https://france3-regions.franceinfo.fr/p ... 07471.html"C’est 10 à 15 fois plus gros qu’un data center classique" : la contestation s’organise contre un gigantesque projet de centre de données pour l’IA
Mathieu Caillaud Publié le 27/08/2026
Le projet dédié à l’Intelligence Artificielle vient de franchir une étape décisive. Le 29 juillet, le préfet de Seine-et-Marne a autorisé la construction des premières infrastructures du site à Fouju, près de Melun en Seine-et-Marne. Mais pour ses opposants, le combat ne fait que commencer. Une mobilisation est prévue ce samedi.
"C’est le gigantisme du projet qui pose problème. C’est 10 à 15 fois plus gros qu’un data center classique." Pour Jean-François Dupont, de France Nature Environnement Seine-et-Marne, le futur Campus IA de Fouju, près de Melun, est d’abord une affaire de démesure. Le projet prévoit à terme onze data centers et jusqu’à 1 400 mégawatts de puissance électrique. Une capacité comparable à celle d'un réacteur nucléaire de type EPR. Le projet, dont l'investissement annoncé atteint 50 milliards d'euros, vient d'être autorisé par le préfet de Seine-et-Marne. Mais ses opposants veulent désormais faire monter la mobilisation.
Outre une pétition qui a recueilli plus de 50.000 signatures, une rencontre citoyenne est organisée ce samedi 29 août à l’Espace Saint-Jean, à Melun, de 10 heures à 17 heures, par le collectif Stop Campus IA. France Nature Environnement, la Confédération paysanne. Plusieurs élus doivent également y participer.
"Un non-sens écologique"
Pour les agriculteurs mobilisés contre le projet depuis la première heure, l'inquiétude est la destruction de terres agricoles. "Ce projet est un non-sens écologique", estime Pauline Isambert, élue à la Confédération paysanne Île-de-France et initiatrice de la mobilisation chez les agriculteurs.
Le campus doit occuper une emprise d'environ 90 hectares, dont 70 hectares qui sont principalement des champs céréaliers. "On est pour installer des paysans, et contre toute forme d’artificialisation", affirme Pauline Isambert.
L'enjeu est d'autant plus sensible en Île-de-France que les terres agricoles sont soumises à une forte pression foncière. Mais avant même l’annonce du projet, le schéma directeur régional d’Île-de-France prévoyait cette artificialisation de 70 hectares.
Une consommation électrique gargantuesque
Le campus doit accueillir onze centres de données destinés notamment au calcul intensif pour entraîner l'Intelligence Artificielle. Sa puissance électrique pourra atteindre à terme 1 400 MW. Le raccordement au réseau sera cependant progressif : RTE prévoit un premier palier de 240 MW d’ici fin 2027, puis 700 MW avant fin 2029, avec une infrastructure conçue pour permettre à terme une montée jusqu’à 1 400 MW.
Cette consommation est au cœur de la contestation de FNE. "Cela entraîne des risques industriels et sanitaires importants", estime Jean-François Dupont. Pour les opposants, l'autre conséquence de cette consommation massive est la chaleur produite par les serveurs.
La création d’un îlot de chaleur ?
Les équipements informatiques doivent être refroidis en permanence. Dans un premier temps, le dispositif fonctionnera principalement par air.
"La chaleur va être rejetée dans l’air, avec le risque de création d’îlots de chaleur. On estime que ces data centers vont produire l’équivalent de chaleur de 200.000 foyers. Or, Melun est à plus de 10 km, trop loin pour récupérer cette chaleur." Le porteur du projet évoque notamment des pistes de récupération pour des serres agricoles. Mais FNE estime que ces solutions ne permettront de valoriser qu'une petite partie de la chaleur produite.
Inquiétude partagée également par la Confédération paysanne : "L’Université de Cornell, en Angleterre, a mesuré qu’un data center fait monter la température de 2 degrés en moyenne toute l’année dans un rayon de 10km autour. Que dire de 11 data centers ?" Aucune étude spécifique n’est pour l’instant venue confirmer ces inquiétudes pour le futur site de Fouju.
Des PFAS et des groupes électrogènes
Autre inquiétude : le projet prévoit plus de 600 groupes électrogènes de secours, une fois les 11 data centers installés. Ils doivent garantir la continuité de l'alimentation électrique en cas de panne. Le dossier prévoit leur fonctionnement avec un carburant de type fuel et un important stockage sur le site. "Tout cela va dégager du CO2 et du bruit, sans compter le risque industriel d’incendie", affirme Jean-François Dupont.
