https://www.agenceecofin.com/actualites ... en-relanceTunisie : l’australien PhosCo accélère dans un secteur des phosphates en relance
Agence Ecofin 19 fev 2026
En Tunisie, l’exploitation des phosphates reste le pilier du secteur minier, lequel ne représente toutefois qu’environ 2 % du PIB national. Face au déclin amorcé depuis la dernière décennie, les autorités cherchent à relancer cette filière industrielle pour lui donner un nouvel élan d’ici 2030.
Le mercredi 18 février, la compagnie minière australienne PhosCo a annoncé son intention de lever 5 millions de dollars australiens (environ 3,5 millions de dollars américains) pour faire avancer le développement de son projet de phosphate Gasaat, en Tunisie. Cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large, marqué par la volonté des autorités tunisiennes d’accélérer la relance de la production nationale de phosphates, matières premières essentielles pour la fabrication des engrais.
Dans le détail, l’opération annoncée par PhosCo consiste en un placement d’actions auquel participent plusieurs investisseurs ciblés. À l’issue de cette transaction, dont la finalisation est prévue le 25 février, la société prévoit de disposer d’une trésorerie de 7,3 millions de dollars australiens. De quoi lui permettre, indique-t-elle, de financer les activités d’exploration, de développement et les études en cours à Gasaat.
Selon une étude économique préliminaire publiée en 2022, cette future mine devrait atteindre une capacité de production annuelle de 1,5 million de tonnes sur 46 ans, pour un investissement total de 169,5 millions USD. PhosCo prévoit de publier prochainement une version actualisée de ces paramètres, tout en réévaluant le potentiel minéral de Gasaat avec une nouvelle estimation des ressources. L’objectif affiché à travers ces étapes est de préparer à terme une étude de faisabilité bancable pour la mine.
« Nous avons obtenu des résultats de forage exceptionnels et constants, qui ouvrent la voie à la mise à jour imminente des ressources. Celle-ci contribuera à étayer l’étude de cadrage optimisée […]. Ces fonds permettront à PhosCo de passer sans difficulté de l’étude de cadrage actualisée à l’étude de faisabilité bancable », a notamment déclaré Taz Aldaoud, directeur général de PhosCo.
Contribuer à la relance de la production nationale
L’accélération des travaux à Gasaat intervient à un moment crucial pour la filière des phosphates en Tunisie. Pilier d’un secteur minier qui ne représente qu’environ 2 % du PIB, l’exploitation de cette matière première a connu un fort déclin au cours de la dernière décennie. D’une production de 8 millions de tonnes en 2010 (plaçant le pays au 5ème rang mondial à l’époque), elle est tombée à 3,6 millions de tonnes en 2023, selon l’U.S. Geological Survey.
La Compagnie des phosphates de Gafsa, principal producteur national, attribue ce déclin aux « perturbations sociales et politiques dans les villes du bassin minier après la révolution du 14 janvier 2011 ». Pour inverser cette tendance, le pouvoir tunisien a dévoilé en 2025 un plan de 5 ans visant à porter la production nationale de phosphate à 14 millions de tonnes d’ici 2030. La stratégie prévoit l’optimisation des infrastructures de production, de transformation et de transport.
PhosCo peut ainsi s’inscrire dans ce plan grâce au développement de Gasaat. D’autres projets ont également été annoncés ces dernières années, notamment Oum Lakhcheb, dont la capacité de production est évaluée à 2,4 millions de tonnes par an. Si la relance du secteur reste le maître-mot des ambitions tunisiennes, la faisabilité du plan quinquennal dépendra largement de l’avancement concret des initiatives et projets en cours.
Dans une filière industrielle où les manifestations sociales sont historiquement légion, la capacité des autorités à canaliser les tensions sera tout aussi déterminante. Le contexte est d’autant plus porteur, alors que la consommation mondiale d’engrais devrait continuer d’augmenter jusqu’en 2029 selon l’International Fertilizer Association (IFA).
Phosphate : + 700 % en 2007 !!!
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Re: Phosphate : + 700 % en 2007 !!!
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Re: Phosphate : + 700 % en 2007 !!!
La dernière fiche USGS : https://pubs.usgs.gov/periodicals/mcs20 ... sphate.pdf
plus 4.6 % de la production mondiale
Chiffres en milliers de tonnes.

