Publié : 06 févr. 2007, 22:09
des scénarios aussi ?on écrit des rapports...
Site dédié à la fin de l'âge du pétrole
https://www.oleocene.org/phpBB3/
des scénarios aussi ?on écrit des rapports...
oui mais on peut basculer tout ce qu'on veut, les ressources fossiles sont finies et on aura toujours une courbe en cloche quand on les regardera du XXIIIe siecle. Seulement au XXIIIe siecle on sera capable de dire combien on en a extrait au total de charbon, de gaz et de pétrole, alors que maintenant, on n'en est pas encore capable. Mais j'insiste, la seule variable réellement pertinente (sauf courbes particulièrement biscornues en dos de chameau ou de baleine à bosse, dont je ne vois pas très bien pour quelles raisons elles se produiraient au niveau mondial) est l'intégrale sous la courbe, les zigzags politico economiques ne sont que du second ordre.Tiennel a écrit :La seule faille conceptuelle de ce scénario, c'est le recours systématique à des modèles de production (et donc de consommation) stochastiques indépendants.
En pratique, quand une ressource se fait chère durablement, on a toujours basculé vers d'autres sources, ce qui a provoqué des singularités sur la stochastique initiale.
Après la bascule "pétrole vers gaz" du début des années 1980 en Europe du Nord et en Amérique du Nord, on est aujourd'hui dans un mode "pétrole vers tout le reste" avec plus d'inertie car le choc pétrolier numéro 3 n'a pas encore eu lieu. Pour prendre une image, on construit en parasismique une fois que le tremblement de terre a eu lieu ; tant que ce n'est pas survenu, on chipote, on dit "oui, c'est vrai, on va dans le mur", on fait des expériences (l'éolien par-ci par-là), on écrit des rapports...
De quoi sont les pieds ?GillesH38 a écrit : La question de fond est donc : de combien est l'integrale ?
Tu as une drole de définition d'une contrainte, il me semble que c'est justement si on relaxe la contrainte sur les URR, qu'on fait ce qu'on veut justement....Environnement2100 a écrit :L'une des contraintes de nos scenarios, est qu'aucun d'entre nous, ni personne sur cette planète, ne connaît la surface de l'intégrale. Il nous appartient d'écrire des scenarios suffisamment "durcis", pour continuer la parabole militaire, pour tolérer des URR fortement variables. Si les URR étaient connues, Oleocene n'existerait pas, le sujet ne serait pas un sujet.
C'est ça, les scenarios sous contrainte : on fait pas ce qu'on veut, et on n'a pas les infos.
Justement, c'est ce point qui me parait essentiel, et très peu mentionné, la preuve même Tiennel ne l'a pas réaliséTiennel a écrit : Les taux de CO2 en 2100 ne dépendent pas que de la valeur de l'intégrale (les URR) mais aussi de la forme de la courbe, non ?




Ben oui, mais on a quand même une idée de la forme de la courbe : c'est en cloche, avec un maximum plus ou moins pointu (pic ou plateau), et une courbe plus ou moins symétrique.Tiennel a écrit :Les taux de CO2 en 2100 ne dépendent pas que de la valeur de l'intégrale (les URR) mais aussi de la forme de la courbe, non ?
Je pense que plusieurs ici le savais sans voir ces courbes.GillesH38 a écrit :le but principal etait je le répète surtout de regarder ce que donnait les prédictions du GIEC en se limitant aux réserves actuellement estimées, la conclusion etant essentiellement que dans ce cas la Nature ferait le boulot a notre place en limitant d'elle même la consommation totale à des valeurs raisonnables.
Comme le dit Tiennel, la concentration en CO2 dans l'atmosphère dépend bien évidemment de la vitesse à laquelle nous le produisons ; il est même prévu une rétroaction positive, puisque, à partir d'une certaine élévation de température, les incendies de forêts deviennent tellement importants que celles-ci ne peuvent plus se régénérer, et rajoutent elles aussi aux émissions.Glycogène a écrit :Il me semble que vous n'avez pas compris la démarche de Gilles (surtout E2100 qui semble le faire exprès en insistant sur le fait qu'il y aura du CTL : on s'en fout, ce qui compte c'est la consommation de charbon, que ce soit pour faire du CTL ou de l'électricité).
Son but n'est pas de trouver une date du pic. C'est juste de voir si les conclusions du Giec en 2100 sont possibles.
Et on trouve que c'est possible si on double plus ou moins les URR communément admises.
On ne connait pas exactement les URR, mais E2100, penses-tu que les URR peuvent être doublées ? Ou seulement augmentées de 50% ?
Tout est dans le terme "essentiellement"GillesH38 a écrit :Pour le CO2, ca ne change pas essentiellement les conclusions, meme si on met un peu plus de carbone dans l'air parce qu'on consomme plus les réserves de charbon au XXIe siecle (mais je suspecte que ma loi est trop simpliste, on serait peut etre plutot à 500-600 ppm). La conclusion essentielle est donc (comme on pouvait s'y attendre), qu'en creusant dans le charbon de manière accélérée,on gagne quinze à 20 ans sur la date du pic d'énergie totale, mais qu'après , la deuxième moitié du XXIe siècle risque d'etre plus dure !
