miniTAX,
Maintenant que tu nous a éveillés à la réalité, je pense qu'il ne me reste plus qu'à fermer ce forum.
Plus sérieusement, j'aimerais reprendre certains de tes points :
- Oui, l'entropie s'applique aux êtres vivants et à la société. Il s'agit d'une quantité physique qui mesure le désordre, et il n'est pas plus possible à une société ou a un organisme vivant de s'en affranchir que de s'affranchir de la loi de la gravitation. L'economie est constituée d'humains, de territoires, de biens manufacturés, etc, mais tous ces éléments sont matériels, et tous sont soumis aux lois de la physique. S'imaginer que la somme de tout cela échapperai à telle ou telle loi physique me paraît relever du mysticisme et ne me paraît pas sérieux. (Mais, après tout, nombreux sont les politiques qui «croient» en la croissance).
- Il est exact que la vie s'oppose à l'entropie. Certains scientifiques ont même suggéré que cela constituait une bonne définition de la vie. Mais il n'y a aucune contradiction avec le second principe de la thermodynamique. La diminution de l'entropie dans un organisme vivant (une cellule par exemple) s'accompagne d'un accroissement plus grand de l'entropie à l'extérieur (par exemple par le biais de la respiration et de l'émission de CO2 à l'extérieur de la même cellule). Au total, l'entropie de l'univers augmente bien, et il n'y a absolument aucun paradoxe. De la même façon, si tu ranges ta chambre, tu auras bien réduit localement l'entropie, mais ce sera plus que compensé par la chaleur que tu auras dégagé lors de ce procecessus.
Il est d'ailleurs important de noter le point suivant :
la réduction de l'entropie nécessitte une source externe d'énergie. C'est le flux d'énergie solaire qui permet à la vie de proliférer à la surface de la planète. D'ailleurs, un organisme en équilibre thermodynamique porte un nom : on appelle cela un cadavre.
En ce qui concerne le problème qui occupe ce forum, il est lié au fait que l'accroissement de complexité de la société à son niveau actuel a été rendu possible par l'utilisation d'une autre source externe d'énergie : le pétrole et, de façon générale, les hydrocarbures fossiles.
La complexité est un terme relatif. Deux hommes des cavernes s'entraidant pour ramener du gibier forment un groupe plus complexe que deux chasseurs indépendants. L'énergie solaire et ses dérivés ont permis d'accroître fortement la complexité et d'aboutir à des sociétés évoluées. Cependant, la découverte de cette énergie abondante a permis d'accroître cette complexité à un niveau jamais vu apparament. Ce que la plupart des personnes présentes ici pensent, c'est que
la disparition de cette énergie surnuméraire va entrainer un déclin de la complexité, jusqu'à ce qu'un nouvel équilibre, en accord avec les ressources disponibles, se réalise.
En d'autre termes, la société va se simplifier, et redevenir plus locale par la force des choses. Les appareils ne pourront plus être construits avec des pièces détachées fabriquées à des centaines d'endroits différents éparpillés sur la planète; on ne pourra plus se permettre de faire faire des milliers de kilomètres à des crevettes congelées pour les décortiquer ailleurs; on ne pourra plus gagner sa vie en exportant à l'autre bout de la planète des récoles cultivées grâce à un engrai produit dans un autre pays.
Cette simplification sera aussi, très vraissemblablement, sociale : je doute que l'on puisse continuer à conserver des milliers et des milliers de lois et de règlements différents dans un contexte de frugalité énergétique, alors qu'il sera bien difficile d'en faire appliquer la plupart.
- Le modèle de Hubbert a prédit correctement la situation des USA (pour ne mommer qu'eux). Cela ne fait jamais 35 ans que leur production décroît, et ce malgré tes prétendus «progrès techniques». A vrai dire, ils en ont maintenant si peu qu'ils tentent de traire des cailloux au Canada pour en récupérer.
- Il y a déjà des forums appropriés où l'on traite du nucléaire et de l'hydrogène. Ceci dit, s'imaginer que la croissance va continuer, encore et encore et encore et encore me semble quand même incongru dans un système fini. En imaginant un PIB multiplié par 3 en 2050, cela voudrait dire grosso-modo une consommation multipliée également par 3. En idem en 2100. et en 2150. et en 2200. Tu t'imagines -vraiment- que cela peut continuer éternellement ?
(P.S : pendant que j'y suis, tu es libre d'exposer tes arguments, mais j'apprécierais un chouilla de modération dans certains de tes propos, merci).