Personnellement je pense aussi que l'effondrement viendra beaucoup plus de l'aspect ressource que de l'aspect climatique, même si il n'y a pas de "tout ou rien" là dedans, et si on ajoutait à "climatique", tous les autres aspects environnements, la réponse serait peut-être différente.
Mais enfin pour en rester strictement aux aspects ressources fossiles et CO2/Climat, on pourrait essayer de décrire des extrêmes :
Note : par effondrement je veux dire le moment ou la population commence a sérieusement baisser.
A) Effondrement climatique : aucune limites sur les ff(fossiles fuels) : on trouve de nouveaux gisements, on arrive à exploiter les hydrates de méthanes ou autres, nouveaux domaines ouverts à la fracturation hydraulique, etc.
En gros, on suit le scénario RCP8.5 du GIEC.
Dans ce contexte, où serait le point d'inflexion de l'effondrement ? A +3° ? +4°?
(à plus 3 ou +4 plusieurs grandes villes côtières sont inondées il me semble, ports inutilisables etc, donc sans doute valide comme point limite)
Sur le diagramme du GIEC ci dessus, cela veut dire vers 2070 2080, ou même 2060 pour être large.
B) Effondrement pic pétrolier : le pic pétrolier suffit à tout effondrer (réactions économiques en chaîne, etc).
Pour cela, si on se fit aux projections de Laherrère, avec un pic tout liquide autour de 2020, l'effondrement est pour 2020 ou 2030.
On peut aussi caractériser un scénario basé sur le "pic tout fossile", et là toujours selon Laherrère, on est plutôt là :

cf :
https://aspofrance.files.wordpress.com/ ... graphs.pdf
A remarquer que sur ce graphique, JL a changé la courbe de production de charbon, avec comme raison :
"Today I assume that coal production will soon soften their decline and will not peak again to please the green community and the World Bank!"
Mais ça ne change pas énormément les choses en termes de date du pic énergie fossiles, puisqu'il garde la même valeur d'URR pour le charbon (4,1 GTOE), en version 2015, cela donne :

cf :
http://aspofrance.viabloga.com/files/BD ... e_2015.pdf (présentation De B Durand et Lahérerre)
Donc un pic tout fossile autour de 2025 2030.
A propos de ces graphes "CO2 et énergie tout fossile", il est intéressant de noter qu'ils donnent l'impression que le charbon donnera plus d'énergie que le pétrole (au maximum, du fait des plus grosses émissions CO2 du charbon), alors que ça n'est pas le cas, si on n'a que l'énergie de chaque produit en échelle cela donne :

cf :
https://aspofrance.files.wordpress.com/ ... 5bilan.pdf
(et on voit aussi que le gaz ne remplacera jamais le pétrole en énergie ...)
Et clairement ces données ne permettent pas le scénario RCP8.5, ni le RCP6, mais autour du RCP 4,5.
B Durand note dans la prez ci dessus :
• Best guess for ultimate recovery of fossil fuels is 1500 Gtoe, corresponding to 1300 GtC (4800 GtCO2), whose 1100 GtC would be emitted from 1870 to 2100.
• This is less than fossil fuel emissions of RCP 4,5 (1250 GtC).
On peut aussi comparer les prévisions de Lahérerre avec les scénarios du GIEC :
Et si on regarde +3 sur le diagramme GIEC avec le RCP 4,5, cela donne autour de +2,5 en 2100, et moins de 2 en 2050 (ou autrement dit +3 est en dehors de la limite 2100 pour les prévizs du GIEC) :
Après on pourrait aussi dire : "le Giec minore, les feed back positifs vont se mettre en place, méthane du permafrost et compagnie", et avoir un scénario A++ (à la Guy McPherson) avec un effondrement climatique vers 2025 ou 30, scénario pour lui aussi assorti de l'extinction d'homo sapiens ...
Ou on pourrait aussi dire des choses comme : le pic pétrolier va entrainer des niveaux de déforestation jamais vu, et le climat aussi partir en vrille beaucoup plus vite.
A noter aussi que sur le scénario "limits to growth" de 72, la chute de population a pas mal de retard par rapport aux chutes des productions de bouffe, industrielles, et de services (même beaucoup de retard, une trentaine d'années) :

(même si D Meadows a dit à plusieurs reprises, que quand les courbes atteignent leurs max (qd ça devient le bordel), le modèle n'a plus forcément grand sens).
Enfin pour résumer, il est clair que le fait que la communication actuelle soit quasi entièrement focalisée sur les aspects climatiques (par rapport aux aspects ressources et pic) n'est pas du tout en ligne avec une "analyse de risques rationnelle" (ce que je dis ici depuis au moins 5 ans il me semble, avec le fait que le "message climatique" est de fait plus facile à passer (avec tous les espoirs alternatifs) que l'atroce banalité du message "pic", mais clairement dire "il faut laisser 3/4 des fossiles dans le sol pour 2° ou quelque chose comme ça, je ne me rappelle plus des chiffres exacts de ce refrain, cela correspond à une forte surévaluation des réserve fossiles).
Mais enfin cela n'a plus forcément grande importance (peste ou choléra..), sans compter que beaucoup des mesures "anti CO2", sont aussi des mesures "anti conso de fossiles" (mis à part les délires genre CCS).
Et puis si l'on voulait vraiment discuter sur "quel est le scénario qui va nous tomber dessus", peut-être que le mieux serait de faire des sortes de graphes "limits to growth" même à la main (en incluant au moins les aspects prod énergie fossiles, température/impact climat, et population).