Glycogène, désolé, mais je maintiens mon point de vue, et je trouve que tu fais preuve de pas mal de mauvaise foi pour me contrer. Quelques exemples.
Glycogène a écrit :
vincent128 a écrit :Le fonctionnement du monde expliqué par le rapport offre/demande du pétrole. C'est aberrant.
Es-tu d'accord qu'on ne peut pas durablement consommé plus ou moins de pétrole qu'on en produit ?
Sur ce constat, es-tu d'accord pour considérer qu'un état qui magouille pour accéder à un gisement de pétrole dans un autre état, ça rentre dans tout ce qui concerne la "demande" de pétrole, et qu'un état producteur qui met des quotas sur sa production, ça concerne l' "offre" de pétrole ?
Il n'y a pas que les échanges au NYMEX qui sont sous entendus dans "rapport offre/demande du pétrole".
Sauf que quand on parle Etats qui magouillent ou se réunissent, on est dans la géopolitique. Il y intervient beaucoup de choses telles que soif de pouvoir, convictions religieuses, incompréhensions culturelles, opposisions entre ethnies, barrière des langues, etc.
Quand on réduit la géopolitique à un équilibre offre/demande d'une seule matière première, on est très réducteur. Et c'est bien le reproche que je faisais à Gilles.
vincent128 a écrit :Concernant l'impact sur l'économie réelle, il est possible qu'il y ait une superposition d'une crise venant de la finance (credit crunch, perte de confiance, etc.) et d'une crise venant du pétrole cher, ce qui rend difficile de faire la part de ces deux origines. De là à dire que les subprimes ne sont qu'un trompe-l'oeil !
Les subprime, c'est un problème dû à l'endettement non solvable. Ca fait 30 ans que les US (et le monde occidental) s'endettent et sont non solvables (leur amortissement est négatif : leur dette ne fait qu'augmenter).
donc les conditions financières pour une crise sont là depuis longtemps. Et il y a eu plein de crises d'ailleurs ! Mais à chaque fois on a pu limiter la portée de la crise, car on pouvait la combler en relançant la croissance.
Aujourd'hui, on ne peut plus relancer la croissance.
Le grand analyste a parlé.
Combien de temps a-t-il fallu pour relancer la croissance aux Etats-Unis après la crise de 1929 (sans parler de l'Europe) ? Le New Deal, c'est en 1936, non ? 7 ans pour commencer à relancer la croissance. Et ce n'était pas à cause d'un manque de pétrole, n'est-ce pas ?
Je pense qu'il est un peu tôt pour dire qu'on arrivera pas à relancer la croissance, et que c'est à cause du manque de pétrole. Personnellement, je pense qu'il est fort possible qu'on reparte pour quelques années de croissance économique (disons 5 à 10), après 1 ou 2 ans de crise. C'est plus de l'ordre de l'intuition que de l'analyse, donc je n'argumenterai pas plus.
vincent128 a écrit :il est faux et aberrant d'écrire "qu'il est extremement improbable qu'on vive des pénuries aigues de pétrole, à aucun moment".
Rhaaaa, tu as vu des pénuries de pétrole toi ? alors qu'il y en a aux US en ce moment !!!
Une pénurie aigüe, ça concerne la moitié du monde ! Que localement il y en ait, oui, ça arrive tous les ans qq part dnas le monde pour divers raisons. Mais de manière généralisée, et plus que 3 semaines, c'est improbable.
Ah, "aigues" veut dire "de manière généralisée et plus que 3 semaines" ? Effectivement, quand on définit les mots à sa façon au fur et à mesure de la discussion, on peut finir par avoir raison.
vincent128 a écrit :Le développement de la pauvreté est une poudrière qui mène tout droit aux guerres civiles et au terrorisme.
Si le PIB de la France revient à celui de 1960 en 40 ans (et oui c'est ça le développement de la pauvreté), la guerre civile est garantie ? Ce n'est pas mon avis.
C'est le mien. Si le PIB de la France suit cette évolution, quelle sera, pendant le même temps, l'évolution du PIB des pays pauvres ? Les pays riches résisteront le plus longtemps possible à l'appauvrissement en monopolisant nourriture et matière première, quitte à affamer le tiers monde ! C'est bien là, la poudrière ! Car aux guerres civiles et au terrorisme, il faut ajouter des flux migratoires illégaux. D'où, en réaction, dans les pays riches, des dérives racistes, conservatrices pour ne pas dire fascisantes.
Guerre civile et terrorisme, je maintiens.
Je vous passe la discussion sur le solaire et le nucléaire, même si je maintiens mon point de vue.
vincent128 a écrit :Bien sûr que si, il y a une demande "en soi" d'énergie. L'être humain a besoin d'énergie, à de nombreux points de vue. Il a besoin de nourriture, dérivée de la photosynthèse, donc de l'énergie solaire.
Je traduit : il n'y a pas de demande en soi d'énergie fossile.
Sommet de mauvaise foi. Gilles a écrit très exactement :
Il n'y aura JAMAIS de demande durable importante pour des énergies chères, qu'elles qu'elles soient
Pas plus le pétrole que les autres. Et le pétrole ne sera jamais durablement cher, parce qu'on ne s'en sert que parce qu'il est bon marché, tout betement. Il n'y a pas de demande "en soi" d'énergie, il y a juste une consommation opportuniste d'énergie bon marché quand elle est disponible. Et sinon, on s'en passe. Les autres énergies ne pourront jamais attirer des investisseurs si il n'y a pas de garantie qu'elles trouveront des acheteurs, à un prix élevé, et cette garantie n'existera jamais.
Gilles implique donc très clairement qu'il n'y a pas de demande "en soi" d'énergie, qu'elle soit fossile ou autre. C'est bien cela que je conteste. Traduire mes propos par "il n'y a pas de demande en soi d'énergie
fossile" est particulièrement malhonnête (intentionnellement ou non), car :
1) effectivement, je suis d'accord avec toi, je ne pense pas que la demande porte spécifiquement sur des énergies fossiles, mais sur de l'énergie en général, donc je suis d'accord avec ta phrase
2) la similitude dans l'expression et dans la forme sous-entend que Gilles aurait voulu dire que "il n'y a pas de demande en soi d'énergie fossile", et que je suis donc d'accord avec lui, et qu'il avait raison.
Eh bien, non, je maintiens, Gilles parlait bien de l'énergie en général, il n'a jamais montré la moindre intention de restreindre son assertion aux seules énergies fossiles. Donc, soi ta réponse est à côté de la plaque... soit tu es effectivement en train d'essayer de donner raison à Gilles, en déformant subtilement sa première assertion pour en faire oublier le caractère excessif et donc erroné.