Jeudii a écrit : 29 sept. 2020, 18:46
GillesH38 a écrit : 27 sept. 2020, 09:08
Jeudii a écrit : 27 sept. 2020, 08:06
Je ne vois pas ce qui te fait penser que l'ampleur de la taxe carbone nécessaire pour limiter nos émissions devrait avoir un rapport avec l'ampleur des externalités. Une externalité, par définition, c'est le truc qui ne compte pas dans la rentabilité économique.
toutafé, sauf que je pense qu'elle est calculée sur la base des externalités par souci de "justice".
Cela ne répond pas à ma question: d'ou te vient cette pensée? Tu peux certainement argumenter que
ce serait logique*, mais tu sembles faire comme si c'était une convention universelle que je partagerais plutôt qu'une idée personnelle.
bah ça vient de mes lectures, en cherchant 2 3 liens au hasard je tombe tout de suite sur un :
https://youmatter.world/fr/definition/t ... efinition/
Le principe de la Taxe Carbone est simple : plus un produit émet de gaz à effet de serre (ou d’équivalents CO2) plus il est taxé. C’est une application directe du principe “pollueur-payeur”. Un des principaux exemples de taxe carbone est la taxe carbone sur les carburants et combustibles fossiles (ou composante carbone) appliquée en France depuis 2014.
Selon les modalités de prélèvement, la taxe carbone peut être payée en amont sur l’utilisation des énergies fossiles, ou en aval par le consommateur.
La Taxe Carbone fait partie des taxes dites « pigouviennes » (du nom de l’économiste Arthur Cecil Pigou) visant à intégrer les coûts sociaux et environnementaux négatifs de l’activité économique au prix des produits et services.
ça dit donc clairement que la taxe carbone correspond aux externalités estimées non ? en tout cas c'est comme ça que je le comprends. C'est peut etre une erreur de mua part, mais ce n'est pas une invention personnelle.
*sauf que: comment dans ce cas compterais-tu les externalités pour lesquelles les méthodes d'estimation de la valeur économique sont soit pas finit de cuire (menace sur les services environnementaux directs, perte de médicaments futurs, etc.), soit à peu près impossibles à évaluer (espèces non découvertes qui contribueraient à notre compréhension de l'histoire de la vie et du fonctionnement des écosystèmes, conséquences sociétales du RC, etc.)?
pour moi si c'est "impossible à évaluer", alors c'est totalement subjectif, donc même si je te disais comment le voudrais les compter, tu n'aurais aucune raison de les compter de la même façon que moi - du coup impossible d'avoir un consensus sur le sujet.
Et comment évalues tu les conséquences sociétales de se passer de fossiles, toi, en retour ?
GillesH38 a écrit : 27 sept. 2020, 09:08Certains se sont fait l'avocat d'une taxe carbone bien plus importante pour être efficace justement
Bien plus importantes que les externalités, je n'ai vu ça nul part. De qui parles-tu?
il faut que je retrouve les références, c'est de mémoire , justement par le constat exactement inverse du tien : c'est que le montant des externalités était BIEN INFERIEUR au coût qu'il faudrait pour abandonner les fossiles, et donc que si on voulait les abandonner, il fallait une taxe bien supérieure aux externalités.
Bon sans référence tu vas dire que je l'invente, mais je vais les rechercher, pas de souci. Ne serait ce que pour te montrer que ce que tu dis n'est absolument pas consensuel, même chez ceux avec qui tu prétends être d'accord.
GillesH38 a écrit : 27 sept. 2020, 09:08En réalité si ton raisonnement est juste, les externalités devraient être
supérieures à la taxe carbone nécessaire pour limiter les émissions, puisque selon toi les inclure suffirait à assurer le basculement.
Je ne vois pas ou j'ai dit cela ni en quoi cela découle de ce que j'ai dit. Je vais te le dire ou le redire en clair: je pense que les externalités sont très supérieures à la taxe carbone nécessaire pour limiter efficacement les émissions, et incluent des choses dont la valeur est indéniable même si impossible à exprimer en $2006.
c'est assez incompréhensible de dire que quelque chose d'impossible à exprimer a une valeur très supérieure à une autre chose : avec ça on peut soutenir absolument n'importe quoi non ?
à part ça tu redis ce que je dis, selon toi les externalités sont bien
très supérieures à la taxe carbone nécessaire pour limiter les émissions
Du coup en laissant tomber les externalités, apparemment impossibles à chiffrer selon toi, à combien estimes tu la taxe carbone nécessaire pour limiter les émissions ?
