GillesH38 a écrit : 01 sept. 2020, 07:21
bien sur que non tu ne t'en contentes pas, le PV n'a jamais fait économiser de pétrole ni de fossiles. A commencer parce que ton EROEI est calculé en utilisant plein de technologies à bases de fossiles bon marchés pour les construire.
Bien sûr que si, le PV fait économiser du fossile. Par exemple, l'Allemagne a beaucoup réduit sa consommation avec une part croissante d'ENR, et n'a pas augmenté massivement sa consommation d'énergie. Le charbon allemand n'a pas été consommé ailleurs, à ma connaissance. Même si de nouvelles mines sont ouvertes (et succite des fortes contestations), l'extraction est en baisse. ça aurait été plus simple de tourner au charbon, pourtant.
Ci-dessous, un petit graphique pour illustrer ça. Un problème est que sur ce graphique, on parle en % et non en valeur globale. Pour la valeur globale, on trouve des graphiques qui s'arrêtent en 2012, 2014...et il s'est passé beaucoup depuis dans ce pays. Considérez donc que la consommation n'a pas augmenté significativement.
Production brute d'électricité en Allemagne

edit : on comprend pas bien mais on devine dans l'ordre : hydraulique, ?? (ENR), biomasse, éolien, PV, nucléaire, gaz, lignite, charbon, ??, ??
EDIT 2 : suivant la page wikipédia d'où est extrait le graphique :
"La production brute d'électricité s'est élevée en 2019 à 605,6 TWh, en recul de 5,0 %, issue à 44,2 % des centrales à combustibles fossiles "
Donc, la proportion de charbon baisse dans un ensemble lui-même en baisse. En 2020, le recul sera encore plus marqué avec la pandémie calmeuse.
Ce qu'on peut repprocher aux ENR en Allemagne c'est de n'avoir pas permis une baisse de capacité de production fossile, 100GW. Ce sur quoi Jancovici insite, et ça a un cout de maintenir les centrales. Pas dramatique à mon avis.
Il me semble bien qu'une partie des centrales à charbon allemandes sont là en renfort du réseau européens en cas de vague de froid, à commencer par les consommateurs français, elles constituent les centrales de derniers recours. Cela ne va pas forcément perdurer, parce que les hivers sont moins froid, et/ou ou mettra en oeuvre des moyens de limitation de la demande pur réduire les ultimes pointe de demande, ou plus généralement de la tarification dynamique de l'électricité.
Après, on peut reprocher bien des chose à l'Allemagne. Le fait de bruler moins de charbon est peut-être d'abord motivé pour réduire la pollution locale (mais si c'est ça , il devrait y avoir beaucoup plus de consommation de gaz, ce qui n'est pas le cas). On peut repprocherde grosses voitures, avoir mis la priorité sur la fin du nucléaire et pas le charbon. Mais on peut au moins dire qu'il y a moins de charbon brulé avec le déploiement d'ENR.
Dans un autre registre, en France, le maximum de consommation de pétrole date d'avant le nucléaire et a été largement au-dessus de ce qu'il est aujourd'hui (110Mtep)
Sinon, quand je mentionne un EROI 5 ou 7 ou 12, c'est en considérant que toute la chaine aurait été mis en ENR.
Là, on n'a pas les moyens de faire des calculs. Les technologies ne sont pas encore au point.
Pour le moment, l'extraction de minerai, puis transformations primaires et secondaires se fait avec des énergie fossiles, comment pourrait-il en être autrement? Le monde actuel tourne sur les fossiles.
On ne va pas fabriquer 1 ha de panneaux, les positionner près des mines et des usines pour collecter assez d'énergie pour fabriquer un autre ha de PV, recommencer pour en faire 4, etc.Juste pour le fait de dire : "l'énergie solaire permet un fonctionnement autonome". ça demanderait de construire les électrolyseur pour produire les carburant de synthèse, des machines spécialement pour fonctionner à ce carburant de synthèse. On est pas en train de démanteler une planète pou faire une sphère de Dyson (
https://ieet.org/index.php/IEET2/more/dvorsky20120329 ), on en est pas encore là, soyons plus pragmatiques.
Evidemment, faire une électrolyseur, une machine d'extraction, un usine qui peut marcher au solaire JUSTE pour prouver qu'on peut être tout ENR, ça ne se tient pas économiquement ni même peut-être énergétiquement. ça serait de la production en microsérie, ça couterait une fortune. ça n'a pas d'intérêt.
Les véhicules à carburant de synthèse, avec les électrolyseurs ENR arriveront dans les mines, quand ils seront généralisé au reste de l'économie.
