ITER, la fusion nucléaire

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Re: ITER, la fusion nucléaire

Message par energy_isere »

podcast france culture Fusion nucléaire : 1, 2, 3 Soleil 58 mn https://www.radiofrance.fr/francecultur ... il-9021803
Mercredi 23 août 2023

La fusion nucléaire est le procédé qui se produit au cœur des étoiles. Plusieurs méthodes existent pour tenter de le reproduire en laboratoire. Quels sont les enjeux de la recherche dans ce domaine ?
Avec
Alain Bécoulet Directeur de recherche au CEA, directeur de l'Institut de recherche sur la fusion par confinement magnétique
Sébastien Lepape Directeur de Laboratoire à l’Ecole polytechnique à Palaiseau
En décembre dernier, les physiciens américains ont fait une annonce majeure en matière de fusion nucléaire. Serions-nous en train de toucher du doigt une énergie propre pour demain ?
Des décennies, que l’on cherche à reproduire en laboratoire la fusion nucléaire – ce procédé qui se produit au cœur des étoiles, comme notre soleil. Maîtriser les conditions favorables à la libération de l’énergie de fusion nous permettrait — en théorie — de bénéficier d’une énergie quasi infinie, quasi propre. Une aubaine face à l’impératif de sortie des énergies fossiles. Mais représente-t-elle vraiment LA solution énergétique du futur ? Et que signifient les derniers résultats obtenus ?
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Re: ITER, la fusion nucléaire

Message par energy_isere »

Fusion nucléaire : au moins 8 ans de retard et des milliards d'euros de surcoûts pour le projet Iter

AFP le 03 juill. 2024

Coup dur pour le réacteur expérimental international de fusion nucléaire Iter, qui vise à révolutionner la production d'énergie. Victime de malfaçons, le projet aura un retard d'au moins huit ans pour sa première étape cruciale et sa facture va s'alourdir de plusieurs "milliards" d'euros.

"Il y a un retard mais nous pensons que nous faisons ce qui est bon pour atteindre l'objectif final avec plus d'attention aux risques et en minimisant le retard total", a déclaré le directeur général d'Iter Pietro Barabaschi lors d'une conférence de presse mercredi à Saint-Paul-lès-Durance, dans le sud-est de la France, où est basé ce méga-projet.

Le surcoût devrait atteindre environ 5 milliards d'euros, a-t-il précisé, pour un coût total déjà engagé estimé entre 20 et 40 milliards d'euros. Une fourchette très large car le montant exact est difficile à chiffrer, puisque beaucoup de contributions des parties impliquées dans ce projet sont en nature, selon la direction.

Défauts

Après la découverte en 2022 de défauts de fabrication sur des composants essentiels de l'imposant réacteur en cours de construction, M. Barabaschi, qui venait alors d'arriver à la tête du projet avait reçu mission des sept membres - Chine, Corée du Sud, Etats-Unis, Inde, Japon, Union européenne et Russie - d'élaborer un nouveau calendrier et un nouveau budget.

Présenté fin juin au conseil d'administration d'Iter, il prévoit notamment un retard de huit ans pour la première étape scientifique cruciale, la production du "premier plasma" de matière, indispensable à la fusion. Initialement prévue pour 2025, cette étape est reportée à au moins 2033.

Pour l'arrivée au stade "d'énergie magnétique complète", c'est à dire l'obtention stable de la pleine puissance nécessaire au fonctionnement futur du réacteur, le nouveau calendrier fixe la date de 2036, contre 2033 dans le calendrier initial, qui remontait à 2016. Un retard bien moindre que pour le "premier plasma", a insisté M. Barabaschi, insistant sur "l'objectif final".

Il a précisé avoir demandé une rallonge de "5 milliards" d'euros au Conseil d'administration, qui a accepté le nouveau calendrier, mais doit encore se prononcer sur les financements.

Une décision pourrait intervenir d'ici la fin de l'année, selon des sources internes.

La fusion nucléaire, différente de la fission utilisée dans les centrales actuelles, vise à reproduire la réaction physique à l'oeuvre dans le Soleil, et à fournir ainsi une source d'énergie présentée comme sûre et sans déchets.

Les déboires d'Iter interviennent alors que des laboratoires universitaires, mais aussi des start-up, se sont lancées dans la course à la fusion et ont annoncé ces derniers mois des avancées significatives. Mais pour M. Barabaschi, Iter a toujours toute sa place.

Le G7, dont la plupart des pays font partie d'Iter, avait d'ailleurs réaffirmé lors de son dernier sommet mi-juin en Italie l'intérêt de la fusion pour la lutte contre le dérèglement climatique.

Rendre au privé

Mais il avait aussi encouragé "la collaboration au niveau international pour accélérer le développement et la démonstration de centrales à fusion afin de favoriser les investissements privés et la participation du public".

