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Re: Déficits publics, dettes d'Etat, faillites d'Etats

Publié : 22 juil. 2011, 15:36
par Thy
haaaa, je n'arrive pas à me faire comprendre. Je pose la question autrement: quel impact a pour un état la fluctuation de son taux tant qu'il n'émet pas de dette?

Quand on écrit que les taux Portugais augmentent, quelle importance vu que le Portugal ne se finance plus sur les marchés?

Re: Déficits publics, dettes d'Etat, faillites d'Etats

Publié : 22 juil. 2011, 15:42
par mahiahi
Thy a écrit :Mais c'est quand même l'État émetteur qui paye la totalité de l'intérêt au détenteur actuel du titre. Ou ça ne marche pas comme ça?
Alter Egaux a écrit :Non : un défaut de paiement partiel, ce n'est pas la totalité.
Il parle de la variation des taux : je pense qu'ils ne varient pas une fois la dette émise, il s'agit de la cote du pays auprès des banques

Re: Déficits publics, dettes d'Etat, faillites d'Etats

Publié : 22 juil. 2011, 15:46
par Thy
je pense qu'ils ne varient pas une fois la dette émise
Si ça c'est, pourquoi s'intéresser au taux de la dette Portugaise, par exemple, vu que le Portugal n'emprunte pas sur les marchés?

Pourquoi écrire que les taux italiens ont dépassé brièvement les 6% puisque ce jour là, ils n'empruntaient rien?

Re: Déficits publics, dettes d'Etat, faillites d'Etats

Publié : 22 juil. 2011, 15:48
par phyvette
Thy a écrit : quel impact a pour un état la fluctuation de son taux tant qu'il n'émet pas de dette?
Aucun ou peu, c'est selon, la fluctuation concerne la dette secondaire (vielle dette), qui se négocie sur les marchés entre agents privés. Le dette neuve (primaire) n'est pas directement impacté. La Grèce emprunte aujourd'hui à 4.5% contre 3.5% il y a un ans, c'est juste 1% de plus que le taux moyen de l'essentiel de ça vielle dette en cours. 1% de plus, soit un petit tiers de plus, c'est l'impact réel de tout ce binz. Mais le vielle dette sera toujours remboursée (on l'espére) à 3.5%.
La Grèce a emprunté mardi 19 juillet 1,625 milliard d'euros en bons du Trésor à trois mois, à un taux en légère baisse (4,58%) par rapport à celui de 4,62% obtenu lors de la dernière émission du même type en juin]...[ l'émission à trois mois de mardi a été sursouscrite trois fois, avec une demande totale de 3,845 milliards d'euros pour une offre de 1,250 milliard d'euros.
LIEN

Re: Déficits publics, dettes d'Etat, faillites d'Etats

Publié : 22 juil. 2011, 15:58
par Thy
Qui paye plus à qui quand les taux augmentent sur le marché secondaire?

Merci pour tous ces éclaircissements.

Re: Déficits publics, dettes d'Etat, faillites d'Etats

Publié : 22 juil. 2011, 16:00
par energy_isere
Thy a écrit :haaaa, je n'arrive pas à me faire comprendre. Je pose la question autrement: quel impact a pour un état la fluctuation de son taux tant qu'il n'émet pas de dette?

Quand on écrit que les taux Portugais augmentent, quelle importance vu que le Portugal ne se finance plus sur les marchés?
Peut etre est ce que tu parle non des taux d' emprunts à long terme mais des taux des emprunts à court terme alors.

Les pays peuvent emprunter à court terme (6 mois par exemple) de nombreuse fois dans l' année. Donc les taux proposés varient d' un emprunt à l' autre.