Sur ce sujet, beaucoup d'informations chiffrées sur le fil prévu à cet effet, qui contredisent ta remarque.Une conséquence pratique, c’est par exemple que développer la séquestration n’a d’interêt que si les réserves sont beaucoup plus élevées que ce qu’on estime actuellement, et dans ce cas elle devrait concerner une partie très significative de la production de CO2 pour avoir un impact. Sinon on va beaucoup s’embeter (et payer cher) pour pas grand chose…
Je répète: il dépend essentiellement de la quantité libérée pendant le temps de résidence (100 ans).Cette quantité dépend de la vitesse si cette dernière reste à peu près constante ou augmente au cours du temps pendant ces 100 ans Mais dans le cas d'une courbe en cloche de durée inférieure à 100 ans, l'intégrale est pratiquement indépendante de la courbe (parce que une augmentation plus rapide est ensuite compensée par une dépletion plus rapide).Environnement2100 a écrit :Comme le dit Tiennel, la concentration en CO2 dans l'atmosphère dépend bien évidemment de la vitesse à laquelle nous le produisons ; il est même prévu une rétroaction positive, puisque, à partir d'une certaine élévation de température, les incendies de forêts deviennent tellement importants que celles-ci ne peuvent plus se régénérer, et rajoutent elles aussi aux émissions.
J'ai tenu compte des facteurs (0,85 pour le pétrole, 0,65 pour le gaz et 1 pour le charbon). L'augmentation par 3 du CTL est ramené à l'énergie utile finalement, mais ça ne compte pas ici, parce qu'on compte la production primaire : en revanche cela veut dire effectivement qu'on a moins d'énergie utile à la fin, c'est à dire finalement un facteur défavorable pour l'IE.De plus, et ça aussi c'est important, le pétrole génère moins de CO2 dans l'atmosphère que le charbon, à énergie égale ; mais si en plus on s'attaque au CTL, tu multiplies par trois les émissions. Enfin, si on a fait du liquide à partir de bitume, tu peux multiplier par cinq. Il est donc indispensable, pour connaître les quantités de CO2 émises, de savoir d'où vient le carbone. Et pour ça, tu es bien obligé de développer un minimum ta vision économique et industrielle de demain.
En ce qui concerne les URR, seule celle du pétrole commence à se cristalliser aux alentours de 1100-1400 Gbbl. Cette apparente maîtrise cache mal notre ignorance considérable sur les bitumes, qui représentent pourtant une part non négligeable, et en sus, du pétrole ci-dessus. Tant que les gens de l'ASPO parleront de pétrole pur pendant que BP parle de pétrole au sens large, on ne va nulle part. Tu as compris avec le paragraphe ci-dessus que la sous-extimation des bitumes lourds peut être catastrophique pour le comptage du CO2. J'ai également de gros doutes sur les quantités de gaz estimées : celui-ci avait une valeur marchande nulle jusqu'à une date récente, et nos connaissances à ce sujet sont donc limitées aux champs géants.
J'ai pris 1200 Gt d'ultimes soit 800 Gtep, dont 150 deja produits. C'est à peu près le double des estimations des réserves les plus conservatives, ça laisse de la marge sur les réserves non conventionnelles. Après on peut toujours douter des chiffres, mais je ne sais pas faire mieux...
Enfin, l'URR charbon est une donnée que je ne maîtrise pas ; si un charbonnier pouvait nous éclairer, j'en serais content, mais AMC le charbon ne se recherche pas de la même façon que le pétrole, et je subodore que les URR actuellement publiées sont très approximatives - ça fait quand même un siècle qu'on a arrêté de chercher autre chose que des sites affleurants.
Il ne faut pas confondre variable et paramètre : les URR ne sont pas des variables, mais des paramètres :bien sur on peut tracer différentes courbes avec différentes valeurs, d'ailleurs c'est ce qu'a fait Hubbert. Mais il ne faut pas les confondre avec leur estimation, qui peut varier au cours du temps : l'URR est l'intégrale sous la courbe qui a une valeur unique, bien qu'inconnue. C'est comme l'age auquel tu mourras , il ne varie pas avec le temps, meme si bien sur c'est un parametre inconnu!Je ne tiens donc pas à multiplier les URR : en revanche, je répète que nos scenarios doivent tenir compte d'URR variables, car si certains pensent qu'une URR sous-estimée est une bonne nouvelle, pour la quantité de CO2 dans l'atmosphère, c'est l'inverse.
Dernier point, certains jouent avec désinvolture de coefficients croissants et décroissants comme si c'était des jetons de casino : derrière ces jetons, il y a des réalités qu'il faut bien affronter. Si tu n'es pas capable de faire la différence, au vu des coefficients, entre une étape délicate et une catastrophe, ton scenario perd sa valeur.