Re: Démographie, naissances...
Publié : 03 déc. 2020, 08:55
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Si nos contemporains sont prêts à contester l’analyse de l’auteur de Zadig, ils sont loin de partager la radicalité de la critique du Promeneur solitaire. Tout au plus, font-ils le constat que la fréquence des catastrophes naturelles augmente, que leurs coûts explosent (306 milliards de dollars en 2017, année record) et qu’elles font bien plus de victimes qu’il ne fallut en déplorer à Lisbonne. Ils se satisfont d’une explication univoque : l’activité humaine génère des gaz à effet de serre, lesquels entraînent un réchauffement de l’atmosphère à l’origine des dérèglements climatiques. Il suffirait de modifier nos comportements, de privilégier un nouveau mix énergétique pour que tout s’arrange.
Cette chaîne causale est contestable à plus d’un titre.
• Toutes les catastrophes naturelles ne sont pas imputables au climat. Songeons au tsunami asiatique de 2004 qui fit 250 000 morts, ou au tremblement de terre de 2010 en Haïti, aussi dévastateur.
• Si les cataclysmes provoquent plus de dégâts, c’est aussi parce qu’ils touchent des centres de population plus denses qu’autrefois et qu’ils détruisent des infrastructures et des équipements plus onéreux.
• La pression exercée par l’homme sur son environnement est le produit de deux termes : le nombre des individus concernés et l’action destructrice/prédatrice de chacun d’eux. Si le second terme est corrélé aux nuisances de l’appareil industriel, le premier est traité comme exogène, hors de contrôle. En outre, cette pression "anthropique" occasionne d’autant plus de dommages qu’elle s’exerce sur des zones fragiles : le littoral, les forêts, les zones sismiques, etc. La localisation des populations n’est pas non plus maîtrisée. En quelque sorte, les catastrophes naturelles ne vont pas à l’homme, c’est lui qui, en rangs serrés, se porte à leur rencontre.
• L’extinction de nombreuses espèces animales est bien moins liée au réchauffement climatique qu’à l’action de l’homme sur les écosystèmes (l’urbanisation, la surpêche, la chasse, la pollution chimique, etc.). L’espèce humaine, en proliférant, a pris le dessus sur tout le règne animal.
La question démographique est le "point aveugle" de l’écologie politique (note : Sur l’ensemble de ces questions, on lira avec profit le livre de Jean-Loup Bertaux, "Démographie, climat, migrations, l’état d’urgence", 2107, Fauves Éditions). Pendant que le cerveau droit de la communauté internationale débat d’un seuil de température à ne pas dépasser, son cerveau gauche contemple impassible des projections de population qui s’inscrivent dans la partie haute de la fourchette. La COP21, dont nos gouvernements ont tiré gloire, a complètement ignoré cette problématique. Entre 1990 et 2014, les émissions de CO2 dans le monde ont crû de 58 %, mais seulement de 15 % par tête d’habitant. L’augmentation de la population y a donc contribué environ pour les trois-quarts. La schizophrénie est à son comble.
Les raisons de cette attitude sont multiples, profondément enracinées dans notre inconscient collectif.
• L’injonction biblique du "croissez, et multipliez, et remplissez la terre", valable à l’Âge du Fer, quand la planète était à conquérir et que les régimes de retraite restaient à inventer, reste prégnante.
• Une population nombreuse a toujours été synonyme de puissance pour les monarques de l’Ancien monde, une force de travail pour l’agriculture, un réservoir de main-d’œuvre pour l’industrie et le moyen d’étoffer les rangs de l’armée.
• La guerre des utérus fait encore rage : pourquoi un pays adopterait-il une politique antinataliste, si ses voisins, pas toujours bienveillants, ont une pratique inverse ? Il est de bon ton de s’enorgueillir de la bonne performance de la France, tout en s’apitoyant sur le sort de l’Italie et de l’Allemagne, menacées de déclin ; sans voir que, collectivement, les peuples européens ont déjà perdu la partie.
La démographie est, par excellence, le domaine des externalités. Longtemps elles ont été positives, du fait que la coopération d’un plus grand nombre d’hommes, rassemblés dans les villes et les usines, décuplait les forces productives. Mais il en est de négatives : la venue au monde d’un enfant affecte l’existence future d’autres individus. Dans notre État social, ses concitoyens se voient assigner, quoiqu’il advienne, un devoir de solidarité à son égard. Devenu adulte, il contribuera à l’augmentation de la pression anthropique, pas seulement dans son voisinage, mais partout sur la planète. Aujourd’hui, on a sans doute atteint le point d’inflexion à partir duquel les externalités négatives l’emportent.