FNE alerte également sur les fluides frigorigènes utilisés dans les systèmes de refroidissement. Selon les données reprises par l'association dans sa pétition, environ 514 tonnes de fluides frigorigènes seraient utilisées chaque année, avec une estimation de 15 tonnes de fuites annuelles de substances classées parmi les PFAS.
La question de l'eau
Pour la Confédération paysanne, le dossier pose également la question de la ressource en eau. "Dans la deuxième phase du projet, ils vont quand même pomper dans la nappe phréatique pour refroidir les machines, alors qu’on nous avait dit le contraire. C’est ce qui est prévu dans l’arrêté préfectoral", affirme Pauline Isambert.
La consommation d'eau est devenue un sujet particulièrement sensible dans une région où les restrictions peuvent être renforcées lors des épisodes de sécheresse, comme cet été. Là encore, les opposants demandent des garanties sur les volumes réellement prélevés et sur les périodes durant lesquelles ces prélèvements pourront être effectués.
Des habitants "perplexes"
Au-delà des enjeux environnementaux, Jean-François Dupont décrit une population locale encore peu mobilisée. "Les élus ont été d’accord pour soutenir le projet, au vu des retombées économiques, car on leur a promis monts et merveilles. Ce sont des petits villages, et pour les habitants, ce qui domine, c’est la perplexité et le fatalisme." C'est précisément ce sentiment que les opposants veulent tenter de faire évoluer lors de la rencontre de samedi.
La conseillère régionale Céline Malaisé, présidente du groupe Gauche communiste, écologiste et citoyenne, soutient également la mobilisation. Dans un communiqué publié le 26 août, elle dénonce un projet "hors normes" et appelle à poursuivre la contestation. Elle estime notamment que la rapidité du calendrier du projet est préoccupante et se dit prête à soutenir d'éventuels recours en justice.
"Ça va trop vite"
Pour Pauline Isambert, le problème est aussi démocratique. "Ça va trop vite et on n’a pas été concerté", affirme-t-elle. L'enquête publique s'est déroulée du 30 avril au 30 mai, soit 31 jours. Elle portait simultanément sur plusieurs volets du projet, notamment l'autorisation environnementale et les permis de construire. La commission d'enquête a finalement rendu des avis favorables sans réserve, avant l'autorisation préfectorale du 29 juillet. "L’enquête publique a été bâclée. Elle a duré un mois, c’est trop court pour un projet de cette envergure. Les habitants n’ont pas eu le temps de se rendre compte de l’ampleur et des risques du projet."
Des recours en préparation
L'autorisation préfectorale ne met donc pas un terme à la contestation. Les opposants qui envisagent des recours avec d’autres associations devant la Cour d’appel de Paris, veulent profiter de la journée de samedi pour élargir la mobilisation. "La réunion publique du 29 août va permettre de réunir ces habitants qui sont inquiets. On veut lutter contre ce fatalisme et étendre la mobilisation", explique-t-il.
Le projet, lui, est désormais entré dans une phase concrète, présenté par ses promoteurs comme une infrastructure stratégique pour développer les capacités françaises et européennes en intelligence artificielle, largement soutenu par le gouvernement. Contactés par mail, les porteurs du projet n'ont pas donné suite à nos sollicitations.
À Fouju, les opposants posent une autre question : jusqu'où peut-on aller pour développer les infrastructures de l'Intelligence Artificielle, et à quel prix environnemental ?
serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an
Modérateurs : Rod, Modérateurs
- energy_isere
- Modérateur

- Messages : 107026
- Inscription : 24 avr. 2005, 21:26
- Localisation : Les JO de 68, c'était la
- Contact :
Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an
Future ZAD en préparation ?
- energy_isere
- Modérateur

- Messages : 107026
- Inscription : 24 avr. 2005, 21:26
- Localisation : Les JO de 68, c'était la
- Contact :
Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an
https://www.usine-digitale.fr/informati ... NWVX4.htmlData centers : face à l’afflux de demandes, l’Espagne veut conditionner l’accès au réseau électrique à des critères de souveraineté numérique
L’Espagne veut profiter de l’afflux de projets de data centers pour sélectionner les infrastructures les plus vertueuses. Un projet de décret royal - soumis à consultation - prévoit d’imposer aux centres de plus de 1 MW des exigences en matière d’énergie renouvelable, d’efficacité énergétique et hydrique, mais aussi de souveraineté. Le respect de certaines exigences conditionnera leur accès au réseau électrique.