Un déclaration dont M. Barabaschi dit se féliciter. "Nous devons rendre au secteur privé ce que nous avons pu atteindre avec des fonds publics", explique le patron d'Iter.

Et de souligner avoir récemment organisé un groupe de travail avec des acteurs du secteur privé, en se réjouissant de l'arrivée de nouveaux investisseurs. "Nos objectifs fondamentaux sont inchangés: démontrer l'intégration de systèmes pour une fusion à l'échelle industrielle", insiste-t-il.

Pour autant "nous ne devrions pas compter sur la fusion nucléaire pour résoudre les problèmes" climatiques. "Il est important de trouver des sources (d'énergie) alternatives, et à un moment la fusion jouera un rôle important. Mais ce retard ne va pas dans la bonne direction."
https://www.connaissancedesenergies.org ... ter-240703
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phyvette
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Re: ITER, la fusion nucléaire

Message par phyvette »

Des délais et budgets respectés en la matière, ça ne ferait pas sérieux.
Image Quand on a un javelin dans la main, tous les problèmes ressemblent à un T-72.

пошел на хуй пу́тин
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Re: ITER, la fusion nucléaire

Message par energy_isere »

suite de 2 posts au dessus.
Le réacteur nucléaire expérimental Iter coûtera 5 milliards d'euros de plus et sera en retard

Le réacteur thermonucléaire expérimental Iter va connaître un nouveau surcoût de 5 milliards d'euros et un glissement de son calendrier de mise en service en 2039. Les conséquences de la pandémie de Covid-19 sur la logistique et les réparations nécessaires sur des composants clés déjà livrés sont avancées par la direction de l'organisation internationale pour justifier sa nouvelle feuille de route.

Jean-Christophe Barla 08 septembre 2024

Une nouvelle feuille de route et un calendrier modifié. Les annonces faites cet été par Pietro Barabaschi, le directeur général du projet de réacteur international de fusion nucléaire (Iter), ne sont pas sans conséquence. ... abonnés
https://www.usinenouvelle.com/editorial ... d.N2217687
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Re: ITER, la fusion nucléaire

Message par energy_isere »

Projet Iter: la difficile recherche d'une énergie quasi-illimitée

AFP le 12 février 2025

Maîtriser une source d'énergie "pratiquement illimitée, propre, sûre et à un coût abordable". C'est l'objectif d'Iter, ambitieux projet de recherche international qui se heurte à des retards et surcoûts considérables et fait désormais face à la concurrence de start-ups attirées par un marché en plein essor.

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre indien Narendra Modi visitent mercredi ce chantier pharaonique, installé dans le sud-est de la France et qui vise à reproduire sur Terre la fusion nucléaire qui donne leur énergie au Soleil et aux autres étoiles.

Un projet conçu en 1985 et officiellement signé en 2006, qui réunit l'Union européenne, la Chine, l'Inde, le Japon, la Corée du Sud, la Russie, et les Etats-Unis. Le chantier est implanté sur un site de 180 hectares à Saint-Paul-lès-Durance, juste à côté du centre de recherche de Cadarache du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) français, à 70 kilomètres au nord-est de Marseille, la deuxième ville de France.

Contrairement aux centrales nucléaires actuelles, qui fonctionnent sur la fission d'atomes lourds, la fusion vise à unir deux noyaux atomiques légers pour en former un seul lourd, libérant une énorme quantité d'énergie. Les atomes fusionnés sont constituants de l'hydrogène, laissant entrevoir une matière première abondante et facile à exploiter. De quoi fournir, selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), une énergie "pratiquement illimitée, propre, sûre et à un coût abordable".

Mais pour arriver à cette réaction, il faut amener la matière à des températures très élevées, où elle se transforme en un plasma gazeux.

C'est le rôle de la machine géante en construction sur le site d'Iter, au coeur de laquelle se trouve la "chambre à vide", gigantesque boucle en forme de chambre à air de 19 mètres de diamètre et 11 mètres de hauteur où se produira la réaction de fusion.

Mais en 2022, des "non-conformités dimensionnelles" sont détectées sur les premiers modules livrés: en clair des écarts jusqu'à deux centimètres entre les parties devant être soudées entre elles. Des défauts sont également détectés sur les boucliers thermiques devant assurer leur refroidissement.

Résultat, au moins huit années de retard prévues sur le calendrier initial. Première étape cruciale, la production du "premier plasma", attendue pour 2025, est reportée à au moins 2033.

Quant au surcoût, il est estimé autour de 5 milliards d'euros, pour un coût total déjà engagé estimé entre 20 et 40 milliards d'euros. Selon la direction le montant exact est difficile à chiffrer, beaucoup de contributions des membres se faisant en nature.