GillesH38 a écrit : 26 sept. 2020, 23:19Note que ça veut dire qu'on fait tout ce binz sur le cout du climat et la difficulté de faire une transition énergétique pour moins de 3% de la richesse globale, soit quelques années de croissance très moyenne... est ce bien raisonnable ?
Quel raisonnement absurde!

Si tu ne vois pas pourquoi, essai la version suivante: Est-il bien raisonnable d'assurer ma maison contre les incendies alors que la prime représente moins de 3% de sa valeur?
c'est tout à fait raisonnable, mais uniquement parce que le risque de perdre ta maison est tout à fait minime. Je suis donc soulagé d'apprendre que le risque du RC est tout à fait minime, on pouvait en douter quand on entend les discours médiatique. Finalement tu es plutot rassurant ...
GillesH38 a écrit :si il ne remonte pas au-dessus, c'est qu'on émettra meme MOINS que la montant des réserves estimées. Et pareil pour le charbon et le gaz, alors ?
Je l'espère, mais encore une fois cela dépend de nos choix. Si on fait les bons choix, c'est ce qui se passera. Si on fait les mauvais, la demande repartira, donc les prix remonteront, ainsi que la quantité de réserves rentables (ou disons l'
estimé de cette quantité, si tu préfères cette formulation).
tu peux quantifier aussi la hausse des prix que tu attends, par rapport à la valeur de la taxe carbone nécessaire pour limiter les émissions, ça représente combien ?
Et sinon alors pourquoi les producteurs s'inquiètent ? qu'est ce qui est le plus probable selon toi , qu'on limite les émissions tellement que leurs réserves deviendront non rentables et ne serviront à rien, ou bien qu'au contraire on en produise beaucoup plus que les réserves connues, et donc à un prix nettement plus élevés, et là au contraire un avenir radieux s'ouvre pour eux?
Pour dire les choses autrement , car j'ai du mal à comprendre tes deux perspectives qui me semblent opposées, si on trace une distribution de probabilité subjective (selon toi) sur ce que sera le montant des fossiles finalement brûlés, à quoi ressemble-t-elle, en particulier comment se place-t-elle par rapport au montant des réserves prouvées actuelles, de l'ordre de 1200 Gt C ? moi j'aurai tendance à voir une courbe en cloche autour de cette valeur, en "bosse de dromadaire", mais toi , que vois tu ? une distribution de probabilité bimodale soit très inférieure, soit tres supérieure, mais avec un minimum autour des réserves prouvées, en "bosses de chameau" ? ou bien je n'ai pas compris ton point de vue ?
Pourtant je t'ai donné deux liens qui montrent que les procédés industrielles pour obtenir acier et aluminium sans CO2* sont réalistes et en fait en très bonne voie, sans surcoût majeur.
déjà tes deux liens ne disent nullement que ce sera "sans surcout majeur", mais en plus ils ne parlent que d'une partie du problème. Par exemple la réduction du minerai de fer par l'hydrogène, c'est a priori plus cher même avec de l'hydrogène fossile. Mais l'hydrogène fossile, ca fait le même CO2 que le charbon. Donc il faut de l'hydrogène "vert", bien plus cher encore. Mais attention, l'hydrogène vert, ça se fait avec des éoliennes ou des panneaux solaires... construits avec des fossiles. Si il faut faire des éoliennes avec de l'acier à l'hydrogène vert, elles seront elles aussi bien plus chères, ce qui augmentera donc le coût de l'électricité, et donc le cout de l'hydrogène. Personne ne sait même si un système d'éolienne construit sans fossile aurait vraiment un EROEI >1 , ce qui veut dire sinon que le coût deviendrait infini. Tes articles n'étudient absolument pas ce problème, et ne décrivent absolument pas un système industriel cohérent sans fossiles.
Si leurs estimés sont corrects (et ils ont un intérêt direct à ce qu'ils le soient!), alors il faut prévoir un surcoût d'environ 30-80% sur l'acier. Dans le cas d'un vélo contenant disons 10Kg d'acier à 1000$ la tonne, cela veut dire un surcoût de 5$. Par quel miracle de comptabilité créative arrives-tu à un estimé 40 000 fois supérieur? Tu donnes l'impression de prendre les choses à l'envers: d'abord tu décides que c'est impossible, ensuite tu estimes le surcoût nécessaire pour que ce soit impossible, et enfin tu affirmes sans preuves et sans raisonnement que c'est bien ce surcoût qui doit arriver.
je ne "décide pas" que c'est impossible : je pars de la constatation que ce n'est fait nulle part sans fossile, et j'en déduis qu'il y a une forte probabilité que ce soit impossible. C'est une conclusion tirée des observations, alors que ton postulat que c'est possible, lui, ne découle d'aucune observation.