Pour lutter contre elles, deux issues sont possibles : l’interdiction assortie de pénalités ou l’incitation.
La Chine n’a pas hésité à emprunter la première voie. La politique de l’enfant unique n’est pas étrangère à son essor économique. L’Inde s’y est aussi essayée dans les années 70, mais avec un succès moindre : 1,350 milliard d’habitants aujourd’hui, soit un triplement en 50 ans ! Ailleurs dans le monde, on se contente d’attendre que l’élévation du niveau de vie dissuade les couples de multiplier les naissances. Ce mécanisme est effectivement à l’œuvre, puisque les taux de fécondité ont diminué de façon spectaculaire, en Occident depuis des décennies et, depuis peu, en Asie et au Moyen-Orient. Mais grande est l’inertie des phénomènes démographiques. L’Afrique reste à la traîne, et elle contribuera à près de 60 % de l’augmentation attendue de la population mondiale à l’horizon 2050 (+1,3 milliard). Les politiques de planning familial y restent notoirement insuffisantes.
Le droit à la procréation est-il un droit de l’homme imprescriptible ? La Déclaration Universelle éponyme n’en dit mot, se limitant à l’énoncé vague d’un droit au mariage et à la fondation d’une famille (Art. 16). Faut-il laisser les États décider souverainement de leur politique familiale ? Aujourd’hui, ces deux questions politiquement incorrectes méritent d’être posées.
Dans la vaste négociation qui se noue autour du climat, un plus juste partage du fardeau serait souhaitable. Les pays développés, qui ont trop pollué la planète dans le passé, sont prêts à réduire drastiquement leurs émissions de gaz à effet de serre. En contrepartie, les pays en développement, dans leur intérêt bien compris, devraient contenir avec la plus grande énergie la progression de leur population. Un calcul de coin de table montre que si chaque pays parvenait dès aujourd’hui à stabiliser ses émissions de CO2 par tête d’habitant, leur volume global progresserait encore de 16 % d’ici 2050, sous l’effet du croît de la population mondiale. Inversement, pour maintenir ce volume à son niveau actuel, il faudrait que les pays en développement maintiennent inchangées leurs émissions par tête, tandis que les pays développés consentiraient à une baisse de 40 % des leurs. C’est dire que la gageure est de taille, et qu’une meilleure maîtrise des variables démographiques serait la bienvenue !
En 1975 , Jean Dutourd avait commis un curieux roman d'anticipation sur ce thème:paradigme a écrit : 19 mars 2021, 23:40 L'autodestruction s'accélère, pendant que la pensée unique nous raconte que l'on sera 10 milliards en 2050 le réel est tout autre et les média mainstream commencent à s'ouvrir à la réalité :
"Un dépeuplement inédit dans l'histoire,..."
https://www.franceculture.fr/emissions/ ... -mars-2021
https://www.science-et-vie.com/science- ... dait-61570
La pensée unique prédit depuis plus de 50 ans que l'on va arriver sur un plateauparadigme a écrit : 19 mars 2021, 23:40 L'autodestruction s'accélère, pendant que la pensée unique nous raconte que l'on sera 10 milliards en 2050 le réel est tout autre et les média mainstream commencent à s'ouvrir à la réalité :
"Un dépeuplement inédit dans l'histoire,..."
https://www.franceculture.fr/emissions/ ... -mars-2021
https://www.science-et-vie.com/science- ... dait-61570

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/ar ... 55770.html(France) Le nombre de décès en 2020 est « nettement supérieur » à celui de l’année 2019
Contrairement à ce qu’affirment certains « covidosceptiques », la crise du coronavirus s’est concrétisée par une mortalité record en France, selon les chiffres – encore incomplets – de l’Insee.
Par William Audureau et Léa Sanchez Publié le 08 janvier 2021
En 2020, la France a connu la plus importante mortalité de son histoire récente, selon les chiffres de l’Insee, et ce sans même prendre en compte les morts survenues en toute fin d’année, et qui n’ont pas encore pu être comptabilisés.
Le nombre de 613 395 décès, correspondant au bilan déjà sans précédent de la mortalité en 2019, a été atteint dès le 5 décembre 2020, explique l’Insee au Monde. Selon le bilan le plus récent, entre le 1er janvier et le 28 décembre 2020, la France avait enregistré 659 941 décès. Soit un écart de plus de 46 000 morts.
