- Avoir un toit sur la tête avec une surface habitable minimum de 30 m2, chauffé à 18 °C minimum, avec eau chaude et froide au robinet. Une douche un WC, une cuisine.
Ce dont je pourrais, je pense, me contenter, à mon âge (57 ans), et vivant en couple :
- Surface habitable de 20m2. Mon fils aîné vit actuellement dans un studio de 17 m2 avec douche, coin-cuisine, WC séparés. Tout seul ça va, à deux c'est limite mais on y arrive. Un couple vivait auparavant dans le studio. Ils avaient chacun leur ordinateur. Pour vivre dans la dignité, je pense qu'il faut rajouter 10 m2 par enfant ou adulte supplémentaire dans le logement (même un enfant a besoin de pouvoir s'isoler).
Si plusieurs personnes dorment dans une seule grande pièce, des rideaux peuvent séparer les lits, comme dans les internats d'autrefois. Ça donne en tout cas un minimum d'intimité, comme si chacun vivait sous une tente individuelle.
On peut se passer d'eau chaude, mais alors, sauf en été, il faut remplacer la douche par un lavage à l'éponge ou au gant de toilette. On s'y fait. Pour se laver les cheveux, il faut faire chauffer de l'eau sur la cuisinière : à moins d'être endurci, le shampooing à l'eau froide, c'est dur !
OK pour la cuisine.
Les latrines dans la cour (j'ai connu ça dans mon enfance) nécessitent d'avoir un seau d'aisance dans la maison, et un endroit pour le vider à l'extérieur :
Parce qu'aller jusqu'aux latrines au fond de la cour par une nuit d'hiver glaciale, c'est la pneumonie assurée...
J'ai utilisé, avec mes frères, un seau d'aisance jusqu'à l'âge de 10 ans, sans problème.
- Une alimentation, à base végétal, mais avec de la viande une fois par semaine.
Ou du poisson. J'ai toujours été un carnivore, mais récemment j'ai considérablement réduit ma consommation de viande rouge et de charcuteries, je m'y suis fait en quelques jours, j'en ai été le premier surpris. Si vraiment je devais le faire, je pourrais remplacer viande blanche et poisson par des pâtes et du fromage 6 jours sur 7 sans trop de douleur, du moins je pense.
- Des vêtements adapté au climat et sans usure excessive.
Oui.
- Le téléphone et un accès internet. Vu la société actuels, c'est deux choses devenus indispensable pour avoir accès au savoir et communiquer avec ses semblables.
Tout-à-fait d'accord. Mon ordinateur me permet de stocker toute une bibliothèque gratuite, que je transfère ensuite sur ma tablette pour lire plus confortablement. C'est fou tout ce qu'on peut trouver gratos sur Internet : tous les auteurs classiques, pour commencer, énormément de vieux films, de vidéos, etc. Et Internet permet de se passer d'acheter des journaux et des magazines. On peut lire les magazines et les journaux dans les bibliothèques, et pas mal de livres, mais si tout le monde le faisait, ce ne serait pas pratique. De plus, la bibliothèque d'un village de 300 habitants, c'est quand même en général très limité, on en a vite fait le tour.
- Pouvoir se déplacer : C'est à dire pouvoir faire 20 km par jours et un un voyage de plus de 200 km tous les deux mois.
En zone urbaine ou semi-urbaine, il y a les transports en commun. Je connais aussi l'Indre, et là c'est sûr il faut autre chose. Les bons vieux Solex ont l'air d'avoir disparu, c'est dommage :
Pour l'hiver, je dirais qu'il faut au moins un tricycle et une tenue d'Esquimau, mais même dans ces conditions c'est risqué quand les routes sont gelées.
Ceci étant, la très grande majorité des Français vivent dans des parties du territoire desservies par les transports en commun. Avec la contraction économique permanente que nous connaissons, il devient de plus en plus difficile de vivre dans des villages isolés : suppression de bureaux de poste, de gares SNCF, etc.
Vivre à 20km d'une ville disposant d'une gare, d'un hôpital et autres aménités nécessite d'avoir un moyen de transport individuel motorisé, le minimum étant la mobylette ou le vélo électrique. Eviter de s'en servir la nuit sur les petites routes de campagne, on est à la merci du premier chauffard venu qui fonce sans rien voir.
L'autostop est trop aléatoire. À exclure, sauf en cas d'accident.
- Accès à des soins de santé de qualité.
Absolument.
- Payer ses impôts.
Oui. Sans impôts, pas de services publics, d'entretien des routes, d'écoles publiques laïques et gratuites, etc. Et surtout, pas de soins de santé de qualité accessibles même aux petits revenus.
J'oublie quelque chose ? Vous enlèveriez quoi ?
Je crois que la plupart d'entre nous aurait plutôt tendance à vouloir rajouter des choses !
On exclura toutes les dépenses induites par le travail, puisqu'on peut très bien vivre dignement sans travailler en France.
C'est mon cas, je suis retraité depuis 2 ans. Je suis trésorier bénévole dans une association : ça unit les avantages du travail (vie sociale, etc), sans les inconvénients. Je déconseille fortement de rester assis en pyjama toute la journée devant la télé : d'abord, ce n'est pas vivre dignement, et en plus ils ont supprimé Derrick...
Pour conclure, la vie ainsi conçue, c'est un peu ce que j'ai connu dans les années 60 dans un patelin de trois mille habitants à 80 km de Paris. Nous vivions dans la dignité, et nous étions heureux. Nous n'avions même pas le téléphone, et la télé seulement quand j'ai eu sept ans (une seule chaîne, en noir et blanc). De nos jours on pourrait vivre de nouveau de la même façon, mais il faut Internet pour ne pas se sentir isolé du monde. Le prix d'une connexion est vite amorti par les économies qu'on fait sur les achats de journaux, magazines, dictionnaires, etc.
Compter sur l'Internet du voisin, ça manque de dignité, justement. Avant-hier matin un ami qui n'a pas Internet, non pas par manque de moyens financiers (il est riche) mais par pure technophobie, m'a téléphoné pour que je lui fasse une recherche bébête sur Google : trouver une agence de voyage parisienne proposant des croisières sur le Rhin. Vivre dans la dignité, c'est aussi ne pas dépendre du bon vouloir des autres pour des choses simples.