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Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an

Publié : 01 juin 2026, 22:45
par energy_isere
Softbank investira entre 30 et 35 milliards d’euros sur le port de Dunkerque pour son pôle d’intelligence artificielle
Nouvel investissement de taille sur le domaine portuaire de Dunkerque : le japonais Softbank veut y installer son futur pôle dédié à l’intelligence artificielle, comprenant un data center et une usine à horizon 2031. soit un investissement d’une trentaine de milliards d’euros.

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D’ici 2031, le japonais Softbank va s’implanter à Loon-plage, à proximité du terminal des Flandres. | GRAND PORT MARITIME DE DUNKERQUE


Virginie Wojtkowski Publié le 01/06/2026 Le marin

Le géant japonais d’internet Softbank a annoncé, dimanche 31 mai à l’occasion du sommet Choose France, un investissement record de 45 milliards d’euros dans les Hauts-de-France, dont entre 30 et 35 milliards d’euros sur le territoire du grand port maritime de Dunkerque. Le projet prévoit l’implantation, à Loon-Plage, d’un vaste complexe dédié à l’intelligence artificielle comprenant un data center et une usine de fabrication de modules en partenariat avec Schneider electric.

La première phase vise la mise en service de 3,1 GW de capacité de calcul d’ici cinq ans. Ces deux projets permettront l’émergence d’une nouvelle filière économique locale avec, à la clé, 500 emplois, précise Patrice Vergriete, maire et président de la communauté urbaine de Dunkerque.
https://lemarin.ouest-france.fr/shippin ... cb0ffa8bfb

Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an

Publié : 03 juin 2026, 22:34
par energy_isere
448 TWh d'électricité par an, 4.500 milliards de litres d’eau : les coûts cachés de la révolution de l’IA

LD (avec agences) Publié le 03 juin 2026

Portée par l'explosion des usages de l'intelligence artificielle, la consommation des centres de données en électricité et en eau pourrait doubler d'ici à 2030, poussant l'ONU à réclamer davantage de transparence sur l'empreinte environnementale du secteur.

L’intelligence artificielle promet des gains de productivité inédits. Mais derrière les prouesses technologiques et les milliards investis dans la course aux modèles les plus performants, une autre réalité émerge : celle d’une infrastructure physique de plus en plus gourmande en ressources.

Dans un rapport publié mercredi, l’Institut de l’eau, de l’environnement et de la santé de l’Université des Nations unies (UNU-INWEH) alerte sur l’empreinte environnementale croissante des centres de données qui alimentent l’IA. Électricité, eau, foncier, émissions de carbone, déchets électroniques : tous les indicateurs sont orientés à la hausse.

« Le débat public considère encore souvent l’IA comme un logiciel, mais l’IA est aussi une infrastructure physique : centres de données, production d’électricité, systèmes de refroidissement, réseaux de transmission, puces, minéraux, terre et eau », rappelle Kaveh Madani, directeur de l’institut et principal auteur du rapport.

Les chiffres donnent la mesure du phénomène. En 2025, les centres de données ont consommé 448 térawattheures (TWh) d’électricité dans le monde, davantage que l’ensemble de l’Arabie saoudite et presque autant que la France. L’intelligence artificielle représente déjà un cinquième de cette consommation.

Selon les projections de l’ONU, cette demande énergétique devrait plus que doubler d’ici 2030 pour atteindre 945 TWh par an, soit un niveau proche de la consommation totale du Japon. À cette échéance, l’IA absorberait à elle seule 40 % de l’électricité utilisée par les centres de données. Cette croissance accompagne l’explosion attendue du marché mondial de l’IA, dont la valeur pourrait passer de 189 milliards de dollars en 2023 à 4.800 milliards de dollars en 2033.

L’impact climatique suivrait la même trajectoire. Les émissions associées aux centres de données devraient atteindre 399 millions de tonnes d’équivalent CO₂ en 2030, un volume supérieur aux émissions nettes enregistrées l’an dernier par le Royaume-Uni.

Une pression croissante sur les ressources en eau

L’électricité n’est qu’une partie du problème. Les infrastructures numériques mobilisent également des quantités considérables d’eau pour refroidir les serveurs. En 2025, les centres de données ont consommé 4.500 milliards de litres d’eau, soit assez pour couvrir les besoins de plus de 600 millions de personnes en Afrique subsaharienne. D’ici 2030, cette consommation pourrait grimper à 9.320 milliards de litres par an, l’équivalent des besoins essentiels de l’ensemble de la population de cette région du monde.

Le rapport souligne également l’expansion rapide de l’emprise foncière du secteur. La surface occupée par les centres de données pourrait plus que doubler en cinq ans, passant de 6.900 à plus de 14.500 kilomètres carrés. Leur superficie totale représenterait alors plus de dix-huit fois celle de New York.

Cette concentration d’infrastructures dans certaines régions suscite des inquiétudes croissantes. « Dans certaines régions, une expansion mal planifiée des centres de données pourrait accentuer la pression sur les ressources existantes. C’est pourquoi une planification responsable est essentielle dès maintenant, avant que les infrastructures et les dépendances ne soient figées », avertit Kaveh Madani.