Thibault Caudron Publié le 28 août 2026
....................
- energy_isere
- Modérateur

- Messages : 107026
- Inscription : 24 avr. 2005, 21:26
- Localisation : Les JO de 68, c'était la
- Contact :
Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an
https://www.usinenouvelle.com/electroni ... QS37Y.html«C’est le plus gros contrat de notre histoire» : Bull sélectionné par l’Europe pour fournir une AI factory à 388 millions d’euros en Finlande
Le fabricant français Bull (ex-Eviden) a été choisi par l’Europe pour fournir un supercalculateur d’IA d’une valeur de 387,8 millions d’euros. Co-développée avec l’américain AMD, cette AI factory sera déployée en 2027 en Finlande. Un signal fort pour Bull, alors que l’Europe a lancé son appel à projet pour des infrastructures encore plus puissantes, les gigafactories d’IA.
Marion Garreau Publié le 31 août 2026 usinenouvelle.com
Bull (ex-Eviden) confirme sa percée sur le marché de l’IA. L’unique fabricant européen de supercalculateurs, historiquement positionné sur le marché du calcul haute performance, a été sélectionné par l’Europe* pour fournir une AI factory à la Finlande. Une machine à 387,8 millions d’euros.
«C’est le plus gros contrat de notre histoire», a réagi Emmanuel Le Roux, le directeur général de Bull, du nom de l’ancienne marque informatique française, ressuscitée à l’occasion du rachat par l’Etat en mars des activités supercalcul d’Eviden, filiale du groupe Atos.
«Ce sera la plus grosse AI factory européenne implémentée jusqu’alors, une machine plus importante encore qu’Alice Recoque», a poursuivi auprès de L’Usine Nouvelle le dirigeant, en référence au second supercalculateur exaflopique d’Europe, dont le chantier doit démarrer cette année en France et que va aussi équiper Bull.
Une infrastructure parmi les plus sobres au monde
Le supercalculateur Lumi-AI – qui sera déployé courant 2027 dans le centre de données du Centre finlandais pour la science (CSC), à Kajaani – a été conçu par Bull en partenariat avec AMD. Le groupe américain des puces, challenger du leader Nvidia, fournira les cartes graphiques (GPU) et les microprocesseurs (CPU). Preuve que sur les semi-conducteurs, la quête de souveraineté de l’Europe patine encore.
Mais la machine intégrera tout de même une nouvelle technologie de Bull, commercialisée début 2026 : le système réseau, qui permet l’interconnexion des processeurs. De quoi valider sa stratégie sur la chaîne de valeur, alors que cette brique technologique est aujourd’hui dominée par Nvidia.
Le supercalculateur Lumi-AI va également intégrer une autre technologie brevetée par Bull : son système de refroidissement liquide direct, qui utilise de l’eau chaude pour refroidir le système. De quoi augmenter la quantité de chaleur récupérable, qui viendra alimenter le réseau de chauffage urbain de Kajaani. «Alimenté exclusivement par de l’électricité renouvelable et hébergé dans une installation répondant aux normes environnementales les plus exigeantes, Lumi-AI figurera parmi les infrastructures d’IA à grande échelle les plus sobres en énergie au monde», écrit le communiqué.
Décupler la puissance de calcul disponible en Europe
Lumi-AI va permettre à l’Europe de se doter d’une septième AI factory sur son sol. Au total, le programme piloté par la structure EuroHPC, sous tutelle de la Commission européenne, doit en faire émerger 13, dans le but de décupler la puissance de calcul disponible sur le territoire et de favoriser le développement de l’IA.
Et une seconde vague doit succéder à la première : la Commission européenne a lancé en août son appel à projet afin de créer jusqu’à sept AI gigafactories, des infrastructures de calcul encore plus puissantes. Et sur lesquelles Bull espère bien se positionner, à travers différents consortiums actuellement à l’étude.