le post de l' an dernier : http://www.oleocene.org/phpBB3/viewtopi ... 2#p2408342
plus 4.6 % de la production mondiale
Chiffres en milliers de tonnes.

le post de l' an dernier : http://www.oleocene.org/phpBB3/viewtopi ... 2#p2408342
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Re: Phosphate : + 700 % en 2007 !!!
https://www.rfi.fr/fr/podcasts/chroniqu ... le-cadmiumLes impacts sur le marché du phosphate des mesures contre le cadmium
RFI le : 27/03/2026
Le 25 mars 2026, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a lancé une alerte concernant la surexposition des Français au cadmium, un métal toxique et cancérigène avéré. Selon une étude récente, 98% de cette exposition proviendrait de l'alimentation. L'agence explique cette situation par l'utilisation d'engrais phosphatés en provenance d'Afrique du Nord, dont la teneur en cadmium est particulièrement élevée.
Le phosphate, composant essentiel des engrais agricoles, est extrait de roches naturelles contenant des niveaux variables de cadmium selon leur origine. Aujourd'hui, l'Europe et la France s'approvisionnent principalement auprès du Maroc, leader du marché, en raison de sa proximité et de coûts de transport réduits.
Les phosphates nord-africains, également présents en Algérie et en Tunisie, sont généralement plus riches en cadmium. Ceux importés du Maroc peuvent atteindre jusqu'à 60 milligrammes par kilogramme, soit la limite maximale fixée par l'Union européenne. Cependant, l'Anses recommande un seuil bien plus bas, à 20 milligrammes, ce qui pourrait poser problème pour les exportateurs marocains.
Des technologies existent pour réduire le cadmium dans les phosphates, mais elles restent coûteuses et nécessitent des investissements importants, risquant d'entraîner une hausse des prix des engrais. La Russie, autre acteur majeur, exportait jusqu'en 2025 près de 4 millions de tonnes d'engrais par an vers l'Europe.
Depuis juillet 2025, ces exportations sont soumises à de nouvelles taxes européennes : 6,5% du prix, plus 40 à 45 euros par tonne, avec une augmentation progressive jusqu'à plus de 300 euros par tonne d'ici 2028. Ces mesures rendent les engrais russes bien moins compétitifs.
Pourquoi ces taxes changent-elles la donne ? Parce que les phosphates russes contiennent très peu de cadmium, souvent moins de 5 milligrammes par kilogramme. Ce contraste alimente les tensions entre les principaux exportateurs, le secteur faisant l'objet d'un lobbying intense de la part de la Russie et du Maroc.
Avant ces taxes, environ 20% des exportations de l'Office chérifien des phosphates étaient destinées à l'Europe, représentant jusqu'à 40% des importations européennes. Une dépendance qui s'est encore renforcée ces derniers mois, d'autant que d'autres fournisseurs, comme la Jordanie ou l'Arabie saoudite, ont des capacités limitées. La Chine, premier producteur mondial, n'exporte plus, tandis que les États-Unis privilégient leur marché intérieur.
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Re: Phosphate : + 700 % en 2007 !!!
Les phosphates nord-africains, également présents en Algérie et en Tunisie, sont généralement plus riches en cadmium. Ceux importés du Maroc peuvent atteindre jusqu'à 60 milligrammes par kilogramme, soit la limite maximale fixée par l'Union européenne. Cependant, l'Anses recommande un seuil bien plus bas, à 20 milligrammes, ce qui pourrait poser problème pour les exportateurs marocains.
Pourquoi ces taxes changent-elles la donne ? Parce que les phosphates russes contiennent très peu de cadmium, souvent moins de 5 milligrammes par kilogramme. Ce contraste alimente les tensions entre les principaux exportateurs, le secteur faisant l'objet d'un lobbying intense de la part de la Russie et du Maroc.
Pourquoi ces taxes changent-elles la donne ? Parce que les phosphates russes contiennent très peu de cadmium, souvent moins de 5 milligrammes par kilogramme. Ce contraste alimente les tensions entre les principaux exportateurs, le secteur faisant l'objet d'un lobbying intense de la part de la Russie et du Maroc.