Davantage de transparence

Face à cette montée en puissance, les chercheurs estiment que les géants de l’IA doivent rendre des comptes sur leur impact environnemental. « Ce que nous montrons ici n’est probablement que la partie émergée de l’iceberg », souligne Kaveh Madani. « Nous devons exiger davantage de transparence. Les fournisseurs doivent donner ces informations ».

Le rapport appelle les gouvernements à imposer des standards de reporting environnemental aux développeurs d’IA afin de rendre publiques les données relatives à la consommation énergétique, à l’utilisation de l’eau et aux émissions associées à l’entraînement des modèles et à leur exploitation. « Les gouvernements et les régulateurs devraient considérer la publication d’informations environnementales concernant l’IA comme une pratique courante », écrivent les auteurs.

L’étude recommande également d’intégrer la demande croissante de l’IA dans les stratégies climatiques et énergétiques nationales et d’éviter l’implantation de centres de données dans les zones déjà soumises au stress hydrique.

L’ONU interpelle enfin les utilisateurs eux-mêmes. Car toutes les requêtes n’ont pas le même coût environnemental. Le rapport rappelle qu’une recherche effectuée via une IA générative peut consommer jusqu’à dix fois plus d’énergie qu’une recherche internet classique. Les contenus vidéo générés par IA figurent parmi les usages les plus énergivores : une seule courte vidéo peut nécessiter autant d’électricité que des centaines d’images produites par la même technologie. « Avez-vous besoin de ChatGPT pour trouver une recette ? », interroge ainsi Miriam Aczel, chercheuse à l’UNU-INWEH.

Pour l’ONU, l’enjeu n’est toutefois pas de freiner le développement de l’intelligence artificielle. « Ce n’est pas un rapport anti-IA », insiste Kaveh Madani : « nous disons simplement que nous devons surveiller de manière anticipée leurs impacts afin de pouvoir les freiner, de pouvoir les contrôler avant qu’il ne soit trop tard ». Un avertissement qui intervient alors que la compétition mondiale pour la puissance de calcul s’intensifie. « À l’heure actuelle, la course à la croissance la plus rapide éclipse les principes fondamentaux de la croissance durable », résume Kaveh Madani.
https://www.latribune.fr/article/tech/1 ... on-de-l-ia

Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an

Publié : 10 juin 2026, 11:03
par energy_isere
De l'immobilier aux centres de données, le pari IA d'un milliardaire de Dubaï

AFP •10/06/2026

A Dubaï, un magnat de l'immobilier proche de Donald Trump investit des dizaines de milliards de dollars dans les centres de données, misant sur l'explosion de l'intelligence artificielle pour bâtir ce qu'il espère devenir le premier opérateur mondial du secteur.

Le patron de DAMAC Properties, Hussain Sajwani, présent à la deuxième investiture du président américain en janvier 2025, voit un potentiel "énorme" dans les infrastructures nécessaires à l'IA générative, dont les besoins en puissance de calcul explosent depuis le lancement de ChatGPT fin 2022.

Classé deuxième fortune du monde arabe par Forbes avec un patrimoine estimé à 15,3 milliards de dollars, M. Sajwani affiche volontiers ses relations sur Instagram, où il pose aux côtés de Donald Trump et des grands patrons américains Elon Musk et Jeff Bezos.

Il raconte volontiers comment le réunions à distance pendant la pandémie de coronavirus l'ont convaincu de se lancer dans le secteur des centres de données.

"L'idée m'est venue pendant le Covid, lorsque tout le monde était confiné et que je passais de longues heures sur Zoom", a-t-il expliqué à l'AFP, justement en visioconférence depuis le congrès Datacloud Global organisé début juin à Cannes (sud de la France).

"Il était évident que Zoom et d'autres entreprises du commerce en ligne allaient se développer. Je me suis donc dit que les centres de données avaient de l'avenir. Honnêtement, je n'aurais jamais imaginé une telle croissance", a-t-il poursuivi.

Attaques de drones

Selon lui, son groupe a identifié des sites dans 13 pays qui, s'ils sont tous développés, représenteraient une capacité totale de 6.000 mégawatts pour un coût d'environ 66 milliards de dollars.

Après avoir fait fortune dans l'immobilier, au point de lui valoir le surnom de "Donald Trump" de Dubaï, M. Sajwani a lancé DAMAC Digital en 2021.

La société a déjà achevé des projets de centres de données en Thaïlande et en Arabie saoudite et prévoit d'exploiter huit sites d'ici à la fin de l'année.

En 2017, M. Sajwani avait inauguré à Dubaï un parcours de golf sous la licence Trump. Début 2025, il est apparu aux côtés du président américain pour annoncer un investissement de 20 milliards de dollars dans des centres de données aux Etats-Unis.

Ce pari intervient alors que l'essor de l'intelligence artificielle générative alimente une course mondiale à la construction de centres de données géants, des immenses hangars sans fenêtres remplis d'armoires de puces électroniques refroidies en permanence.

