On va encore payer pour les actionnaires du nucléaire...
On savait que le nucléaire français est payé à travers nos impôts, on sait aussi que dorénavant nos impôts paient les dividendes des actionnaires tels qu'Areva, EDF et consorts. Et bien maintenant encore plus fort les Français vont payer pour le nucléaire Finlandais. (Voir ci-dessous
Mais les nucléocrates ne sont pas à un mensonge près, le nucléaire c'est plein de dividendes pour les actionnaires aujourd'hui... et le chaos pour nos gosses demain
Le Monde----------------------------------------------
Qui blâmer pour le retard d'un an pris par le chantier du réacteur nucléaire de troisième génération EPR, construit sur le site d'Olkiluoto, en Finlande, par Areva ? Le groupe français et l'Agence finlandaise de sûreté nucléaire (STUK) se renvoient la balle, et les associations écologistes comptent les points.
Le chantier de Flamanville devant le tribunal administratif
Le juge des référés du tribunal administratif de Caen a indiqué, mardi 24 octobre, qu'il rendrait sa décision jeudi concernant une éventuelle suspension des travaux de construction du réacteur nucléaire EPR de Flamanville
(Manche), que réclament plusieurs associations écologistes. Le Réseau sortir du nucléaire, Greenpeace et la Confédération paysanne, entre autres, contestent la légalité du permis de construire accordé par le préfet de la Manche.
Ce dernier a autorisé le démarrage des travaux de terrassement et de bétonnage préparatoires à la construction du réacteur avant l'avis des commissaires- enquêteurs et la signature du décret d'autorisation ministérielle. Pour les opposants à l'EPR, "il y a violation de la loi de protection du littoral".
Ce que contestent EDF et le préfet, pour lesquels "le décret signé, en 1977, prévoyait une plate-forme pour quatre réacteurs". "Nous ne sommes donc pas sur un site vierge", argumentent-ils.
Par ailleurs, la Commission européenne a transmis aux autorités françaises, mardi, "son point de vue favorable" à la construction du réacteur EPR sur le site de Flamanville. - (Corresp.)
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"Les Finlandais font confiance à leurs autorités. Je ne crois pas qu'ils ont encore réalisé qu'ils vont en partie devoir payer les retards accumulés par le réacteur. Mais ça viendra", assure Lauri Myllyvirta, de la section finlandaise de Greenpeace. Selon lui, la stratégie du gouvernement pour répondre aux critères de Kyoto de réduction des gaz à effet de serre repose essentiellement sur ce réacteur de 1 630 mégawatts. "Il est donc peu probable qu'il reconnaîtra la moindre erreur, d'autant qu'il y a des élections législatives en mars 2007", estime M. Myllyvirta. Actuellement, le débat porte plutôt sur l'opportunité de construire un sixième réacteur nucléaire, réclamé par l'industrie finlandaise.
La première phase du chantier d'OL3, nom officiel du réacteur EPR, qui sera le troisième réacteur en activité sur le site d'Olkiluoto, a rencontré des difficultés imprévues, a confirmé un rapport rendu public par STUK en juillet. Des anomalies dans la composition du béton utilisé pour la dalle du réacteur ont notamment entraîné l'arrêt des travaux, l'hiver dernier. Plus poreux, ce béton pourrait rendre plus vulnérables à la corrosion les structures métalliques qui le traversent. Fin février, un rapport avait confirmé la moindre résistance du béton, mais ses conclusions étaient toutefois que sa résistance finale resterait supérieure aux spécifications de départ, "avec une bonne marge".
STUK évoque aussi des "problèmes rencontrés dans la fabrication des principaux composants". L'agence finlandaise, qui regrette un manque de contrôle exercé sur les sous-traitants, rapporte l'explication donnée par Areva : "Si l'on considère l'échelle de ce projet, premier du genre, les problèmes ayant provoqué ces retards ne sont pas inhabituels."
"Areva manquait peut-être d'expérience dans les travaux publics", estime Seija Suksi, directeur de l'enquête sur OL3 à STUK, avant d'ajouter : "Il est bien sûr dommage qu'Areva se soit fait les dents sur la Finlande." "Quand on voit les erreurs réalisées sur des travaux a priori peu complexes, on peut s'attendre à de sérieux problèmes quand on passera aux choses sérieuses", s'inquiète Greenpeace.
"ENQUÊTE APPROFONDIE"
Sans nier la défaillance de sous-traitants finlandais et français, Areva pointe la lenteur de la procédure de certification suivie par STUK. Le groupe français, qui vient de s'allier au japonais Mitsubishi pour "compléter sa gamme" en concevant un réacteur inspiré de l'EPR, mais n'excédant pas 1 000 mégawatts, a été contraint de constituer des "provisions significatives" dans ses comptes pour anticiper des surcoûts liés aux délais.
Par ailleurs, la Commission européenne a indiqué, mardi 24 octobre, avoir lancé une "enquête approfondie" afin d'établir si la garantie accordée par la France en faveur d'un prêt de 570 millions d'euros par un consortium bancaire à la compagnie finlandaise d'électricité TVO pour l'achat de l'EPR est compatible avec les règles de la concurrence. Cette garantie, apportée par la Coface, a-t-elle favorisé le projet d'Areva ? Le groupe français se défend d'avoir bénéficié d'avantages indus. La garantie, notifiée à la Commission, est, selon lui, conforme à la réglementation européenne.
Olivier Truc (à Stockholm) et Hervé Morin