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Re: Phosphate : + 700 % en 2007 !!!
https://www.agenceecofin.com/actualites ... en-tunisiePhosphates : l’australien PhosCo découvre de nouveaux gisements en Tunisie
Agence Ecofin 065 mai 2026
Après une nette baisse de la production nationale depuis 2010, la Tunisie entend redonner un nouvel élan à son industrie des phosphates, avec des objectifs de relance déjà affichés. Une dynamique à laquelle pourrait contribuer la société australienne PhosCo à travers son projet Gasaat.
Mardi 5 mai, la compagnie minière australienne PhosCo Ltd a annoncé la découverte de deux nouveaux gisements sur son projet de phosphates Gasaat en Tunisie. Cette avancée vient renforcer le profil de l’actif, en contribuant à l’augmentation de sa base de ressources minérales existantes.
D’après les détails fournis, les découvertes ont été réalisées sur les prospects KM et SAB, qui ajoutent ensemble des ressources de 20,2 millions de tonnes à 20,5 % de pentoxyde de phosphore (P₂O₅). Le potentiel total de Gasaat, incluant déjà deux autres gisements, atteint désormais 166,6 millions de tonnes de minerai à 20,6 % de P₂O₅, en hausse par rapport à l’estimation précédente de 146 millions de tonnes, à teneur équivalente.
« Les nouveaux gisements KM et SAB devraient avoir un impact significatif sur la production initiale et les flux de trésorerie de Gasaat, en raison de leurs faibles ratios de décapage et de leur proximité avec l’usine de traitement projetée. Les ressources existantes, déjà importantes, ont encore augmenté, ce qui accroît la taille de Gasaat et sa durée de vie potentielle […] », a déclaré Taz Aldaoud, directeur général de PhosCo.
PhosCo Ltd prévoit désormais d’intégrer ces deux gisements dans le plan minier du projet, dans le cadre d’une étude économique préliminaire attendue au troisième trimestre 2026. Celle-ci doit actualiser une précédente évaluation qui présentait Gasaat comme une future mine d’une capacité annuelle de 1,5 million de tonnes sur 46 ans. Parallèlement, l’entreprise entend poursuivre les travaux d’exploration sur le site, où d’autres prospects laissent entrevoir un potentiel de croissance supplémentaire.
Malgré ces avancées, la perspective du développement d’une mine à Gasaat reste à préciser, PhosCo Ltd devant encore en démontrer la faisabilité économique à travers des travaux ultérieurs. La réussite d’un tel projet pourrait toutefois s’avérer déterminante, tant pour l’entreprise que pour la Tunisie, engagée dans une relance de son industrie des phosphates en recul ces dernières années.
D’une production de 8 millions de tonnes en 2010 (plaçant le pays au 5ème rang mondial à l’époque), le pays est tombé à 3,6 millions de tonnes en 2023, selon l’U.S. Geological Survey. Un plan quinquennal dévoilé en 2025 vise désormais à porter ce niveau à 14 millions de tonnes de phosphates à l’horizon 2030.
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Re: Phosphate : + 700 % en 2007 !!!
https://www.lapresse.tn/2026/05/29/tuni ... l-mondial/Tunisie : l'australien PhosCo révèle un gisement de phosphate stratégique au potentiel mondial
31 mai 2026
les gisements KM et SAB ajoutent 20.2 millions de tonnes de ressources à teneur moyenne de 20.5 % de P2O5.
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Re: Phosphate : + 700 % en 2007 !!!
sur le phosphate en tunisie...un gros potentiel de dévastation:
https://www.radiofrance.fr/franceinter/ ... ie-1134593
Derrière les engrais en France, une ville sacrifiée en Tunisie
Gabès, au sud de la Tunisie, est aujourd’hui sinistrée par l’activité d’un complexe chimique qui exploite du phosphate. Sur place, le géant de l’agro-alimentaire breton Roullier transforme ce phosphate en compléments alimentaires pour l’agriculture.
https://www.radiofrance.fr/franceinter/ ... ie-1134593
Derrière les engrais en France, une ville sacrifiée en Tunisie
Gabès, au sud de la Tunisie, est aujourd’hui sinistrée par l’activité d’un complexe chimique qui exploite du phosphate. Sur place, le géant de l’agro-alimentaire breton Roullier transforme ce phosphate en compléments alimentaires pour l’agriculture.