Ces infrastructures, dont le coût se chiffre en dizaines de milliards de dollars et la consommation électrique en gigawatts, sont devenues un enjeu stratégique pour les Emirats arabes unis. Abou Dhabi a investi plus de 147 milliards de dollars dans l'IA depuis 2024 et cherche à transformer la richesse énergétique en puissance numérique.

Coûteux et remplis d'équipements sensibles, les centres de données peuvent toutefois constituer des cibles de choix en cas de conflit.

Pourtant, Hussain Sajwani se dit peu inquiet même si des drones ont visé des centres de données aux Emirats et à Bahreïn lors des premières semaines de la guerre au Moyen-Orient.

"Meilleurs au monde"

"La guerre nous a démontré que les Emirats arabes unis étaient très résilients et que le gouvernement avait fait un excellent travail pour défendre le pays", affirme-t-il.

Cinq géants du "cloud" et de l'IA figurent déjà parmi les clients de DAMAC Digital, sans que leurs noms puissent être divulgués.

Selon M. Sajwani, les centres de données sont en passe de dépasser l'immobilier pour devenir le principal moteur de son groupe.

"Nous disposons désormais d'une réserve foncière représentant près de 6.000 mégawatts", dit-il en référence aux sites disposant de capacités électriques et de connexions fibre suffisantes pour accueillir des centres de données.

Alors que la crainte d'une bulle spéculative autour de l'IA a récemment agité les marchés, M. Sajwani écarte ces inquiétudes, assurant que "la demande sera énorme" au cours des trois à quatre prochaines années.

Persuadé que l'intelligence artificielle "va provoquer une révolution dans tous les aspects de la vie humaine", il affirme désormais viser à détrôner Equinix, leader mondial du secteur avec plus de 280 sites.

"Nous voulons être plus grands qu'eux", lance-t-il. "Nous voulons être les meilleurs au monde".
https://www.boursorama.com/actualite-ec ... cec0ae2e9d

Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an

Publié : 10 juin 2026, 11:07
par energy_isere
"Vallée de l'IA" : comment la région Hauts-de-France se positionne comme la destination incontournable pour les investisseurs

Boursorama avec Media Services •10/06/2026

Collectivité locale, État et acteurs économiques locaux jouent "en équipe" pour attirer les investisseurs.

Position géographique avantageuse, foncier accessible, énergie décarbonée... Les atouts de la région Hauts-de-France y attirent des investissements colossaux pour des projets de centres de données. De quoi laisser entrevoir l'apparition d'"une vallée de l'IA" dans cette région autrefois industrielle.

Quarante-cinq milliards d'euros ont été promis par le japonais SoftBank Group pour construire trois centres de données d'une puissance de calcul inédite d'un gigawatt chacun dans la région d'ici 2031. À elle seule, cette annonce représente près de la moitié de la moisson nationale d'investissements étrangers lors du dernier sommet Choose France début juin. D'autres investisseurs se profilent : l'opérateur européen Data4, appartenant au canadien Brookfield, prévoit jusqu'à 30 milliards d'euros pour construire deux autres méga-centres de données dans le Nord.

Xavier Bertrand, président LR des Hauts-de-France et candidat à l'élection présidentielle de 2027, veut marquer le coup avec un sommet de l'IA organisé vendredi à Lille. Présenté comme "l'acte II français" de l'intelligence artificielle après le sommet de Paris l'an dernier, il rassemblera de nombreux experts et dirigeants économiques. "On est à fond sur le sujet" de l'IA , résume-t-il, interrogé par l' AFP .

"Clair et cash"

Si l'Île-de-France concentre actuellement la majorité des infrastructures françaises, les Hauts-de-France présentent beaucoup d'atouts pour héberger ces énormes sites très énergivores. À commencer par sa position géographique au cœur du "FLAP" (Francfort, Londres, Amsterdam, Paris) , les principaux nœuds de connectivité en Europe, et son énergie décarbonée grâce au nucléaire, relève Data4.

C'est aussi "l'un des rares territoires en France (...) qui dispose de friches industrielles très importantes" et réutilisables et ce, avec un coût de l'immobilier logistique "plus faible" que dans les pays voisins , souligne auprès de l' AFP Mathieu Jaud de la Jousselinière, de la société de conseil EY. Ce dernier se dit aussi "frappé" par la "très belle énergie collective" des pouvoirs publics et des acteurs économiques locaux pour attirer des investisseurs.

"Avec la collectivité locale et l'État, on joue en équipe", confirme Xavier Bertrand. "On sait répondre plus vite qu'ailleurs" et "quand on est clair et cash, on gagne du temps et de la confiance" .

La vitesse d'exécution des projets, déjà observée pour les méga-usines de batteries pour véhicules électriques sorties de terre ces dernières années dans les Hauts-de-France, est un facteur clé. Trois sites de la région bénéficient depuis 2025 d'une offre de raccordement accélérée au réseau très haute tension de RTE, en vue d'accueillir des centres de données de grande puissance.