Pour le moment, ce qui est à retenir, c'est que, l'énergie (fossile) pour mettre en oeuvre des éoliennes et des panneaux solaires reste beaucoup plus faible que celle que produisent ces dispositifs. Le fait de passer à 100% ENR ne nécessite pas une absurde consommation supérieur, ce qui générerait une divergence de consommation absurde.
Le support restera un moment fossile. Mais des technologies finissent par s'éteindre et ça prend plus ou moins de temps.
Quelles quantité de matériaux en oeuvre pour faire un système renouvelable ? par rapport à ce qui est consommé aujourd'hui? quelle proportion peut être recyclé? Combien d'énergie pour recycler les matériaux, combien on économise en se basant sur des matières recyclées au lieu de matière neuve (oui, la deuxième génération de matérielle est déjà à prendre en compte ), voilà des choses intéressantes à estimer. Et pas en considérant "toute chose étant égale par ailleurs" comme le fait Jancovici, parce que toute choses ne seront pas égales.
Voilà à réfléchir au lieu de tout balayer en disant "ça ne marche pas de façon autonome pour l'instant, ça se tient pas"
donc tu considères qu'on peut atteindre le même niveau de vie sans utiliser du tout de fossiles ?
Là je ne sais pas. Il est certain qu'il faut réduire la voilure dans un premier temps. On ne peut pas dire si on peut repartir en se basant sur les ENR. après avoir pensé que non, je suis revenu sur mon point de vue : l'énergie solaire arrive en abondance, sur des terres stériles pour lesquels une artificialisation (mettre du PV) à grande échelle ne semble pas beaucoup compromettre les équilibre écologiques. La matière principale pour un panneau basique, c'est du silicium qui ne manque pas.
Reste des métaux spéciaux pour le PV, les électrolyseur, l'électronique, dont je ne peux estimer les quantités.
cela est à considérer. Concernant le "coût" en euros, je ne lui voit pas de pertinence. Le cout du PV a largement baissé, changeant beaucoup la donne . On a un minimum théorique d'énergie, de matière à mettre en oeuvre, et quand on massifie, on se rapproche de ce minimum théorique. Le temps de travail, et donc le cout en euro, tend à diminuer aussi.
Il faut donc considérer la faisabilité physique essentiellement d'un tel projet.
Sur le fait de réduire la voilure, en terme de consommation, j'ai disserté par ailleurs en disant : arrêtons les avions de masse. si c'est quelque chose d'important d'aller très vite à des milliers de km, et qu'on arrive à faire des avions à carburant de synthèse, alors on le fera. Sinon, des avions, on s'en passera, et ceux qui veulent vraiment découvrir la Chine prendront le train et feront pas l'aller-retour en 2 semaines.
Là, pour la relance pandémie, on a parlé d'avion à hydrogène en 2035. Je dis : peut-être. Mais d'abord ne pas nuire.
Est ce que tu connais une seule énergie non fossile qui soit "autonome" , c'est à dire qui puisse etre construite de A à Z de façon économiquement soutenable sans utiliser de fossiles dans sa fabrication, et si oui, laquelle ?
Les énergie fossiles ne sont pas autonome au départ. Il a fallu des bras humains pour sortir les premiers charbons et pétroles. J'imagine que le pétrole au début était porté à dos d'âne, ou dans des trains à charbon.
On aurait pu abandonner dès le début l'extraction de charbon en se disant que ça demande trop d'effort pour ce qu'on en tire. D'ailleurs, on ne savait pas mesurer bien à l'époque, 18ème siècle. Ce n'est que dans la décennie 1840 que Joule mène l'expérience qui lui permet de trouver l'équivalence entre travail et chaleur (plus précisément, chauffage d'eau et énergie potentielle de pesanteur).
Le nucléaire dépend du fossile pour l'extraction d'uranium (1% de l'énergie contenu), brulage de charbon pour faire des milliers de tonnes béton...ce n'est certainement pas une raison pour dire : le nucléaire ne sert à rien, brulons plutôt du charbon et du pétrole.
Il y a un métabolisme économique qui s'alimente des énergies disponibles, en fonction des machines disponibles. On construit les machines en fonction de ce qu'on sait qu'on a comme énergie, ou ce qu'on pense qu'il y aura (pour l'hydrogène comme pour le reste, il y a un problème de poule et d'oeuf, qui a bien du se résoudre dans le passé pour le pétrole). Le métabolisme est à changer. ça ne se passe pas du jour au lendemain.