* Précisément, Bull a été sélectionné par la structure EuroHPC JU (une entreprise publique-privée créée par l’Union européenne) et par le consortium Lumi AI Factory, qui réunit la Finlande, la République tchèque, le Danemark, l’Estonie, la Norvège et la Pologne.
- energy_isere
- Modérateur

- Messages : 107026
- Inscription : 24 avr. 2005, 21:26
- Localisation : Les JO de 68, c'était la
- Contact :
Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an
https://www.usine-digitale.fr/intellige ... 4FEEY.htmlCerebras exécute son plan d’expansion en Europe : un data center de 165 MW doit voir le jour en Finlande
Cerebras donne corps à ses ambitions européennes avec la construction en Finlande d’un data center dédié à l’IA, appelé à atteindre 165 MW de capacité. Un investissement estimé jusqu’à 1,7 milliard d’euros qui confirme l’attractivité du pays, déjà largement investi par les géants du cloud et les spécialistes des infrastructures de calcul.
Célia Séramour Publié le 1er septembre 2026
Début juillet, Cerebras Systems annonçait vouloir mettre en service ses premiers data centers européens dès la fin de l’année 2026. Une montée en puissance qui doit se traduire par une implantation à la fois en France, en Norvège et en Finlande, trois pays choisis pour leur accès à une électricité abondante et décarbonée. D’ici fin 2027, l’entreprise ambitionne même d’atteindre une capacité cumulée de 200 mégawatts sur le continent.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Cerebras ne chôme pas : l’entreprise californienne vient de faire part de l’exécution d’une première partie de son plan stratégique en Finlande.
Un data center entièrement consacré à l’intelligence artificielle doit être construit à Mikkeli, dans le sud de la Finlande, développé en partenariat avec Compute Nordic Finland, entreprise norvégienne qui développe et exploite des centres de données. L’installation montera progressivement en puissance pour atteindre une capacité de calcul contractualisée de 165 MW, apprend-on. La construction de la première tranche de 50 MW a déjà commencé.
Penser long terme et local
L’accord, formalisé par une série de commandes de services assorties chacune d’une durée contractuelle de sept ans, garantit à Cerebras une infrastructure dédiée sur le long terme afin de répondre à la croissance de la demande mondiale pour sa plateforme de calcul dédiée à l’IA.
Dans le détail, Cerebras et Compute Nordic indiquent avoir conçu le site de Mikkeli dans une optique d’efficacité, avec pour priorité l’optimisation de sa consommation d’électricité et d’eau. L’installation doit donc recourir à des systèmes de refroidissement en circuit fermé, qui permettent de réutiliser l’eau au lieu de puiser continuellement dans le réseau municipal. Le campus est également conçu pour permettre la récupération de la chaleur fatale, afin de transformer l’énergie thermique produite par les infrastructures de calcul en une ressource pour la collectivité environnante.
Outre les ressources redistribuées, Cerebras affirme que la construction bénéficiera également à la région de Mikkeli en « générant d’importantes recettes et des emplois pérennes ». Selon les estimations réalisées, le projet représentera un investissement compris entre 1 et 1,7 milliard d’euros et devrait soutenir entre 80 et 250 emplois directs permanents et générer entre 0,8 et 2,5 millions d’euros de recettes annuelles au titre de la taxe foncière.
La Finlande, terre promise des data centers IA
Au-delà du projet de Cerebras, la Finlande accueille depuis un certain temps les initiatives en matière d’intelligence artificielle. En mars dernier, c’est le neocloud Nebius qui avait fait part de la construction à venir d’une usine d’IA de 310 MW à Lappeenranta. Un projet qui fait suite à l’extension récente de son premier data center finlandais à Mäntsälä, passé de 25 MW à 75 MW.
Autre projet, autre dimension : l’IT Center for Science implanté à Kajaani en Finlande se prépare à accueillir un système appelé LUMI-AI avec l’objectif de décupler la capacité en matière d’IA et de presque doubler la capacité de calcul haute performance de l’infrastructure LUMI actuelle (un premier système est opérationnel depuis 2021). Le projet, porté par Bull, est financé par la coentreprise EuroHPC et un consortium d’Etats membres à hauteur de près de 400 millions d’euros.
Les géants du cloud et neoclouds occupent le terrain
D’autres acteurs ont fait le choix ces dernières années d’établir leur camp de base en Finlande, à l’instar d’Equinix - dont l’un de ses sites est loué par Groq -, DNA, Google, Microsoft, Nscale, TikTok ou encore Verne.
