gains régionaux ont suffi à compenser les baisses enregistrées chez certains pays producteurs d'Afrique du Nord, notamment en Egypte où l'épuisement naturel du gisement de Zohr a fait chuter les chiffres. Au plan mondial, la production de gaz a augmenté de 1,2 % en 2025 pour s'établir 4232 milliards m3.
Cette évolution s'inscrit dans le prolongement d'une décennie de croissance régulière de la production mondiale, essentiellement portée par la hausse des capacités en Amérique du Nord (+3,4 %), au Moyen-Orient (+2,5 %) et en Afrique (+2,5 %). Pour 2026, le GECF s’attend à ce que la production mondiale de gaz naturel augmente de 1 %, grâce notamment à l’entrée en production de nouveaux gisements en Amérique du Nord, en Asie-Pacifique et en Afrique.