C'est bien gentil d'annoncer 12 Mb/j de production en 2017, mais il va aller où ce pétrole ? A moins qu'ils aient l'intention de le bruler dans le désert pour le fun, faudra bien l'exporter, et les infrastructures existantes sont pas du tout à la hauteur !
Concrêtement ils ont deux ports donnant sur le golfe persique, à Basra (Bassorah) et Khor Al amaya. Le premier a une capacité de 1600 kb/j et il est question de la tripler. Le deyuxième est plus petite (700 b/j).
Basra est ici (notez les bateaux sur le flanc à l'époque des clichés) Pour y accéder, les pétrliers doivent remonter le Chatt El Arab (estuaire commun du tigre et l'Euphrate), dont une rive est iraquienne, l'autre iranienne ! Autant dire que stratégiquement, c'est un point sensible. Basrah est capable de charger des pétroliers de très grande taille (le chatt el arab a été aménagé pour permettre leur passage).
Khōr el amaya est un terminal offshore, c'est à dire un point d'amarrage en mer, relié à la cote par un pipeline, avec un tanker captif sert de réservoir, et transfère le brut dans les pétrolier. Il est à 40 km de la cote. Ces deux infrastructures sont actuellement loin de pouvoir donner leur capacité nominale, il faudrait les réparer.
Coté pipeline, un seul est en fonctionnement. Le Kirkuk Ceyhan, qui débouche en Turquie sur la méditerrannée (évitant ainsi la navigation dans le golfe et le canal de suez, et d'arriver plus près de l'europe), pour 1 Mb/j (capacité nominale 1.6). Les pipelines sont rouillés méchemment, les tubes vont être changé dans les années qui viennent.
Donc une fois ces trois infrastructures réparées et remis à leur capacité maximale, l'iraq pourrait envoyer 3.9 Mb/j en théorie.
Vers l'ouest il y a un pipe qui traverse la syrie et débouche à tripoli au liban : capacité nominale 0.7 Mb/j, mais il est complètement hors service, il faudrait quasiment le reconstruire. Un accord en ce sens a été signé en 2007 avec des russes, mais semble tombé à l'abandon. Il y avait aussi dans les années 80 un pipe (IPSA) qui passait par l'arabie saoudite. il débouchait à Yambu, sur la mer rouge. Capacité 1.65 Mb/j. Il n'a fonctionné que quelques années, fermé à la première guerre du golfe en 1991 (ironie : il avait été construit à cause de la guerre contre l'iran!). L'Iraq avait financé sa construction en entier, mais les saoudiens l'ont confisqué en 1991 (le considérant comme domage de guerre) et il sert désormais au pétrole saoudien.
Il y a des projets pour construire de nouveaux pipelines :
* Un part la Jordanie, débouchant sur son port d'aqaba (mer rouge), capacité 500 000 b/j. au passage, il alimenterait la jordanie.
* Un deuxième par la turquie, partant de Majoon (1 Mb/j)
* Deux par la syrie, pour les pétroles léger et lourd (1.25 + 1.5 Mb/j)
Les projets par israel semblent totalement passés aux oubliettes (sans doute pour ne pas "froisser").
Ces projets pourraient faire 4.25 Mb/j de capacité supplémentaires mais tout sont encore en discussion. Pas un seul coup de pioche n'a été donné sur ces chantiers.
Si à court terme ils peuvent s'en sortir par la reconstruction des infrastructures existantes, dans quelques années ils pourraient bien buter sur la capacité d'exportation !
L'iraq compte dépenser 50 milliards de dollars sur les pipelines dans les années qui viennent. Même si l"'argent est là, ces projets mettent du temps, ils peuvent buter sur les complications politiqus.
Autre goulot d'étrangelement : les quantités d'eau à injecter dans les gisements de pétrole. Pour les gisements de la pointe sud du pays, on peut utiliser de l'eau de mer, il "suffit" de dépenser quelques milliards à construires des tubes pour çà. Mais au centre et au nord du pays, àa va être plus compliqué. Pas question de gaspiller de la précieuse eau douce, il faudra sans doute pomper dans les aquifères salins.
Autre point : l'électricité. La production de pétrole en demande beaucoup, elle représente déjà 10% de la consommation en iraq, et le pays constamment des coupures d'électricité. Pour augmenter la production de pétrole, il faudra donc construire de nouvelle centrale électriques, et renforcer le réseau.
Il y a aussi les questions des infrastructures générales (routes, voies ferrées pour acheminer le matériel lourd nécessaire aux transports), de la sécurité (des attentats incessants peuvent retarder n'importe quel projet), de la main d'oeuvre qualifiée... Bref beaucoup de facteurs qui me font douter que l'iraq puisse vrauiment produire autant et aussi vite, même en prenant les estimations de réserves pour argent comptant.