Au total, la Finlande accueillerait 126 installations ou projets répartis entre 42 opérateurs, selon Data Center Map, mais ce total comporte un biais puisqu’il additionne des centres opérationnels, plusieurs bâtiments d’un même campus et des projets encore très préliminaires.
Le pays se place en outre légèrement en avance sur le sujet par rapport à la Suède (122 installations comptabilisées), la Norvège (112) et le Danemark (90). Des chiffres qui offrent un aperçu assez juste d’un écosystème plutôt dense de centres de données pour le Nord de l’Europe.
- energy_isere
- Modérateur

- Messages : 107026
- Inscription : 24 avr. 2005, 21:26
- Localisation : Les JO de 68, c'était la
- Contact :
Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an
https://france3-regions.franceinfo.fr/p ... 09745.html"Tout ça consomme de l'électricité" : l'enquête publique démarre pour le nouveau méga data center prévu dans cette friche industrielle de Marseille
L'un des plus importants projets de data center à Marseille est en gestation sur le site de l'ancienne usine Saint-Louis Sucre dans le 15e arrondissement. Sur ce terrain initialement acquis pour y installer la future cité du cinéma, Edge Energy va édifier un data center. Les travaux devraient débuter au printemps 2027 pour une mise en service fin 2028. Une aubaine en terme d'activité que les riverains ne voient pas tous d'un bon œil à quelques jours de la consultation publique.
Ce nouveau data center, qui pourrait voir le jour en même temps que la cité du cinéma serait par ses dimensions l'un des plus importants de Marseille. Un sujet sensible dans la deuxième ville de France, alors que les serveurs informatiques gagnent du terrain . En effet, depuis dix ans, une dizaine d'entre eux a poussé comme des champignons dans toute la ville. Celui envisagé sur l'ancienne friche industrielle de l'usine Saint-Louis Sucre, à l'abandon depuis 15 ans, serait un bâtiment de 6.400 m² d'emprise au sol, sur trois niveaux.
L'impact environnemental des data centers
Ces centres de données numériques sont régulièrement décriés car très gourmands en eau pour refroidir les serveurs. Un argument que réfute Edge Energie, soutenant que ce nouveau projet est à haute performance environnementale. Selon Guillaume Zaimeche, directeur de projet Edge Europe chez Edge Energy : "Notre entreprise utilise un système de refroidissement par boucle d'eau glacée, en circuit fermé. Nous ne consommons pas d'eau, nous remplirons la boucle qu'une seule fois." Une eau qu'il faudra rafraîchir avec de l'électricité supplémentaire. Le réchauffement climatique, une problématique inhérente au fonctionnement des data centers. "La chaleur dégagée par les serveurs hébergés dans les bâtiments peut, soit être dissipée dans l'air, soit utilisée pour alimenter un réseau de chaleur urbain. Aujourd'hui on sait qu'il y a un réseau de chaleur urbain qui est prévu, mais il faut maintenant qu'on attende que ce projet-là soit engagé et qu'un concessionnaire réseau soit établi", ajoute Guillaume Zaimeche.
Consultation publique jusqu'au 24 novembre 2026
Les riverains, eux, regrettent l'absence de concertation préalable alors que les habitations ne sont qu'à quelques mètres. Ils pourront exprimer leur désapprobation lors d'une consultation publique qui se terminera le 24 novembre 2026. "Il n'y a aucun data center de Marseille dont la chaleur est récupérée, déplore Patrick Robert, le président du CIQ de l'Estaque Gare et vice-président de la fédération des CIQ du 16e arrondissement de Marseille.
Les gérants des data-centers disent tous que la chaleur émise sera récupérée, que ça ne fera pas de bruit, que ça ne chauffera pas... Mais on sait que ça consomme, et ça, ils ne le nient pas, la consommation électrique !
Patrick Robert, vice-président de la fédération des CIQ du 16e arrondissement de Marseille
France 3 Provence-Alpes
Les 15e et 16e arrondissements de la cité phocéenne concentrent la plupart des data centers de Marseille. La ville occupe en effet une place stratégique avec 18 câbles sous-marins qui la relient à 57 pays dans le monde. Une place de "hub" qui explique l'émergence de nombreux projets de data centers dans la cité phocéenne.
