Re: Déficits publics, dettes d'Etat, faillittes d'Etats
Publié : 03 juin 2010, 09:56
Parce que les intérêts versés sont plus élevés que le capital.
Site dédié à la fin de l'âge du pétrole
https://www.oleocene.org/phpBB3/
La maturité moyenne des obligations d'Etat est de 7 ans: tous les ans 1/7° de la dette est renouvelée, soit par les détenteurs (qui rachètent de nouvelles obligations), soit par de nouveaux "investisseurs", simultanément à l'augmentation de la dette.Aerobar a écrit :AJH a écrit :Aucun pays ne remboursera jamais le capital de sa dette![]()
On est sans doute naïfs, mais pourquoi prête-t-on encore aux pays, alors ?
http://www.leblogfinance.com/2010/06/la ... .html#moreLa Roumanie augmente de 5 points sa TVA
La Grèce, on le sait, n'est que le premier grain du chapelet. Le deuxième a pour nom Portugal, le troisième Espagne et ainsi de suite. Mais il n'y a pas que l'Europe : au sein des Etats-Unis, quarante-six Etats sur les cinquante que compte l'Union sont aujourd'hui au-dessous du seuil de la solvabilité. Et le gouvernement fédéral est à la même enseigne : il avait promis aux chômeurs quatre-vingt-dix-neuf semaines d'allocations (45 % d'entre eux sont désormais sans emploi depuis plus de six mois). L'argent, là comme ailleurs, n'a pas pu être trouvé.
Ceux qui ont aujourd'hui pour mission d'accomplir la tâche délicate de réduire la dette publique des Etats tout en en assurant la croissance recourent pour la décrire à la même expression : "Il n'y a pas de bonnes solutions, seulement de mauvaises."
Mais ce diagnostic est encore exagérément optimiste, car la solution en réalité n'existe pas. Pourquoi ? En raison d'un cercle vicieux : le remboursement de la dette réclame un relèvement des impôts, qui réduit le pouvoir d'achat, entraînant une baisse de la consommation, d'où un fléchissement de la croissance, qui oblige à une relance, nécessitant une augmentation de la dette, etc.
La ligne de crête sur laquelle le système économique se tient est de plus en plus étroite : elle va s'amincissant, séparant deux précipices. Le physicien parle à ce propos de "processus critique". Le talent et la chance décideront du temps qu'il reste avant que l'on tombe.
Le moment où le système a atteint son seuil de viabilité, nous le savons maintenant, se caractérise à la fois par une stabilité apparente (celle qui caractérisa les années 2002 à 2007) si grande qu'elle rendit même plausible l'hypothèse d'une "fin de l'histoire", et par une fragilité extrême due à une dépendance hypertrophiée des entreprises et des ménages vis-à-vis du crédit. Alors que cette stabilité reste visible à la surface des choses, la fêlure fondamentale progresse en profondeur, jusqu'à apparaître au grand jour.
A posteriori, les dix-huit ans qui séparent la chute du capitalisme de marché à l'occidentale de celle du capitalisme d'Etat de type soviétique apparaîtront anecdotiques, et les explications produites durant ces dix-huit années pour expliquer la supériorité intrinsèque du système qui survécut de peu à son rival apparaîtront anecdotiques elles aussi. Quand auront été épuisées, en Chine, les vertus d'une combinaison pragmatique du meilleur du capitalisme d'Etat et du capitalisme de marché, le théorème aura été démontré : il existe au sein des sociétés humaines un seuil indépassable dans la logique capitaliste, quelle que soit la variété des formes qui sont choisies - ou, plutôt, expérimentées.
L'impasse est en effet totale dans un contexte où les populations se partagent en deux composantes : une vaste majorité n'obtenant ses revenus, c'est-à-dire l'accès à la consommation, que par le travail ; et une petite minorité dont les revenus proviennent des intérêts versés comme rendement des avances qu'elle procure à l'économie et à la spéculation en capital.
Le seul espoir de briser cet engrenage infernal est de repenser la manière dont se redistribuent les revenus entre un capital à haut rendement et un travail faiblement rémunéré. Le défi n'est pas mince : il s'agit d'un changement de civilisation. Rien de moins.
Paul Jorion est économiste et anthropologue
Quels pays ?Raminagrobis a écrit :Je suis en train de lire le livre d'attali, "tous ruinés dans dix ans?", très accessible et instructif.