Il faut savoir par exemple que la France emprunte chaque semaine dans les 8 ou 9 milliards d' € à court ou moyen terme.
On vois ca dans Boursorama par exemple, ici pour le 21 Juillet 2011 : http://www.boursorama.com/international ... 696b59c245
La France lève 9,457 milliards d'euros à moyen et long terme :

AFP le 21/07/2011

L'Agence France Trésor (AFT), qui gère la dette française, a annoncé jeudi avoir levé 9,457 milliards d'euros en bons du Trésor à taux fixe et intérêts annuels (BTAN) et obligations assimilables du Trésor (OAT).

Sur la ligne de BTAN à 2% à échéance le 25 septembre 2013, 2,153 milliards d'euros ont été adjugés à un taux moyen pondéré de 1,60%.

Sur la ligne de BTAN à 3% à échéance le 12 juillet 2014, 2,805 milliards d'euros ont été adjugés à un taux moyen pondéré de 1,82%.

Sur la ligne de BTAN à 2,5% à échéance le 25 juillet 2016, 3,025 milliards d'euros ont été adjugés à un taux moyen pondéré de 2,52%.

Sur la ligne de BTANi (titres indexés sur l'inflation européenne hors tabac) à 0,45% à échéance le 25 juillet 2016, 642 millions d'euros ont été adjugés à un taux moyen pondéré de 0,37%.

Sur la ligne d'OATei (obligations assimilables du Trésor indexées sur l'inflation européenne hors tabac) à 1,10% à échéance le 25 juillet 2022, 590 millions d'euros ont été adjugés au taux moyen pondéré de 1,17%.

Sur la ligne d'OATei à 1,80% à échéance le 25 juillet 2040, 242 millions d'euros ont été adjugés au taux moyen pondéré de 1,45%.

Le règlement sur ces 6 lignes interviendra le 26 juillet.

Re: Déficits publics, dettes d'Etat, faillites d'Etats

Publié : 22 juil. 2011, 16:10
par phyvette
Thy a écrit : Si ça c'est, pourquoi s'intéresser au taux de la dette Portugaise, par exemple, vu que le Portugal n'emprunte pas sur les marchés?
C'est un indice de confiance sur les capacités du pays a rembourser. Cela concerne des OAT cotées avec une décote pour le risque, ou des CDS (assurances crédits _ Crédits Default Swap) ou tout autres produits financiers qui reflète la confiance ou la défiance.

C'est sûr il vaut mieux avoir la confiance des marchés comme l'Allemagne que le contraire, La dette primaire se place mieux et moins chére. L'écart de taux (spead) des OAT entre l'Allemagne et la France avoisine 0.75%~ à 2,75%~ contre 3,5%~ pour la France.

Re: Déficits publics, dettes d'Etat, faillites d'Etats

Publié : 22 juil. 2011, 16:21
par phyvette
Thy a écrit :Qui paye plus à qui quand les taux augmentent sur le marché secondaire?
Quand les taux de la dette secondaire augmente le spéculateur qui achète paye moins que le nominal, le vendeur perd une partie de sa mise mais se débarrasse d'un actif à risques. L'acheteur assume le risque avec une prime, si le pays rembourse il gagnera énormément sur la Grèce par exemple, si le pays fait faillite, il perdra toute sa mise.

Les taux secondaires sont des indices de confiance, en gros c'est pas très différent de la cotation d'une action d'entreprise.

Prêter à l'Allemagne c'est l'équivalent du Livret A, à la Grèce c'est Eurotunnel. Tu vois mieux là. :D

Re: Déficits publics, dettes d'Etat, faillites d'Etats

Publié : 22 juil. 2011, 16:25
par Thy
Les taux secondaires sont des indices de confiance, en gros c'est pas très différent de la cotation d'une action d'entreprise.
Super, merci, là je crois que j'ai compris. Ce n'est pas un taux qui indique un intérêt qu'il faudra concrètement payer, mais comme un taux "virtuel", une mesure de la qualité de la dette.

Re: Déficits publics, dettes d'Etat, faillites d'Etats

Publié : 22 juil. 2011, 16:28
par Alter Egaux
phyvette a écrit :Prêter à l'Allemagne c'est l'équivalent du Livret A, à la Grèce c'est Eurotunnel. Tu vois mieux là. :D
L'image est très bonne. =D>
Le risque se paie.

