Re: Démographie, naissances...
Publié : 26 janv. 2018, 13:15
*** supprimé modération ***
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L'humain est encore au stade de l'ignorance. Nos pensées créent notre réalité. Si tes pensées sont négatives et sombres, attend toi à vivre des choses en accord avec ces pensées.sur la prise de conscience de l'avenir sombre.
Les caisses d'allocations familiales ont été créés au sortir de la guerre de 14-18 pour repeupler le pays après la grande boucherie et préparer la prochaineRemundo a écrit : 26 janv. 2018, 09:37 Sûr que les allocs familiales aiment de telles "orientations" ... démographiques.
L'alimentation ça représente quoi dans ton budget?Remundo a écrit : 27 janv. 2018, 23:10 ah parce que tu pense qu'on est au bord de la sous-alimentation en France parce qu'on serait trop nombreux ?
Plusieurs aspects sont restés absents de cette revue. On aura notamment constaté que l’analyse était restée centrée sur une hypothèse d’économie fermée. Une approche en petite économie ouverte tendrait à relativiser encore davantage les conséquences des changements démographiques : elle conduit à traiter rendement du capital et salaires comme exogènes, ce qui réduit à peu de choses les variables sur lesquels la démographie peut avoir un impact. Mais on ignore par là-même le fait que les autres pays, au moins les pays développés, connaissent peu ou prou les mêmes évolutions démographiques. L’approche en économie fermée est donc une façon de prendre en compte ce parallélisme des évolutions démographiques, au moins pour ces pays développés. Il n’en reste pas moins qu’il y a un intérêt évident à poursuivre l’analyse dans le cadre de modèles multinationaux (Aglietta et al. [2000]), ou au moins multizônes, seuls à même de traiter l’impact des différences de calendrier du vieillissement et du ralentissement de la croissance de la population qui subsistent entre ces pays développés, et qui sont bien entendu bien plus importantes entre pays développés et pays en développement ou émergents.
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Une autre lacune est la prise en compte des problèmes d’équilibre politico-économique. Elle n’a été qu’allusive à travers l’évocation des modèles de négociation salariale. En fait, c’est surtout à propos de la question des retraites que ces approches ont été développées (Artus et Legros [1999]), thème qui sortait du cadre du présent article. Il resterait à examiner en détail les implications plus globales du décalage vers le haut de l’âge de l’électeur médian. Ce thème, lui aussi, est un thème traditionnel de la littérature populationniste, qui voit dans le vieillissement un facteur de blocage institutionnel défavorable à la croissance et à l’innovation.
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A ce dernier manque près, on espère avoir montré que l’accumulation significative de littérature consacrée aux effets économiques des évolutions démographiques conduit finalement à une vision assez balancée des conséquences des changements démographiques. Contrairement à la situation qui pouvait prévaloir il y a quelques décennies, la théorie économique dominante a incorporé un bon nombre d’éléments susceptibles de neutraliser les biais malthusiens des modèles les plus traditionnels. La critique de ce biais, qui était un thème récurrent de la littérature populationniste, n’a plus guère de raison d’être.
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Il reste à savoir quels éléments en tirer en matière de politique démographique. Une chose est au moins certaine. Malgré les conclusions extrêmes de certains modèles de croissance endogène, un objectif de croissance démographique soutenue reste non-soutenable à long terme. Il faudra donc au minimum faire, un jour ou l’autre, avec les conséquences du retour à la stationnarité, et notamment ses conséquences sur ce vieillissement qu’on peut qualifier d’incompressible car lié à l’évolution de l’espérance de vie. Au moins sur ce point, ce sera à l’économie de s’adapter à la démographie, et non l’inverse. Pour le reste, les questions du renforcement de la politique familiale ou du recours accru à l’immigration pour éviter la décroissance à très long terme de la population relèvent d’un débat de société qui dépasse certainement les seules considérations économiques.