Et oui ! Revenons qq années en arrière. Le pétrole était en augmentation constante (le prix,

pas la production, ou si peu). Les investissements étaient énormes. Si j'en crois le fil idoine on parle (parlait ?) de 100 G$ et plus pour Kasaghan. Beaucoup de producteurs avec d'énormes besoins financiers (Vénézuela, Algérie, Russie ...) pompaient comme des malades en essayant d'investir un max. Sans parler des Canadiens avec leurs merdouilles bitumeuses (1 Mb/j puis 2 prévus en 2013 et 4 en 2020) le tout, là encore, à coup de milliards d'investissements.
De plus, les occidentaux, Bush en premier, demandaient (exigeaient ?) une augmentation de la production pour calmer les prix. Les pays sus-nommés auraient bien voulu augmenter la production et engranger quelques G$ supplémentaires. Problème : ils étaient au taquet.
Et, malgré ces investissements et la volonté d'engranger des dollars on a constaté que la production était globalement stagnante à 1 Mb/j près. Il y a eu certes un décollage en juillet 2008. On connaît la suite ...
J'en déduis donc (et je ne suis pas le seul

) que les anciens champs en production ont globalement un taux de déclin important tout juste compensé sur la période 2004-2008 par des investissements énormes.
Maintenant, ces investissements se réduisant comme une peau de chagrin et le déclin accéléré des champs existants se poursuivant (Mexique, Mer du Nord, USA ...) je ne vois pas comment l'offre pourra rebondir quand la demande repartira à la hausse.
Tout du moins si on tient compte d'un facteur essentiel : le temps.
C'est cela le plus important. Vu la difficulté d'exploitation des "nouveaux pétroles" (deep-offshore, arctique et autres merdouilles) il faut plusieurs années entre le moment où on décide d'investir et celui où on sort les barils. Typiquement 5 ans pour sortir 1 Mb/j au Brésil (Tupi et ses frères) si j'en crois le fil.
Question : si l'économie repart, quelle sera le "gap" à combler en quantité et en temps ? A mon avis, trop important : du coup les prix vont monter, monter pour "calmer" la demande ce qui produira une nouvelle récession.
Allons plus loin : supposons donc que la demande remonte et que les investissements (en dizaines ou centaines de milliards de dollars) reprennent, avec une production conséquente prévue 5 ans après. Si le scénario indiqué se produit : augmentation vertigineuse des prix (la spéculation amplifiant le phénomène : on connait !) puis récession et chute tout aussi vertigineuse du baril que deviendra le retour sur investissements ?
Du coup, les "politiques" supplient d'investir ! Mais les investisseurs sont frileux et on les comprend : ce sont leurs milliards qu'ils risquent.
Ce raisonnement, je pense que les détenteurs de capitaux capables d'investir l'ont fait bien avant moi. Du coup, ils envisagent un cours plutôt bas : dans les 40-50$ le baril. Ce qui exclut donc d'investir dans le pétrole difficile (qui demande au moins 70-80$ le baril). Par exemple, on se gaussait de Desmarets (PDG de TOTAL) quand il annonçait un pétrole "bientôt" à 40$. Ou encore, on se demandait pourquoi Exxon (numéro un mondial) n'investissait pas pas dans ce pétrole difficile se contentant d'engranger des bénéfices plantureux. On a la réponse.
C'est d'ailleurs ce raisonnement que j'avais fait il y a 3 ans pour "prédire" un baril à 150$, provoquant ou accompagnant une récession, peu importe (

pour Gilles et Aerobar), puis le baril à 30$.
Et je pense que ce scénario va se renouveler.
J'oubliais le scénario alternatif

: la crise est sans fin et l'économie mondiale plonge au rythme de la production pétrolière avec un baril au final pas trop cher.