« Ce nombre reste toutefois encore provisoire et pourrait être révisé à la hausse dans les prochaines semaines », prévient l’Institut. Le calcul de la mortalité dépend en effet de la remontée des actes de décès enregistrés en mairie, laquelle peut prendre un peu de temps en période de fin d’année.
Surmortalité importante au printemps et à l’automne
Dans le détail, la surmortalité est notoire lors de chacun des deux pics épidémiologiques. « En nombre de décès, les mois de mars et d’avril 2020 sont bien supérieurs aux années précédentes », continue Sylvie Le Minez, tandis que concernant la seconde vague « septembre est légèrement au-dessus, octobre encore plus, et c’est très net pour novembre, par rapport aux cinq dernières années ou à 2019. »
Alors que la mortalité quotidienne, toutes causes confondues, est en France habituellement comprise entre 1 400 et 1 900 décès par jour, elle a dépassé la barre des 2 000 morts quotidiennes de manière quasi ininterrompue du 16 mars au 19 avril et très fréquemment du 21 octobre au 16 décembre 2020. L’écart le plus important a été enregistré le 1er avril, avec 2 811 morts contre 1 684 le même jour, en moyenne, sur les cinq précédentes années. Du reste, depuis le second pic (le 7 novembre), le nombre de morts baisse très lentement.
« L’excédent de décès provient à la fois de décès [supplémentaires] liés au Covid-19, directement ou indirectement, mais il y a aussi eu des décès en moins, engendrés par l’effet protecteur du confinement », nuance Mme Le Minez. On sait notamment que la criminalité et les accidents de la route ont connu une chute au printemps.
Par curiosité, j'ai fais une recherche. En 1987, J'ai trouvé une estimation était de 8.1 milliards pour 2025. C'est dans les clous. Du coup, j'ai cherché avant.mobar a écrit : 20 mars 2021, 15:37 La pensée unique prédit depuis plus de 50 ans que l'on va arriver sur un plateau
Bien sûr que les démographes vont utiliser les facteurs démographiques (natalité, mortalité) pour réaliser leurs projections. Bien sûr que des limites peuvent fortement impacter l'évolution démographique.Jeuf a écrit : 20 mars 2021, 21:59 Oui les projections passée de l'ONU se sont révélées justes.
Ces projections considère uniquement des facteurs démographiques. Pas de problème écologique, pas de limite. On y est pas encore. On peut penser que ces limites n'existent pas, ou qu'elles ne seront pas approchées , et donc que tout cela ce n'est pas un problème pour les humains.
ça reste un problème pour d'autre grands vertébrés qui eux ont été éliminés, il n'en reste plus beaucoup et le peu qui restent vont disparaitre. Mais rien ne prouve que ces animaux soient nécessaires aux grands équilibres écologiques et donc à la survie de l'humanité pour ce siècle.
tout a fait, c'est justement ce qu'expliquer le monsieur de Gapminder.tita a écrit : 20 mars 2021, 23:02Bien sûr que les démographes vont utiliser les facteurs démographiques (natalité, mortalité) pour réaliser leurs projections. Bien sûr que des limites peuvent fortement impacter l'évolution démographique.Jeuf a écrit : 20 mars 2021, 21:59 Oui les projections passée de l'ONU se sont révélées justes.
Ces projections considère uniquement des facteurs démographiques. Pas de problème écologique, pas de limite. On y est pas encore. On peut penser que ces limites n'existent pas, ou qu'elles ne seront pas approchées , et donc que tout cela ce n'est pas un problème pour les humains.
ça reste un problème pour d'autre grands vertébrés qui eux ont été éliminés, il n'en reste plus beaucoup et le peu qui restent vont disparaitre. Mais rien ne prouve que ces animaux soient nécessaires aux grands équilibres écologiques et donc à la survie de l'humanité pour ce siècle.
Ce que ça nous dit, c'est qu'il n'y a pas eu quelque chose, en 50 ans, qui a profondément bouleversé cette évolution. Ce qui a profondément bouleversé l'évolution démographique, c'est une forte hausse de l'espérance de vie et une forte baisse de la mortalité infantile dans la 1ère moitié du XXème siècle, puis une forte baisse de la natalité dans les pays développés dans la seconde moitié.
Mais même en posant une contrainte sur la natalité comme l'a fait la Chine pour freiner sa démographie, tu ne parviens pas à échapper à l'explosion démographique, parce que tu ne peux moralement pas faire augmenter la mortalité artificiellement.