Quant à l'acceptabilité sociale de ces projets, ce n'est "pas un sujet" dans la région, du fait de sa culture "autour de la valeur travail" et de sa tradition industrielle, estime Mathieu Jaud de la Jousselinière.

De son côté, France nature environnement déplore "le manque de débat de fond alors que l'enjeu est énorme". "On n'a aucune information sur les impacts de ces centres, faute de réunions publiques de concertation" en amont des projets, souligne le président régional, Thierry Dereux.

Le surplus de chaleur généré par les centres de données "devra être reversé dans des réseaux de chaleur" urbains, précise Xavier Bertrand, comme pour devancer les critiques environnementales.

Peu d'emplois directs

L'écart entre le gigantisme des investissements et leurs retombées en matière d'emplois amène également à s'interroger. Les trois "data centers" de SoftBank devraient générer seulement 900 emplois directs. Par rapport à d'autres industries comme l'automobile, les centres de données, "c'est quand même moins intégré" au tissu économique local, reconnaît Alexandre Bernard, directeur EY pour le Nord de la France.

Car une grande partie des investissements ira dans la consommation d'énergie, et dans l'achat des puces conçues et fabriquées ailleurs dans le monde, relève-t-il.

Mais pour Xavier Bertrand, ces centres ne sont qu'une première étape devant permettre à terme de créer d'autres emplois. "C'est de l'infrastructure utile et une plus-value pour nos entreprises", tranche-t-il.

Il dit négocier "l'accès à des données souveraines" et un "accès privilégié" à ces gigantesques puissances de calcul pour les entreprises et universités du territoire.

Qu'est-ce que ces centres de données vont générer en "traction réelle" pour bâtir une filière intégrée autour de l'IA dans la région, "je l'ignore", commente plus prudemment Mathieu Jaud de la Jousselinière. "Mais ce qui est certain, c'est qu'il faut jouer la carte à fond".
https://www.boursorama.com/actualite-ec ... b8f5a87208

Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an

Publié : 12 juin 2026, 17:15
par energy_isere
La France accélère l’implantation de giga data centers pour l’IA

AFP avec Connaissance des Énergies le 12 juin 2026 à 13h02

Approuvés par certains mais contestés par d’autres, les très grands centres de données vont se multiplier en France, dopés par l’attrait pour l’IA générative, au risque d’exacerber les tensions locales.

Investissements record et besoins de puissance inédits

Un an après une première annonce de 109 milliards d’euros d’investissements liés à l’IA, une nouvelle vague de 93 milliards d’euros a été enregistrée la semaine dernière, portée notamment par des projets de « giga » centres de données dans les Hauts-de-France. En janvier, le gouvernement a évalué la puissance électrique recherchée par les projets en cours à 28,6 GW, dont 5,8 GW déjà sécurisés par un site et assortis d’engagements de raccordement.

Cette dynamique se reflète dans les files d’attente réseau : selon RTE, les droits d’accès au réseau de transport attribués atteignaient fin 2025 environ 30 GW, dont 14 GW pour des centres de données. Dans l’Indre, le maire de Châteauroux, Gil Avérous, soutient l’éventuelle implantation du premier centre détenu en propre par Google en France, y voyant « l’occasion de renforcer [la] desserte électrique et de permettre l’implantation de nouvelles industries ». Pour ce territoire, RTE évoque un investissement de 300 millions d’euros et la construction d’environ 90 kilomètres de ligne.

Acceptabilité locale, extension géographique et risques perçus

Longtemps concentrés en Île-de-France, à Marseille et dans le Nord, les projets gagnent désormais des sites ruraux ou périurbains. « Avec la vague des data centers liés à l’IA, il n’y a pas forcément besoin d’être proche des métropoles pour entraîner des modèles et on voit arriver des projets de plusieurs centaines de mégawatts sur des sites de plusieurs dizaines d’hectares, souvent en zone rurale ou périurbaine, avec des émissions carbone qui viennent contrecarrer les stratégies environnementales locales », observe l’urbaniste Cécile Diguet.

Les oppositions locales se structurent. Le collectif marseillais « Le nuage était sous nos pieds » dénombre une trentaine de groupes mobilisés. Aux Pennes-Mirabeau, près de Marseille, l’opérateur japonais Telehouse projette « Cézanne », un site de 70 MW. Rescapé de l’incendie de 2016, Philippe Chabeaudy alerte : « Le choix d’implantation est incompréhensible. Pour refroidir les serveurs, le data center va rejeter l’équivalent de la chaleur produite par 70 000 chauffages électriques de 1 000 watts alors qu’il se trouve à 85 mètres d’une pinède. »

Contraintes environnementales, controverses juridiques et positionnements de la filière

Si l’électricité française est majoritairement décarbonée, les centres de données s’appuient sur des groupes électrogènes de secours, souvent au gazole. RTE indique que la production d’électricité a été décarbonée à plus de 95 % en 2025, niveau qui alimente les arguments d’accueil de nouveaux usages électro-intensifs. Lou Welgryn, coprésidente de Data for Good, alerte toutefois : « On assiste à une fuite en avant sur l’implantation des centres de données, sans réelle stratégie autre que de reproduire le gigantisme du modèle américain. »

