Bonjour, je suis tout nouveau ici, je voudrais en fait intervenir sur ce sujet que j'ai trouvé par hasard.
Tout d'abord, pour me présenter, je dirais que pour le néophypte, je dois ressembler à un survivaliste : stock de nourriture, armé en effet (par choix personnel), se préparant au pire.
J'aimerais ici présenter certaines de mes idées concernant le survivalisme, afin de contribuer à votre information. J'ai par le passé été acceuilli très violemment sur des forums soi-disant tolérants, sur la base de mes idées, vous voici donc prévenus. Plus sur ce sujet en conclusion.
Le survivalisme est un concept essentiellement anglo-saxon ; je ne connais qu'un forum survivaliste allemand (dominé par des éléments ultra-libéraux tendance néeo-con), et aucun forum de ce genre en France ou dans l'espace francophone (les forums survivalists canadiens sont anglophones, mais il se peut que je ne connaisse pas tout) ; pour moi, cela signifie que quelque chose dans l'univers culturel anglophone est suffisamment anxiogène pour susciter ces préoccupations.
Je pense, pour ma part, qu'il s'agit d'un environnement économique plus dur, plus compétitif, plus ségrégatif socialement, et une approche "multiculturelle" de l'intégration, donc atrificielle, plutôt qu'une approche assimilative telle qu'on la connaît en Europe (voir le nombre d'allemands ou de francais dont le nom se termine en -ski...), de telle sorte que les tensions ethniques (racisme, communautarisme) apparaissent affaiblir le tissu social. Je parle ici de ce qui est perçu.
Le terme "survivalisme" prête à rire, ou à secouer la tête avec désespoir, parce que les survivalistes américains prêtent en effet à rire. Le survivalisme sauce US est en grande partie nourri de fantasmes issus d'une société vivant dans le virtualisme. Pour aller vite, le survivaliste US "moyen" rêve autant de liberté avec son AR-15 (une arme proche du M-16) que le propriétaire de SUV (le 4x4 des citadins... sans rapport avec la Range Rover du service des Eaux & Forêts). C?est parfois le même. Il existe aussi aux USA une tendance religieuse apocalyptique, et des mouvements de type "insurrectionnels du dimanche" qui se nomment "survivalistes" car ils ont phagocyté ce terme dans leur fantasme anti-gouvernemental (qui est dirigé par l'ONU / les Juifs / les ET / etc. pour asservir le monde, vous voyez le tableau).
Or, le concept de survivalisme est tout à fait intéressant, en dehors des extrêmes auxquels en viennent les Etats-Uniens. En Australie et au Royaume-Uni, il y a des survivalistes qui ont plus les pieds sur terre (bien que l'on y rencontre aussi le banlieusard-pavillonaire et ses aspirations à la liberté post-apocalyptique). Dans les gens matures que j'y ai rencontré, il y a une surreprésentation d'anciens militaires et d'humanitaires, qui ont été engagés un certain temps dans le Tiers-Monde. La rencontre avec le manque, la pauvreté et la violence qui peut y avoir lieu a fait office d'éléctrochoc.
Si on regarde bien, le survivalisme c'est le retour à la vie de nos grand-mères : stocker de la nourriture, quand on peut le faire, pour faire façe à une possible pénurie.
L'humanité a fait cela depuis au moins qu'elle s'est sédentarisée. Nous avons simplement oublié de le faire depuis... deux générations. Allez regardez dans la cave de ceux qui ont vécu la guerre ou la pénurie, vous y trouverez certainement plus de bouffe que chez un survivaliste social-darwiniste US. Car pour stocker plusieurs mois de nourriture, il faut être sédentaire. J'ai quatre mois de nourriture chez moi, répartie en cartons d'une semaine. Ca pèse environ 10 Kg par semaine ET PAR PERSONNE.
C'est absolument irresponsable de partir d'un poids arbitraire ("300 g par jour") pour constituer son stock : il faut calculer la valeur calorique des aliments. Et là, attendez vous à un choc, car pour pouvoir vous nourrir, il en faut des choses ! Si vous comptez sérieusement vous constituer des provisions, vous DEVEZ les essayer vous-même. Lorsque j'ai été au chômage sans recevoir d'argent pendant deux mois (avec les frais qui eux ne ^'arrêtent pas), mes provisions m'ont sauvé la mise , mais je peux vous dire qu'ensuite j'ai radicalement changé la composition des menus.
Le contenu du sac qui se trouve en premier post du sujet ici n'a rien d'original, elle est recommandé par de nombreuses instances de Sécurité Civile en Europe :
http://www.notfallinfo-bochum.de/bedroh ... epaeck.pdf
http://www.provinz.bz.it/zivilschutz/zi ... utz-13.htm
Dans le jargon survivaliste, ce la s'appelle un BoB, pour "Bug-Out Bag", le Bug-out étant l'opération de quitter un endroit devenu dangereux - et donc de tout abandonner derrière soi. Si on a les moyens, on peut s'organiser une "retreat" (une retraite) dans laquelle one peut recommencer de zéro une vie paysanne du 19ème siècle - ou ce qu'on en rêve. LE film de Haneke "Le temps du loup" montre bien l'invalidité du concept (mais si on n'a pas d'autre espoir... c'est mieux que rien).