L'Homme succombera tué par l'excès de ce qu'il appelle la civilisation. ( Jean Henri Fabre / Souvenirs Entomologiques)
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Re: Phosphate : + 700 % en 2007 !!!
Oui, j'avais entendu parler de la pollution à Gabès en Tunisie, je ne sais pas si avec le phosphate au Maroc ils ont l'équivalent.
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Re: Phosphate : + 700 % en 2007 !!!
https://realites.com.tn/fr/phosphate-a- ... rages/amp/Tunisie: Phosphate à Kasserine : PhosCo annonce des teneurs élevées dans cinq forages
20-08-2026
La société minière australienne PhosCo Ltd a rendu publics, le 19 août 2026, les résultats de sa première campagne de forages menée sur la zone KH, dans le cadre du projet phosphatier Gasaat situé dans le gouvernorat de Kasserine. L’ensemble des cinq sondages effectués ont recoupé des niveaux phosphatés, dont plusieurs sections présentent des concentrations élevées en P₂O₅. De surcroît, la position de cette zone, adjacente au site pressenti pour l’implantation de l’usine de traitement, pourrait, selon l’entreprise, renforcer la rentabilité du projet, notamment durant les premières années d’exploitation.
Le sondage GADD-2026-35 a livré le résultat le plus remarquable, avec une intersection de 19,4 mètres de phosphate affichant une teneur moyenne de 20,66 % de P₂O₅ à partir de 81,6 mètres de profondeur. Cette section comporte notamment un intervalle de 9 mètres à 24,21 % de P₂O₅. Les quatre autres forages ont également donné des résultats probants : GADD-2026-31 a traversé 16,3 mètres à 17,68 % de P₂O₅, tandis que GADD-2026-32 a livré 19,6 mètres à 17,23 %. Les sondages GADD-2026-33 et GADD-2026-34 ont respectivement atteint 18,8 mètres à 18,83 % et 15,9 mètres à 14,03 % de P₂O₅.
Au-delà des seules données analytiques, un avantage majeur réside dans la localisation de la zone KH, distante d’environ 3,5 kilomètres du site envisagé pour l’usine de traitement. La compagnie estime que cette proximité, conjuguée à une minéralisation de type tabulaire et à un faible ratio de stériles, pourrait limiter les coûts d’extraction et de transport du minerai. Concrètement, une quantité restreinte de roches à déplacer et un acheminement court entre la mine et l’usine sont susceptibles d’alléger certaines charges opérationnelles. Il convient néanmoins de souligner qu’il s’agit, à ce stade, d’un potentiel économique identifié et non d’une rentabilité définitivement acquise.
La zone KH constitue l’extrémité septentrionale du projet Gasaat, détenu à 100 % par PhosCo par l’intermédiaire de sa filiale Himilco Pty Ltd. Le permis d’exploration couvre environ 112 km² dans la région de Kasserine et comprend plusieurs autres prospects, notamment GK, KEL, SAB, KM, DOH et GE. En mai 2026, la société avait déjà annoncé une révision à la hausse des ressources globales du projet, portées à environ 166,6 millions de tonnes de minerai avec une teneur moyenne de 20,6 % de P₂O₅, après l’intégration de nouvelles ressources sur les zones KM et SAB. Par ailleurs, des essais métallurgiques menés sur le minerai de KM avaient permis d’obtenir des concentrés à 31,4 % de P₂O₅, avec des taux de récupération compris entre 75,1 % et 83,7 %. Ces résultats ne concernent toutefois que le minerai de KM et ne peuvent être transposés automatiquement à la zone KH.
Pour la suite, PhosCo prévoit de poursuivre ses travaux d’exploration, avec le forage de reconnaissance à Sekarna North, avant une deuxième phase de sondages à DOH. Parallèlement, une étude de cadrage actualisée est attendue pour le troisième trimestre 2026. Cette prochaine étape sera déterminante pour évaluer plus précisément le potentiel économique du projet : volumes exploitables, méthode d’extraction, traitement du minerai, investissements requis et coûts de production. Les résultats de KH constituent donc une avancée notable pour le projet, mais ils ne suffisent pas encore à attester de la faisabilité définitive d’une exploitation industrielle. Pour la Tunisie, l’enjeu dépasse le seul cadre géologique : si les prochaines études techniques et économiques confirment les perspectives annoncées, Gasaat pourrait contribuer à la diversification des zones de production de phosphate dans le pays et au renforcement du potentiel minier de la région de Kasserine.