La trajectoire de demande interroge : selon l’Agence de la transition écologique, la consommation d’électricité des centres de données pourrait être multipliée par 3,7 en France d’ici 2035 si les usages numériques se poursuivent au rythme actuel. Sur le terrain réglementaire, des critiques émergent. À Wissous (Essonne), trois associations attaquent en justice ce qu’elles estiment être un « saucissonnage » destiné à contourner l’évaluation environnementale. « L’impulsion politique très forte pour attirer les investissements se traduit par une législation de plus en plus permissive », juge Maxime Colin, de France Nature Environnement Île-de-France, évoquant des textes récents réduisant certaines possibilités d’information du public.

Les responsables écologistes mettent aussi en cause l’occupation du foncier et l’ordre de priorité des usages électriques. En Centre-Val de Loire, l’élu régional Jérémie Godet estime que le projet de 195 ha près de Châteauroux, soit « 279 terrains de football », avec une puissance d’1,2 à 1,3 GW « n’est pas compatible avec la transition écologique » et interroge la cohérence avec l’ambition de « souveraineté numérique ». À l’inverse, la filière affirme jouer la transparence : pour Michaël Reffay, délégué général de France Datacenter, « il n’y a jamais eu de volonté de la filière de forcer la main des élus, qui sont très désireux d’accueillir des milliards d’investissements ». Il soutient qu’un data center « est bien moins contraignant qu’une usine de méthanisation » et qu’« EDF en a besoin comme relais de croissance ».

Pour Maxime Efoui-Hess, du Shift Project, la trajectoire actuelle « revient à prioriser l’électricité pour les centres de données alors même que d’autres usages comme les véhicules électriques sont appelés à se développer ». En parallèle, RTE recense fin 2025 environ 14 GW de droits d’accès déjà réservés à des centres de données, illustrant la vitesse de concrétisation des projets.
https://www.connaissancedesenergies.org ... res-260612

Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an

Publié : 11 juil. 2026, 00:24
par energy_isere
. Coup de tonnerre : le projet d’un puissant data center retardé en raison de l’absence d’étude d’impact environnemental

10 juillet 2026

Le projet du puissant data center aux abords de Valence va être retardé. La justice administrative l’a suspendu ce vendredi 10 juillet 2026 en raison d’une absence d’étude d’impact environnemental.

Le projet du puissant data center dans la banlieue de Valence ne verra finalement pas le jour tout de suite. La justice administrative a suspendu ce vendredi 10 juillet 2026 le permis de construire d’un puissant centre de données d’intelligence artificielle près de la ville en l’absence d’étude d’impact environnemental.

Le 18 décembre 2025, le maire d’Alixan avait délivré un permis de construire sur le site de Rovaltain, qui jouxte la gare TGV de Valence, dans la Drôme, pour un data center d’une puissance initiale de 40 mégawatts susceptible d’être portée à 80 mégawatts, à la start-up marseillaise Sesterce.

Les riverains montent au créneau
Une annonce qui avait déplu à certains riverains, Le collectif Assez Datacenters Rovaltain, qui regroupe des riverains et des associations de défense de l’environnement, dont Les Amis de la Terre et Attac, avait ainsi saisi le tribunal administratif en invoquant des risques environnementaux et de nuisances "extrêmement élevés".

Selon son estimation, le projet, outre les nuisances sonores, est susceptible de provoquer une augmentation des températures dans un périmètre de 200 mètres autour du site.

Des effets dommageables sur l'environnement
Le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble l’a donc suspendu, dans l’attente d’un jugement de fond, notamment au regard du risque "de produire des effets dommageables sur l’environnement", qui aurait dû faire l’objet d’une étude avant toute autorisation de construire. Le fonctionnement de tels centres de données "nécessite d’importantes capacités d’alimentation électrique" et une "puissance thermique nominale encore supérieure", a souligné le juge dans sa décision.

Une étude d'impact environnemental demandée
Il aurait donc fallu une étude d’impact environnemental pour "évaluer les effets susceptibles d’être produits [...] sur les milieux naturels, les ressources, les nuisances, les émissions ou les risques", a-t-il ajouté.

Ce dernier a également invoqué une possible "non-conformité aux règles de l’urbanisme" et "un doute sérieux sur la légalité du permis de construire".
https://france3-regions.franceinfo.fr/a ... 85099.html

Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an

Publié : 15 juil. 2026, 09:54
par energy_isere
Une première aux Etats-Unis : New York décrète un moratoire sur les data-centers

Boursorama avec Media Services •15/07/2026

L'idée d'un gel des constructions a émergé à la fin de l'année 2025, défendue notamment par le sénateur Bernie Sanders.


Face à l'appétit vorace des poids-lourds de la tech, l'Etat de New York va cesser de délivrer, pendant un an, des permis de construire pour de nouveaux centres de données de grande envergure (d'une capacité d'au moins 50 mégawatts). Cette décision constitue une première du genre pour un Etat américain, tandis que les initiatives se multiplient à travers le pays.

