https://lemarin.ouest-france.fr/shippin ... 7f3066b99bJustice : des militants Greenpeace condamnés après leur manifestation contre un méthanier au Havre
Mardi 1er octobre, le parquet du Havre a requis 5 000 euros d’amende contre cinq militants de Greenpeace qui avaient participé à une manifestation, en septembre 2023, contre l’arrivée du terminal méthanier flottant « Cape Ann », opéré par Totalénergies.
Des militants Greenpeace avaient bloqué l’entrée au port du Havre au premier « Cape Ann » en septembre 2023. | ÉRIC HOURI
avec AFP. Publié le 01/10/2024 Le marin
Les faits remontent à septembre 2023. Une quinzaine de militants Greenpeace avaient tenté de bloquer l’entrée au port du Havre au premier méthanier regazéifieur de France, le FSRU Cape Ann, opéré par Totalénergies. Le mardi 1er octobre, le parquet du Havre a requis 5 000 euros d’amende contre cinq militants de l’organisation défenseuse de l’environnement. La relaxe a été requise contre un photographe et un vidéaste, journalistes indépendants, présents sur une embarcation destinée à la presse lors de l’opération. Au total, cinq semi-rigides avaient été dépêchés ce jour-là.
Les sept prévenus étaient poursuivis pour non-respect d’un arrêté préfectoral maritime restreignant la navigation dans la rade du port du Havre et non-respect de la convention anti-collision pour des faits d’abordage.
Confondus par leurs vêtements marins
Le 18 septembre 2023, plusieurs militants de Greenpeace avaient participé à une action non violente pour tenter de s’opposer à l’entrée dans le port du Cape Ann, méthanier de 283 mètres d’une capacité de 145 130 m3 de GNL.
Selon Greenpeace, l’exploitation de ce terminal n’était pas nécessaire au vu de l’approvisionnement en gaz naturel de la France et de son impact sur le changement climatique. Des plongeurs avaient déployé une banderole + de gaz = chaos climatique et des militants à bord d’un semi-rigide avaient peint la mention gas kills sur la coque du méthanier, pendant que des kayaks tournaient sur le plan d’eau.
Les sept prévenus avaient été interpellés après leur retour au port, à quai ou en ville, confondus par leurs vêtements marins. Tous ont reconnu leur participation à cette action.
Le substitut du procureur du Havre, Alexandre Kling, a requis la relaxe totale pour les deux preneurs d’images, et 5 000 euros d’amende et une interdiction de paraître de deux ans au port du Havre pour les cinq autres prévenus avec plus 2 000 euros avec sursis, concernant le non-respect de l’arrêté préfectoral. Il demande par ailleurs la relaxe pour toutes les poursuites d’abordage à l’exception du pilote d’un semi-rigide. Cette cause noble ne permet pas une mise en danger , a prévenu le magistrat.
5 000 euros pour une action militante c’est très sévère et très rare , a relevé l’avocat des militants, Alexandre Faro, qui s’indigne surtout des deux ans d’interdiction de paraître au port. Cela porte une atteinte disproportionnée à la liberté d’aller et venir alors qu’il n’y a aucune volonté de réitération , a-t-il poursuivi.
« Un processus de criminalisation »
C’est ubuesque, a réagi Clara Gonzales, juriste pour Greenpeace France auprès de l’AFP. Nous sommes dans une nouvelle ère de la répression militante. »
La responsabilité collective n’existe pas, c’est au parquet de démontrer les preuves de l’infraction, or on manque d’éléments matériels pour mettre en cause le pilote qui ne se trouvait pas à côté du Cape Ann , selon elle.
Je suis inquiet pour l’avenir de ma profession, a déclaré à la barre un photographe. Je dois prendre de plus en plus de précautions pour témoigner de la marche du monde , a-t-il ajouté.
Ce terminal méthanier est ici pour décompresser le gaz de schiste américain, le méthane émis et l’extraction ont un pouvoir réchauffant plus important que le CO2, a pour sa part expliqué un militant chargé de la sécurité sur le bateau médias. L’État devrait combattre le réchauffement climatique, le Cape Ann va à l’encontre de cette lutte .
Deux autres militants, arrêtés dans la zone du port de voyageurs, seront jugés ultérieurement. Le jugement a été mis en délibéré au 10 décembre.
Et les ONG type Greenpeace et WWF dans tout cela ?
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https://www.aa.com.tr/fr/france/trois-h ... es/4060597Trois heures d’arrêt, 805 000 euros réclamés : EDF chiffre l’intrusion de Greenpeace à Gravelines
EDF réclame 804 958 euros à Greenpeace France et à douze militants entrés en 2024 dans la centrale nucléaire de Gravelines, une demande dénoncée par l’ONG et critiquée par un rapporteur spécial de l’ONU
Serap Doğansoy 17 Septembre 2026
EDF a réclamé jeudi 804 958 euros à Greenpeace France et à douze militants de l’organisation qui s’étaient introduits en octobre 2024 dans l’enceinte de la centrale nucléaire de Gravelines (Nord), lors d’une audience sur intérêts civils devant le tribunal correctionnel de Dunkerque.
L’électricien demande 289 958 euros au titre du préjudice matériel, 500 000 euros pour préjudice moral et 15 000 euros de frais d’avocat. Son avocat, Benjamin Grundler, a justifié ces demandes par la « mise sous cloche » de la centrale pendant trois heures, qui aurait retardé le redémarrage d’un réacteur.
La décision doit être rendue en décembre.
Greenpeace juge ces montants « démesurés » et accuse EDF de chercher à « attaquer l’association au portefeuille ». Selon l’ONG, les réparations réclamées par l’électricien après quatre actions menées dans les centrales de Cruas, Flamanville, Tricastin et Gravelines dépassent au total trois millions d’euros.
L’audience intervient quelques jours après la publication de courriers adressés à la France et à EDF par Michel Forst, rapporteur spécial des Nations unies sur les défenseurs de l’environnement. Celui-ci a qualifié les sommes réclamées dans l’affaire de Gravelines d’« exemple flagrant » de mesure destinée à « persécuter, pénaliser et harceler » les militants écologistes. Il a demandé à EDF de retirer son action civile ou, à défaut, de réduire significativement ses demandes.
Dans son communiqué, Greenpeace présente l’intrusion comme une action non violente destinée à alerter sur les risques de submersion marine pesant sur la centrale et sur le projet de construction de deux réacteurs EPR2 dans une zone exposée à la montée des eaux.
L’ONG rappelle que plusieurs réacteurs ont été arrêtés à deux reprises durant l’été en raison de méduses obstruant les systèmes de refroidissement. Elle cite également un avis de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection faisant état de risques de submersion, d’inondation, de tassement et de liquéfaction des sols sur ce site construit sur un polder.
Selon une cartographie publiée par Greenpeace, l’ensemble du site pourrait temporairement se retrouver sous le niveau de la mer en 2100 et en 2120. EDF prévoit néanmoins d’y construire deux EPR2, dans le cadre du programme français de relance du nucléaire.
https://www.lavoixdunord.fr/1738135/art ... gravelines