Un nouveau rapport du Sénat sur la sécurité d'approvisionnement électrique.
http://www.senat.fr/rap/r06-357-1/r06-357-1.html
Je vous copie le chapitre correspondant aux ressources en uranium :
http://www.senat.fr/rap/r06-357-1/r06-3 ... html#toc98
1. Un combustible primaire abondant
Si l'électricité d'origine nucléaire apporte sécurité d'approvisionnement et indépendance énergétique, c'est tout d'abord en raison d'une bonne disponibilité du combustible primaire utilisé dans les centrales, l'uranium, en ce qui concerne tant le niveau des ressources mondiales que les filières d'approvisionnement françaises.
Le minerai d'uranium présente l'avantage d'être bien réparti sur la planète et disponible en quantité dans des pays présentant une bonne stabilité politique, l'Australie détenant par exemple près du quart des réserves mondiales. Ainsi que l'a souligné lors de son audition M. Bertrand Barré, conseiller scientifique auprès de la présidente du directoire d'Areva, cette entreprise, bien que n'ayant pu racheter la mine australienne d'Olympic Dam, est le troisième producteur mondial d'uranium et exploite 20 % des réserves mondiales. Elle exploite cette ressource minière, ou envisage de le faire, dans la plupart des pays disposant de réserves importantes (Canada, Niger, Kazakhstan, Ouzbékistan, Mongolie...), et procède désormais à d'intenses activités d'exploration, en réponse à l'augmentation du prix de marché de l'uranium.
Les raisons de la hausse des prix de l'uranium
Selon les explications fournies par M. Bertrand Barré, le prix de la livre d'oxyde d'uranium s'est maintenu, en dollars courants, à un niveau de 10 dollars entre 1984 et 2004. Ce faible coût trouvait d'abord ses raisons dans le déclin des projections de développement du parc nucléaire au niveau mondial, lié au contre-choc pétrolier et à l'accident de Tchernobyl. Dans ces conditions, les électriciens, qui avaient constitué des stocks d'uranium sur la base de projections plus optimistes, les ont réintroduits sur le marché au fur et à mesure des annulations des projets de nouvelles centrales nucléaires. Par ailleurs, la fin de la guerre froide a réduit les besoins d'uranium à usage militaire, les Etats-Unis et l'ex-URSS mettant alors eux aussi sur le marché une partie de leurs stocks. La combinaison de ces deux facteurs a entraîné à la baisse les prix de l'uranium, la moitié de la consommation d'uranium des réacteurs civils provenant, jusqu'à la fin des années 1990, de ces sources secondaires. Les bas prix de l'uranium, qui ne couvraient plus les coûts d'extraction, ont conduit à la fermeture d'un grand nombre de mines et mis un coup d'arrêt aux activités de prospection. Avec la relance actuelle des programmes électronucléaires dans le monde et l'épuisement des sources secondaires, les prix ont augmenté au début du XXIème siècle. Ainsi, en 2004, ils sont passés de 10 à 30 dollars par livre d'oxyde d'uranium, ce qui a favorisé une reprise des activités d'exploration. Toutefois, les délais de mise en service (entre 10 et 15 années) d'une mine ne permettant pas répondre immédiatement à la demande, les prix « spot » de l'uranium s'établissent aujourd'hui à plus de 100 dollars.
Reste que l'uranium acquis par les électriciens sur la base des prix « spot » ne correspond qu'à une fraction assez faible de leurs approvisionnements. La plupart des livraisons d'uranium s'effectue sur la base de contrats à long terme, dont les prix ne sont pas indexés sur l'évolution des cours de marché, comme l'a confirmé à la mission d'information l'un des responsables d'EDF. Par ailleurs, la France possède, sur son territoire, l'équivalent en uranium appauvri de deux à trois années de production.
Au-delà de ces variations du prix du minerai, largement liées à des facteurs conjoncturels, la question stratégique reste celle des réserves mondiales d'uranium114. Dans ce domaine, la situation ne semble pas tendue115 puisque les ressources « assurées », dont les gisements sont clairement identifiés, et les ressources « déduites », rattachées aux précédentes, représentent 4,8 millions de tonnes (MT) d'uranium, chiffre à comparer aux 40 000 tonnes produites et aux 67 000 tonnes consommées pour l'année 2005116(*). Si l'on ajoute à ces chiffres les réserves « spéculatives »117, les réserves « ultimes » sont comprises entre 15 et 22 MT, ce qui autorise deux siècles de consommation à un niveau de 70 000 tonnes d'uranium par an (sans même évoquer les 22 MT d'uranium dont la présence dans les phosphates est avérée).
Au surplus, le passage à la quatrième génération (G IV) de réacteurs nucléaires diminuera considérablement les besoins en uranium si, comme cela est théoriquement possible, ces réacteurs se révèlent aptes à fonctionner en cycle fermé, voire à réutiliser les déchets nucléaires produits par ceux des générations précédentes.
Ainsi, en raison de l'état des réserves mondiales d'uranium et des perspectives offertes par le passage à la G IV, votre mission d'information se déclare convaincue par l'absence de tensions de long terme de nature à fragiliser la disponibilité du combustible nucléaire, y compris dans le cas de figure où le parc mondial de réacteurs observerait une croissance importante dans les prochaines années.
Bon, dans le fond rien de bien nouveau : de l'uranium il y en a plein, et tout ca c'est qu'un problème d'investissement. Comme pour le pétrole en fait. Les débits de production, et bien on n'en parle pas trop, tout comme la qualité de ces réserves d'ailleurs. Il suffit d'investir et op op op, les billets de banques se transforment en barres d'uranium prêtes à l'emploi.
La où j'ai bine rigolé, c'est quand ils parlent des réserves ... en uranium appauvri !!! hahaha, on a bien de la chance en France d'avoir les déchets des autres ! Ils ont oubliés de dire que l'uranium appauvri ne sert à rien, sinon à fabriquer des missiles anti bunker ! Et en plus de 3 ans de production. De production de qui? D'Areva, qui produit la moitié de la consommation française?
Bon, ca me rassure pas, mais ca m'a bien fait rire. Je vais continuer à le lire, il y a des coquilles énormes sur toutes les pages sur les renouvelables. On rigole bien avec les rapports du Sénat...