Ce moratoire, signé mardi 14 juillet par la gouverneure Kathy Hochul et qui prend effet immédiatement, doit donner à l'Etat le temps de mieux encadrer ce secteur en pleine expansion avec l'essor de l'intelligence artificielle (IA). Les responsables politiques américains, globalement favorables au secteur de la tech et aux investissements qu'il génère, sont soumis à la pression d'électeurs qui ne veulent pas de telles infrastructures près de chez eux. Des dizaines de villes et de comtés ont ainsi instauré des restrictions locales.

"New York va montrer l'exemple"
Un moratoire avait ainsi été adopté en avril dans le Maine (nord-est), avant d'être bloqué par la gouverneure Janet Mills, au motif qu'il aurait empêché la construction d'un "data center" dans une ville touchée par la fermeture d'une usine. "Alors que le développement des centres de données menace de faire grimper les factures d'eau et d'électricité, de puiser dans nos ressources naturelles et de créer de l'incertitude pour les New-Yorkais, il est de ma responsabilité d'agir et de montrer la voie" , a justifié Kathy Hochul dans un communiqué.

"New York va montrer l'exemple en mettant en place les normes les plus strictes du pays pour le développement des centres de données, en veillant à ce que, lorsque les entreprises réussissent grâce à New York, les New-Yorkais en bénéficient aussi", ajoute-t-elle.

Foncier, eau, énergie : des consommations XXL qui posent question
Les dépenses pour la construction de centres de données aux États-Unis ont explosé ces dernières années, ces infrastructures bénéficiant de dizaines de milliards de dollars d'investissements.

Les détracteurs des "data centers" pointent leur forte consommation électrique, leur utilisation massive d'eau à des fins de refroidissement, les nuisances sonores qu'ils génèrent ou encore le nombre relativement limité d'emplois créés. Leurs partisans soutiennent, au contraire, que bloquer leur développement nuit à l'emploi et laisse le champ libre à la Chine dans la course à l'IA.

Selon une étude publiée fin juin par l'assureur-crédit Allianz Trade, les émissions des centres de données ont atteint 286 millions de tonnes de CO2 en 2025 et pourraient monter jusqu'à 643 millions de tonnes d'ici à 2030. D'après cette étude, près de 70% des émissions mondiales sont concentrées aux Etats-Unis et en Chine. Les besoins en eau augmentent également rapidement: les centres de données auraient consommé quelque 814 milliards de litres en 2025, un volume susceptible de passer à 1.800 milliards d'ici à la fin de la décennie, toujours selon Allianz Trade.
https://www.boursorama.com/actualite-ec ... b425274d20

Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an

Publié : 15 juil. 2026, 17:39
par energy_isere
Les besoins de l’IA générative transforment les data centers de nouvelle génération en eldorado pour les start-up de batteries

L’explosion des besoins énergétiques liés à l’IA redessine un pan entier du secteur des batteries. Longtemps focalisées sur la voiture électrique, plusieurs start-up spécialistes du stockage d’énergie se tournent désormais vers le marché des data centers.

Thibault Caudron Publié le 5 juillet 2026

“La batterie est devenue un élément essentiel, et non plus simplement souhaitable, des data centers“, a déclaré Mukesh Chatter, CEO d’Alsym Energy, au Financial Times. Sa start-up spécialisée dans les batteries sodium-ion a d’ailleurs connaît d’ailleurs une nette accélération des demandes dans ce secteur depuis plusieurs mois. “Les batteries sodium-ion pourraient restituer l’énergie plus rapidement que les modèles traditionnels au lithium-ion, ce qui les rendrait adaptées à la compensation des fluctuations liées à l’IA“.

Le sodium-ion, une alternative crédible au lithium

Contrairement à l’architecture des data centers traditionnels, les clusters dédiés à l’IA sont plus proches des supercalculateurs, car ils doivent fonctionner en parfaite synchronisation et avec une forte utilisation de leurs ressources. Des dizaines voire des centaines de milliers d’unités de calcul consomment de l’énergie quasiment au même instant, puis s’arrêtent en simultané. Des variations avec de grands pics qui peuvent atteindre plusieurs dizaines de mégawatts en une seule milliseconde.

Les batteries sodium-ion suscitent donc un intérêt croissant car elles pourraient restituer l’énergie plus rapidement que les modèles au lithium-ion, une qualité précieuse pour absorber des changements de charge aussi brutaux. Le sodium est en plus l’un des éléments les plus abondants sur Terre, quand l’extraction du lithium reste concentrée dans quelques pays et exposée à des tensions géopolitiques. Ces batteries peuvent se aussi passer de métaux critiques comme le cobalt ou le nickel.

Un nouveau relais de croissance face au ralentissement du marché des véhicules électriques
Ce virage arrive à point nommé pour l’industrie des batteries, dont la demande côté véhicules électriques est freinée par un ralentissement de la production et une concurrence chinoise agressive. C’est le cas de QuantumScape, développeur américain de batteries à électrolyte solide soutenu par Volkswagen, qui négocierait avec des équipementiers de data centers. Son CEO, Siva Sivaram, juge ce marché nettement plus rentable et susceptible d’accélérer l’accès de l’entreprise à la rentabilité.