https://www.lapresse.tn/2026/08/20/tuni ... kasserine/
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Re: Phosphate : + 700 % en 2007 !!!
https://www.boursorama.com/actualite-ec ... 26b58e7e4eDes mines du Maroc aux champs européens, le défi d'engrais moins chargés en cadmium
AFP •22/08/2026
Du phosphate est extrait puis acheminé vers une zone de stockage dans la mine de phosphate à ciel ouvert de Sidi Chennane, près de Khouribga, dans l'ouest du Maroc, le 30 juin 2026 ( AFP / Abdel Majid BZIOUAT )
Dans une mine du Maroc, pays doté d'immenses réserves de phosphate, une excavatrice arrache à la terre ce minerai utilisé pour fabriquer des engrais. Une ressource stratégique au coeur des débats sur le cadmium, métal lourd toxique devenu un enjeu de santé publique européen.
Le groupe public OCP (ex-Office chérifien des phosphates), qui détient le monopole de l'exploitation des gisements marocains, affirme avoir développé une technologie permettant d'en réduire la teneur dans ses engrais.
Ce métal lourd toxique, susceptible de provoquer des atteintes rénales et un risque accru de cancers, a gagné en visibilité dernièrement en Europe. En France, les députés ont adopté en juin une proposition de loi visant à limiter l'exposition de la population au cadmium.
Le phosphate contient souvent du cadmium à l'état naturel, qui s'accumule via les engrais dans les terres agricoles puis dans les aliments. Les dépôts sédimentés depuis des millions d'années au Maroc, aux Etats-Unis ou en Tunisie présentent une concentration très élevée, contrairement à ceux d'Afrique du Sud ou Russie, selon l'Agence sanitaire française (Anses).
70% des réserves mondiales
Avec 50 milliards de tonnes, le Maroc concentre environ 70% des réserves mondiales connues de phosphates, en incluant un gisement dans le territoire disputé du Sahara occidental, revendiqué par les indépendantistes du Front Polisario.
Deuxième producteur mondial derrière la Chine, le royaume est numéro un en Afrique.
Dans la mine de Sidi Chennane, près de Khouribga (ouest), "Marion", machine géante de 3.000 tonnes, dégage les couches de terre recouvrant le phosphate.
Une fois extraite, la roche est lavée, puis exportée à l'état brut ou transformée en acide phosphorique, composant de base des engrais phosphatés, dans un complexe près de Casablanca. Selon le type de fertilisant souhaité, cet acide y est combiné à de l'ammoniac ou d'autres éléments.
L'OCP dit proposer depuis 2025 des engrais contenant moins de 20 milligrammes de cadmium par kg, soit trois fois moins que la teneur maximale (60 mg/kg) tolérée par l'Union européenne, qui est son troisième client étranger (17%), derrière l'Asie (41%) et les Amériques (31%).
Comme l'Europe n'impose pas de "suivi systématique" du cadmium dans ses importations, Bruxelles n'est "pas en mesure de vérifier" les affirmations des producteurs, a indiqué un responsable européen à l'AFP. Toutefois, ce responsable a confirmé qu'un "important producteur marocain a fait savoir qu'il a investi dans des technologies pour garantir une teneur inférieure à 20 mg/kg" dans ses engrais envoyés en Europe.
L'OCP explique avoir développé un procédé utilisant "des additifs spécifiques lors du traitement de l'acide phosphorique", permettant de "capter" le cadmium avant de "réutiliser l'acide ainsi purifié pour fabriquer les engrais".
Faris Derrij, PDG de OCP Nutricrops, filiale de l'OCP, a dit à l'AFP que son groupe a effectué "des investissements importants" pour adapter sa production face à des "approches réglementaires (qui) varient d'un marché à l'autre". Sans chiffrer ces investissements ni la teneur en cadmium de ses exportations hors Europe.
Pollution et géopolitique
Au-delà du cadmium, la filière est confrontée à d'autres enjeux environnementaux comme l'élimination des phosphogypses, résidu très polluant (métaux lourds et substances acides) résultant de la production des engrais.