- energy_isere
- Modérateur

- Messages : 107026
- Inscription : 24 avr. 2005, 21:26
- Localisation : Les JO de 68, c'était la
- Contact :
Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an
https://www.usinenouvelle.com/electroni ... NEA7M.html«Un retournement de veste pathétique» à quelques semaines des élections de mi-mandat : au Texas, les républicains s’opposent aux datacenters après les avoir soutenus
Au Texas comme ailleurs aux Etats-Unis, les républicains s’éloignent de la ligne pro-IA de Donald Trump et demandent de la fermeté contre les datacenters.
Publié le 5 septembre 2026
Il y a moins d’un an encore, le gouverneur républicain du Texas Greg Abbott rendait hommage à son Etat, qualifié d’«épicentre du développement de l’intelligence artificielle (IA)». Désormais, alors qu’il est candidat à sa réélection, l’élu appelle à des mesures de fermeté contre les datacenters, et il n’est pas le seul. A travers le pays, les membres du «Grand Old Party» s’éloignent de la ligne pro-IA du président Donald Trump, alors que les élus démocrates surfent sur une vague d’opposition aux datacenters à quelques semaines des élections de mi-mandat en novembre.
Des candidats républicains d’au moins cinq Etats, dont le Michigan, le Wisconsin et la Pennsylvanie, ont adopté un discours plus critique vis-à-vis des datacenters, proposant même des restrictions sur leur développement et créant une ligne de rupture dans le parti. Ce débat «oppose les instincts de relance économique et la volonté de battre la Chine dans la course à l’IA à une réaction populiste liée au pouvoir d’achat», selon Brad Dayspring, stratège républicain chez Purple Strategies.
Le changement de ton est net au Texas, cet Etat conservateur, riche en pétrole et qui s’est réinventé ces dernières années pour devenir un haut-lieu de la tech. Des terres immenses et une réglementation favorable aux entreprises ont attiré les géants de la tech comme SpaxeX d’Elon Musk et Oracle.
Même dans cet Etat frontalier avec le Mexique, l’opinion publique s’est détournée des datacenters, accusés d’être énergivores en électricité et en eau, de pollution lumineuse et de ne pas générer assez de rentrées fiscales ou d’emplois pour justifier les aides locales. Seules 30% des personnes interrogées pour une étude d’opinion du Texas Politics Project en août soutenaient la présence des datacenters.
«Arriérés et pauvres»
Les géants du secteur essaient de contrer le scepticisme ambiant en dépensant plus de 300 millions de dollars avant les élections de mi-mandat, selon des registres électoraux, des déclarations d’entreprises et de comités, dans une campagne de séduction auprès du grand public.
Greg Abbott appelle à mettre en place de nouvelles régulations, demande la suppression des avantages fiscaux pour la construction de datacenters et des restrictions sur leurs développements en zone rurale. Un audit d’Etat qu’il a appelé de ses voeux le 3 août a de fait suspendu les autorisations de nouveaux raccordements au réseau électrique. Le procureur général républicain Ken Paxton, impliqué dans une élection sénatoriale serrée, a également haussé le ton contre l’IA, dévoilant le mois dernier un projet qui permettra aux Etats-Unis de rester compétitifs tout en stoppant l’«impact négatif des datacenters», selon son équipe de campagne.
La volte-face de Greg Abbott et Ken Paxton les place en position délicate vis-à-vis du président républicain Donald Trump. Ce dernier a averti dans une publication sur son réseau Truth Social que ceux qui combattent les datacenters risqueraient de terminer «arriérés et pauvres». Le Parti républicain minimise la fracture avec le locataire de la Maison blanche. «Nous allons conseiller à nos candidats de faire ce qui est le mieux pour eux et leurs communautés», explique Natalie Baldassarre, attachée de presse nationale du Comité national républicain. «Il ne s’agit pas d’une approche unique valable pour tous.»
Le combat de la saison électorale
Le Texas, l’un des marchés les plus porteurs pour les géants de la tech, abrite notamment le campus phare Stargate d’OpenAI à Abilene.
Autrefois, pour Ken Paxton, les datacenters étaient synonymes de création d’emplois et de croissance économique. En tant que sénateur du Texas, il a voté en 2013 en faveur d’un avantage fiscal qui a permis le développement des datacenters dans le Texas. En février, les conseillers locaux du comté de Hood ont sollicité l’avis de Ken Paxton afin de savoir s’ils disposaient de l’autorité légale nécessaire pour suspendre temporairement la construction de centres de données. Six mois plus tard, cette demande est toujours en attente, selon le site Internet du procureur général.