De son côté, la start-up britannique Nyobolt met en avant la capacité de sa technologie à laisser les hyperscalers exploiter leurs clusters à pleine puissance sans dépasser les limites de raccordement, au risque, sinon, de devoir brider leurs charges de travail, une limitation pouvant coûter des millions de dollars par minute.

Un marché stratégique sur fond de saturation des réseaux électriques

Un autre aspect déterminant est le fait que dans de nombreux pays, les réseaux électriques sont déjà sous tension, avec des files d’attente de plusieurs années pour un raccordement, énergies renouvelables et gros consommateurs industriels se disputant une capacité limitée.

Cette dynamique s’est accentuée fin 2025, après que plusieurs poids lourds du secteur comme Nvidia, OpenAI, Microsoft ou xAI ont alerté sur les risques de perturbations énergétiques liés aux serveurs d’IA de dernière génération, selon une analyste de BNEF.

Le cabinet estime toutefois que ce segment du lissage de charge ne représentera qu’une fraction modeste du marché global du stockage d’énergie, où les géants établis comme LG Energy Solution ou CATL garderaient l’avantage grâce à des gammes déjà matures et une production plus rapide à augmenter.
https://www.usine-digitale.fr/informati ... TTOGY.html

Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an

Publié : 21 juil. 2026, 14:02
par energy_isere
13 milliards de dollars, un gigawatt : Meta bâtit son premier data center au Canada

Dotée d’abondantes réserves de gaz naturel, bien moins cher qu’aux États-Unis, et d’un climat continental qui permet de réduire les coûts de refroidissement, la province canadienne de l’Alberta attire les géants technologiques, à l’instar du nouveau projet présenté par Meta.

Thibault Caudron Publié le 10 juillet 2026

“Hello, Sturgeon County!“ : c’est par ces mots que Meta a officialisé son entrée sur le sol canadien avec un data center d’une capacité d’un gigawatten Alberta, pour un investissement annoncé à 13 milliards de dollars canadiens. Ce sera le 33e du groupe dirigé par Mark Zuckerberg à l’échelle mondiale et son plus vaste projet en dehors des États-Unis.

La construction doit s’étaler sur deux à trois ans et mobiliser jusqu’à 3 000 travailleurs au pic du chantier, pour environ 300 emplois pérennes une fois le site opérationnel. Ce projet s’inscrit dans la trajectoire d’investissement de Meta, dont le budget de dépenses doit approcher les 145 milliards de dollars, aux côtés d’autres méga-chantiers comme celui au Texas.

Pourquoi l’Alberta séduit les géants de l’IA

Meta n’est pas le premier hyperscaler à fouler le sol de l’Alberta. Et pour cause : la province dispose de réserves abondantes de gaz naturel, vendu nettement moins cher que l’autre côté de la frontière, et son climat continental permet de réduire les coûts de refroidissement des infrastructures. Le gouvernement provincial, qui courtise depuis des années la Silicon Valley, autorise en outre les porteurs de projets à construire leurs propres sources d’énergie pour contourner les limites de capacité du réseau existant.

Le gouvernement fédéral canadien a d’ailleurs présenté le mois dernier une stratégie IA misant sur le réseau électrique propre du pays, largement alimenté par des énergies renouvelables. Meta, elle, assure vouloir injecter suffisamment d’énergie propre dans le réseau pour couvrir 100% de la consommation de son site et financer intégralement les nouvelles infrastructures, au bénéfice, selon elle, de l’ensemble des consommateurs albertains.

La question de l’alimentation gargantuesque en eau et en électricité

Une fois pleinement opérationnel, le campus consommera autant d’électricité qu’environ 800 000 foyers. Meta s’est donc associé à l’entreprise albertaine Pembina Pipeline, pour construire le Greenlight Electricity Centre, une centrale électrique au gaz naturel dédiée dans le comté de Sturgeon. Sa mise en service est prévue fin 2030 avec consommation estimée à 150 millions de pieds cubes de gaz par jour. En attendant, c’est Capital Power qui fournira 250 mégawatts via son parc de centrales existantes.

Sur la question de l’eau, Meta affirme accorder “une priorité absolue à la gestion responsable de l’eau et s’est fixé pour objectif mondial d’avoir un bilan hydrique positif d’ici 2030“. Le futur data center utilisera d’ailleurs un système de refroidissement liquide en circuit fermé économe en eau, doté d’un dispositif de refroidissement à sec. “Nous estimons que notre consommation annuelle d’eau liée à l’exploitation sera inférieure à celle d’un terrain de golf type ou d’une exploitation de colza de 50 acres dans la région“ prétend même le géant américain...
https://www.usine-digitale.fr/big-tech/ ... TRZEM.html

Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an

Publié : 21 juil. 2026, 14:09
par energy_isere
Corée, Chine, Japon... À court de terrains et d’eau douce, l’industrie du data center se tourne vers l’océan dans les pays d’Asie avec des projets portés par Samsung, HiCloud ou Hitachi

Entre la barge nearshore de Samsung, les navires reconvertis de MOL et Hitachi, et le module sous-marin de HiCloud déjà opérationnel en Chine, la prochaine vague de data centers pourrait bien se jouer loin de la terre ferme... si l’équation économique est validée.