L'OCP prévoit pour 2027 la construction d'un centre de stockage terrestre afin de réduire les rejets massifs effectués en mer. Le groupe mène aussi des recherches pour valoriser ce sous-produit.
Selon Sylvain Pellerin, directeur de recherche à l'institut français INRAE, une utilisation excessive des engrais phosphatés dans l'agriculture peut en outre avoir "des effets négatifs sur l'environnement" comme une "contamination des eaux" ou "l'émission de protoxyde d'azote", gaz à effet de serre.
Autre défi pour l'OCP: composer avec un contexte géopolitique qui pèse sur ses approvisionnements en matières premières, alors que "l'utilisation des engrais est à la hausse" au niveau mondial, note M. Pellerin.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, l'offre d'engrais s'est réduite, ce qui a fait flamber les prix mondiaux.
La région fournit 30% des engrais de la planète et le détroit d'Ormuz, verrouillé par l'Iran, constitue un point de passage stratégique pour le transport du soufre et de l'ammoniac, intrants indispensables à la fabrication d'engrais.
Plusieurs usines du Golfe ont suspendu ou réduit leur production, notamment au Qatar -- gros producteur d'ammoniac et d'urée (engrais très demandé) -- ainsi qu'aux Emirats, en Arabie saoudite, en Iran et Jordanie.
Sans chiffrer l'impact, Faris Derrij reconnaît que cette crise a eu "des effets sur les délais, les coûts et les flux d'approvisionnement". Même si, assure-t-il, l'OCP a réussi à "maintenir la continuité de ses opérations", grâce à ses "stocks" et sa "position géographique".
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Re: Phosphate : + 700 % en 2007 !!!
https://www.agenceecofin.com/actualites ... portationsÉgypte : 658 millions $ pour transformer le phosphate en moteur d'exportations
Agence Ecofin 21 aout 2026
3e détenteur mondial de réserves de phosphate, l'Égypte veut accélérer la transformation locale de cette ressource. Le nouveau complexe permettra de produire de l'acide phosphorique, un produit intermédiaire à forte valeur ajoutée, principalement utilisé dans la fabrication d'engrais phosphatés.
L’Égypte a posé, mercredi 19 août, la première pierre d'un complexe de production d’acide phosphorique à partir de phosphate brut extrait localement, pour un investissement de 658 millions de dollars.
Un projet industriel tourné vers les marchés internationaux
Implantée sur le plateau minier d’Abu Tartour, dans la région du désert occidental, l’initiative est porté par plusieurs entreprises publiques égyptiennes, dont Phosphate Misr, Abu Qir Fertilizers and Chemical Industries Company et Helwan Fertilizers Company. Il bénéficiera aussi de la participation des institutions financières locales comme la firme d’investissement Al Ahly Capital Holding et National Investment Bank.
L’ingénierie et la construction de l’usine ont été confiés aux entreprises chinoises de BTP China State Construction Engineering Corporation (CSCEC) et East China Engineering Science and Technology Co (ECEC). Les travaux s'échelonneront sur une durée de 30 mois.
Dans sa première phase, l’usine affichera une capacité annuelle de 250 000 tonnes d’acide phosphorique commercial à haute concentration, un composant stratégique pour l’industrie mondiale des engrais phosphatés.
La production sera principalement acheminée vers les marchés internationaux via le port de Safaga, sur la mer Rouge. Le modèle vise à générer des rentrées de devises étrangères indispensables à la stabilisation macroéconomique de l’Égypte. Sur le plan socio-économique, le complexe d’acide phosphorique devrait créer plus de 3 000 emplois directs et indirects, dynamisant ainsi l'économie locale du désert occidental égyptien.
Des réserves abondantes au service de l'industrie en aval
Présent lors de la cérémonie de pose de la première pierre de l’usine, le ministre égyptien du Pétrole et des Ressources minérales, Karim Badawi, a décrit cette installation industrielle comme l’un des principaux projets industriels visant à maximiser la valeur de la roche phosphatée égyptienne. « Ce projet reflète la stratégie du gouvernement, qui consiste à passer de l’exportation ou de l’utilisation de minerais bruts à l’établissement d’industries en aval produisant des produits à plus forte valeur ajoutée, soutenant les exportations et générant des devises étrangères », a-t-il déclaré.
