Une contribution repiquée sur "decroissance":
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Voir par exemple en Russie actuellement le nomadisme ville-campagne :
http://forumcivique.org/index.php?lang= ... rticle=584
extrait :
Alexandre Nikulin a écrit:
Nomadisme ville-campagne
Le lien entre village et ville est très fort en Russie, dans la mesure où la plupart des citadins sont encore des ruraux de première ou deuxième génération. L’industrialisation forcée stalinienne les a forcés à rejoindre les villes, mais leur mentalité reste paysanne. L’enquête s’intéresse particulièrement aux relations très étroites entre les citadins et leurs proches parents et amis à la campagne qui se rencontrent au moins deux fois par an. En effet, on assiste dans les villages comme dans les villes à une renaissance de fêtes telles que Pâques et roditelski dien – le jour des parents. En principe ce sont des fêtes religieuses, mais leur importance est plutôt d’ordre social. L’enquête n’a d’ailleurs constaté aucune montée de la religiosité en Russie. Ces jours-là, les gens de la ville s’efforcent de regagner leur village d’origine, et c’est au cimetière que tout le monde se retrouve. La moitié de la ville est là, on se salue avec émotion, on s’échange des paquets, des objets, de l’argent, des coups de mains. C’est l’occasion de nouer de nouvelles relations d’ordre social et économique, c’est la matérialisation de cet échange naturel entre la ville et le village ou la datcha. Paradoxalement, ces liens très étroits se sont renforcés ces dernières années quand une partie de la population, anciennement paysanne, a eu, grâce aux réformes, la possibilité d’avoir une petite parcelle de terrain. Tout le pays s’est alors consacré à cette petite exploitation personnelle et familiale, indispensable à la création de cette symbiose entre ville et campagne, entre l’appartement et la datcha.
Ce mode de vie est actuellement en plein épanouissement. Selon les statistiques, les citadins se sont rués vers la campagne au début des années 90, et 1,5% à 2% d’entre eux sont retournés vivre au village. Durant la décennie, l’équilibre ville-campagne est resté stable. (…) 55 à 60% de la population russe, dans les villages comme dans les villes, est une population rurale. En effet, dans les petites villes aussi, on vit essentiellement de l’agriculture.
A cela s’ajoutent les datchniki de Moscou. Dans le district de Mojaysk, situé aux confins de l’Oblast de Moscou, à 100 Km de la ville, on compte environ 200 datchas. Elles occupent 40% du territoire du district. C’est l’existence typique du Russe moyen, à cheval sur deux milieux. Les Russes vivent un peu comme des hippopotames ou des oiseaux migrateurs, ils passent une partie du temps à la ville et l’autre à la campagne, et c’est une méthode de survie. Comme ces animaux, ils vivent à la limite de deux milieux, en séjournant dans l’un ou dans l’autre, exploitant leurs ressources de manière optimale. Ils nomadisent entre ville et campagne, entre campagne et ville, en une migration gigantesque, souvent collective, reconstituant l’obchtchina – la communauté. Il arrive par exemple que des usines ferment au printemps pour permettre à leurs ouvriers d’aller s’occuper de leur potager. Ils sèment, plantent les pommes de terre, ensuite ils retournent à l’usine. Au moment de la récolte, ils repartiront pour deux semaines.
A l’époque soviétique il se passait la même chose, mais de manière centralisée. Les usines continuaient à fonctionner, tandis qu’une partie des effectifs était envoyée travailler aux champs. Aujourd’hui, la direction locale se contente de dire: «le salaire est trop bas, nous sommes dans l’incapacité de vous nourrir avec si peu. Alors vous devez compter sur votre potager. Si nous fermons l’usine, vous verrez vous-mêmes que vous vous débrouillez, et nous pourrons l’ouvrir à nouveau». Dans les circonstances actuelles, ça marche.
Selon les statistiques, il y aurait en Russie 40 millions de petites exploitations de subsistance qui font vivre en gros les deux tiers de la population. C’est soit la datcha, soit le potager du kolkhozien à la campagne. Un tiers de la population environ vit dans les zones rurales, un tiers dans des petites villes et un tiers dans des grandes villes de plus de 100.000 habitants. Les villes moyennes en comptent de 50.000 à 100.000, les petites moins de 50.000.