L’opposant démocrate James Talarico accuse Ken Paxton d’opportunisme politique. «Il a peur que ses liens avec les entreprises de datacenters lui fassent perdre l’élection, donc il tente un retournement de veste pathétique», a-t-il lancé dans un communiqué.
L’équipe de campagne du procureur général n’a pas répondu à ces critiques mais a accusé son rival d’avoir accepté l’argent des géants de la tech et d’avoir voté en faveur d’un allègement fiscal favorable aux datacenters lorsqu’il était sénateur de l’Etat du Texas en 2023. «C’est un hypocrite qui est acheté et payé par ses donateurs milliardaires des régions côtières», a tancé l’équipe de campagne de Ken Paxton.
Le fait que les deux candidats tentent de se présenter comme des populistes qui tiennent tête aux donateurs fortunés montre, selon les observateurs, à quel point la donne a changé. Les Républicains notamment, qui se sont longtemps présentés comme les défenseurs du monde de l’entreprise, reconnaissent qu’«il est important de mettre de la distance avec les entreprises de la tech derrière ces datacenters», fait remarquer David Karol, politologue à l’université du Maryland.
Opposée à Greg Abbott dans la course au poste de gouverneur, la démocrate Gina Hinojosa estime que les datacenters sont devenus «le combat de cette saison électorale». «Tout le monde sait que cette pause sur l’approbation de développements de nouveaux datacenters se termine le 4 novembre, au lendemain de l’élection», a-t-elle déclaré dans une interview.
Eduardo Leal, attaché de presse de la campagne d’Abbott, a déclaré dans un communiqué que le gouverneur «a donné pour consigne aux autorités de régulation texanes de veiller à ce que les centres de données ne prélèvent pas l’eau dont les collectivités ont besoin ni l’électricité nécessaire au réseau texan (...), de réduire les coûts d’électricité pour les consommateurs et de financer leurs propres infrastructures électriques».
- energy_isere
- Modérateur

- Messages : 107026
- Inscription : 24 avr. 2005, 21:26
- Localisation : Les JO de 68, c'était la
- Contact :
Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an
https://www.usinenouvelle.com/electroni ... NEA7M.html«Un retournement de veste pathétique» à quelques semaines des élections de mi-mandat : au Texas, les républicains s’opposent aux datacenters après les avoir soutenus
Au Texas comme ailleurs aux Etats-Unis, les républicains s’éloignent de la ligne pro-IA de Donald Trump et demandent de la fermeté contre les datacenters.
Publié le 5 septembre 2026
Il y a moins d’un an encore, le gouverneur républicain du Texas Greg Abbott rendait hommage à son Etat, qualifié d’«épicentre du développement de l’intelligence artificielle (IA)». Désormais, alors qu’il est candidat à sa réélection, l’élu appelle à des mesures de fermeté contre les datacenters, et il n’est pas le seul. A travers le pays, les membres du «Grand Old Party» s’éloignent de la ligne pro-IA du président Donald Trump, alors que les élus démocrates surfent sur une vague d’opposition aux datacenters à quelques semaines des élections de mi-mandat en novembre.
Des candidats républicains d’au moins cinq Etats, dont le Michigan, le Wisconsin et la Pennsylvanie, ont adopté un discours plus critique vis-à-vis des datacenters, proposant même des restrictions sur leur développement et créant une ligne de rupture dans le parti. Ce débat «oppose les instincts de relance économique et la volonté de battre la Chine dans la course à l’IA à une réaction populiste liée au pouvoir d’achat», selon Brad Dayspring, stratège républicain chez Purple Strategies.
Le changement de ton est net au Texas, cet Etat conservateur, riche en pétrole et qui s’est réinventé ces dernières années pour devenir un haut-lieu de la tech. Des terres immenses et une réglementation favorable aux entreprises ont attiré les géants de la tech comme SpaxeX d’Elon Musk et Oracle.