Pour rappel, plusieurs autres initiatives de valorisation du phosphate ont été annoncés ces derniers mois en Égypte dans le cadre de partenariats entre des entreprises locales et des acteurs étrangers. Le conglomérat indonésien Indorama Corporation s’est ainsi allié, en avril dernier, à Phosphate Misr pour lancer un complexe industriel intégré d’engrais phosphatés et de produits chimiques. Le groupe chinois Kunming Chuan Jin Nuo Chemical a signé, en novembre 2025, un accord avec la société égyptienne El Sewedy Industrial Development pour construire une usine chimique dédiée à la fabrication d'acide phosphorique et d'engrais de types phosphate diammonique (DAP) et triple superphosphate (TSP) dans le cadre d’un investissement d’un milliard de dollars.
Avec des réserves estimées à environ 2,8 milliards de tonnes, l’Égypte occupe le troisième rang dans le classement des pays abritant les plus grandes réserves de phosphate, derrière la Chine et le Maroc, selon l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS). Sa production a atteint environ 16 millions de tonnes entre juillet 2024 et avril 2025, selon le ministère du Pétrole et des Ressources minérales.
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Re: Phosphate : + 700 % en 2007 !!!
https://www.tsa-algerie.com/phosphate-d ... -lalgerie/Algérie : Phosphate de Tébessa
Ali Idir 23 août 2026
.......................
Dans le détail, pour le projet du phosphate intégré, le groupe Sonatrach a confié le 12 août au chinois CHEC et à l’italien Saipem (filiale du groupe ENI) deux contrats stratégiques pour accélérer la réalisation du projet du phosphate intégré de Tébessa, avec l’objectif précis d’entamer l’exploitation et la production d’engrais en 2027.
Le premier porte sur la réalisation en EPC des installations portuaires à Annaba d’où l’Algérie pourra exporter son phosphate et ses engrais. Le second concerne la « réalisation en EPC des installations de transformation et de production des engrais, au niveau des sites de Bled El Hadba, wilaya de Bir El Ater et Oued El Kebrit, wilaya de Souk Ahras », a expliqué le groupe Sonatrach.
Projet phosphate intégré de Tébessa : de quoi s’agit-il exactement ?
Le Projet phosphate intégré (PPI) de Tébessa consiste en « l’extraction et l’enrichissement du gisement des phosphates de Bled El Hadba, avant leur transformation chimique ainsi que celle du gaz naturel en engrais phosphatés et azotés, au niveau du site d’Oued Keberit », explique le géant gazier et pétrolier algérien.
Le Projet phosphate intégré de Tébessa comprend deux grands complexes, un terminal portuaire à Annaba et des infrastructures (ligne ferroviaire de l’Est sur 450 km) dédiées à son transport, selon Sonatrach :
# Un complexe d’extraction et d’enrichissement de phosphate brut d’une capacité d’extraction de 5,5 millions de tonnes/an et d’une capacité globale de production de phosphate concentré de 3,2 millions de tonnes/an, au site de Bled El Hadba.
# Un complexe composé de plusieurs unités de production de 2,4 millions de tonnes par an d’engrais phosphatés et de 570.000 de tonnes par an d’engrais azotés (Urée), avec une production préalable de produits intermédiaires tels que l’acide sulfurique, l’acide phosphorique et l’ammoniac au site d’Oued Keberit.
# Des installations portuaires au niveau du port d’Annaba pour l’exportation de l’excédent en engrais.
# Les utilités et les infrastructures auxiliaires nécessaires à son exploitation.
« Ce projet revêt une importance stratégique pour l’économie nationale. Il permettra de répondre aux besoins croissants du secteur agricole national, tout en générant des volumes destinés à l’exportation via les infrastructures portuaires d’Annaba, contribuant ainsi à la création de valeur ajoutée », souligne Sonatrach.
Avec le PPI de Tébessa, l’Algérie va devenir un acteur de premier plan dans le domaine des engrais à l’échelle mondiale.
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Re: Phosphate : + 700 % en 2007 !!!
C'est quasi impossible d'acheter du NPK....sauf bien sur les agri indus que nos impots subventionnent un max .......seules les petits producteurs qui combinent animaux, maraichage et BRF peuvent s'en sortir.
L'Homme succombera tué par l'excès de ce qu'il appelle la civilisation. ( Jean Henri Fabre / Souvenirs Entomologiques)

