quelques réflexions sur la réalités des commandes A350 et A380 qui datent de juin, certains ont des doutes ...
provenance d'un tract syndical je pense.
Airbus : quelle réalité économique au-delà des chiffres ?
publié le 23 juin 2007
On le constate depuis quelques jours, l'avalanche de commandes pour Airbus fait couler beaucoup d'encre. Des chiffres qui tombent à pic pour redonner du punch au titre EADS, que certains actionnaires de référence ont abandonné dans des conditions étudiées de près par les autorités des marchés financiers. Bien évidemment, quand un actionnaire vend, il est souhaitable de trouver des pigeons pour acheter, sinon le cours de l'action plonge. Les petits porteurs sont des cibles idéales, notamment parce qu'ils n'analysent pas l'aspect qualitatif de ces annonces qui sont exposées en quelques secondes dans les journaux télévisés.
En conséquence de quoi le titre progresse effectivement, mais qu'en est-il de la réalité de ces commandes ? En la matière, Airbus nous a habitués à des pratiques pour le moins surprenantes. Si l'on se souvient du précédent salon du Bourget, et nos archives sont là pour le prouver, il n'y en avait que pour l'A350. Des commandes par dizaines, 125 appareils pour être précis, et encore une fois un titre EADS dont le cours montait, montait...
En fait de commandes d'A350 modèle 2005, il s'agissait le plus souvent de déclarations d'intentions pour un avion que personne ne connaissait, pas même Airbus, qui n'a finalement jamais existé et qui n'existera jamais. C'est la définition de l'avion fantôme. De là à en conclure que les commandes l'étaient aussi... Qui a entendu un seul client ayant commandé l'un de ces 125 A350 annoncés il y a deux ans se plaindre que l'avion commandé n'existerait jamais ? Au point qu'on pourrait se demander si ces clients - et leurs commandes - existaient...
Cette année, le salon du Bourget n'échappe pas à ce qui semble devenir une règle. Les annonces mélangent subtilement les commandes fermes, les confirmations de commandes et les intentions de commandes, alors que Boeing - qui ne fait état que de ses commandes fermes - cartonne depuis le début de l'année (510 commandes fermes). Une commande ferme vaudrait-elle deux intentions ?
Il est significatif que Boeing, qui aurait pu paraître ridiculisé au Bourget, d'habitude si prompt à critiquer son concurrent, n'ait pas réagi à ces annonces tous azimuts.
Par ailleurs, certains observateurs attentifs nous ont confié que les conditions de remises accordées pendant le salon du Bourget, par les vendeurs d'Airbus, conditionneraient des ventes à marges très serrées, voire peu éloignées de la bulle. Sans parler des mauvaises langues qui estiment que le consortium vend à pertes, ce que nous ne pouvons imaginer... Des ventes qui n'autorisent donc aucun retard, aucun faux-pas sur la vraie production de ces vrais avions... virtuels. Les déboires de l'A380 ne semblent pas avoir suffit, et le couple franco-allemand s'en remet pour une couche de risque financier maximal, justifiant ainsi Power 8, mais probablement de futurs Power 9, 10, 11... 99?
Cette analyse semble se propager dans la presse européenne, qui – contrairement aux journaux télévisés des "grandes" chaînes - ne semble pas dupe, au point que le très sérieux Spiegel (online) se pose des questions, tout comme La Tribune datée de ce jour...
En attendant, licenciements, délocalisations, stock-options, enquêtes pour délits d'initiés potentiels, golden parachutes, affaire Clearstream, retards de l'A380, etc. restent les réalités les plus significatives de la vie d'Airbus.