ABC a écrit :GillesH38 a écrit :
dans l'esprit du piquiste moyen, qui voyait un prix durablement élevé, non. D'ailleurs c'etait le meme argument utilisé par les terraplatistes : ce que vous dites est faux, puisque le prix elevé augmentera durablement aussi les réserves accessibles, ça reculera beaucoup le pic.
Je ne vois pas très bien le lien entre les deux positions. Le point de vue piquiste qui considère que le prix doit rester élevé, ce qui est très logique, puisque lorsque l'offre est diminuée, la demande doit l'être, et que la seule solution pour que ce soit le cas, c'est que le prix augmente jusqu'à ce que la demande diminue.
oui, logique , jusqu'a ce que le mécanisme ait fonctionné et que la demande soit redevenue inférieure à l'offre ! ce qui finit par arriver nécessairement , les stocks ne pouvant pas baisser indéfiniment.
Le point de vue terreplatiste, c'est que le prix agira en même temps sur l'offre et sur la demande, donc que l'offre augmentera avec le prix....
Là, tu rejoint le raisonnement terreplatiste

: c'est parce qu'une augmentation du prix entraîne une augmentation de l'offre que celle-ci croît jusqu'à ce que le coût marginal de production soit égal à ce prix.
justement; le raisonnement de la 2e phrase oublie la moitié de la première, c'est que le prix élevé agit sur l'offre ET LA DEMANDE. Il suffit de faire un petit dessin (si c'est pas clair, je le posterai) pour voir que le prix d'équilibre est l'intersection entre une courbe descendante (la demande en fonction du prix) et une courbe montante (l'offre en fonction du prix). La dépletion n'agit pas directement sur la courbe de la demande, mais elle agit sur la courbe de l'offre : à prix constant, on peut produire moins de pétrole, ou réciproquement, il faut un prix plus élevé pour en produire autant. Ceci signifie que la dépletion fait BAISSER la courbe (croissante ) de l'offre en fonction du prix. Or graphiquement, on voit tres bien que dans ce cas , le point d'intersection se déplace vers une PRODUCTION DECROISSANTE et un PRIX CROISSANT. L'effet de la baisse de la demande est supérieur à l'effet de l'augmentation de l'offre : en fait celle-ci ne fait qu'atténuer partiellement la baisse de l'offre à prix constant, mais ne l'annule pas complètement.
Donc contrairement au raisonnement terraplatiste, la hausse du prix ne correspond pas à une augmentation de l'offre, mais juste à une mitigation de la baisse, le point résultant baissant quand meme.
Il n'y a qu'une manière d'obtenir une augmentation de la demande ET du prix, c'est monter aussi la courbe de la demande encore plus vite que la courbe de l'offre. Ce qui signifie en réalité que le monde devrait s'enrichir suffisamment vite pour faire plus que compenser la baisse de l'offre, c'est à dire pouvoir se payer un pétrole de plus en plus cher tout en produisant de plus en plus de richesses;
Mais pourquoi ça se passerait comme ça? pourquoi devrions nous devenir de plus en plus riche au fur et à mesure que l'énergie devient de plus en plus coûteuse? la seule manière de faire ça, c'est des gains de productivité technique qui seraient assez rapides pour faire plus que compenser le surcoût énergétique, mais il n'y a aucune raison que ça se produise, en tout cas , ce n'est aucunement garanti et ce n'est pas un mécanisme générique de l'augmentation du prix de l'énergie, bien au contraire !!
Dans le cas d'une limitation géologique de production, il n'y a pas de raison que le coût de production dicte le prix. Pour le comprendre, il suffit d'imaginer une société vivant dans un endroit où les ressources en eau seraient strictement limitées, bien que très accessibles. Quel en serait le prix?
très accessible et strictement limitée, signifie en réalité que le prix est bas à faible volume produit, puis augmente très rapidement quand on cherche à dépasser une certaine limite (un genre de courbe de diode...). Le point de fonctionnement serait quelque par dans la montée, quand le coût marginal équilibrerait la demande, c'est à dire quand l'eau devient suffisamment chère pour que personne n'en demande plus. Si la demande est assez faible , l'intersection se fera au prix faible de production à bas volume (et dans ce cas, on aura l'impression d'une abondance d'eau et la limite n'est pas un probleme). Quand on commence à explorer la montée, le prix augmente et on commence à sentir la limite en parlant de "pénurie".
Après la hausse de 73, il n'y a qu'une légère baisse lors des années qui suivent, même lors de la crise des années 74-75. Après le pic de prix de 79, il y a une baisse continue du prix qui va retomber à un niveau pré-choc pétrolier vers le milieu des années 80. Seulement:
1) Il n'y a rien qui ressemble à une division par 4 ou 5 en quelques mois comme celle que nous avons vécu.
2) La baisse des prix continue après la reprise de 83, et se trouve donc très peu liée à la crise. D'ailleurs la raison de cette baisse est connue: à la fois les efforts des pays consommateurs pour économiser l'énergie, et la mise en œuvre de nouveaux champs en Alaska et en Europe du Nord(ici c'est donc le scénario terreplatiste qui a fonctionné, car on n'était pas à la limite géologique)
pour la comparaison avec les chocs précdents, je pense
* que l'origine des chocs n'etait pas la meme
* que les mécanismes financiers n'etaient pas non plus les meme. Je pense que la finance mondiale est constamment en train d'essayer de "casser le thermomètre" en montant des produits financiers de plus en plus compliqués, et c'est justement dû à une vision (fondamentalement erronée) que TOUS les problemes sont financiers et peuvent etre évités par une organisation financière appropriée. Ca provoque une cascade de mécanismes ingénieux censés éviter les crises précédentes... et ne faisant qu'en provoquer de nouveaux types.
La crise des subprimes n'a pas eu lieu avant parce qu'il n'y avait pas de subprimes. Si on ne les avait pas monté, il est tout à fait possible que la crise aurait plus ressemblé aux précédentes : l'économie aurait subi une inflation plus forte et plus précoce, et le coût du baril serait monté moins haut avant la récession... et aurait donc aussi moins descendu

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Est-ce sûr? Tout dépendra de la durée de cette crise. En effet, si on suppose que le "pic théorique", c'est à dire la maximum sans tenir compte de la conjoncture économique se situe entre 2010 et 2015, alors deux scénarios sont possibles. Si on a droit à une récession de courte durée(ce qui devrait être le cas selon ton point de vue), il n'est pas exclu du tout que le prochain pic soit plus haut que celui de 2008. Par contre, une crise de plusieurs années (comme le Japon des années 90-2000, ce qui est exclu si on suit ton raisonnement) ferait du pic de 2008 le sommet absolu.
non, je ne fais pas de diagnostic sur l'ampleur et la durée de la crise, parce que ça dépend de phénomènes économiques et financiers tres complexes que personne ne maitrise ! il est effectivement probable qu'on en ait pour plusieurs années, et que du coup la dépletion empeche de remonter dans le futur au niveau de 2008 (notons que pour l'AIE, le pic aurait d'ailleurs eu lieu plutot en 2007, mais ça joues sur des pouillèmes).