Initial Public Offerings
IPO Market Parties Like It’s 1999
(titre du Wall Street Journal d'où son tirées mes infos)
Si l'année 2020 est profondément affectée par un virus, c'est aussi une année record pour les entrée en bourse. Aux Etats-Unis, les IPO ont déjà levé $95 milliards de dollars, ce qui en fera l'année la plus fructueuse depuis 2000, puisque le record était en 2014 avec $96 milliards (principalement grâce à AliBaba). Attention, quand je parle de levée de fonds, je ne parle pas de la valeur d'entrée en bourse de ces IPO, mais bien du cash qu'elles obtiennent à travers leur IPO.
Et on va très probablement battre les records de 1999 et de 2000 dans les 3 prochains mois. Il faut dire que la pandémie a déplacé certains besoins vers le numérique (vidéoconférences, etc.) ce qui a exacerbé tout le secteur qui se trouvait déjà dans un emballement. L'argent levé est essentiellement dans le domaine de la santé, des technologies... et de la finance par le procédé par lequel ces entreprises entrent en bourse.
En effet, un secteur a pris beaucoup d'importance récemment, les SPAC. Je l'avait évoqué plus haut avec Wirecard, mais c'est une façon d'entrer en bourse pour une entreprise privée qui le souhaite en fusionnant avec une sorte de coquille vide (SPAC) qui a déjà été listée et levé des fonds. Cette procédure offre plusieurs avantages, dont le fait que l'entreprise ne doit pas fournir d'information au gendarme des bourses américain (SEC) pour l'entrée en bourse.
Toutes ces joyeusetés financières montrent à quel point il y a beaucoup de capitaux dans le système qui cherchent à être placés dans une économie où les perspectives de rendement des placements traditionnels font défaut. Même Warren Buffet s'y est mis avec son placement dans l'IPO de Snowflake.
And with low interest rates limiting returns on traditionally safe investments like bonds, investors are looking for ways to make money wherever they can.
Tout le monde suit le même mouvement dans une trop faible diversité de secteurs. La question reste entière de savoir si on est face à un schéma de plus en plus risqué et en pleine théorie du plus grand fou, un grosse bulle quoi. Ce n'est pas pour rien que le titre de l'article du WSJ fait référence à 1999... Mais on n'est pas non plus comme en 2000 où le marché des capitaux s'était asséché. Certains signes laissaient penser que c'était le cas il y a une année... Mais très vite, la FED avait réagi par ses injections fin 2019. Cette année encore, à cause de la crise, la FED a procédé à de nouvelles injections financières, et poursuit sa politique de taux à 0% et de rachats d'actifs, ce qui alimente le système en capitaux.
Dans une situation où c'est la FED qui joue en quelque sorte le rôle du plus grand fou, les risques sont très faibles que la bulle éclate. Même lorsque certaines valeurs s'embourbent dans une fraude et chutent, ça ne peut pas faire s'écrouler le reste. A moins que ça vienne d'un très gros acteur, évidemment. Le buzz a donc encore de beaux jours devant lui, et on risque d'atteindre des niveaux encore plus stratosphériques.
https://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q ... S07WEoDwsA
(Le lien google permet de lire l'article normalement)