En passant, les courbes dynamiques fonctionnent bien : les taux redescendent et la confiance revient. Cool.

Re: Déficits publics, dettes d'Etat, faillites d'Etats

Publié : 22 juil. 2011, 16:34
par phyvette
Thy a écrit : là je crois que j'ai compris. Ce n'est pas un taux qui indique un intérêt qu'il faudra concrètement payer, mais comme un taux "virtuel", une mesure de la qualité de la dette.

Voila c'est ça.

Sans la zone Euro la Grèce seule dans ce monde de bruts, serait livrée à la spéculation et conduite à la faillite depuis longtemps, avec des taux de dette primaire bien plus élevé ou pas de prêts du tout. Le soutient de ses partenaires freine la hausse des nouveaux emprunts en lui accordant des prêts "bonifié".

Voila pourquoi la Grèce ne sortira jamais de l'Euro, ce serait un suicide pour la Grèce.

Re: Déficits publics, dettes d'Etat, faillites d'Etats

Publié : 22 juil. 2011, 17:18
par Alter Egaux
phyvette a écrit :Sans la zone Euro la Grèce seule dans ce monde de bruts, serait livrée à la spéculation et conduite à la faillite depuis longtemps, avec des taux de dette primaire bien plus élevé ou pas de prêts du tout. Le soutient de ses partenaires freine la hausse des nouveaux emprunts en lui accordant des prêts "bonifié".
Voilà pourquoi la Grèce ne sortira jamais de l'Euro, ce serait un suicide pour la Grèce.
Bravo : voici un des argumentaires contre ceux qui veulent sortir de l'Euro, pour soit disant résoudre leur crise d'endettement.

Ce n'est pas le seul, il y en a d'autres : par exemple, que la Dette française est possédée à 70 % par des étrangers, libellée en €. Si on sort de l'€, 1F=1€, puis que l'on dévalue le Franc, la dette à proportion de 70 % est augmenté d'autant la dévaluation. Une catastrophe, immédiate.

Il faut se méfier des mesures qui paraissent simplistes. On est sur un radeau, et le premier qui tombe peut entrainer le radeau.

Re: Déficits publics, dettes d'Etat, faillites d'Etats

Publié : 22 juil. 2011, 17:36
par Thy
merci pour vos réponses :D

Re: Déficits publics, dettes d'Etat, faillites d'Etats

Publié : 24 juil. 2011, 00:32
par Raminagrobis
Alter Egaux a écrit : Bravo : voici un des argumentaires contre ceux qui veulent sortir de l'Euro, pour soit disant résoudre leur crise d'endettement.

Ce n'est pas le seul, il y en a d'autres : par exemple, que la Dette française est possédée à 70 % par des étrangers, libellée en €. Si on sort de l'€, 1F=1€, puis que l'on dévalue le Franc, la dette à proportion de 70 % est augmenté d'autant la dévaluation. Une catastrophe, immédiate.

Il faut se méfier des mesures qui paraissent simplistes. On est sur un radeau, et le premier qui tombe peut entrainer le radeau.
Ouais j'ai eu ce "débat" (bien grand mot) avec un collègue récemment, parlant du problème de la dette publique il dit "là ou on en est, faut sortir de l'euro".
Je lui demande "en quoi ça résoudrait le problème?"
Gros blanc. :mrgreen:

Terrible cette capacité qu'on les gens de reprendre une idée qu'ils ont entendu sans en cruser les tenants et les aboutissants.

Re: Déficits publics, dettes d'Etat, faillites d'Etats

Publié : 24 juil. 2011, 16:14
par frgo84
La grèce doit sortir de l'euro pour se sauver, ça me parait évidement. Elle retrouve sa monnaie et dévalue dans la foulée. Ce n'est pas la Grèce que l'on tente de sauver mais les créanciers.