Les déboires d'Iter interviennent alors que de nombreux laboratoires universitaires et start-ups se sont lancés dans la course à la fusion et ont annoncé ces derniers mois des avancées significatives.

La direction d'Iter, à laquelle les pays membres affichent toujours leur soutien, promet d'ailleurs de renforcer la coopération avec le secteur privé.
https://www.connaissancedesenergies.org ... tee-250212
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Re: ITER, la fusion nucléaire

Message par kercoz »

energy_isere a écrit : 12 févr. 2025, 08:53
Projet Iter: la difficile recherche d'une énergie quasi-illimitée

AFP le 12 février 2025

Maîtriser une source d'énergie "pratiquement illimitée, propre, sûre et à un coût abordable". C'est l'objectif d'Iter, ambitieux projet de recherche international qui se heurte à des retards et surcoûts considérables et fait désormais face à la concurrence de start-ups attirées par un marché en plein essor.

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre indien Narendra Modi visitent mercredi ce chantier pharaonique, installé dans le sud-est de la France et qui vise à reproduire sur Terre la fusion nucléaire qui donne leur énergie au Soleil et aux autres étoiles.
Kerkoz he said:
Icare aurait été plus judicieux !

On est qd même frappé de la similitude avec tous les Mythes ou religions appuyées sur des paradis promis .... nécessaire a satisfaire les inquiétudes humaine et a les faire avancer sagement en troupeaux ordonnés.
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Re: ITER, la fusion nucléaire

Message par energy_isere »

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Le président de la République Emmanuel Macron et le Premier ministre indien Narendra Modi ont visité ce mecredi le site d'ITER.
Le président de la République et le Premier ministre indien Narendra Modi se sont rendus, ce mercredi 12 février, sur le site du chantier expérimental de fusion nucléaire ITER installé dans le pays d'Aix.
https://www.laprovence.com/article/poli ... ental-iter
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kercoz
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Re: ITER, la fusion nucléaire

Message par kercoz »

C'est qd même dingue cette bande de clowns déguisés en ouvrier fluo-casqué....J'ai pas mal bossé ds ce genre de batiment, à part les cadres, personne ne mettait ces déguisements sauf en cas de manip de charges.
Le pire c'est qu'ils n'ont même pas de chaussures de sécurité !
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Re: ITER, la fusion nucléaire

Message par energy_isere »

Le cryostat construit par les Chinois arrive au site du chantier ITER :
Largest load transported along ITER itinerary

Thursday, 9 October 2025

The cryostat for ITER's magnet cold test facility has arrived at the construction site in Cadarache, southern France, following a 104-kilometre-long journey by road from the port of Berre-l'Étang, near Marseille.

Image
Image: ITER Organisation

The cryostat - into which some of the D-shaped toroidal field coils as well as PF1, the smallest of the ring-shaped poloidal field coils, will be inserted - is shaped "like a giant sardine box", the ITER Organisation said. It measures 22 metres in length and almost 11 metres in width and weighs 330 tonnes.

Equipped with an 800-horsepower power pack, the convoy carrying the "highly exceptional load" arrived at ITER in the early hours of 4 October. The cryostat - the longest and widest component so far to be transported from the port to Cadarache - had travelled along the route over the previous five nights. No ITER convoy until now has taken more than four nights to travel the route.

Image

ITER noted that as issues encountered with the vacuum vessel sectors and thermal shield piping interrupted the machine assembly sequence in 2022, "it became apparent that toroidal field coils would remain accessible long enough to allow for the creation of a cold test facility and the testing of some of the coils - ideally at least one per supplier - at 4 degrees kelvin (minus 269°C)".

The contract for the customised cryostat was signed in December 2023 with a Chinese consortium that includes the Institute of Plasma Physics, Chinese Academy of Sciences (ASIPP), and Shanghai Electric Nuclear Power Equipment Company (SENPEC). The component was ready to ship earlier this year.

The cryostat for the test facility is now stored in the former Cryostat Workshop on site, where it will be equipped with reflective "super insulation" prior to its transfer to the magnet cold test facility where systems commissioning is ongoing. "The first elements of the facility are now connected to the cryoplant and they have been operating at 4 K since last Friday," the ITER Organisation said.
https://www.world-nuclear-news.org/arti ... -itinerary
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Re: ITER, la fusion nucléaire

Message par energy_isere »

ITER : les États-Unis ont livré le cœur magnétique du réacteur à fusion

le 30 avril 2026

Au cœur de la Provence, un titan de technologie vient de recevoir sa pièce maîtresse. Après une décennie et demie de fabrication, les États-Unis ont achevé la livraison du composant le plus critique du projet ITER, relançant les espoirs d'une énergie propre et quasi illimitée.

