Me revoilà après quelque jours et quatre pages de messages sont sortis...
Reprenons point par point
GillesH38 a écrit :
je me "contente " pas, je donne mon avis de physicien : si les courbes se recouvrent, les ruptures ne sont manifestement pas aux mêmes endroits, et donc manifestement ce ne sont pas les causes physiques invoquées (les éruptions volcaniques) qui sont corrélées aux ruptures de la courbe instrumentale.
A ma connaissance, les modèles n'ont pas la prétention de reproduire les évolutions à court terme ou localisée, et d'ailleurs, la courbe qui est comparée à celle des températures mesurées, est celle d'une moyenne. Ton argument me semble hors-sujet.
Pour ce qui est de la référence à ta qualité de physicien, je crois qu'elle relève d'une déformation qu'on retrouve chez certains scientifiques: en jugeant leur science plus "fondamentale" ou plus "riche" que les autres, ils pensent pouvoir donner un avis autorisé même sur des sujets qu'ils connaissent peu ou mal. Courtillot et Allègre ont le même discours avec leur propre discipline.
GillesH38 a écrit :pas du tout, je ne rejette pas toute incertitude , je dis que les scénarios catastrophes me semblent largement au-delà des barres d'incertitude... pour le charbon, on peut dire que le pétrole sert de "benchmark" : si le pic arrive à peu près au moment du pic conventionnel, je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas pareil pour le gaz et le charbon, pour les mêmes raisons :des ressources trop chères bloquent la croissance et ne trouvent plus d'acheteurs.
Si les ressources ne trouvent pas d'acheteurs alors les prix baissent... et ils se trouve alors des acheteurs. Imaginer qu'on puisse se passer de ressources aussi importantes que celles des fossiles parce que ce sera trop cher est tout à fait ridicule. Lorsque les prix d'un bien de première nécessité augmentent, c'est le reste qui en souffre ne premier. Le charbon, on ira le chercher avec des méthodes du 19ième s'il le faut(en fait on utilisera sûrement des techniques plus efficaces), mais on ira.
GillesH38 a écrit :
Pour une raison hypersimple à comprendre , tellement évidente qu'il faut un gigantesque mouvement d'autosuggestion collective comme celui actuel pour ne pas réaliser. Bruler 300kg de carbone pour produire 1 t de CO2 rapporte actuellement en moyenne environ 2000 $ dans le monde. Quelqu'un a-t-il vu quelque part, un coût de la tonne de CO2 qui approche un tant soit peu cette valeur , meme dans les pires scénarios du GIEC ??? se priver de bruler du CO2 actuellement, pour "éviter les catastrophes", ce serait exactement comme se priver d'un boulot qui rapporte 2000 $ par mois, sous le prétexte que ça coute 100 $ de transport pour y aller, et qu'on risque en plus d'avoir un accident de voiture ç!! qui fait ça en réalité? ben si personne ne le fait, aucun gouvernant ne le fera non plus pour son pays - et si il le faisait, il se ferait immédiatement virer par la population, et sans doute avec raison.
Ta réflexion montre bien que ton point de vue sur la question est avant tout politique. Ceci dit, je pensais que tu savais qu'il existait une
estimation des coûts éventuels du RC. Tu me diras: il y a trop d'incertitudes pour qu'on puisse prendre au sérieux ce rapport, et tu as sans doute raison. Le problème, et c'est ce que, malgré ton bon sens de physicien, les incertitudes ne jouent pas toujours dans le sens le plus favorable. La simple vérité, c'est qu'avec cette histoire de RC, on prend simplement un billet vers l'inconnu. A part cela, c'est sûr personne n'acceptera de baisser son niveau de vie aujourd'hui pour un risque mal défini.
Guino, ton argumentaire reprend le vice de forme l'argumentaire général du GIEC : tu commences à POSTULER que le GIEC a raison, qu'au pire il n'y a que des petits détails sans importance qui clochent, et en gros tu interprètes ensuite toute attitude qui poserait des questions comme un combat douteux visant à décrédibiliser ses travaux pour protéger des interêts politico-financiers (je résume en gros mais c'est ça non?)
Et toi, tu persistes à ne pas prendre le giec pour ce qu'il est: non un organisme de recherche mais un groupe d'experts qui établissent dans un rapport l'état de la connaissance sur le climat. Si tu veux critiquer ses conclusions, tu peux:
1) Soit démontrer que les rapports ne traduisent pas l'état de la recherche sur l'évolution du climat.
2) Soit que cette recherche se fourvoie.
Dans ce que pense des travaux du GIEC, la question de la fiabilité des modèles climatiques est secondaire . L'essentiel du problème est comme je l'ai dit est
a) que les scénarios catastrophes sont basés sur des réserves improbables
b) que ces scénarios sont à considérer dans leur intégralité Y COMPRIS dans le fait qu'ils supposent une consommation de fossiles multipliée par 2 ou 3 et donc AUSSI un enrichissment considérable de la population, qui est pour le moins à prendre en compte quand on fait un bilan global de la société !
Il me semble que tu devrais te concentrer sur le point a) où tu es nettement plus crédible. Ceci dit, sur le b), j'ai l'impression qu'on entre dans une énorme confusion. Je ne vois pas pourquoi, dans ses rapports le giec devrait se préoccuper de l'enrichissement de la population grâce aux fossiles. Il se contente d'estimer l'impact sur le climat, et c'est aux politiques de juger la balance.
et je n'ai pas dit : tout se passera bien. J'ai dit : tout se passera sur des durées de l'ordre du siècle, donc à - quelques % par an. La crise actuelle est EXACTEMENT le genre de chose que j'ai expliqué qu'il se passerait. Je dis juste qu'on va en vivre une série comme ça,e t que ce sont elles qui mineront petit à petit toute l'organisation industrielle, sans grand soir catastrophique qui la ferait disparaitre d'un coup.