Même dans cet Etat frontalier avec le Mexique, l’opinion publique s’est détournée des datacenters, accusés d’être énergivores en électricité et en eau, de pollution lumineuse et de ne pas générer assez de rentrées fiscales ou d’emplois pour justifier les aides locales. Seules 30% des personnes interrogées pour une étude d’opinion du Texas Politics Project en août soutenaient la présence des datacenters.
«Arriérés et pauvres»
Les géants du secteur essaient de contrer le scepticisme ambiant en dépensant plus de 300 millions de dollars avant les élections de mi-mandat, selon des registres électoraux, des déclarations d’entreprises et de comités, dans une campagne de séduction auprès du grand public.
Greg Abbott appelle à mettre en place de nouvelles régulations, demande la suppression des avantages fiscaux pour la construction de datacenters et des restrictions sur leurs développements en zone rurale. Un audit d’Etat qu’il a appelé de ses voeux le 3 août a de fait suspendu les autorisations de nouveaux raccordements au réseau électrique. Le procureur général républicain Ken Paxton, impliqué dans une élection sénatoriale serrée, a également haussé le ton contre l’IA, dévoilant le mois dernier un projet qui permettra aux Etats-Unis de rester compétitifs tout en stoppant l’«impact négatif des datacenters», selon son équipe de campagne.
La volte-face de Greg Abbott et Ken Paxton les place en position délicate vis-à-vis du président républicain Donald Trump. Ce dernier a averti dans une publication sur son réseau Truth Social que ceux qui combattent les datacenters risqueraient de terminer «arriérés et pauvres». Le Parti républicain minimise la fracture avec le locataire de la Maison blanche. «Nous allons conseiller à nos candidats de faire ce qui est le mieux pour eux et leurs communautés», explique Natalie Baldassarre, attachée de presse nationale du Comité national républicain. «Il ne s’agit pas d’une approche unique valable pour tous.»
Le combat de la saison électorale
Le Texas, l’un des marchés les plus porteurs pour les géants de la tech, abrite notamment le campus phare Stargate d’OpenAI à Abilene.
Autrefois, pour Ken Paxton, les datacenters étaient synonymes de création d’emplois et de croissance économique. En tant que sénateur du Texas, il a voté en 2013 en faveur d’un avantage fiscal qui a permis le développement des datacenters dans le Texas. En février, les conseillers locaux du comté de Hood ont sollicité l’avis de Ken Paxton afin de savoir s’ils disposaient de l’autorité légale nécessaire pour suspendre temporairement la construction de centres de données. Six mois plus tard, cette demande est toujours en attente, selon le site Internet du procureur général.
L’opposant démocrate James Talarico accuse Ken Paxton d’opportunisme politique. «Il a peur que ses liens avec les entreprises de datacenters lui fassent perdre l’élection, donc il tente un retournement de veste pathétique», a-t-il lancé dans un communiqué.
L’équipe de campagne du procureur général n’a pas répondu à ces critiques mais a accusé son rival d’avoir accepté l’argent des géants de la tech et d’avoir voté en faveur d’un allègement fiscal favorable aux datacenters lorsqu’il était sénateur de l’Etat du Texas en 2023. «C’est un hypocrite qui est acheté et payé par ses donateurs milliardaires des régions côtières», a tancé l’équipe de campagne de Ken Paxton.
Le fait que les deux candidats tentent de se présenter comme des populistes qui tiennent tête aux donateurs fortunés montre, selon les observateurs, à quel point la donne a changé. Les Républicains notamment, qui se sont longtemps présentés comme les défenseurs du monde de l’entreprise, reconnaissent qu’«il est important de mettre de la distance avec les entreprises de la tech derrière ces datacenters», fait remarquer David Karol, politologue à l’université du Maryland.
Opposée à Greg Abbott dans la course au poste de gouverneur, la démocrate Gina Hinojosa estime que les datacenters sont devenus «le combat de cette saison électorale». «Tout le monde sait que cette pause sur l’approbation de développements de nouveaux datacenters se termine le 4 novembre, au lendemain de l’élection», a-t-elle déclaré dans une interview.
Eduardo Leal, attaché de presse de la campagne d’Abbott, a déclaré dans un communiqué que le gouverneur «a donné pour consigne aux autorités de régulation texanes de veiller à ce que les centres de données ne prélèvent pas l’eau dont les collectivités ont besoin ni l’électricité nécessaire au réseau texan (...), de réduire les coûts d’électricité pour les consommateurs et de financer leurs propres infrastructures électriques».