Le projet international ITER vient de franchir un cap majeur. L'entité américaine, US ITER, a officiellement terminé ses livraisons pour le solénoïde central, l'un des systèmes les plus complexes et puissants jamais conçus pour la fusion nucléaire.


Cette pièce, fabriquée en Californie au terme de 15 ans d'efforts, est désormais entre les mains des équipes d'assemblage à Cadarache, dans le sud de la France.

L'achèvement de ce " cœur magnétique " est la condition sine qua non pour pouvoir générer et maintenir le plasma (un gaz de particules chargées porté à des millions de degrés) au sein du tokamak, la machine conçue pour démontrer la faisabilité de la fusion comme source d'énergie à grande échelle.

Qu'est-ce que ce solénoïde central, le « cœur » d'ITER ?

Le solénoïde central est un aimant supraconducteur pulsé, le plus puissant du monde, formant la véritable colonne vertébrale du système magnétique d'ITER. Il est composé de six modules empilés, atteignant une hauteur totale de 18 mètres pour 4,25 mètres de large.

Chaque module pèse plus de 122 tonnes et est enroulé avec près de 6 kilomètres de câble supraconducteur en niobium-étain. Sa fonction est double : induire un courant électrique de plusieurs millions d'ampères dans le plasma pour le chauffer puis le maintenir stable durant les expériences.

Ce titan technologique est le fruit d'un travail de longue haleine mené par General Atomics à Poway, en Californie. La fabrication de chaque module a nécessité plus de deux ans de travail minutieux.

Pour garantir la réussite de l'opération, un septième module de rechange a même été construit. Le tout est maintenu par une structure de support externe, un exosquelette, conçu pour contrer les forces électromagnétiques titanesques générées par l'aimant lui-même.

Pourquoi cette livraison est-elle si cruciale pour le projet ?

Cette livraison est un jalon absolument critique car sans le solénoïde central, il n'y a tout simplement pas de fusion possible dans le réacteur ITER. C'est lui qui donne l'impulsion initiale, le « coup d'envoi » magnétique qui va arracher les électrons aux atomes et créer le plasma.

Il est la pièce qui permet de transformer le combustible gazeux en un état de la matière spécifique (un plasma ultra chaud), nécessaire pour que les noyaux atomiques puissent fusionner et libérer une énergie colossale.

L'achèvement de cette contribution américaine, qui représente 9,1% de la participation au projet, est aussi une validation du modèle de collaboration internationale d'ITER.

La majorité des contributions ne sont pas monétaires, mais « en nature », sous la forme de composants finis. Le fait que les États-Unis aient réussi à livrer un système aussi complexe et exigeant, géré par le laboratoire d'Oak Ridge, renforce la confiance dans la capacité des autres membres (Europe, Chine, Russie, Japon, Inde, Corée du Sud) à tenir leurs engagements pour les années à venir.

Quelles sont les prochaines étapes pour assembler ce titan ?

Le travail est loin d'être terminé. Il entre maintenant dans une phase d'intégration délicate sur le site français. Cinq des six modules du solénoïde sont déjà empilés dans le hall d'assemblage.

Le sixième et dernier module, arrivé en septembre, doit être ajouté à la pile courant 2026. Une fois l'empilement achevé, une structure de compression appliquera une force colossale sur l'ensemble pour garantir sa cohésion et sa résistance.

Cette immense bobine ne sera déplacée au centre de la fosse du tokamak qu'après l'installation des neuf secteurs de la chambre à vide, une autre étape monumentale du chantier.

C'est un puzzle de proportions gigantesques où chaque pièce doit être positionnée avec une précision millimétrique. Le calendrier actualisé vise désormais une première opération, ou « premier plasma », en 2035. Un objectif ambitieux qui dépend de la synchronisation parfaite de milliers de tâches complexes.

La fusion nucléaire est-elle donc pour demain ?

Le projet ITER est une étape ambitieuse mais le chemin sera long avant de disposer d'un réacteur à fusion nucléaire exploitable. Son objectif n'est pas de produire de l'électricité pour le réseau commercial mais de servir de démonstrateur scientifique.

Il doit prouver que la fusion nucléaire est techniquement viable et peut produire un bilan énergétique net positif. Concrètement, il vise à produire 500 MW d'énergie de fusion pendant 400 secondes, en n'utilisant que 50 MW pour chauffer le plasma.

La réussite d'ITER ouvrira la voie à la conception des futures centrales à fusion, les réacteurs DEMO, qui pourraient, elles, être connectées au réseau électrique. La livraison du solénoïde central américain est donc une étape essentielle mais elle nous rappelle surtout la nature même de cette quête : une aventure scientifique et humaine au long cours, une collaboration planétaire pour tenter de maîtriser l'énergie des étoiles et préparer l'avenir énergétique de l'humanité.
https://www.generation-nt.com/actualite ... re-2074843
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