Yves a écrit :En tant qu'ingénieur, je ne peux qu'appuyer à 100% ce que dis GillesH38.
L'histoire de la métalurgie le montre parfaitement. Les hommes savaient faire de l'acier et en ont fait autant qu'il pouvaient avant l'utilisation du charbon. Et les quantités, la qualité étaient dérisoires face à ce que le coke a pu offrir.
Sans charbon, on passe de l'age de l'acier à celui du fer. Point barre.
Et moi, en tant qu'ingénieur aussi, je ne peux être qu'en désaccord avec vous.
On ne retourne pas dans le passé. Je l'ai déjà dit et redit et je ne sais pas sur quel ton le chanter pour que vous imprimiez enfin !
Imaginer que l'avenir ne sera qu'une répétition du passé est le signe d'une incapacité à imaginer, qui tient de la réelle limitation intellectuelle.
Il y a désormais plein d'acier à la surface de la terre. Nous avons des connaissances qu'on n'avait pas au moyen âge. De plus, contrairement à la pleine époque de la révolution industrielle, nous avons désormais plein de domaines où nous savons faire sans acier. La métallurgie est désormais une "vieille" technique, qui attire peu les jeunes ingénieurs. Le XIXe et le XXe siècles sont derrière nous.
Si on imagine dans 200 ans une société sans pétrole, avec 10 ou 20 fois moins de population, il est tout à fait
possible que les métaux à recycler et un petit peu de production artisanale ici ou là soit suffisantes. Suffisantes pour une société, complètement nouvelle, impossible à imaginer, genre Ecotopie + 200 ans, dans laquelle il y aurait des productions industrielles, mais aussi des artisanats post-moderno-archaïque, des nouvelles religions.
M'enfin, prenez la mesure de l'importance actuelle pour l'industrie du plastique, des semi-conducteurs, des matériaux composites, etc. qui n'existaient pas il y a 200 ans.
Prenez la mesure des promesses de matériaux qui ne sont pas encore parfaitement maîtrisés aujourd'hui tels que les supra-conducteurs, les différentes formes du carbone (on n'a pas fini d'explorer !), les états plasmatiques de la matière, les nano-particules, etc.
Prenez le retour en grâce des matériaux traditionnels dans leur forme traditionnelle (pisé, céramique, bois etc.) mais aussi tous les dérivés modernes. Rien que pour le bois : bois traité thermiquement, fibres expansées, bois lamellé-collé, abouté, moulé, et maintenant soudé par friction ! Pour les applications où la soudure ne fonctionnerait pas, les colles dérivées de biomasse étant elles aussi juste de l'autre côté du tournant.
Prenez la mesure des changements sociétaux, culturels, etc. intervenus depuis 200 ans.
Maintenant, essayez d'imaginer quels seront les matériaux utiles dans 200 ans.
Vous n'y arrivez pas, tout simplement parce que c'est trop lointain pour qu'on puisse l'imaginer avec un intellect habitué à appliquer les sciences et techniques actuelles. Relisez la science-fiction, ou les écrits des scientifiques d'il y a seulement 50 ou 100 ans. Qui a pu prédire le monde dans lequel nous vivons ? Personne ! Il y a des domaines entiers qui ont échappés à leur attention. On a changé plusieurs fois de paradigme. Les évolutions à 50 ou 100 ans échappent à nos petits cerveaux, alors que dire de celles à 200 ans ? Raisonner à 200 ans sur la base des sciences et techniques actuelles est un non-sens, une aberration d'ingénieur ou de scientifique qui veut absolument rationnaliser le monde et rester dans ses schémas de pensée actuels qui le rassurent et lui donnent l'illusion de maîtriser son environnement.
C'est du moins ce que la modestie devrait nous dicter.