nemo, ne te vexes pas mais je pensais que tu avais pigé que mon discours théorique était un moyen plus ou moins facile d'exprimer ce qui me semble être problématique, il est évident que je n'en fait pas un but ni une prison de pensée dans une tour d'ivoire.
Quand je recherche un camping par exemple, je dis à l'employé de l'office du tourisme ce qui serait pour moi un camping parfait tout en sachant qu'il n'existe pas. Cela lui donne un moyen d'appréhender mes goûts. Là l'idée est d'appréhender une pensée.
Je te cite
En revanche une organisation sociale qui est pas drogué à toujours aggraver la mauvaise utilisation des inventions, de notre pouvoir en général c'est tout à fait possible.
Je n'y crois pas une seconde. Éventuellement peut-être je pourrais commencer à y réfléchir dans un monde peuplé de 100 millions de personnes sans sollicitations permanentes et sans outils accélérateur de tout. Mais là, non. Et du temps où je faisais des recherches sur une limitation pas trop bête de l'utilisation des outils, j'ai trouvé peu de cas, très peu de cas.
"Un homme ça s'empêche" nous disait ce sale pied noir colonialiste qu'était Albert Camus. Un homme peut s'empêcher, cela arrive souvent à beaucoup. Mais les Hommes en tant qu'entité, non. Ils ne savent pas s'empêcher d'utiliser twitter (après s'être grassement moqué de tel politique qui twitait à tout va).
Pour qu'une société ait une chance de prendre un chemin que je trouverais sympathique, il faudrait qu'elle soient formée d'individualités. De gens capables de dire non, de choisir (donc renoncer), de réfléchir plus loin que le bout de leur nez et plus loin que celui qui aboie avec le plus de puissance.
Il semblerait que certaines tribus d'Amérique du Nord étaient capables à la fois de faire société et d'être composées d'individus et non de pantins. Le temps et l'espace me paraissent être des conditions nécessaires pour arriver à cela.
Alors que faire dans le monde tel qu'il est ?
Surtout pas chercher à convaincre les autres à coups de vidéo youtube et de slogans ânonnés.
On peut essayer de vivre en allant dans la direction que l'on souhaite; si cela plaît, des voisins, à leur manière à eux, prendront aussi un chemin différent, aussi léger soit-il. Si cela ne plaît pas à mes voisins, je n'ai aucune envie de les convaincre à coups de schlagues ou de néons, à coups de liens et de sondages.
Au delà d'exemples que l'on peut montrer dans sa vie, comment aller plus loin que ses voisins ? En discutant sur un forum, en créant
PMO ou
Le Postillon. Si la contagion ne se fait pas, ne la forçons pas.
Un jour du XXIè siècle, j'étais avec des gens qui voulaient transmettre des informations à des inconnus. Il fut décider que l'on ferait des prospectus que l'on distribuerait dans la rue et que ces prospectus seraient reproduit à la main (avec un stylo tout de même) par chacun d'entre nous. Ce que nous fîmes.
Différences avec un papier que l'on aurait photocopié:
-Au lieu qu'une personne se rende dans un local peuplé de machines, nous "travaillâmes" ensemble et chacun, à la vitesse que l'on voulait, le temps que l'on voulait, dehors sur une table au soleil.
-Les papiers étaient différent entre eux, écriture, présentation, texte pouvant varier...
-La distribution fût fondamentalement différente de n'importe quel tractage. Au lieu de gugusses donnant à tour de bras des papiers allant remplir la poubelle du coin, on avait des gens qui avaient conscience du temps qu'avait demandé ce papier, qui cherchaient une discussion avec des passants et, en fonction de celle-ci, leur donnait éventuellement un de ces précieux prospectus, précieux car ils n'étaient pas illimités.
Et bien j'ai envie de dire "peu importe ce qui était écrit sur ces prospectus". Le plus concret que l'on a fait à mon sens ce jour là, c'est d'avoir une démarche différente sur une opération classique.
Les gourous, les slogans et la révolution, très peu pour moi. Les modes d'emploi sur la vie non plus.
Supert, cinéphobe qui adore
The wall