Continental confirme la fermeture de Clairoix
Arguant d'une "chute libre" de la demande en pneus, l'équipementier allemand a annoncé ce mercredi la fermeture de deux sites de production de pneumatiques en Europe. Parmi eux, le site français de Clairoix, dans l'Oise, depuis des semaines déjà sur la sellette.
Source : AFP-Johanna LeguerreClairoix c'est bel et bien fini. L'équipementier allemand Continental a annoncé ce mercredi la fermeture de deux sites de production de pneus en Europe. Parmi eux, le site français de Clairoix dont les syndicats redoutaient la fermeture depuis plusieurs semaines. Et ce, en dépit d'importantes concessions déjà acceptées par ses 1.120 salariés et de la mobilisation syndicale, médiatique et politique accompagnant ce dossier. Une fermeture serait "une trahison", avait en effet récemment averti le secrétaire d'Etat français à l'Industrie Luc Chatel.
Outre le site français dont la production devrait cesser d'ici à mars 2010, sera également fermé un site de production allemand de pneus pour poids-lourds implanté à Hanovre, berceau de l'entreprise et employant 780 personnes.
"Il n'y a malheureusement pas d'alternative", a expliqué Hans-Joachim Nikolin, membre du directoire en charge de l'activité de pneumatiques, dans un communiqué justifiant notamment ces mesures par la chute de la demande européenne en pneus pour véhicules particuliers, de plus de 30% sur les deux premiers mois de l'année.
"Face aux tendances clairement négatives du marché, il faut s'attendre à ce que pour la seule année en cours, la production dans les usines de pneumatiques du groupe en Europe, chute d'environ 15 millions de pneus tourisme et 1,7 million de pneus utilitaires", a encore averti le groupe avant de préciser qu'il ne "s'attendait pas non plus à que le marché connaisse d'amélioration notable" suffisante pour lui permettre d'absorber ces surcapacités liées à "la chute libre" de la demande en première monte et à un marché du remplacement stagnant".
Clairoix : le site le plus cher du groupe
Le couperet est donc tombé sur Clairoix ravivant d'emblée la colère des syndicats. "Cette nouvelle est catastrophique, on a alerté maintes et maintes fois sur les dommages collatéraux que cela allait provoquer. Imaginez, plus de mille suppressions d'emplois sur un département. Il n'y a pas de mots. La direction a tellement été manipulatrice", a expliqué à l'AFP le responsable Picardie de la fédération Chimie Energie CFDT, Sylvain Bellemère. Depuis le mois de novembre on avait l'information par les syndicats allemands, on nous a pris pour des menteurs. Cela va créer des dommages catastrophiques. Il n'y a pas de travail, plus d'une trentaine d'entreprises sont menacées dans la région, comment vont-ils reclasser les gens alors que des milliers d'intérimaires sont sans travail?". Tandis que Philippe Bernacki, délégué CFDT de l'usine picarde avertissait "On est tous convoqué à 12H45, il paraît que le grand chef allemand est là, je vais vous dire franchement que si c'est ça, ça va chauffer".
Début dernier, devant la montée de l'inquiétude du personnel, le directeur de l'usine, Louis Forzy avait reconnu que l'"éventualité" d'une fermeture de Clairoix " être prise au sérieux", le niveau de demande de ses clients étant "très faible par rapport à l'année dernière". "L'écart entre la demande et la capacité de production est important " avait encore jugé le directeur, ajoutant encore que Clairoix était le site" le plus cher du groupe " .
Estimant que cependant Continental " comme toute entreprise, doit toujours avoir à l'étude tous les scénarios possibles ", le directeur avait également promis que l'entreprise répondrait aux questions des organisations syndicales qui ont lancé une procédure d'alerte, lors d'un comité central d'entreprise (CCE) prévu le 16 mars à Reims.
L'usine, qui produisait en 2008 un peu moins de 7 millions de pneus, a revu sa production pour 2009 à la baisse, à 5,15 millions de pneus, selon des chiffres de la direction. Selon le plan proposé par cette dernière aux représentants du personnel, l'arrêt total de la production, qui n'interviendrait pas avant un an, devrait avoir lieu en deux phases, afin de faciliter les recherches d'emplois des salariés affectés : une première phase de 650 départs aurait lieu en octobre 2009 suivie de 450 dépars en mars 2010. A terme, ne resterait ainsi sur le site picard que des activités de marketing et de distribution employant 175 salariés.
Par ailleurs, la production de pneus devrait aussi être fortement réduite sur le site de Puchov en Slovaquie. où les salariés verront leur temps de travail réduit d'un quart à 30 heures par semaine sans compensation de salaire.
http://www.lesechos.fr/info/auto/300335990.htm