Devenson a écrit :(le graphique proposé par Cholsu provient d'un post présenté sur le site TheOilDrum.
http://www.theoildrum.com/story/2006/8/ ... 92662#more )
Je suis régulièrement les discussions de TOD sur le sujet : le plateau actuellement constaté depuis mai 2005 est-il le signe que nous avons atteint le peak-oil ? Une majorité des intervenants le pense.
Ca me paraît douteux également. J'ai déjà écrit ici que l'imminence du Pic physique se traduirait par une augmentation continue du prix du pétrole, jusqu'à atteindre la valeur de 100 USD/bbl (ou meilleure valeur), à laquelle le CTL devient compétitif, et stabilise le prix à cette valeur - et pour longtemps. Ce n'est pas ce que nous constatons, avec un prix presque stable à 75 USD alors que nous sommes en train de passer le pic annuel de consommation "caniculesque".
La hausse des prix est probablement plus en rapport avec la lente prise de conscience qu'un tel déficit puisse survenir.
Sans doute, mais aussi la réelle crainte de l'interruption d'approvisionnement de la part de l'un ou l'autre des gros pays producteurs : Ahmadinejad et Bush sont les alliés objectifs du pétrole cher.
Cela justifie que les prix se repositionnent à des niveaux largement supérieurs. On peut alors imaginer que la hausse des prix se poursuive jusqu'à ce qu'une destruction de la demande rétablisse des capacités de production inutilisées jugées suffisantes (rien de très original). Vous me direz que cela ressemblera beaucoup à un peak-oil, financier celui-là ! Les paris sont ouverts : le peak-oil sera-il d'abord géologique, géopolitique ou financier ?
Nous avons déjà eu un mini-peak oil financier en 1980, avec destruction de la demande et fléchissement du PIB ; à cette époque, notre intensité énergétique était plus élevée. Il est intéressant de constater que la pente de consommation est plus faible après qu'avant 1980.
A l'instant même, nous avons sans doute le même Pic financier, avec un triplement momentané du prix du pétrole ; ce triplement commence tout juste à manifester ses effets négatifs sur le PIB.
Une chose m'a frappé dans la lecture du bouquin de Simmons sur l'attitude de l'Arabie Saoudite (et je suppose des autres pays du golfe). Ce pays ne produit pas n'importe comment et ne cherche pas systématiquement à faire le maximum d'argent. Au contraire il essaie de planifier à long terme et utilise les meilleures techniques afin de maximiser la production et les revenus qu'il en tire.
J'ai lu des choses diverses sur ce point : au début des années 80, au moment où l'URSS commençait à tirer de grandes recettes du pétrole, les USA ont "pesé" sur leurs amis Saoudiens pour qu'ils produisent plus ; c'est ce qui a provoqué la rechute des cours que nous connaissons, et contribué, de façon très indirecte, à l'effondrement des recettes Soviétiques, puis du Mur. (le Mur, le Pic, manque plus que le Trou...)
De plus, même le plus obtus des "experts" admettra maintenant qu'il est très possible que les prix du baril augmentent encore substantiellement dans les mois et années à venir. Cela a pu également venir à l'esprit des saoudiens.
Dans les années, certainement ; dans les mois qui viennent, si le PIB US fléchit de façon visible, et si les troubles au M-O ne s'aggravent pas, le prix va redescendre en dessous de 60 USD/bbl. Quand on lit les directeurs de SASOL, qui devraient sauter de joie à chaque augmentation d'un dollar, on constate qu'ils sont très circonspects sur la pérennité de la hausse actuelle.
Déduire (comme le font beaucoup à TOD) que le monde est au pic parce que la production de l'Arabie Saoudite a entamé son déclin irrémédiable me semble extrêmement prématuré.
En effet ; et cela d'autant plus que la visibilité sur ce pays est proche de zéro.
Ce qu'il nous faut vraiment, ce sont des indicateurs sérieux de l'imminence du Pic. Je propose :
- augmentation continue du prix du pétrole, malgré un fléchissement réel du PIB US
- disparition totale d'investissements dans le raffinage
- nationalisation de la totalité des réserves connues.