Il explique bien, par exemple, pourquoi le japon peut vivre tranquillement avec une dette de 200% du PIB tandis qu'il arrive que des pays fassent faillite avec moins de 50% ...
C'est bien pour cela que un pays est dit "immortel", ce qui change totalement la vision que l'on peut avoir de la dette.AJH a écrit :Connais tu un pays qui ait disparu à la suite d'une "faillite" (comme le fait une entreprise par exemple)?
Quels pays ? < L'argentine en 2004, défaut avec seulement 57% de detteAJH a écrit :Raminagrobis a écrit :Je suis en train de lire le livre d'attali, "tous ruinés dans dix ans?", très accessible et instructif.
Quels pays ?
Qu'est ce que c'est qu'une "faillite" pour un pays ? Un défaut de paiement des intérêts de la dette ou autre chose ?
Connais tu un pays qui ait disparu à la suite d'une "faillite" (comme le fait une entreprise par exemple)?
Etonnant, l'histoire de ce pays :Raminagrobis a écrit :Connais tu un pays qui ait disparu à la suite d'une "faillite" (comme le fait une entreprise par exemple)? < Terre-Neuve, après la guerre.
Pour arriver à que l'assemblée s'abolisse elle même, il faut quand même le faire.En 1932, le gouvernement est aux abois et Imperial Oil lui accorde un prêt en échange d’un monopole sur la vente des produits pétroliers au pays. Une manifestation de chômeurs à Saint John’s tourne à l’émeute.
En 1934, l’État est en faillite. Le service de la dette absorbe 63% des revenus. L’Assemblée s’abolit elle-même. Dans un geste sans précédent, le statut de Dominion est suspendu et le Royaume-Uni confie le gouvernement à une commission de fonctionnaires nommés par Londres.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_Terre-Neuve
l'Argentine existe toujours, Terre neuve n'était pas un "pays" ( WP: "Terre-Neuve a longtemps été une colonie anglaise avant de devenir une province canadienne en 1949." )Raminagrobis a écrit :Quels pays ? < L'argentine en 2004, défaut avec seulement 57% de detteAJH a écrit :Raminagrobis a écrit :Je suis en train de lire le livre d'attali, "tous ruinés dans dix ans?", très accessible et instructif.
Quels pays ?
Qu'est ce que c'est qu'une "faillite" pour un pays ? Un défaut de paiement des intérêts de la dette ou autre chose ?
Connais tu un pays qui ait disparu à la suite d'une "faillite" (comme le fait une entreprise par exemple)?
Connais tu un pays qui ait disparu à la suite d'une "faillite" (comme le fait une entreprise par exemple)? < Terre-Neuve, après la guerre.
Dans le passé, l’inflation réduisait les mauvaises dettes : lorsque les dettes devenaient excessives, les Banques Centrales passaient à une politique monétaire très expansionniste, d’où l’inflation et les taux d’intérêt réels négatifs qui faisaient disparaître les dettes (les taux d’endettement).
Aujourd’hui, la monétisation des dettes ne fait pas revenir l’inflation (avec le freinage des salaires, la globalisation) et elle organise seulement le transfert des dettes sur le bilan de la Banques Centrale.
Ceci ne réduit pas (ou peu, si les primes de risque diminuent) le service de la dette et ne permet pas d’empêcher un défaut des emprunteurs si les intérêts à payer sur la dette sont jugés insupportablement élevés.
Pour détruire les dettes dans cet environnement, la seule solution serait que les Banques Centrales annulent une partie des mauvaises dettes qu’elles détiennent.
Cette procédure (très « non-conventionnelle ») peut choquer, mais :
- elle n’est pas très différente de l’inflation, qui spolie les détenteurs des dettes ;
- elle évite les effets négatifs d’un défaut sur les détenteurs privés des mauvaises dettes.
Etat d'urgence budgétaire déclaré en Californie
Le gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger, a déclaré mercredi l'état d'urgence budgétaire dans son Etat, mettant la pression sur les parlementaires locaux, qui n'ont pas réussi jusqu'ici à se mettre d'accord sur un budget en équilibre.
M. Schwarzenegger a ordonné trois jours de chômage technique non rémunéré par mois à partir d'août pour des milliers de fonctionnaires californiens afin de conserver des fonds suffisants pour payer les obligations de la dette et assurer les services essentiels. Le vote du budget accuse plusieurs semaines de retard, alors que le déficit budgétaire atteint 19 milliards de dollars (14,6 milliards d'euros).