Le mieux est encore de vivre le plus indépendament possible de ce qui peut ne plus fonctionner, et pour ma part je suis avec grand intérêt ce que font par exemple les gens de la décroissance soutenable (qui là aussi ressemble étrangement à ce que faisait grand-maman, mais passons...).
Alors maintenant : pourquoi une arme ?
Parce que qu'entre maintenant et la phase de stabilité post-pétrole (enfin, post-pétrole PAS CHER), il y aura nécessairement une phase de transition. Je pense que celle-ci sera si radicale que la défense violente est à prendre en considération. Attention, je ne voudrais pas que le concept de survivalisme soit un prétexte pour des fantasmes d'auto-défense ou de Grand Soir, comme c'est trop souvent le cas chez ceux qui attirent l'attention sur le survivalisme... J'ai juste une arme comme j'ai d'autres choses, pour parer à certaines risques plausibles.
C'est juste qu'en cas de transition BEAUCOUP de gens vont être vraiment DÉMUNIS. Par simple nécessité de survie, on peut déjà s'attendre à ce que des desespérés en viennent, en dernier recours, à se tourner vers l'action violente pour trouver à manger, n'ayant plus rien à perdre.
Mais c'est aussi méconnaître que lorsque les gens sortent de leur routine, de leur univers connu, ils sont pour ainsi dire vierge émotionellement. Combien d'entre vous ont déjà menacé quelqu'un de mort ? Moi non plus. Je pense que si je devais faire ca, je ferais beaucoup de bêtises et d'actes irréparables. En gros, une fois que les gens sortent de leur routine, ils risquent de faire des conneries, voire (c'est plus facile qu'on ne le croit) de devenir des cons.
Enfin, il reste le cas des gros cons. Ils existent, je les ai rencontrés. Il y en a beaucoup plus qu'on ose imaginer, c'est juste que la plupart du temps nos activités ne nous confrontent pas à eux, hormis au supermarché et dans d'autres espaces publics. Ceux qui sont, dans leur activité quotidienne, confrontés à l'ensemble de la population sans filtre préalable, donc par exemple la police, les profs (dont moi) ou le service client comprendront un peu mieux de quoi je veux parler. Ceux-là peuvent devenir vraiment dangereux.
En ce qui me concerne, j'espère que la vue, au besoin le bruit de l'arme fera partir tout ceux qui pourraient me menacer. Plus généralement, l'arme fait partie du fantasme. Ceux qui les désirent ne savent pas comment elles fonctionnent, et encore moins ce qu'elles produisent.
Pour ma part, je suis quelqu'un qui juge sur résultats : je veux savoir ce que quelque chose fait pour savoir si je dois le prendre, et si je peux en assumer la responsabilité. Ca peut paraître curieux, mais je suis allé sur des sites où l'on voit des cadavres (par exemple rotten.com, tout un programme) et des animaux abattus lors de la chasse. Maintenant, en connaissance de cause, je sais que j'essaierais tout ce qui est possible avant de devoir ouvrir le feu sur quelqu'un - mais que si on en vient là, je sais ce que je produirais, y compris en moi.
La personne sur laquelle je pourrais ouvrir le feu n'en n'a à mon avis pas la même conscience, ni la petite frappe avec le flingue de la "cave à momo", ni la plupart des gens armés qui ne sont ni chasseurs ni tireurs sportifs.
Paradoxalement, je suis pourtant partisan du fait qu'un citoyen doit pouvoir s'armer : au-delà d'un certain risque de se retrouver face à une arme (et peut-être à un gars pas émotionellement stable qui pourrait commettre l'irréparable), les attaques violentes chutent nettement. C'est ce qui s'est toujours passé dans nos campagnes. Regardez ce qui se passe au Royaume-Uni, la population est désarmée, mais bizarrement le crime a toujours ses armes : on en vient à des situations absolument horribles.
Maintenant que j'ai abordé les thèmes du survivalisme et des armes à feu, je m'attends à une majorité de réactions négatives. Beaucoup vont activer des pensées-réflexes (ou idées préconcues / prémâchées / rabachées), quelques uns cependant vont peut-être réagir de manière plus axée sur le monde réel et moins sur ce que Rousseau pouvait en rêver.
Pour le mot de la fin, n'oubliez pas que le monde de demain sera bien plus étrange que n'importe qui ne saurait jamais l'imaginer. Il y a quinze ans, vous n'auriez jamais imaginé Internet (enfin ca c'est ce que je dis aux Ricains, nous on avait déjà le Minitel, cocorico...) ni ses implications dans nos vies. Un futur en rupture avec les repères des deux dernières générations, un futur sans pétrole, sera nécessairement encore plus étrange.
Se préparer à y vivre, et surtout à s'y rendre, c'est déjà devenir étrange.