ABC a écrit :
Euh, tu n'as jamais entendu parler de la fonction exponentielle?
si justement, on est OBLIGE d'avoir une croissance exponentielle pendant le XXI siecle pour arriver à ça, ce qui veut dire que c'est INCOMPATIBLE avec une crise proche de l'énergie (ce qui est absolument évident dans tous les scénarios du GIEC où l'énergie consommée par habitant ne cesse d'augmenter dans tous les cas de figure, seule l'intensité carbonée diminue eventuellement, mais pas dans les scénarios les plus réchauffistes : dans ces scénarios on ne manque jamais vraiment de fossiles !)
J'ai soulevé la question de l'inertie climatique en visant ton estimation de la sensibilité climatique à partir du réchauffement climatique attribuable aux +100 ppm. Ce que tu réponds me parait hors-sujet.
ah oui j'avais promis une petite analyse de l'influence de la sensibilité climatique, j'ai posté un truc sur realclimate mais il a été un peu buggé par mon emploi des ">" et de "<" qui ont été pris pour des balises HTML :( (et une transformation bizarre et involontaire de mon nom qui m'a valu de me faire sermonner par Gavin ...

)
en première approximation, je suppose que l'inertie climatique peut se représenter par une équation de relaxation linéaire au lieu d'une réponse instantanée au forçage. Classiquement, ça donne une équation
dT/dt = - (T-Teq(t) ) /tr
où Teq est la température d'équilibre qui peut varier selon les forçages et tr le temps de relaxation.
On peut représenter la température d'équilibre comme Teq(t) = To + A F(t) avec le même esprit d'approximation linéaire où F(t) est le forçage et A la sensibilité climatique.
Pour le forçage lui meme, si on suppose une dépendance logarithmique par rapport à la concentration en CO2 et une croissance exponentielle de ce CO2, ça donne un terme en ln [1+A exp(kt)] ce qui est assez bien représenté par deux parties , une à peu près nulle tant que t est petit devant 1/k, et linéaire croissante après. Le temps de "bascule" est celui où le forçage devient prédominant, qui serait vers les années 1970. Je prend donc un forçage nul avant 1970 et croissant linéairement après 1970 , ce qui correspond bien à l'indice NOAA
http://www.esrl.noaa.gov/gmd/aggi/aggi_2008.fig3.png
On est donc finalement réduit à une équation assez simple
T = To constante avant (ça ne reproduit bien sur pas les fluctuations naturelles)
dT/dt = - (T-To- C.t ) /tr après
où C est une constante
La solution est (assez) simple et analytique comme tous les matheux savent bien
T(t) = To +C.tr (t/tr-(1-exp(-t/tr))
bon là je sais que ceux pour qui "équation différentielle" est un terme n'évoquant que des concepts très vagues décrochent, mais je continue pour les autres
cette équation a des traits assez simples
pour t << tr, en développant l'exponentielle, on trouve une évolution quadratique de la température
T = To + Ct^2/2tr
et donc une croissance LINEAIRE de la pente
puis pour t>>tr où la relaxation a eu lieu, la croissance n'est plus que linéaire , comme le forçage, et la pente est constante.
Que constate-t-on? ben après les années 70, la pente lissée a bien augmenté plus ou moins linéairement, mais ça semble saturer depuis 2000. Ce qui est curieux parce que ça voudrait dire que le temps de relaxation est autour de 30 ans, ce qui est plus faible que ce que disent les modèles sauf erreur. Et dans ce cas MEME avec une croissance exponentielle du CO2 la température ne croitrait que linéairement à cause de la dépendance logarithmique en CO2. Mais linéairement à 0,2°C par décennie, ça fera jamais que 2°C à la fin du siècle.
Si au contraire le temps de relaxation est bien plus long et on a une grande inertie climatique "dans les tuyaux", alors on devrait etre encore dans la phase quadratique et la pente devrait augmenter linéairement... ce qui n'est pas observé. Pourquoi? mystère...
peut etre que la pente de la période 1970-2000 a été fortement contaminée par des oscillations naturelles... mais alors la vraie pente est plus faible. Dans tous les cas l'absence d'accélération de la pente depuis 2000 (meme une pente constante ça ne suffit pas) semble indiquer une faible sensibilité.
Meteor explique qu'en brulant toute les réserves connues, on arrive grosso-modo vers 2°C, ce qui signifie que selon son estimation, on n'a pas besoin de largement plus pour dépasser ces mêmes 2°C.
si tu veux dire passer de 2°C à 2,1°C, c'est sur, on n'a pas besoin de largement plus. Mais pour passer à 4°C, faut quadrupler la production de CO2 vu la dépendance logarithmique...
Toutes les estimations anticipent une hausse des températures plus importantes sur les terres que sur les mers, la différence entre le RC sur l'Europe et celui global n'a donc rien de surprenant.
2 choses
* je ne suis pas sur que le RC soit ASYMPTOTIQUEMENT plus important sur les terres que dans l'océan dans les modèles, l'effet peut n'etre que temporaire à cause d'un temps de relaxation plus court (voir equation précédente)
* curieusement, le réchauffement des océans a été PLUS RAPIDE que celui des terres dans les années 1900-1940. Pas expliqué (et mal reproduit) par les modèles à ma connaissance.