Tu n'as absolument pas prévu la crise économique(d'ailleurs tu as fait un pari que tu as perdu sur le prix du pétrole) et tu n'as jamais été capable de fournir un scénario précis permettant de relier la hausse du baril à crise financière.
j'achète pas non plus

. Je pense que ces gens-là sont prisonnier de leur schéma mental où toutes les variations de températures ne peuvent qu'être dues à des forçages, et spécifiquement au CO2. Du coup si c'est du à autre chose, et que la température monte plus que ce qu'elle devrait .. ils en concluent que le CO2 a encore plus d'effet que ce qu'ils croyaient ! Or pour moi ça n'a rien d'évident du tout du tout. L'optimum médiéval n'etait surement pas dû au CO2, ni toutes les variations de l'holocène. Je pense que les climatologues sous-estiment l'existence de cycles limites spontanés et de bassins d'attraction, pourtant génériques dans la dynamique des systèmes complexes, comme tu le sais bien, kercoz

.
J'aime beaucoup ta façon d'écarter sans l'avoir lu un article scientifique...

Pour ce qui est du schéma mental, il suffit de lire la conclusion du chapitre 9 du rapport 1 du giec que l' hypothèse
d'un changement dû à des causes internes a été envisagé(pourquoi crois-tu être le seul pourvu d'un cerveau?). Le point essentiel, c'est que c'est tout l'ensemble du système qui accumule de la chaleur. Le physicien que tu es doit bien comprendre que ce système reçoit certainement plus d'énergie qu'il n'en cède.
je te défie bien de me montrer une preuve vraiment établie de ce qu'était exactement l'OM. Et je te signale qu'il n'y a pas d'explication non plus à cette "bascule climatique", à ma connaissance. Ca prouve quand meme que les modèles ne sont pas si complets que ça.
Tu reverses totalement les choses: c'est toi qui invoque l'optimum climatique médiéval en permanence(pour justifier ton hypothèse d'un cycle climatique de l'ordre de 1000 ans), c'est donc à toi de justifier ce qu'il était. Sandro Minimo ne fait que t'indiquer ce qu'est le point de vue des chercheurs du domaine: à savoir que ce n'était pas un phénomène "global". Une simple consultation de wikipédia(!) sur la question te permettras d'accéder à plusieurs articles sur la question qui concluent tous à la même chose.
je fais une courbe avec des données officielles, je ne vois pas ce que ça a de "bidouillé". Elle est ni plus ni moins bidouillée que celles que tu vois sur les rapports du GIEC !!
au fait, à Oléocene, on se croit tous plus malins que les experts du monde entier qui travaillent dans des agences officielles et au CERA non? tu y crois à ce PO fait par les amateurs de TOD et d'Energybulletin? t'es tres naif !!!
Tu descends de plus en plus bas: la grosse différence de la question du climat avec celle du pétrole, c'est que dans ce second cas, les géologues spécialistes de la question ne font pas partie des agences officielles et que la recherche scientifique sur la question est totalement bloqué par le caractère confidentiel de toutes les données.
je tiens à exprimer ma gratitude à tous ceux qui se préoccupent autant de l'évaluation de ma petite personne et de mes compétences scientifiques, par des gens tout à fait qualifiés pour le faire.
Qui a cherché à faire valoir son statut du physicien.
à noter en perspective la courbe des températures de l'hémisphère Nord sur la même période