Thibault Caudron Publié le 11 juillet 2026

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Le data center flottant (FDC) de Samsung Heavy Industries

Après avoir saturé les zones périurbaines, l’industrie des data centers regarde désormais vers le large, et même sous la surface. C’est notamment le cas de Samsung Heavy Industries, la branche construction navale du groupe coréen, qui investit massivement dans le secteur de l’intelligence artificielle, et qui a annoncé la commercialisation d’un data center flottant (Floating Data Center ou “FDC”) d’ici le deuxième trimestre 2028.

Une alternative à la terre ferme pour répondre à une demande exponentielle

Portée surtout par les systèmes d’IA et le cloud, le marché mondial des data centers pourrait doubler d’ici 2030, avec une capacité énergétique d’environ 200 gigawatts et des investissements de 3000 milliards de dollars. Le hic, c’est qu’ils ont besoin de vastes emprises foncières, d’une électricité abordable et de volumes d’eau considérables pour le refroidissement. Autant de ressources qui deviennent de plus en plus difficiles à obtenir à proximité des grandes agglomérations.

Aux États-Unis comme en Europe, la contestation citoyenne contre la prolifération des data centers d’IA s’intensifie même, retardant voire bloquant des projets entiers. L’installation en mer pourrait donc permettre de contourner à la fois la pénurie de foncier disponible et la lenteur des procédures d’urbanisme, tout en offrant un accès immédiat à une source de refroidissement naturelle.

Les défis techniques du data center en mer

Pour son projet, Samsung Heavy Industries construit une barge entièrement nouvelle, d’une capacité de 50 MW, intégrant une salle serveurs, un système de production d’électricité embarqué et des réservoirs de gaz naturel liquéfié. La première unité construite fera office de démonstrateur technologique, avant toute production en série. Si le projet est validé, la première génération de navires de cet type restera amarrée près des côtes et raccordée au réseau électrique terrestre, avant d’envisager des installations véritablement offshore dotées de leur propre source d’énergie.

La viabilité économique du concept reste toutefois à démontrer. L’eau salée est corrosive, les tempêtes constituent une menace permanente pour les infrastructures, et l’acheminement de la fibre optique et de l’électricité jusqu’à une barge amarrée engendre des coûts et des risques supplémentaires. Pour anticiper ces contraintes, Samsung a signé un accord de développement conjoint avec Supermicro afin de valider le comportement de systèmes d’IA déployés en environnement fluvial et maritime.

En Chine, un data center immergé alimenté par l’éolien offshore

La Chine, elle, dispose déjà d’un premier data center installé à 35 mètres sous la mer, non loin de Shanghai. Mis en service en mai 2026 et porté par HiCloud Technology aux côtés de China Telecom, de l’énergéticien Shenergy et du groupe d’infrastructures CCCC, ce projet évalué à 226 millions de dollars héberge environ 2000 serveurs dédiés à l’IA, au traitement de données et au support de la 5G. Il tire plus de 95% de son électricité d’un parc éolien offshore de plus de 200 turbines, ce qui en fait le premier data center sous-marin au monde fonctionnant intégralement à l’énergie éolienne.

Grâce à un refroidissement passif assuré par l’eau de mer, l’installation affiche un PUE inférieur à 1,15, contre une moyenne industrielle proche de 1,5, soit une réduction de 22,8% de la consommation par rapport à un site terrestre équivalent. En plus sans consommer une goutte d’eau douce, un avantage décisif face au stress hydrique croissant. Microsoft avait déjà exploré le concept entre 2013 et 2024 avec son projet Natick, qui avait montré des taux de défaillance inférieurs à ceux observés à terre. Il ne s’était pourtant pas suivi d’une industrialisation, essentiellement pour des raisons économiques et de de complexité de maintenance.

Mitsui OSK Lines et Hitachi jouent la carte du recyclage de navires

Samsung et HiCloud ne sont pas seuls sur ce créneau. Un consortium japonais réunissant Mitsui OSK Lines (MOL) et Hitachi a choisi une troisième voie. Les deux groupes veulent installer des équipements de data centers sur des navires existants reconvertis, avec un objectif de mise en service dès 2027.

Cette approche présente plusieurs avantages. L’investissement initial est réduit grâce à la réutilisation des systèmes de bord (climatisation, prise d’eau, production électrique). De plus, la surface disponible peut être considérable puisqu’un un navire transporteur de véhicules offre par exemple environ 54 000 m² de plancher, l’équivalent d’un des plus grands data centers terrestres du Japon. Le projet promet aussi des délais de construction réduits, environ un an contre trois ans pour un site terrestre classique.
https://www.usine-digitale.fr/informati ... EPORI.html