@Alain75,
Je pensais que ce que j'avais expliqué sur Tchernobyl était clair, et bien non, alors reprenons.
Tout d'abord il vous manque visiblement des bses en radioprotection.
Je vous conseille la lecture d'un petit papier rapide à lire par Jacques Pradel, l'ancien président de la Société Française de Radioprotection. Il sait de quoi il parle, c'est lui qui a mis en évidence la dangerosité du radon spécialement dans les mines d'uranium de Bohême dans les années 50 et imposé la ventilation des mines en général.
http://ecolo.org/documents/documents_in ... _12_99.doc
J'en retiens surtout que tout autour de nous, sous nos pieds,nous vivons avec 10 000Bq/m2 de polonium 210, mais cette valeur peut être multipliée par un coef 100 suivant le lieu uranifère où l'on se trouve.
Et comme c'est "naturel" un bon écolo se dira que ce n'est pas dangereux.. ce en quoi il pourrait bien se tromper.
Les becquerels c'est une chose, la dose efficace (les sieverts) qu'ils génèrent en est une autre.
La Communauté européenne a publié après mure réflexion le 29 juin 1996 (10 ans après Tchernobyl) la directive "radioporotection", document de plus de 100 pages que l'on trouve sur le web et dans lequel il est donné la correspondance entre le nombre de becqurels que l'on avale et le nombre de sieverts générés jusqu'à disparition naturelle, et cela pour chaque isotope radioactif !! Ce document n'a jamais été mise en cause par aucun anti-nuc.
Et l'on s'aperçoit que la dose efficace générée par le césium137 est 100 fois inférieure à celle générée par le polonium 210.
Sur la carte que vous proposez (dont je n'ai pas vu la date d'établissement, ce qui serait un paramètre essentiel) es zones les plus touchées sont à 40curies/km2.
Un curie c'est l'activité d'un gramme de radium. C'est 37 milliards de becquerels. C'est 37000 Bq/m2.
Autrement dit, pour simplifier on va dire que l'on a du polonium naturel sous nos pieds à 1/4 de curie par km2 (en assimilant 37000 à 40000)
Si l'on ramène la radiotoxicité du césium 137 à une radiotoxicité équivalente en plonium 210. On peut dire que les 40curies/km2 sont (divisées par 100 donc) égales 0,4curie/km2.
Donc dans ces lieux marqués en rouge sombre on est (ou plutôt on était car ça décroit tous les jours) à un total de 0,25+0,4= 0,65Ci/km2. Sachant qu'avec le polonium 210ça peut varier naturellement dans un rapport 100 !!!
Et c'est à la suite de ce genre de considérations qu'en 1993 il a été décidé de suspendre l'aide spécifique européenne à la remédiation de Tchernobyl par la DGXII (Radioprotection) qui oeuvrait à Buxelles dans le cadre du programme TACIS (Assistance Technique à la CEI, autrement dit à l'URSS éclatée).
Mais le césium 137 est connu pour être un "marqueur" du fait de sa faible radiotoxicité plutôt qu'être un polluant.
Donc votre carte montre que cela n'est pas tout "rose", mais elle dit qu'il n'y a pas à s'affoler non plus.
Explication que vous ne pourrez trouver dans l'article de Wikipédia, car Wkipédia est tenu par des antinucs très actifs. Je me suis échiné sur cela à une époque, mais les revers étaient incessants; alors j'ai laissé tomber. Mais dans la "discussion" ancienne de l'article de Wikipédia vous devriez pouvoir retrouver cette explications d'une façon ou d'une autre.
Maintenant en ce qui concerne le nombre de morts.
Pour vous détendre jetez un oeil à ce bout de vidéo :
http://www.dailymotion.com/video/x7zj25 ... nobyl_tech
Les merveilles de la "Relation linéaire sans seuil" RLSS !!! Avec cette même loi, feu Nesterenko (une référence antinuc avec Bandazhevski) annonçait 15 millions de morts en 20 ans dus à Tchernobyl sur les fameuses zones de la carte. Autrement dit plus personne ne serait mort de décès naturel!!
C'est avec la même RLSS apppliquée avec un peu plus de discernement que l'AIEA est arrivée à une valeur pifométrée de 4000 morts, passés, présent, et avenir. C'est à dire l'intégrale de la courbe.
Maintenant ce bel échafaudage théorique se casse complètement la figure si vous admettez qu'il y a un seuil à cette courbe. Un seuil en dessous duquel et bien une irradiation n'a pas de conséquence. De fai on n'a jamais vu historiquement la moindre conséquence sur quelque personne irradiée que ce soit ayant reçu moins de 150mSV (15 rems pour les Anciens du métier)
Et à priori les villes de cure basent leur réputation sur les bienfaits de la radioactivité...Mais de cela j'ai déjà beaucoup parlé.
Dans l'exploitation de la RLSS je voudrais rappeler que la solution "zéro" est toujours possible.
Donc il y a eu les morts, les"chats de gouttières" qui sont montés le lendemain de l'explosion sur le toit pour prendre à la main des morceaux de graphites et les balancer dans le réacteur crevé. Soit une trentaine de personnes qui sont décédées dans les quinze jours. Ils sont enterrés sous le mur du Kremlin à Moscou.
Il y a eu 6 enfants morts d'un cancer de la thyroïde.
A ce propos il faut rappeler qu'il y a eu une épidémie de cancers de la thyroïde chez les enfants : 4000 cas, tous de moins de 15 ans et 85% de moins de 5 ans. Localement ils ont reçu des doses d'iode à dureé de vietrès courte , les isotopes 132-133-134-135 qui n'ont pas eu le temps d'arriver chez nous.
Au total ce sera le chiffre de la cinquantaine de morts qui sera retenu par le Forum Tchernobyl en 2006. Les autres valeurs données sont le fruit d'une discussion strictement poliique pour ne pas se mettre à dos tout le monde ormé par les anti-nucs pendant 20 ans.
Il a fallu 600 000 décontamineurs.!! Ca cela a été le traitement "soviétique" du problème. de la même façon que le creusement que le canal de Mer Blanche qui a dû couter quelques centaines milliers de morts, lui, pour rien. Mon amie Galia Ackerman (traductrice en français de "la Supplication", un truc tchernobylien à pleure dans les chaumières) considère que cela fut le dernier grand chantier de l'URSS, traité à la façon de l'URSS.C'est à dire avec un côté "expiatoire" que l'on ne peut comprendre que si l'on a connu le système de société soviétique.
Fallait-il envoyer des mineurs creuser un tunnel dans des conditions effroyables, pour vouloir injecter de l'azote liquide dont l'URSS ne disposait pas !!Le travail des décontamineurs a surtout consisté à déplacer la contamination d'un endroit à l'autre. Est-ce que c'était nécessaire ?
Mais j'ai surtout noté dans votre message que :
- vous ne contestiez pas que l'accident de Tchernobyl soit typiquement militaire-soviétique.
- vous ne vous attardiez pas sur les fusions de coeurs qui se sont produites en France et en Occident en général.
L'URSS ayant disparu, nos centrale disposant d'une enceinte de confinement, les réacteurs ayant un coefficient de vide négatif.
Je réitère donc la question :
- Qu'est-ce que vous appelez un "accident pointu" dans le futur?
Dans le passé il y a eu pire que Tchernobyl, l'affaire est certaine.
@+