note bien une petite bizarrerie : les températures montent essentiellement jusqu'en 1998, année d'un El Nino exceptionnel, et puis après, elles semblent bien stagner ..
De pire en pire.
Si tu regardes bien, elles semblent tout autant stagner entre 1981 et 1988 ou entre 1991 et 1997...
Mauvaise référence.
Glycogène a écrit :Je connais l'effet de serre et l'augmentation anthropique de la concentration de CO2 depuis bientôt 20 ans : à l'époque ce sont ceux qui pensaient que l'homme pouvait influencer le climat à long terme en continuant une consommation croissante des fossiles, qui passaient pour des moutons noirs...
Tutut, 20 ans, c'était en 1989, et la question du RC a été soulevée bien plus tôt:
http://www.youtube.com/watch?v=0lgzz-L7GFg
AJH a écrit :Moi j'ai trouvé les analyses de Gilles extrêmement raisonnables et comme je l'ai déjà écrit j'ai de plus en plus l'impression que nous nous faisons "enfumer" avec cette histoire des conséquences du réchauffement et du réchauffement lui-même.
- les moyennes ne veulent pas dire grand chose. Il est évident que le centre de l'Australie se réchauffe .. mais d'autres zones se refroidissent ( USA)... ce peut être des épiphénomènes
Le problème est que statistiquement, il y a une nette tendance au réchauffement. D'autre part, les températures ne sont qu'un élément pour en juger, d'autres indicateurs sont utilisés.
- même s'il y a réchauffement, l'homme s'adaptera: 2°C n'est pas "catastrophique".
La capacité de l'homme à s'adapter est largement liée à sa capacité à anticiper...
- l'origine du réchauffement (anthropique ou solaire ou autres) est loin d'être démontrée avec certitude. Il vaudrait mieux s'occuper des problèmes d'eau potable, d'irrigation de terres arables, d'éducation, de retraite pour les vieux des pays pauvres, de plannings familiaux et de distribution de moyens pour éviter la surpopulation, et j'en passe.
Qui es-tu pour en juger?
Il y a quand même un point important que beaucoup semblent oublier: à partir du moment où il y a des raisons de penser que nous sommes peut-être en train de modifier le climat, comment fait-on pour savoir si c'est le cas ou non? Il me semble que le seul moyen est d'interroger un panel de spécialisteq choisi le plus internationalement possible et leur demander quel est l'état de la connaissance sur le sujet. C'est me semble-t-il ce qu'on a fait
youplaboum a écrit :
Avec des "si" on met Paris en bouteille. C'est bien tout le problème du RC : le dossier est monté à charge uniquement, et c'est ce qui le discrédite gravement. Je m'en rends compte actuellement, du fait des congés de fin d'année : je rencontre plein de gens que je voie rarement, et l'avis général sur les écolos/climatos est devenu tout simplement catastrophique.
Ce genre d'amalgame(ecolos/climatos)discrédite celui qui le prononce. Quand à l'idée que le dossier soit monté à charge uniquement, c'est une véritable insulte aux chercheurs qui bossent sur la question(et c'est légèrement rigolo lorsqu'on lit ce qu'écrivent les s(c)eptiques.)
Sandro Minimo a écrit :Moi je me demande simplement une chose : comment se fait-il que les Gilles H38, youplaboum et autres Courtillot, Allègre ou Cabrol soient incapables de produire ne serait-ce qu'un seul papier scientifique qui tienne la route pour remettre sérieusement en cause les conclusions (ou l'un des aspects) du GIEC?
Pourquoi?
Parce qu'il y a deux catégories de personnes qui s'intéressent au climat :
1. Ceux qui connaissent le sujet, qui sont sérieux, qui publient des articles, qui bossent sur des données fiables avec des modèles complexes et des calculs sérieux et qui arrivent, depuis Svante Arrhenius au XIXè siècle, à peu près tous à la même conclusion : les émissions de CO2 anthropiques modifient le climat d'une manière inédite.
2. Ceux qui aiment débattre sur des forums ou se faire voir dans les médias et qui ne sont fondamentalement pas au même niveau, qui bossent sur des données partielles et des approximations faites sur des coins de table. Et qui adorent croire qu'ils ont raison et qu'ils ont trouvé "le grand scandale" simplement parce qu'il sont à contre-courant de la "pensée dominante".
Ca me fait doucement rigoler.
Ceux qui contestent le RC le font la plupart du temps pour des raisons idéologiques. Les deux principales étant la dévotion au divin marché et le scientisme. Je crains que je doive en rajouter une: le peakoilisme, qui consiste à considérer qu'il n'existe qu'un seul problème se posant à l'humanité le PO.
gillesH38 a écrit :b) les reconstructions en "crosse de hockey" ont DEJA ete critiquées scientifiquement, par les papiers de McIntyre et McKitrick en particulier. Va voir ce que disent ces papiers ou leur blog, tu pourras te faire une idée. La encore pas besoin de réécrire des papiers.
McIntyre et McKritick ont eux même été critiqués par Wahl et Amman, mais cela, visiblement tu n'en tiens aucun compte